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Misères publiques

De
85 pages
Au cœur de la misère / Une race jadis noble vit et demeure
Elle a perdu son chant de guerre / Elle a perdu son chant d'amour
Elle a perdu sa force et sa culture / Elle a perdu sa lance et son armure
Elle a perdu son grain et son art / Elle a perdu son coeur et sa sagesse
Elle a perdu ses chefs forts et incorruptibles / Elle a reçu des fils faibles et corruptibles…
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Misères publiques
Jean-Paul Ada Bekoa Misères publiquesPoésie
Préface de Alain Roger Biloa
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13570-3 EAN : 9782296135703
Préface
En écrivant cette préface, j’ai trouvé utile de commencer où je pouvais finir, à savoir le dévoilement de l’intimité qui existe entre l´auteur et la poésie. On dirait une histoire d´amour qui naît de la rencontre de l´auteur avec son art. Passionné, l´auteur est un homme d´action qui s´active dans une dynamique cathartique. Il passe au peigne fin chaque mine de l´être humain, de la faune, de la flore et même du paysage urbain avec une attention acquise dans un milieu professionnel surmonté d´énormes tours métalliques regorgées de liquides hautement inflammables. C´est donc avec une vaste notion de la sécurité et de la permissivité pratique qu´il traite chaque aspect de son action. Il s´attaque directement aux êtres nuls qui ne peuvent distinguer ce qui est utile à l´épanouissement collectif, ce qui concourt à leur gaieté, de ce qui les détruirait. Il n’y a plus ni mœurs, ni respect de la morale. Les individus courent sans jamais s´arrêter pour voir ce qui est enjeu. L´individu s´active davantage à développer qu´à se développer et se plonge dans un tourbillon illusoire de fantasmes et de joies, d´amours et de bonheurs. Il rentre par cette voie dans la souffrance à cause de l´appétit d´un bonheur exclusif, mis en lumière ici, par des comportements dangereux qui peignent la jungle de l´Occident dont l’objectif est d´étendre sa suprématie en Afrique, en l´assujettissant, en y développant des rapports sur un calcul d´avantages. Sur la terre Africaine, c’est le mépris de la souffrance qu´ils imposent au milliard d´habitants.
Cet attardement de la plume sur la conduite de l´homme révèle l´acharnement qui nourrit l´auteur dans son combat. Que les hommes agissent consciemment en
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tenant compte de toute l´humanité, en se libérant de la dépendance de la concupiscence. C´est un appel à une conduite consciente, à l´observation des valeurs humaines qui font partie de l'identité culturelle de l´humanité.
Aussi, il est nécessaire pour l´homme de secouer cette poussière qui encombre le mental et empêche de distinguer le vrai du faux, la misère de la richesse, et qui le plonge dans le burlesque. L´homme a peur de ce qui est propre, on dirait que cela menace la liberté et la mode moderne, c´est être à peu près nu au soleil. C´est caresser ème le nudisme. Si on demande aux hommes du XXI siècle de se regarder vivre, ils auront certainement honte de leur vie. Ils se tournent vers les fausses joies, ils se détournent du silence car ils bavardent trop, ils préfèrent la guerre parce qu´ils ont peur d´aimer car l´amour est propre, sain et porte à la dignité spirituelle. Ils ont inventé le préservatif parce qu´ils sont incapables de se contenir. Avec le plaisir, on en finit jamais, quand je dis plaisir, j´entends par là le plaisir dans sa totalité. Celui qu’on prend au bon endroit lorsqu’on empreinte la bonne voie. C´est ce qui guérit les inguérissables maladies. La loi de l´amour n´a pas un seul visage, toutes les religions condamnent l´adultère, on se demande s´il y a du plaisir à se trouver coupable, à vider son cœur de l’amour, à lécher du miel sur la lame de rasoir, à faire des avortements pourtant la vie est noble et si chère que personne n´oserait pardonner le médecin qui aurait fait avorter sa mère. Les uns empêchent les autres de conquérir leur libération. Les dirigeants laissent la jeunesse à la misère, au chômage pourtant ils ont tout reçu gratuitement.
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Alain Roger Biloa
Hier encore, le pape a fait le tour du continent
Sous l’écho colonial L’Afrique s’est ouverte aux Catholiques Avec les chaînes impériales L’Afrique s’est faite Catholique Hier encore le pape a fait le tour du continent Pour bénir ce chantier plus potentiel que le Vatican C’est une énième descente Qui rappelle mil neuf cent soixante Lorsque l’Africain priait pour l’indépendance Hier encore le pape a fait le tour du continent Pour s’assurer qu’il y a plus de fidèles Et moins de protestants Que la Bible que nous tenons Est celle que nous devons vraiment tenir Que les rapports odieux sur l’Afrique Lui sont rapportés fidèlement Et sur ce passage phénoménal On a vu les Occidentaux en faire un scandale Lorsque sa foi a osé proscrire l’usage du préservatif Pour faire de l’abstinence, le véritable préservatif On a vu des frères Hisser le pape au rang de Dieu On a vu les magasins fermer L’informel faire bon marché Et sur le trottoir ménager Des vêtements Benoît Seize Et le président comme Louis Seize Aux flancs du pape 7
Embarquer le peuple sur son cap On a vu et on a vécu Le bonheur et le malheur Des gourmands autour du festin Se mesurer sous un regard de dédain On a vu la foule sur le trottoir et sur la chaussée Comme des fourmis se faire écraser Se faire mordre par les forces de l’ordre On a vu tous les âges courir Après la voiture papale pour la tenir
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