Mœbius no 139 : Voix yiddish de Montréal, Novembre 2013

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Pendant plus d’un demi-siècle, Montréal a été le berceau d’une culture yiddish prolifique, qui a modifié le profil de la ville tout en s’exprimant, au premier chef, par la littérature. Ce numéro anthologique de Mœbius présente un aperçu de cette production qui réunit de nombreux genres littéraires : essai, poésie, chronique, récit, mémoires, roman, théâtre. Parmi les dix-sept textes choisis, nous retrouvons les poèmes de Jacob-Isaac Segal, les chroniques du journaliste Israël Medresh et les mémoires d’Hirsch Wolofsky et de Hershl Novak. De plus, on découvrira plusieurs inédits, tels les poèmes, essais et nouvelles de Melech Ravitch, Rachel Korn, Chava Rosenfarb, Ida Maze et Israël Rabinovitch. Un numéro dirigé par Chantal Ringuet, qui signe plusieurs des traductions.
Publié le : lundi 3 février 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782897410049
Nombre de pages : 171
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M139
Mœbius139 novembre 2013
Numéro piloté par Chantal Ringuet
Directeur : Robert Giroux
Comité de rédaction : Lucie Bélanger, Robert Giroux, Lysanne Langevin et Raymond Martin.
Conseil d’administration : Robert Giroux (président), Lucie Bélanger, Isabelle GaudetLabine, Lysanne Langevin, Jérémie LeducLeblanc, Tristan MalavoyRacine, Raymond Martin.
Illustration de la couverture : tirée de Maysele ganev,KHaver-pavers mayselakH[Histoires de l’ami Pavers], New York, Farlag Matones bam Sholem Aleichem Folk Institute, 1925, p. 73. Maquette de la couverture : Raymond Martin Mise en pages : Julia Marinescu
e Dépôt légal, BAnQ et BAC, 4 trimestre 2013
ISSN : 02251582 ISBN : 9782890318991
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SOMMAIRE
REMERCIEMENTS........................................................................5 PRÉFACEde Lazer Lederhendler.....................................................7 PRÉSENTATION........................................................................13
VOIXYIDDISHDEMONTRÉAL M R Dans la statue de la liberté à New York.......................................25 Amour sexuel du monde................................................................28 Spinoza..................................................................................31 R K À l’envers du poème......................................................................37 Tout ce dont je rêve.......................................................................38 Engagée dans mon destin...............................................................39 Le saule bordant la rivière.............................................................40 Bronia................................................................................41 C R L’arbre de l’amour.........................................................................49 L’immigrant..........................................................................50 Y E L’empire de Kalman l’infirme.......................................................61 JI S Lumière ancienne..........................................................................67 Vieux-Montréal........................................................................68 Montréal....................................................................................70 Montréal....................................................................................71 Vers..........................................................................................73 Grands-pères.........................................................................74 M W me Le salon de M Maze..................................................................75 I M Comme de petites fleurs dans la pluie............................................79 Tout pour mon petit enfant...........................................................80 I M La première librairie juive............................................................81 Le Monument national.................................................................85 NI G Montréal......................................................................................91 Y À l’usine........................................................................................95 Une aube enneigée........................................................................96
E S Terre...................................................................................97 FletcHer’s Field..............................................................................98 S S La visite de SHolem AscH, SHlomo MikHoels et Itsik Fefer à Montréal.....99 H W La fondation duKeneder Odler.................................................105 L’édition du Talmud à Montréal.................................................111 H N Tentatives littéraires.....................................................................115 Tout s’équilibre............................................................................119 LM B À propos de la poésie française......................................................123 HM C À propos du Canada et de sa littérature.......................................129 I R L’activité littéraire en yiddisH au Canada......................................133 FRAGMENTSDUNEPOSTÉRITÉENTRADUCTION A M K La montagne...............................................................................141 L L Abe Klein et moi dans l’avenue Querbes.....................................143 D G. R L’adresse de Sutzkever.......................................................................145 I L Trois poèmes..............................................................................149 N B Soirée avec Leonard CoHen...............................................................153
LETTREÀUNÉCRIVAINVIVANT MarcAlain Wolf à Claude Vigée..............................................155 LESYEUXFERTILES.......................................................................163
*
hèmes à venir (les dates sont sujettes à cHangements) :
o n 140 :PHobiespiloté par Jean Lejeune (complet) o n 141:MatHématiquespiloté par Normand Baillargeon (complet) o n 142 :Ridicule:piloté par François Lepage (date de tombée er le 1 mars 2014)
Remerciements
Je tiens à remercier, en premier lieu, le comité de la revueMœbius, qui a accueilli avec enthousiasme ma propo sition de consacrer un numéro de la revue à cette antho logie intituléeVoix yiddisH de Montréal. En particulier, je salue chaleureusement Lucie Bélanger, adjointe à l’édition chez Triptyque/Mœbius, qui m’a accompagnée dans les différentes étapes de production du présent numéro. Celuici n’aurait pu voir le jour sans l’appui de certaines personnes qui ont collaboré, de près ou de loin, à sa réalisation. Au premier chef, j’aimerais adresser mes sincères remerciements à Lazer Lederhendler, l’auteur de la belle préface qui ouvre le numéro et d’un poème à propos d’A. M. Klein que j’ai traduit moimême vers le français. Un grand merci également à celles et ceux qui ont répondu à mes nombreuses questions d’ordre terminologique à propos de la traduction du yiddish et de certains passages en hébreu vers le français : Lazer Lederhendler, Vivian Felsen, Rivka Augenfeld et Sarah Igelfeld. Un merci tout spécial à Pierre Anctil, qui a examiné attentivement certaines de mes traductions, en plus de collaborer à la traduction du yiddish vers le français de certains inédits. J’aimerais exprimer ma reconnaissance à l’endroit des descendants des auteurs, qui ont libéré les droits pour la plus grande partie des textes yiddish inclus dans ce numéro. En particulier, je remercie Goldie Morgentaler, qui a répondu à mes questions concernant l’œuvre de Chava Rosenfarb, et Irving Massey, qui m’a donné de précieuses informations à propos d’Ida Maze et du milieu yiddish de Montréal. Les éditeurs et les auteurs qui ont accepté de libérer les droits d’œuvres déjà publiées en français et en anglais sont aussi remerciés. Sans leur consentement, le présent numéro n’aurait pu voir le jour dans l’état actuel.
J’aimerais aussi exprimer ma gratitude à l’endroit de deux professeurs de langue et de culture yiddish : Esther Frank, enseignante au Département d’études juives de l’Université McGill, qui a animé un atelier en langue yiddish à l’hiver 2009, dans lequel le texteBronia de Rachel Korn était à l’étude ; et Hanan Bordin, enseignant au Département d’études juives de l’Université hébraïque de Jérusalem, qui m’a accueillie dans sa classe de yiddish avancé à la session d’hiver 2012. Grand merci, enfin, à mes parents, amis et connais sances qui ont manifesté un intérêt particulier à l’endroit de ce projet.
Chantal Ringuet
CHantal Ringuet est docteure en études littéraires, éditrice, poète et traductrice. À la suite d’un postdoctorat portant sur la littérature yiddish de Montréal, elle a publié l’ouvrageÀ la découverte du Montréal yiddisH(Fides, 2011), la première synthèse historique et culturelle sur le sujet. Après plusieurs voyages en Europe de l’Est et en Israël, elle a commencé à traduire du yiddish vers le français, ce qui l’a amenée à dirigerVoix yiddisH de Montréal(le numéro 139 de la revueMœbius), une anthologie littéraire regroupant les principaux écrivains yiddish qui ont été actifs dans la métropole e québécoise durant le XX siècle. En parallèle, Chantal Ringuet signe la chronique « Lettres d’Israël » sur le site Salon.II. (Linda Leith Publishing) depuis mars 2012. Elle a publié un recueil de poèmes,Le sang des ruines(Gatineau, Écrits des hautesterres, prix littéraire JacquesPoirier 2009) qui sera suivi, en 2014, d’un recueil de poèmes bilingue intituléUnder tHe Skin of War(BuschekBooks), qui s’inspire de l’œuvre du photojournaliste britannique Don McCullin.
P
En Hommage aux lecteurs et aux lectrices des belles-lettres yiddisH
Nous sommes le 17 avril 1959, un vendredi soir, à Montréal. Un édifice moderne sis au 4499 de l’avenue de l’Esplanade, à l’angle de l’avenue du MontRoyal. C’est l’adresse de la Yidisher Folks Biblyotek, la Bibliothèque publique juive de Montréal. La grande salle de réunion est pleine à craquer pour la commémoration annuelle de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Cette année, l’invité d’honneur est Avram Sutzkever, vétéran de la guérilla antinazie en Lituanie et poète yiddish de renom. La soirée entière se déroule, d’ailleurs, en yiddish, langue première de la quasitotalité des Juifs qui habitent les quartiers environnants. Dans l’assistance compacte il y a des tailleurs, des menuisiers, des bouchers, de petits commerçants et des artisans, des ouvrières et ouvriers du vêtement, des colporteurs, et au moins un chapelier, mon père. Tous écoutent avec attention et gravité. Le maître de cérémonie annonce qu’on entendra maintenant chanter Vilna, sHtot fun gayst un tmimes (Vilna, cité d’esprit et d’innocence), un hommage à la ville natale de Sutzkever. La soprano dans la jeune trentaine est elle aussi native de Vilna ; quand elle entonne le refrain nostalgique, des voix s’élèvent spontanément pour l’accompagner. Celle qui chante est ma mère. Même si je n’arrive pas à me rappeler cette soirée particulière, il est vraisemblable que j’y étais, ainsi que mon frère aîné, ce genre de manifestation ayant été un événement récurrent de notre enfance. Le plus souvent, toutefois, ça se passait dans l’ambiance bourdonnante,
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Préface
enfumée, parfumée du 4848 boulevard SaintLaurent. À l’époque, c’était le siège de l’Arbeter Ring, le Cercle ouvrier, un organisme fraternel fondé par des socialistes juifs en 1900, voué à la justice sociale et à la défense de la langue et de la culture yiddish. Pour nous, cet immeuble tenait lieu en quelque sorte de temple laïque. Nous le fréquentions surtout les fins de semaine pour y retrouver parents et amis, fortifier notre foi dans le progrès social, fêter et chanter ensemble, affirmer notre affection pour la mame-losHn: le yiddish., la langue maternelle Ainsi, dans l’auditorium à l’étage, là où se trouve aujourd’hui la célèbre Sala Rossa, se tenaient régulièrement des réunions politiques, des assemblées commémoratives, des spectacles, des concerts (notamment ceux de la réputée chorale de l’Arbeter Ring, au sein de laquelle chantait ma mère), des conférences et, bien entendu, des soirées littéraires. L’auditoire se composait majoritairement d’im migrants qui n’avaient pu fréquenter l’école secondaire, encore moins l’université. Qu’à cela ne tienne, beaucoup de ces gens se passionnaient pour les belleslettres, surtout s’il s’agissait de la littérature yiddish. En outre, s’ils pouvaient cultiver cette passion malgré leurs gagne pain souvent exténuants, c’était en bonne partie grâce à des organismes tels l’Arbeter Ring et, pour plusieurs, le Bund (l’Union générale des travailleurs juifs), dont l’un des objectifs fondamentaux était de participer à l’essor du yiddish en tant que langue et culture vivantes, modernes, ouvertes sur le monde. Un exemple typique : la bibliothèque de mes parents, tous deux militants à la fois de l’Arbeter Ring et du Bund, et dont la scolarité s’était arrêtée en septième année. Des centaines de titres, plus des trois quarts en yiddish – essais, poésie, romans, récitset cetera – abordant différents sujets, dont un bon nombre d’ouvrages dédicacés par des auteurs inclus dans la présente anthologie : Korn, Ravitch, Rosenfarb, entre autres. À cet égard, il faut noter qu’en dépit du respect et de l’admiration que ces écrivains inspi raient, on ne les plaçait pas sur un piédestal. De manière réciproque, les hommes et les femmes de lettres yiddish ne se tenaient pas à distance de leurs lecteurs. C’étaient nos voisins, nos enseignants, noslandslayt(compatriotes,
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