Moissons d'automne

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Après Dans une vie à deux, l’auteur présente ici son deuxième recueil de poésie classique, où l’on découvre une vie faite de parfums, de clairvoyance et de malice. Entrée en 1956 en Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Mireille Dreisine a assumé pendant trente ans la responsabilité du Bulletin signalétique Art et Archéologie. Chevalier des Palmes académiques, elle a obtenu la Médaille de bronze du CNRS en 1986.

Durant toute sa vie, elle a consacré ses loisirs à la peinture et à la poésie, pour lesquelles elle a reçu de nombreux prix. Aujourd’hui, ce deuxième recueil étant épuisé, Mireille Dreisine a décidé de le publier à nouveau, augmenté de quelque vingt-cinq poèmes inédits.

Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9782954503813
Nombre de pages : 134
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L’Alimentation d’aujourd’hui
Sans être passéiste, en vain je m’interroge Sur la vie d’aujourd’hui soulevant chaque jour Un scandale nouveau pour celui qui s’arroge Le droit d’empoisonner sans prendre de détour. Cela pour le profit – et pas du plus grand nombre ! Que peut-on maintenant consommer sans danger Quand sur chaque denrée on sent planer une ombre ? Et de s’interroger si on peut la manger… Un terrain nourricier abreuvé de nitrate, Et des fruits cotonneux qui ont perdu leur goût, Un maïs transgénique et poussé à la hâte : Les produits cependant ne baissent pas de coût… Pour bovins et ovins : farines animales ; Un peu de dioxine à nos petits poulets ; Chocolats frelatés pour calmer nos fringales ; Salmonelles entrant dans fromages et laits. Si l’homme a oublié bois, prés et pâturages, La ferme où l’animal vivait en liberté, Pourquoi se plaindrait-il aujourd’hui du naufrage Où lui-même a plongé, non sans brutalité ? A-t-il réalisé la peur et la souffrance Du bétail qui pressent qu’on le mène à la mort Après avoir lui-même écourté sa croissance Ne le considérant qu’en termes de rapport.
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Nous devons respecter les lois de la nature, Songer dès maintenant à bien mieux se nourrir. Dans ce monde aberrant que rien de bon n’augure C’est d’inanition que nous pourrions mourir !
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Régimes forcés et solutions
Nous n’anticipons pas les fléaux à venir, Car largement pourvus, à chaque jour s’ajoutent Pandémies, tsunamis, et pour nous soutenir, Prolixes, les médias nous scotchent à l’écoute. La vache un peu moins folle est servie dans nos plats, Et le mouton tremblant avec parcimonie ; Mais c’est sur le poulet que va sonner le glas, Car la vue d’une plume annonce une agonie. Alors, que reste-t-il ? Comment se sustenter ? Poissons de marée noire ? OGM des terres Que détruisent nosVerts, gardiens de la santé ? À nous de cultiver nos plantes potagères… Restent les solutions :Pour toute la semaine, observer le Shabbat ; Étendre le carême au solstice d’été ; Rythmer le Ramadan de Djerba à Rabat, Sans couchers de soleils et dans l’austérité. Dépourvu d’états d’âme, hors de toute contrainte, L’athée dévorera cochon, mouton et bœuf, De ses concitoyens écoutera la plainte, Sirotant sa liqueur se sentira tout neuf…
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Les Stigmates du Temps
« Dites-moi donc, fidèle amie, À vos regards suis-je encore beau ? Ai-je gardé l’anatomie De ce qui fut un damoiseau ?Je vous connais franche et directe : Penseriez-vous que mes succès Sont nés d’amour ? Chaque conquête, De mon argent ? De mes attraits ?La même ardeur pour la suivante, Et mon discours reste inchangé : Je suis repris dans la tourmente Et de nouveau suis engagé… ». « Sur le visage, il n’est de trace (… Si l’on peut prendre du recul !). Comme la rose perd sa grâce, Vous évoquez un gratte-cul… ». Inédit, novembre 2011
106
Autres temps, autres mœurs
Depuis la fin du millénaire, Il s’est produit du changement : Abandonnant certains repères, Nous avons pris la vie gaiement ! Nous devions, dans notre enfance, Et nous soumettre, et obéir. Le mariage fut l’espérance, La vie tracée pour l’avenir. « Devoir d’État », sans fantaisies, Mais aujourd’hui, viol conjugal. Plus de contrainte aux frénésies : Oui, un état, mais libéral ! Sont-ils heureux, nos jeunes couples, Dans leurs échanges incessants ? Intolérants, et si peu souples Quand leurs rapports se font lassants ? Près des aînés, de leur famille, Souhaiteraient-ils à l’envi Cette existence si tranquille Que l’inconstance leur ravit ?
107
Inédit, novembre 2011
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