Moulin de Loyre

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Personne ne connaît le principe qui fait tourner le monde. Certains vous disent que c'est l'amour, d'autres, la guerre, la providence, l'instinct de survie, plus encore l'argent, mais qui a raison? Un fait demeure: la poésie magnifie l'entorse de notre quotidien et marche au-devant du temps au fil du rasoir, en demeurant invulnérable dans la durabilité de notre vie et de notre mort.
Publié le : jeudi 13 août 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342040944
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342040944
Nombre de pages : 56
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De Loyre et de Boire, Edilivre, 2009 Au Tours de Chenonceau, Thebookedition, 2010 Irénita et nouvelles d'Afrique, Thebookedition, 2010 Paroles de masques, Thebookedition, 2012 Les Ancêtres du spounick, Thebookedition, 2013
Alexandre Lhomer MOULIN DE LOYRE
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120536.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
MOULIN DE LOYRE
Dentelles mirabelles Dans tes dentelles mirabelles, filent quenouille le regard du jour. Je t’aime, en t’inventant, juste entre le sable et l’oiseau. Tes hanches endormies, douceur alanguie, font danser l’horizon. J’arrive à la douane, douanier de tes lèvres, et je ne dis mot, rien, sinon qu’il fait feu de bois dans l’antre de ton corps. L’ardeur de mes mains saisit l’archet à l’extrême du songe de vivre, où la vague vient faire grève sur ta peau, plaquée sous maille et sueur, quand la traverse feule, roulant branches et feuilles, dentelles mirabelles.
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MOULIN DE LOYRE
Il a neigé dans le lointain des jours Il a neigé dans le lointain des jours, et la lumière luit sur la page feutrée du clair-obscur. Une araignée trace son sillon de velours sur le grand cercle des voyages, aux quatre coins du portulan de la chambre. Derrière la vitre, le chat sommeille, et le chien gratte à la porte, pendant qu’au-dehors la nuit boit l’encre des vallées, lorsque l’emphase du soleil s’éteint dans mes mains.
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MOULIN DE LOYRE
La fugitive sur le pont Elle avait passé une écharpe autour de son cou. Et portait sur sa robe toute la clarté de l’automne alentour. Sa silhouette et sa démarche faisaient le reste, accompagnées du grésillement de ses bas, m’envoyant des pensées subversives. Jongleur qui funambule, je pensais à ce qu’elle me livre les clefs de son langage muet, afin que je puisse dialoguer avec son ombre derrière elle. Soudain, la belle déhanchée perçut mon regard, se retourna et me regarda en revenant sur ses pas. Coup de foudre et de soufre, souffre que je souffre fer et feu, murmurais-je, derrière le revers de ma veste. J’ignore, me dit-elle, si tu veux goûter mes lèvres. Toi, dans la saignée de la pierre de ce pont. Moi, le feu, et toi, la salamandre dans le château aux miroirs, où les amoureux apposent leurs baisers contre le chaos des hommes. C’était à la fin du jour… Elle aurait pu être la reine du château de Saumur, mais elle était de celles que les ponts de Loyre mélancolisent. Et maintenant cette fugitive nageait dans ma mémoire, étincelle de vie, abrégée par le néant des eaux tumultueuses du fleuve.
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MOULIN DE LOYRE
Notre-Dame des Ardilliers La cathédrale toute haubanée de tuffeau, aux reflets d’amphore dans ses nippes royales de pourpre et de ciel jaunâtre, vendange les toits alentour. Ici est la vie, Saint des saints, pourceau ou Saint, tout cela en vérité m’est bien égal, mitraille ! Les grands fûts des colonnes en chasuble referment leurs grimoires, et des odeurs de cierges éteints à la cire ramollie inféodée de songes, s’érigent et se couturent à l’arsenal du nom en pavois de Marie Caroline pleine de grâce, pendant qu’un oiseau croche une clef de voûte au-dessus de ma tête, en présence d’un essaim d’anges voltigeurs, tirant précautionneusement, un rideau de velours rouge cramoisi. Vertige inversé d’autres constellations lointaines, qu’allument en souples résonances, un verger mobile de vitraux, dont des doigts gantés sur l’orgue, réveille des arpèges insolents, dessinant en secret le contour du silence sur les piliers des travées. Ombres des fûts portées qui allongent vers le Dieu artificier une nappe d’autel dentelé au point de croix. Soit ! Je n’irai plus avant au cœur des sortilèges et des rituels, les paumes tendrement ouvertes vers l’officiant, Pourceau ou saint, tout cela en vérité m’est bien égal, mitraille !
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