Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI

sans DRM

Nous voyons un éclat de soleil sur le sol

De
0 page

"Brille et donne les feuilles le silence des rayons et le souffle du vent danse. Si profondément regardée auparavant terre elle nous reste ainsi Faveur rendue dans la douleur. Alors veut la pensée vers Cambes vers les arbres argentés du loin les coteaux allongés vers Libourne vers Langon car maintenant monte le pays comme une nourriture il monte et comme il monte alors se déchire doucement un sanglot tout doucement il se déchire. Mais nous nous acheminons vers un monde glacial vers un monde glacial".


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

cover.jpg

MARC GÉRAUD

NOUSVOYONSUNÉCLATDESOLEILSURLESOL

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

img1.jpg

 

Et de la région Languedoc Roussillon

 

img2.png

 

à Pascalimg3.png

Brille et donne les feuilles le silence des rayons et le souffle du vent la danse. Si profondément regardée auparavant terre elle nous reste ainsi Faveur rendue dans la douleur. Alors veut la pensée vers Cambes vers les arbres argentés du loin les coteaux allongés vers Libourne vers Langon car maintenant monte le pays comme une nourriture il monte et comme il monte alors se déchire doucement un sanglot tout doucement il se déchire. Mais nous nous acheminons vers un monde glacial vers un monde glacial.

L’automne le goût pour les fleuves une plus grande douceur de blessure dans la lumière posée Ose finalement aux yeux venir et c’est en grand mouvement d’amour un monde en alerte Et cette race où je prétends au Rhin froid aux coteaux hautinés. Chose sur chose or sur or. Il est masque il se tue comme un souvenir du Rhin il n’est rien et s’attache aux souvenirs du fleuve et Marche vers la Garonne la Dordogne vers la Gironde après les villes tues vers les collines maintenant sauve un chant éperdument le sauve et vinrent au bleu au pourpre aux couleurs enfin toutes les détresses du temps.

Ces collines mesurées, soient ma demeure ; mais véritable une demeure, où l’on s’y attache. Que tu reviennes vers nos exploitations : par nos vallées, par nos champs ; et tu ne brûleras pas très longtemps d’être effroyable. Certain a dit – très doucement – que nous étions fous de nous faire la guerre. Aussi la paix aux autres des miennes. Et, pour savoir ce qu’est demeurer, vous l’apprendrez ; « rien que pas très avant sous la terre », sans ironie. Vivre est d’un batracien, mais mourir est d’un triste. Moi je suis revenu « à la mai- son », frère d’un drôle de fracas ; où j’y réapprends la tristesse. Et l’on m’a appelé le songeur : celui qui songe : et ainsi, durant toute la journée, comme un arbre et noueux, je songe.

Je haïssais tant Aulde que je préférais être avec elle que seul ; et nous devions à la fin remettre notre allée à Venise, à cause d’une guerre lasse. Ainsi me trouve la saison des ors : je jouais tant de fois aux échecs avec Aulde. Elle me contredisait souvent, et de colère je préférais qu’il n’en soit pas ainsi. Par la fin du jour, quittant la richesse à grand cri des soieries, je baignais mon front de l’ataraxique turquoise des couchants ; et, ainsi qu’il est de rêve, elle du crépuscule, souvente fois la saisissais-je, comme s’abaissaient en gestes murmurés les derniers soleils : Mary Monot – que de fictions s’émurent en moi à ses yeux. Or un miracle infâme, ourdi par quel astérisme aux cieux noirs, fit pour elle plus irrésistible chaque jour le philtre hélant du sépulcre. Aussi Mary Monot vint-elle plus souvent : en cette époque roussie, les feuilles tourbillonnaient à ses pieds comme du mauve. Aulde avait toujours eu cette vie calme et peut-être triste des études, et voulait consoler le désespoir invisible en ses yeux de Mary Monot. « L’on ne meurt jamais que de ce qu’il y a après la mort... », arrêtait-elle de caresser ses cheveux. « Certes Octave Brun – dans son Traité de l’exaltation – a prétendu que la venue du Messie n’était qu’un épiphénomène marginal de la troisième révolution des Koalas ; mais je ne sais quel poète a presque dit qu’il est parti en signe d’être venu. En signe de cette vérité ; vraiment ». Et souvent je les trouvais, deux, jouant au boudoir, et de rire : « Si j’étais un chaton, quelle fleur serais- je ? » Et c’était une douleur pire que toute couleur. Enfin fut-il qu’en lieu de venir, il fut qu’elle ne vint plus. Et je m’en souviens comme si c’était un matin. Seulement peu de temps après je m’acharnai et m’acharnai sur son cœur le poignardant d’Aulde – jusqu’à ce qu’ils vinrent me prendre. Sévère lieu d’assou- vir le Christ, nos lois... Et maintenant, comme les en allées me parlent de cette appa- rence de corps qu’est la nostalgie ; et je puis dire en mon cœur cette histoire qui y meurt... Mais, pour un regret : à celle qui me fut à trop, paix des guerres en mon âme.

C’est lors d’une nuit que j’entendis au mieux la gare : cri d’essieux, et la voix grésillée. La lumière ocre de ma lampe, les insectes volaient. Puis un si léger coup de sirène, incolore de brièveté, mais doux, comme un rire sous cape – ou une vigne noyée de violet noc- turne en campagne. Cette fois j’y suis allé (mais où ?). Dehors, le chaud d’été, presque comme ce jour de départ où je songeais à l’or et à la pourpre de Wagner, et où il y aurait une voyageuse aussi. Ainsi sont les gares, voyages et espoirs nouveaux. Et la grande Ourse, et les autres... C’est, d’ici, au fond du jardin est une bande jaune : la lumière de la rue. Des battements d’aller du train, un autre coup, des battements. Pour mieux faire, j’ai ressauté la fenêtre (une histoire de voisine, de partie de pêche). À porte franchie, la nuit instable ; ce soir, la ville est étrangement laissée : du très noir...

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin