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Nuances terriennes

De
206 pages

La Guadeloupe, la France tropicale, les Antilles furent les témoins de tant de faits de la condition humaine, qu’aujourd’hui nous en supportons encore les conséquences. Raymond Procès sublime pour nous cette partie du monde par l’étalage de ce métissage ethnique et culturel. Le sang versé, la liberté réprimée, telles sont les souillures d’une vie d’hommes déportés...

Le poète, Raymond procès, nous donne de sa verve pour enchanter nos esprits d’images affriolantes qui nous charment par instants, nous offusquent par moments, et finissent par nous plonger dans un océan de douce espérance...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-96278-2

 

© Edilivre, 2015

 

Livre I

Hommage à Aimé Fernand David Césaire

Une grand-mère qui lui apprit à lire et à écrire dès son plus jeune âge a certainement été l’élément clef donnant à Aimé Césaire, une véritable disposition à l’émancipation de son esprit. Paré de ce bagage intellectuel, il était fin prêt à disséquer la société qui gravitait autour de lui et même au-delà de sa propre perception intime.

Aimé Césaire comprit, à raison, qu’il évoluait dans une époque tourmentée et que la couleur de sa peau donnait à sa valeur d’homme une autre considération dans un monde dominé par l’homme blanc. Il vivait à une époque singulière, qui se prêtait à la fomentation d’idées nouvelles. Assurément, les conditions de servitude et d’oppression demandaient une sédition. L’injustice de tout temps a créé des individus qui se font défenseurs de la liberté de tous à vivre dans un monde plus équitable et ce, au mépris de tous dangers inhérents à leur propre personne.

Aimé Césaire est le produit d’un enfantement exceptionnel de la barbarie humaine. Il est cet élu, en demeure de se poser en guide universel de tous les esprits qui veulent partager un avenir sans couleur dans la paix, la fraternité et la jouissance des richesses intimes de chaque nation composite de l’espèce humaine.

Un homme à part

Aimé Césaire est ce poète mythique qui se pose en observateur du monde et rapporteur de tous les maux qui traversent les corps endoloris des humains meurtris par l’intransigeance de l’oppression quelque soit sont origine. Sa sensibilité exacerbée, son acuité à discerner la vraie nature de l’homme, le consacre exceptionnel. Son omnipotence lui permet d’analyser son propre moi afin de se définir dans la société des hommes. Il s’est astreint à explorer son imaginaire pour donner un contour visuel à l’abstrait. Une façon d’aliéner la réalité et devenir un réceptacle d’idées nouvelles pour les générations à venir. Son charisme, son empreinte dans l’univers humain marquent un passage indélébile. Il est le début de l’avancée d’une conscience intemporelle pour glorifier la diversité existante sur notre terre et apporter une sagesse à l’humanité toute entière.

Un combat permanent

Aimé Césaire était comme une sentinelle, toujours sur ses gardes, surveillant les moindres faits et gestes de ce monde en perpétuelle mutation. Sa mission sur terre était bien définie. Il devait porter à l’esprit hominien une vision plus juste d’une société civilisée. Le fait d’être de la couleur de celui que l’on opprime est bien révélateur de ce destin, si particulier, qui le révèle tel un messie noir.

De l’esclavage, de la négritude, de la colonisation, de la politique, de la poésie, de l’Afrique, de l’homme, il en fit ses champs d’investigations pour alimenter en réflexions son cerveau unique toujours en ébullition et se jouant des années.

Son regard a embrasé l’homme dans la moindre parcelle de sa chair et de son esprit. Il a su opérer en nous l’éveil de l’intérêt de chacun à celui de tous. Comme pour bien marquer son élitisme, la nature lui confère une remarquable résistance lui permettant de vivre jusqu’à un âge très avancé.

Les hommes ont créé Aimé Césaire, malgré eux, car leurs âmes, en secret réclamaient son apparition pour leur donner une chance de changer les relations humaines et communier dans une universalité sans tache.

L’influence d’Aimé Césaire

Parler d’Aimé Césaire est une grande prétention. C’est aussi un immense honneur, car l’homme a une stature quasi divine, et est une source de jouvence intellectuelle.

Cependant, je ne tiens pas à relater ce que M. Césaire a écrit ou dit. Nous connaissons tous ces hauts faits : la création du concept de négritude, la publication du fameux « cahier d’un retour au pays natal » ou bien encore son terrible « discours sur le colonialisme » qui furent des éléments primordiaux dans son investiture comme défenseur du droit de chacun à jouir de sa liberté et d’émanciper ses propres richesses quelque soit la couleur de sa peau et sa diversité culturelle.

Il fut, à l’évidence, un fédérateur de pensées s’alliant à des hommes de renom et épris du même désir de réhabiliter l’homme noir et amener un autre entendement dans les esprits en mal de vérité.

M. Léopold Sédar Senghor, M. Léon Gontran Damas, M. Guy Tirolien, M. Bigaro Diop furent ses frères de combats et par la même leurs actions communes démontrèrent, que l’union de plusieurs cerveaux efficients pouvait porter au monde une vraie orientation de progrès vers un projet de lifting humanitaire d’envergure planétaire.

Oui ! Aimé Césaire a écrit et mis en place des choses importantes et indéniables.

Néanmoins, qu’est-ce qui est vraiment important ? Est-ce la quantité d’œuvres produites ? Non ! Ce qui importe, c’est l’interprétation que chacun de nous donnons à ses écrits et la manière dont nous les appliquons à notre vie de tous les jours. Quelle influence, M. Césaire a eu sur notre conception des évènements humains qui font l’histoire d’une vie, d’une civilisation ?

Moi aujourd’hui, en toute humilité je vous propose de vous montrer ce que cet homme m’a permis de comprendre et d’écrire. C’est là, que réside, véritablement la toute puissance de cet illustre personnage. Il est formidable qu’un écrivain tel que moi, du 21ième siècle puisse s’imprégner d’un Aimé Césaire pour mettre à nu les vérités des événements passés, présents et à venir.

Il est à penser qu’Aimé Césaire a eu cette potentialité de léguer un substrat de sa capacité d’analyse à des individus, comme moi, qui sont en quête d’une autre réalité humaine.

Aimé Césaire est ce point de départ où s’émancipent toutes les certitudes et incertitudes de nos folles pensées.

Aimé Césaire a su donner à la pensée une conscience intemporelle. Il est devenu pour moi, ce phare qui me mène vers un univers avide de connaissance et l’âpre désir d’instaurer une véritable équité dans la société des hommes.

Comment ne pas apprécier la valeur d’un Aimé Césaire. Ne faut-il pas le remercier de nous donner cette fibre créatrice et nous transmettre cet héritage exceptionnel ? Aimé Césaire porte en moi le germe de la construction d’un nouvel ordre mondial. Un endroit édifié sur une solidarité commune et apportant à l’homme social une harmonie de vie plus proche d’un bonheur idéalisé.

J’aimerais, enfin, terminer mon intervention par un poème. C’est, cette fois-ci, un nouvel hommage à la qualité de poète que fut Aimé Césaire. Le poète est un homme d’une humilité naturelle qui prend à sa charge la destinée des hommes. Il les guide, les berce, les réconforte, leur apprend à se connaître. Il est l’être qui éclaire l’esprit. Aimé Césaire était un pareil Homme, il a été le porte-parole de tous et notamment des opprimés de l’existence humaine, mais il est surtout ce porteur d’espoir dont l’homme peut s’améliorer, s’il met à nu les vraies richesses qui résident en lui. La valeur fondamentale d’un homme, c’est sa capacité à accepter la différence et faire grandir la tolérance dans son cœur. Pourtant, cette perspective semble bien difficile, car l’homme ne semble pas prêt à donner libre cours à cette initiative bénéfique pour l’humanité toute entière.

Ailleurs.

Je pars ce soir en vadrouille

Dans un monde truffé de secret,

À l’abri des bombes et des décrets ;

Dans le dos une porte que je verrouille.

Je marche sur des lunes sans visage,

Une plénitude que foulent mes pas.

Sans réveiller le silence du trépas,

J’erre à outrance sur un nuage.

S’il me prend l’imbécile envie

De jeter un œil sur la terre.

Je me souviens des hommes austères

Et de ma retraite, je suis ravie.

Haïti, le destin d’une terre

L’histoire a fait de toi une terre à part.

Toussaint a brandi l’étendard de la liberté

Pour donner à son peuple une vraie dignité,

Et croire en un bel avenir, sans avatar.

Pourtant, quelle funeste malédiction

Vient à nourrir ton âme ténébreuse ?

La misère de l’homme s’est mise en faction,

Devant tes pauvres villes laborieuses.

Est-il un champ de bataille plus souillé,

Que tes terres parsemées d’outrages ?

Les hommes, la nature, se sont ligués

Pour te faire subir le pire des carnages.

Terre de non-vie, tu es devenue cimetière,

Comme un éloquent et malséant purgatoire ?

Es-tu une transition pour mériter la lumière ?

Tu donnes au noir, le goût du désespoir.

Des hommes avilis en quête de liberté

T’ont apporté une renommée cynique.

À croire que cette délivrance donnée,

Ne soit devenue qu’un sale coup de trique.

La cupidité des hommes a brisé ton envol

Et a provoqué la perdition des âmes

Dans un naufrage sur l’immensité de ton sol.

Ta souffrance est une grande larme.

Aujourd’hui, de ta misère, tu cries, au secours !

Tes armes naturelles frappent sans pitié.

Des milliers de morts comme dernier recours

Pour alerter une planète remplie d’iniquité.

Fallait-il tant de désastres et de cadavres empilés

Pour donner à l’esprit humain un élan de solidarité ?

Fallait-il la noirceur du sang des femmes, des bébés,

Pour se dire que le chaos est mère de pauvreté ?

Haïti ! Ton terrible message a été entendu.

L’assemblée des hommes a décidé de t’aider.

Mais ont-ils compris le sens de tes maux ?

Ton peuple est en désespérance depuis une éternité.

Tu l’affliges encore pour tenter de sauver sa peau.

Mais les terriens ont-ils compris le sang répandu ?

Devant l’extraordinaire tragédie, nous crions à la solidarité.

La mort spectaculaire en nombre nous a constamment émus.

Mais, avant tout cela, le dénuement a toujours eu ses quartiers,

De noblesse dans bien des pays où la vie n’est pas un jeu.

Et pourtant, nous ne faisons cas des plaies de notre planète

Qu’au moment de l’accomplissement des pires catastrophes.

Les événements d’Haïti ne sont que les prémices de ce que nous réserve notre demain.

La misère n’est pas exempte des fléaux de la nature.

Une vie loin de la pauvreté n’est pas un gage d’un avenir serein.

Nos actes fous et les caprices de notre mère nature

Sauront toujours nous ramener à un inéluctable dessein :

L’humain ne maîtrise rien, la vie suivie de la mort est son unique destin.

La Guadeloupe un exemple de trop

Le monde semble être devenu un grand plateau de prestidigitation où se passent des événements venus d’ailleurs. Encore une crise que personne n’a pas vue venir. C’est à se demander, si sur cette planète nos experts en tout et nos gouvernants servent vraiment à quoi ils sont nommés. Pourtant, ce n’est pas faute de nous expliquer les choses avec toutes sortes d’émissions télévisées, sur les actualités récentes, les faits passés, les hommes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Tout nous est livré avec une profusion souvent mal contenue. Et pourtant, malgré toutes ces éminences grises, ces films à succès sur tout et n’importe quoi, ces débats, ces livres, ces bibliothèques, toute cette histoire écrite et orale de l’homme et bien, rien ne va ! C’est la crise mondiale ! Et depuis tout est la faute de la crise mondiale que personne n’a vue venir. C’est à croire que les Terriens sont partis sur une autre planète et à leur retour, ils ont découvert une chose que l’on appelle la crise.

Le seul problème, c’est que les difficultés et les conflits qui sévissent aujourd’hui dans une île comme la Guadeloupe vient à embraser les îles sœurs de cœur et par la même toutes les sociétés du globe terrestre, car rien n’est plus prévisible du fait de notre apparente cécité à prévoir les embarras. Il est effarant d’observer comment les hommes cultivent le désordre et sont fort surpris quand la dynamite, dont ils avaient allumé la mèche, leur pète à la figure.

Il est incroyable de noter comment une crise se médiatise dès que ce sont les banques ou le monde de la finance qui est touché, alors que ce sont ces mêmes acteurs qui sont à l’origine de ces maux. Il faut dire que, ce ne sont que des hommes qui sont à la tête de tous ces grands groupes et que la perversion de l’argent atteint en premier l’être humain. Un ensemble d’individus qui font leur intérêt personnel passer avant toute chose et font de l’intérêt général une vague alternative. Ils ne sont victimes que d’un système générateur d’iniquité qu’ils ont créé eux-mêmes. Et pour comble d’incohérence, il faudrait que ce soient ceux qui leur aient servi de vaches à lait qui leur permettent de conserver leurs privilèges.

Plus de colonies, plus d’esclavage mais l’homme social a-t-il pour autant évolué d’une manière bénéfique ? Une végétation luxuriante, des paysages de rêve, des plages paradisiaques, un climat réconfortant, est-ce que c’est assez pour vivre un bonheur idéalisé ? Non ! L’insulaire tropical vit dans une prison dorée, un semblant de bien-être qui n’est qu’un vilain leurre. Plus de chaînes, mais un assistanat qui fait perdre une dignité à peine retrouvée. L’insulaire tropical vit une survie sans cesse renouvelée. Il ne se pointe pas une chance d’évolution à l’horizon. Il est maintenu dans un état végétatif à peine définissable. Le poids d’un lourd passé ne semble pas avoir encore quitté son corps endolori. La souffrance est autre, mais la peine est la même, un sentiment d’abandon, de non-reconnaissance comme si leur sort passait après celui de bien d’autres plus méritants ou plus utiles peut-être. Faut-il être assez sot pour croire que c’est pour cause de crise mondiale que cette situation de précarité subsiste dans les DOM ?

Sans être un expert en économie, ni bardé de diplômes, en ouvrant simplement les yeux, il était prévisible qu’une telle virulence face à l’inégalité se mette en œuvre. Comme, il était assuré que le matérialisme et la notion de profit trouveraient leurs limites. Pourtant, l’histoire est pleine de ces faits similaires de révoltes face à l’inégalité. Aurions-nous oublié la révolution de 1789 ? D’après certains experts, le temps des révolutions est révolu, de même que les Grandes guerres parce que, paraît-il, l’homme serait devenu raisonnable. Quelle étrange affirmation de la part de personnages qui ne voient rien venir. Je crains qu’il ne faille s’attendre au pire avec les humains. L’homme est une créature imprévisible surtout lorsqu’il agit en groupe, sa force est sans commune mesure. Il est un seul fait qui soit prévisible, c’est que ceux qui possèdent le pouvoir et l’argent n’auront jamais à souffrir des crises. Ils détiennent entre eux cette solidarité qui les préserve des aléas de l’existence conçue par eux-mêmes.

La crise, elle est planétaire, et ce, depuis la nuit des temps, dès lors que l’inégalité s’est instaurée sur cette terre en donnant à certains le pouvoir et les richesses sous prétexte qu’ils étaient aptes à gouverner les peuples. Nous sommes, désormais, au XXIe siècle et l’homme social n’a eu aucune évolution équitable. Nous assistons à une paupérisation graduelle des populations et à l’obédience à une caste de privilégiés minoritaires possesseurs du pouvoir et des richesses. En fait, rien de nouveau qu’une continuité dans un monde qui n’a plus vraiment de but et où le rêve est devenu la seule échappatoire pour un semblant de bonheur tant espéré.

Si l’homme ne se donne pas un autre modèle d’évolution. La colère qui gronde dans des régions du monde propice à la volupté, telles les Antilles, ne sera qu’une prémisse à la violence du...