Nuit d'Afrique ma nuit noire

561 lecture(s)
Le titre de cette publication, qui comporte un choix de dix poèmes avec leur traduction italienne en regard, est une citation de "Que m'accompagnent kôras et balafong", l'un des poèmes les plus célèbres de Léopold Sédar Senghor, poète, intellectuel et premier Président du Sénégal indépendant. Ce titre rappelle l'une des lignes de force de sa poésie : l'affection qui le lie à sa terre d'origine en embrassant en même temps tout un peuple, ou plus exactement, toute une race perçue comme un peuple.

lire la suite replier

Profitez de l'abonnement

  • 9.90 € /mois
  • Abonnement sans engagement
  • Accès illimité au catalogue
  • Lecture sur tous vos écrans
  • Plus d'infos

Achetez cette publication

Lecture en ligne
  • Lecture en ligne
  • Format(s) PDF
  • sans DRM
Commenter Intégrer Stats et infos du document Retour en haut de page
harmattan
publié par

suivre

Vous aimerez aussi

Antonella Emina (sous la direction de / a cura di)

NUIT D'AFRIQUE MA NUIT NOIRE
(poèmes en édition bilingue)

NOTTE D'AFRICA MIA NOTTE NERA
(poesie in edizione bilingue)

GIORGIO FAVARO, LUCA GHIELMETTI,

ISA,

ALESSIO LEGA, VALERIO MAGRELU, ALFREDO RIENZI

traduisent

/ traducono

Léopold Sédar Senghor

L'HARMATTAN

ITALIA

via Degli Artisti 15 10124 Torino

L'HARMATTAN 5-7 rue de l'École Polytechnique 75005 Paris

Alchimie 6 COLLANA DI LETTERATURESTRANIERE diretta da Graziano Benelli

Titoli già pubblicati: Guy de Maupassant Palla di lardo Testo originale a fronte con un saggio di analisi contrastiva traduzione e cura di Manuela Raccanello
Majid El Houssi Lo sguardo del cuore / Le regard du cœur Natasa Raschi (a cura) Teatro e poesia in Costa d'Avorio Edizione bilingue delle opere di Bottey Zadi Zaourou "Il Termitaio» "A cavallo di una nube folle» Alain Tasso Frammenti caotici / Fragments chaotiques Claude Gauvreau
Bellezza barocca

Pubblicazione realizzata dall'Istituto di Storia dell'Europa Mediterranea
(sezione di Torino) ISEM CNR

-

hannattan.italia@agora.it www.editions-harmattan.fr

@ L'Harmattan

Italia srI, 2004

@ per la raccolta originale francese Chants d'Ombre, Éd. du Seuil, 1945 @ per la raccolta originale francese Éthiapiques, Éd. du Seuil, 1956 @ per la raccolta originale francese Nocturnes, Éd. du Seuil, 1961 @ per la raccolta originale francese Lettres d'Hivernage, Éd. du Seuil, 1972 @ per la raccolta originale francese Élégies Majeures et Poèmes Divers, Éd. du Seuil, 1990

TABLE

DES MATIÈRES / INDICE

Préface,

ANTONELLA EMINA ANTONELLA EMINA

Prefazione,

9 15

I. GIORGIO FAVAROtraduit

/ traduce
24 25 26 27 28 29 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59

Joal Joal Femme noire Donna nera Que m'accompagnent kôras et balafong M'accornpagnino kora e balafong Absente absente Assente assente
Tu as gardé longtemps

Hai tenuto a lungo
Je t'ai accompagnée

T'ho accornpagnata Ne t'étonne pas mon amie Non turbarti arnica rnia
Je t'ai filé une chanson

T'ho filato una canzone
Ma Sœur, ces mains de nuit Sorella mia, queste rnani di noUe Et nous baignerons mon amie E c'irnrnergererno arnica rnia
Élégie pour la Reine de Saba

Elegia per la Regina di Saba II. LUCA GHIELMETTIraduit / traduce t Elle fuit ellefuit Lei scappa e va

72 73

5

Perceur de tam-tam Perceur de tam-tam Mon salut Mon salut III. ISA traduit / traduce Mais c'est midi Ma è mattino Dans la nuit abyssale Nella notte abissale Camarade Fratello Et le sursaut soudain E il brusco guizzo Avant la nuit Prima di notte Au bout de ma lunette ln fondo al mio cannocchiale
IV. ALESSIO LEGA
Ce long voyage

74 75 76 77

80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91

traduit / traduce
94 95 96 97 98 99

ma Sopé

'5to lungo viaggio beddha Écoutez les abois Ascoltate il ringhio Jardin de France Giardino di Francia
V. VALERIO MAGRELLI traduit

/

traduce

L'ouragan L'uragano Le totem Il totem Ta lettre ma lettre La tua lettera la mia lettera 6

102 103 104 105 106 107

VI. ALFREDO RIENzI traduit

/ traduce
110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 125 128 129 132 133 138 139 142 143

Perles Perle Brouillard Nebbia Pourquoi Perché
Je suis seul

Sono solo Le portrait Il ritratto
Je m'imagine ou Rêve de jeune fille Immagino 0 Sogno di fanciulla Prière aux masques Preghiera alle maschere L'homme et la bête L'uomo e la bestia Le Kaya-Magan Il Kaya-Magan Chant de l'Initié Canto dell'Iniziato Élégies des Circoncis Elegia dei Circoncisi Élégie des eaux Elegia delle acque

7

PRÉFACE

Nuit d'Afrique ma nuit noire est une citation de «Que m'accompagnent kôras et balafong», l'un des poèmes les plus célèbres de Léopold Sédar Senghor (1906-2001), poète, intellectuel, premier Président du Sénégal indépendant. Ce titre rappelle l'une des lignes de force de sa poésie: l'affection qui le lie à sa terre d'origine en embrassant en même temps tout un peuple, ou plus exactement toute une race perçue comme un peuple. Cette publication comporte un choix de poèmes (1) avec leur traduction en regard. Les traducteurs, trois poètes et trois cantautori italiens, illustrent l'indépendance des codes de la poésie d'avec ceux de la chanson. Les deux univers répondent à des exigences et à des techniques parfois opposées. Le poètetraducteur se concentre dans son effort centripète de pénétration de plus en plus profonde du texte. Le cantautore-traducteur répond à un mouvement centrifuge qui vise, dès sa conception même, à élaborer un projet d'oralité et de transmission. Quelques-uns de ces poèmes sont déjà connus par le lecteur italien grâce à des publications dues d'abord à la curiosité, tantôt effarée tantôt partagée, pour la révolte d'un continent qui trébuchait sur le chemin des Indépendances. Parfois les réussites politiques et littéraires de leur auteur les avaient déjà mis en lumière. Or, à une étape de l'histoire où les espoirs africains se sont noyés dans les difficultés du quotidien et où le poète Senghor n'occupe plus le devant de la scène, l'intérêt se concentre sur le résultat artistique. Cependant une absoluité, une distance, une transcendance et une innocence poussent la parole poétique dans les limbes du non-achevé. À ce moment là, quand la poésie n'est plus dirigée ni par la storicité ni par la corporéité de l'auteur, c'est le lecteur qui se charge d'en prendre la barre, en la recontextualisant et en la réactualisant, aussi bien pour luimême que pour d'autres lecteurs éventuels i c'est le cas des traducteurs de ce volume.

9

Giorgio Favaro, médecin, poète, chercheur, aborde un bon nombre de poèmes qui constituent un véritable défi. Cet artiste turinois est le représentant d'une conception poétique opposée à celle de Senghor sous plusieurs perspectives. La condensation de l'un, à la recherche de la parole originelle, entre en relation dialectique avec l'attitude de l'autre souhaitant expliquer philosophiquement sa vision du monde, un holisme peut-être imparfait mais émouvant. Et c'est sur le fil de l'émotion que les deux poètes se rencontrent. Le traducteur s'approprie la parole poétique de l'auteur à travers des opérations de déplacement et de suppression tantôt suggérées par les habitudes langagières de l'italien tantôt dues au langage poétique propre à Giorgio Favaro. Le résultat s'ordonne plus selon les principes du sentiment que suivant les règles de la syntaxe. Chaque mot et chaque vers sont interrogés à différents niveaux, jusqu'au point où l'italien concurrence la langue originelle. Le choix du traducteur débute par les poèmes les plus anciens et peut-être les moins originaux foal et Femme noire du premier recueil de Senghor, jusqu'au poème de la maturité Élégie pour la Reine de Saba. À travers son parcours Giorgio Favaro permet au lecteur italien d'accéder à la complexe beauté du vers senghorien grâce à une série de réussites métriques et lexicales. Le travail de Luca Ghielmetti, cantautore et musicien lombard, montre jusqu'à quel point le passage du français à l'italien est influencé par son expérience des chanteurs de l'Hexagone du XXème. Cette pratique s'impose avec l'envoûtement de la vie vécue. Ghielmetti relève le défi senghorien en choisissant trois poèmes très différents l'un de l'autre et caractéristiques de trois moments distincts de sa poésie. Elle fuit elle fuit s'arrange juste après le Chant de l'Initié et introduit la relation amoureuse dans les termes d'un affrontement primaire et épique en même temps. Perceur de tam-tam est un poème difficile à classer; en fait Senghor ne l'avait pas rangé dans les recueils à thèmes, mais dans les Poèmes divers. Il se caractérise par une obscurité des circonstances, par la dureté de son message et par un rythme battant. Mon salut, l'un des poèmes où le cri lyrique, se dégageant de la confession, devance la narration du monde extérieur et son interprétation. Les traductions de Ghielmetti 10

sont

le résultat d'un effort vigoureux d'interprétation.

Elles

feront peut-être l'objet de quelques polémiques, elles sont parfois discutables, mais la version italienne est sans aucun doute plaisante et vive. La technique du traducteur consiste à reprendre un ou plusieurs aspects du texte d'origine, tous ceux qu'il croit pouvoir transposer en italien, et à manipuler le reste, selon ses propres moyens, sans essayer d'imiter le style du poète sénégalais. Dans le syntagme: «La beauté des mots et l'urgence de dire» (2) nous pouvons percevoir le ressort principal de l'activité multiforme de Isa, cantautrice, traductrice et chercheur dans le domaine des littératures post-coloniales sous le nom d'Isabella Maria Zoppi. Elle s'est toujours posée au croisement de multiples modalités communicatives. Ce qui perce de sa rencontre avec la poésie de l'auteur sénégalais, c'est un besoin de mélodie, assez original par rapport à la primauté du rythme manifestée par Senghor. Le résultat est tantôt consubstantiel au génie de la langue italienne, qui préfère le paroxyton (mot qui a l'accent tonique sur l'avant-dernière syllabe) en s'opposant à la tendance oxytonique, resserrée, tronquée, du français, tantôt il découle de choix lexicaux et structuraux précis. Dans «Mais c'est midi et c'est le soir », elle préfère ainsi « mattino» à l'équivalent « mezzodi» de «midi». De même on voit s'allonger le fragment en un double quinaire avec l'accent sur la quatrième syllabe «Ma è mattino ed è la séra ». Les changements qui, de temps à autre, portent même sur les fonctions grammaticales sont donc, le plus souvent, déterminés par une exigence musicale qui n'endommage pas le bon degré de fidélité de ces traductions. Alessio Lega, cantautore, traducteur et interprète de chanteurs français, associe, dans ses chansons, l'engagement politique et social avec la réflexion sur l'individu et sur le sens de l'existence, en devenant volontiers le porte-voix des aspirations publiques et des inquiétudes privées d'une génération qui obstinément bâtit et agit pour ne pas se faire avaler par la marée informe du monde contemporain. Voilà donc qu'un poème d'amour comme Ce long voyage Sapé, acquiert la vigueur de la participation dans sa version italienne. Son action interprétative s'inspire également de ses racines salentines pour trouver les 11

sons et les images capables de récrire la musique senghorienne. À la nostalgie de cette lyrique, s'associe la passion d'Écoutez les abois et la quiétude de Jardin de France. Même ce dernier poème, cependant, est activé par quelques détails de traduction qui poussent la note descriptive vers une sorte de vitalisme. La technique est simple, il s'agit d'attribuer des capacités sensorielles à des éléments du paysage. Le traducteur illustre de cette façon l'idéologie senghorienne et l'ontologie africaine qui tendent à reconnaître au monde une âme permettant à toute créature de s'entendre avec l'autre. En particulier dans Jardin de France il transforme la fonction
intransitive du verbe dans «Mais l'appel du tam tam

/ résonne /

par monts / et / continents» en fonction transitive dans «Ma il richiamo d'un tam-tam / rintrona / monte / e / continente». Le changement de registre linguistique se justifie donc par la récupération quasi naturelle d'une constante de la pensée de Senghor. Quant à la pertinence d'une telle opération le lecteur sera seul juge. Certainement cette démarche est congrue avec la conception de Lega, puisqu'il conçoit l'individu et le monde qui l'entoure dans une relation dialectique et paritaire, où les éléments naturels peuvent remplacer la matière humaine et ne pas en être une simple représentation symbolique: «Je deviens de pluie, de terre, de vent / je deviens de pierre, de pierre fendue...» (Les mauvaises journées). Valerio Magrelli est un poète qui n'a pas besoin d'être présenté puisqu'il s'est imposé à l'attention du public et de la critique dès son premier recueil, Ora serrata retinae (Feltrinelli, 1980). On lui reconnaît une forte empreinte intellectuelle, hyperrationnelle, trait distinctif aussi de ses traductions d'auteurs français du XIXème et du XXème siècle. Les poèmes senghoriens choisis - tous abondamment explicites - ne présentent peut-être pas les difficultés formelles des précédentes expériences de traduction du poète romain, telles que Mallarmé, Valéry, Artaud ou Perec. Les deux premiers poèmes, L'ouragan et Le totem, appartiennent à la première période du poète sénégalais, celle de la réflexion et de la prise de conscience, de la contestation et de l'énonciation de son appartenance à un peuple, à une race et à un continent. Par contre Ta lettre ma lettre fait partie de l'ensemble des Lettres 12

d'hivernage, recueil de la réussite politique. Le haut degré de fidélité et les quelques infidélités, pourraient être inscrites dans la règle du «moins un », selon la théorie exprimée par Magrelli lui-même dans un récent entretien (3) à ce sujet. L'exemple le plus évident est le respect de l'itération des sons principaux du titre dans L'ouragan, justifié par le fait que le sens se concentre et se dégage d'eux. Le système phonétique du poème l'emporte sur d'autres aspects tels que, par exemple, le signifié, comme dans le cas du terme «hivernage », quoique si important dans l'imaginaire senghorien. À l'inverse des autres traductions de ce volume, celles d'Alfredo Rienzi ne respectent pas rigidement l'ordre de publication des poèmes dans l'anthologie senghorienne de référence. Elle adopte, au contraire, un critère mixte, en débutant par les poèmes tirés des Poèmes inédits, par lesquels le traducteur lui-même avait commencé son travail de traduction. À vrai dire le traducteur pensait les supprimer parce qu'il n'y a pas trouvé cette correspondance qui s'est toutefois manifestée par la suite, dès Prière aux masques. Poète lui-même du métaphysique et des lois secrètes qui renferment le sens du monde et des choses, Rienzi a reconnu dans Senghor une lecture du monde centrée sur l'élément ésotérique conçu comme un système de connaissance complexe. La démarche d'approche de la poésie senghorienne, à travers la traduction de poèmes moins marqués par ce point de vue, m'a paru significative en soi, puisque le métier de traduire va ainsi s'inscrire dans un système ontologique dont l'objet fini est une représentation. L'apprentissage du traducteur devient donc une icône, peut-être pâle mais éloquente, du chemin initiatique, explicitement visé dans au moins deux des poèmes choisis par Rienzi: Chant de l'Initié et Élégie des Circoncis. Cependant l'envoûtement du monde pré-moderne, qui inspire la poésie de Senghor, ne relève probablement pas tant de l'ordre enfin rétabli dans le Chaos obscur des origines, que du fiat lux, du chemin lui-même, ainsi que du témoignage de l'idée de secretum, de séparé et, surtout, d'ineffable, d'indicibile. La traduction est donc le résultat d'une affinité de perception entre les deux poètes. Elle, loin de déboucher sur une version immédiate, découle d'une réflexion lente et attentive. Par 13

exemple au sujet du premier vers du Kaya-magan, le terme «personne» pose un problème de traduction important. Dans une note privée Rienzi écrit: «Je n'aime pas persona; Kayamagan est notre Adam-ève gnostique, l'homme femme du Simposium de Platon, l'Androgyne hermétique; persona me semble trop bas et entité trop peu humain; l'Umano primordial serait bien, mais la substantivation de l'adjectif crée un obstacle que je n'aime pas au début du texte ». Ce travail souterrain est donc d'un côté la recherche d'une appropriation du texte et de l'autre la recherche de ce qui sonne bien à son oreille, c'est-à-dire ce qui lui paraît harmonieux. Même sur ce terrain Rienzi rencontre Senghor, qui, dans Que m'accompagnent kôras et balafong, cité en ouverture, en parlant de la nuit africaine, assimilée à une femme, écrivait: «6 beauté classique qui n'es point angle, mais ligne élastique élégante élancée» .
ANTONELLA EMINA

NOTES (1) Choix de poèmes tirés de Léopold Sédar Senghor, Œuvre poétique, Paris Éditions du Seuil, 1990. (2) Nota CD 440 Disoriente, 2003. (3) Interview réalisée par Andrea Monda. "RaiLibro, settimanale di letture e scritture", anno 1, n. 21, 26 novembre 2003 (http:www.railibro.rai.it/interviste.asp ).

14

PREFAZIONE

Natte d'Africa mia natte nera è la traduzione parziale di un verso di «M'accompagnino kora e balafong», uno dei più celebri componimenti di Léopold Sédar Senghor (1906-2001), poeta, intellettuale, primo Presidente del Senegal indipendente. L'elemento cromatico inscritto nell' oscurità nottuma celebra uno dei punti cardine della sua poesia: illegame affettivo con la terra d'origine, abbracciando, al contempo, tutto un popolo, 0 meglio una razza intera percepita come popolo.
Si tratta di traduzioni

-

alcune

inedite

-

di

poesie

senghoriane (1) che la cultura italiana ha già apprezzato, in tempi passati, in pubblicazioni suscitate dapprima dalla curiosità, allarmata 0 partecipata, per la rivolta di un' Africa che si incamminava sull'incerta strada delle indipendenze e, in seguito, mosse dai clamori dei successi politici e letterari dell' autore. ara, quando le speranze africane si sono stemperate nel quotidiano e le luci della ribalta si sono spente sull'uomo, il recupero dell'opera si concentra sull'esito artistico. Tuttavia assolutezza, lontananza, trascendenza e innocenza sospingono la parola poetica nel limbo del non compiuto. Allora, quando non sono la storicità e la corporeità della sfera dell'autore a guidare la poesia, è il lettore a prendeme il govemo, a ricontestualizzarla e a riattualizzarla per sé, in primo luogo, e poi, come nel caso dei traduttori del presente volume, per altri possibili lettori con i quali la condivisione possa compiersi. Si tratta di tre poeti e tre cantautori, le cui traduzioni dimostrano in che misura i due codici linguistici, quello della poesia e quello della canzone, si discostino l'uno dall'altro, rispondendo ad esigenze per certi versi opposte. II poetatraduttore si concentra in uno sforzo centripeto di penetrazione sempre maggiore nel testo; mentre il cantautore-traduttore si riconosce in un movimento centrifugo che implica a priori un progetto di oralità e di trasmissione.

15

L'extrait de cette publication vous a plu ?

Ajoutez-la votre panier pour la lire dans son intégralité !

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.