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Nuits Lunatiques

De
113 pages
La nuit demeure la plus fidèle compagne du poète pour la solitude doucement pernicieuse qu'elle lui apporte, sans doute la première de ses muses, celle qui l'accompagnera jusqu'au dénouement fatal, l'empire des rêveurs idéalistes et des marcheurs attentifs à sa beauté. Il aime son contact froid et la couverture secrète de son obscurité, il compose des plaintes souterraines au reflet de la lune, survivance lumineuse du jour, ou crache sur les larmes qu'elle tire souvent de ses yeux, bien qu'il sache qu'elles ne sècheront pas complètement. Recueil de poèmes nés durant ces nuits adorées, bruyantes, subtiles, taciturnes.
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Nuits Lunatiques

Poésie
5Éditions Le Manuscrit




























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9508-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748195088 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9509-4 (livre numérique)
ISBN95 (livre numérique)

6 Petit poème.







Lecteur…
Perfection de la langue en mes mots je recherche,
Peur de foule harangue et la belle je crains,
Par ma passion exsangue les sentiments je feins,
Pour l’amour trouver sans espoir tends la perche.
7 Nuits Lunatiques
8 Nuits Lunatiques






Lune croissante fébrile. Dans la sphère un point
brille, c’est le palais de la déesse chagrinée qui
domine l’univers, là-bas, dans le monde
intermédiaire. Lune taciturne, méchante, petite fille
de glace fuyant dans le ciel. Ambiance douceâtre
sous les toits troués. Les rayons traversent et
tranchent la pièce où travaille le poète. Lenteur,
patience ; il vit en simple, son ami russe dans un
flacon toujours à portée de bouche, les feuilles
séchées, blondes, en filaments aussi, prêtes à
flamber. D’autres armes de mutilation peut-être à
l’intérieur de l’un des meubles misérables.
Qu’importe que se referme la mâchoire sur son
lien, l’artiste vit en simple dans sa mansarde. Ses
plaies alimentent sa passion d’homme fou. Il écrit
des feuillets intenses avec ses humeurs
dégoulinantes. Le poète est saisi de mal par cette
nuit infecte, humide, lunatique. Il compose, furieux,
son horreur se glisse au sein des mots répétitifs
qu’il aligne. En bas, sur les trottoirs souples au
monde réel, les passants affairés, travailleurs
austères toute une vie durant, masses déterrées en
puissance. Pauvre monde, lardé de gris visages
antipathiques.
Les poètes meurent très doucement, sans déranger.
Les tours rectangulaires étouffent leurs dernières
paroles dans du béton ferré. Les derniers carnets
9 Nuits Lunatiques
d’artistes boivent encore quelques paroles adorables
et vaines puis sont jetés sans regret dans un fond de
tiroir que l’on ne viendra plus gratter. Ils oublient
de rêver, la bourrasque ne leur conseille plus rien,
cache leurs appels. Les mots s’épuisent en silence,
la nuit lunatique les observe s’enfoncer sous le sol.
La belle sèche de vieux pleurs, un génie qui a
renoncé l’a abandonné voici quelques temps. Elle
poursuit son épopée brumeuse, le poète l’aperçoit
de sa minuscule lucarne, l’aime et s’en inspire pour
ses vers nocturnes. Tout va bien, la Lune va se
reposer.
10 Nuits Lunatiques

MANQUE FRATERNEL
On ne se parle pas, bien souvent,
Pourtant je pense à toi, tout le temps,
Je serai toujours là, dans dix ans,
Je t’aimerai comme ça, simplement.

Ô toi ma petite sœur, si lointaine,
Tu peux voir dans mon cœur, une peine,
De ton rire moqueur, mais sans haine,
J’ai bien trop souvent peur, belle reine !
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