Ô prompt à croire et tardif à savoir

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Voyagez en lisant le poème "Ô prompt à croire et tardif à savoir" écrit par Marguerite de NAVARRE (1492-1549). "Ô prompt à croire et tardif à savoir" de de NAVARRE est un poème classique. Profitez de ce poème en le découvrant sur cette page. Et n’oubliez pas que vous pouvez télécharger gratuitement en format PDF le poème Ô prompt à croire et tardif à savoir et l’imprimer depuis chez vous !
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Publié le : lundi 30 juin 2014
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Ô prompt à croire et tardif à savoir

Ô prompt à croire et tardif à savoir
Le vrai, qui tant clairement se peut voir,
A votre coeur reçu telle pensée
Qu'à tout jamais j'en demeure offensée ?
Est-il entré dans votre entendement,
Que dans mon coeur y ait un autre amant ?
Hélas ! mon Dieu, avez-vous bien pu croire
Qu'autre que vous puisse être en ma mémoire ?
Est-il possible ? A mensonge crédit
En votre endroit, ainsi que l'avez dit ?
Pouvez-vous bien le croire et le celer
Sans m'en vouloir de m'en ouïr parler ?
Mais voulez-vous, avant ouïr, juger
Innocent coeur, très facile à purger ?
Estimez-vous le coeur méchant et lâche,
Qui envers vous n'en eut oncq nulle tâche ?
Vous le croyez ; ainsi croyez le doncques ;
Croyez de moi le mal qui n'y fut oncques,
Croyez de moi, contre la vérité,
Tout le rebours de ce que ai mérité,
Jà n'en sera mon visage confus,
Car je sais bien quelle je suis et fus.
En votre endroit, et hiver et été
Et quel aussi m'êtes et avez été.
J'ai le coeur net, et la tête levée,
Pleine d'amour très ferme et éprouvée.
Je puis aller, mais sus tout ne refuse
De mon bon droit faire jamais excuse.
Pensez de moi ce qu'il vous plaît penser ;
Je ne vous veux courroucer ne offenser,
Puisque voulez notre amitié parfaite
Être soudain par soupeçon défaite.
C'est doncques vous, de cruelle nature,
Qui, sans propos, en faites la rupture.
Vous le voulez ; garder ne vous en puis,
Bien que du tout en l'extrémité suis.
De désespoir, voyant mon innocence,
Ma vraie amour avoir pour récompense.
Un tel adieu, par lequel m'accusez,
Du méchant cas dont assez vous usez :
C'est d'en aimer un autre avecques vous.
Il n'est pas vrai, je le dis devant tous,
Et Dieu, qui voit le profond de mon coeur
Prends à témoin, lui priant que vainqueur
Par vérité soit de cette mensonge,
Qui en soi n'a force non plus qu'un songe.
Je lui remets mon droit entre les mains,
Lui suppliant que à vous, ami, au moins
Avant ma mort fasse voir clairement
Comme vous seul j'ai aimé fermement.
Il le vous peut dedans le coeur écrire,
Mais mon ennui ne me permet le dire ;
Porter le veux, le mieux que je pourrai ;
Si je ne puis par regret je mourrai.

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