Oeuvres complètes

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Célébrant la sensualité et les plaisirs, le Bourbonnais Evariste de Forges de Parny (1753-1814) est considéré comme le grand poète érotique des Lumières qui, à partir de son histoire personnelle, compose un roman en vers occupant alors le vide créé par l'échec de l'épopée. Ce deuxième volume regroupe les oeuvres : Les Galanteries de la Bible, Le Paradis perdu, Goddam, Les Rose-Croix.
Publié le : lundi 1 novembre 2010
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EAN13 : 9782296706644
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ŒUVRES COMPLÈTES Deuxième volume
Du même auteur
e Poètes créoles du XVIII siècle : Parny, Bertin, Léonard(2 volumes), Éditions L’Harmattan, collection « Les Introuvables », 2009.
© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12787-6 EAN : 9782296127876
Évariste de Parny ŒUVRES COMPLÈTES Deuxième volume Les Galanteries de la Bible Le Paradis perdu Goddam Les Rose-Croix Textes présentés et annotés par Gwenaëlle Boucher
Les Introuvables Collection dirigée par Thierry Paquot et Sylvie Camet
La collectionLes Introuvablesdésigne son projet à travers son titre même. Les grands absents du Catalogue Général de la Librairie retrouvent ici vitalité et existence. Disparus des éventaires depuis des années, bien des ouvrages font défaut au lecteur sans qu'on puisse expliquer toujours rationnellement leur éclipse. Œuvres littéraires, historiques, culturelles, qui se désignent par leur solidité théorique, leur qualité stylistique, ou se présentent parfois comme des objets de curiosité pour l'amateur, toutes peuvent susciter une intéressante réédition.L'Harmattan propose au public un fac-similé de textes anciens réduisant de ce fait l'écart entre le lecteur contemporain et le lecteur d'autrefois comme réunis par une mise en page, une typographie, une approche au caractère désuet et quelque peu nostalgique.
Dernières parutions
Guy SABATIER,Félix Pyat (1810-1889), Publication de « Médecin de Néron », drame inédit de 1848, 2010. Antoine de BERTIN,Œuvres, ed. Gwenaëlle Boucher, 2010. Anthony MOCKLER,François d’Assise. Les années d’errance, 2009. e Gwenaëlle BOUCHER,Parny,Poètes créoles au XVIII siècle : Bertin, Léonard, 2009. VOLTAIRE,Les Amours de Pimpette ou Une Saison en Hollande, 2008. Vincent CAMPENON,Œuvres, 2008. Jean LORRAIN,Histoires de batraciens, 2008. Sylvie CAMET,Les métamorphoses du moi,2007. Léonard de VINCI,Traité de la perspective linéaire,2007. Nicolas-Germain LÉONARD,Œuvre poétique,2007. Pierre CÉROU,L’amant, auteur et valet, 2007. Paul MARGUERITTE,Adam, Eve et Brid’oison,2007. Céleste de CHABRILLAN,La Sapho,2007. H.-M. STANLEY,La délivrance d’Émin Pacha,2006. Zénaïde FLEURIOT,Plus tard,2006. Frantz JOURDAIN,A la côte,2006. Alois JIRÁSEK,Philosophes,2006.
LES GALANTERIES DE LA BIBLE, Sermon en vers
Approchez, chrétiennes jolies, De la Genèse les versets Valent bien d'un roman anglais L'horreur et les tristes folies. Surmontez d'injustes dégoûts, Lisez ; de la Biblepour vous Je traduis lesgalanteries.
Adam et Eve  Nous savons tropà nos dépens Comment le premier des serpens Des femmes tenta lapremière, Et comment notrepremierpère Acheva le fruit défendu Que son épouse avait mordu. Il leur en coûta l'innocence, A nous aussi. Brûlants d'amour, Sous des berceaux fermés au jour, Du ciel ils bravent la défense, Et de leurpremière ignorance, Ils semblent craindre le retour. Hélas ! il était impossible. Mais enfin au feu des transports Succède l'ivresse paisible ; Un bruit se fait entendre alors ; O ciel ! c'est Jéhovah lui-même. Leur trouble, leur crainte est extrême. Pour échapper à l'œil divin, Les voilàquiprennent la fuite, Etqui se cachent auplus vite Dans l'épaisseur du bois voisin. Bientôt le Seigneur les appelle, Et d'un ton ironique et doux : « Couple obéissant et fidèle, Adam, Eve, où donc êtes-vous ? » Point de réponse. « J'iraiprendre, Etje sauraipunir après, Les insolents qui sont tout près Etqui ne veulentpas m'entendre. » A ce nouveau commandement,
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II fallut quitter le bocage. D'un figuierprenant le feuillage, Ils s'en forment un vêtement. Dans ce bizarre accoutrement, Ils s'avancent, mais lentement, Lesyeux baissés, la tête basse, Joignant les mains, demandantgrâce, Confus, tremblants et consternés, Tous deux de mensonge incapables, Tels enfinque de vrais coupables Déjà jugés et condamnés. Adamprécédait son amie : Eve craintive etparlantpeu N'aurait pu répondre à son dieu. Lepéché l'avait embellie. Sonprocès d'avance est instruit : D'amour encore elle soupire, Et sur son visage on peut lire Cequ'elle a faitpendant la nuit. En femme sage et bien apprise, Par dessus la verte chemise Qui ne dérobequ'à demi De son corps l'albâtre arrondi, Aux yeux du juge redoutable, Elle étend la mainprudemment Sur cequ'elle a deplus coupable, Sur ce qu'elle a de plus charmant. Dieu sourit, et dit en lui-même : « Il est bien temps ! » Mais aussitôt Reprenant d'un maître suprême Le front sévère, il dit tout haut : « D'où venez-vous ?
ADAM
De ce bocage.
JEHOVAH Pourquoi ces robes de feuillage ? A quoi bon s'accoutrer ainsi ?
ADAM J'étais nu, ma compagne aussi ;
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A vosyeux nous n'osions paraître Dans un état sipeu décent.
JEHOVAH Hier vous n'en saviezpas tant. Quel hasard vous a fait connaître Et la décence et lapudeur ?
ADAM Seigneur…
JEHOVAH Eh bien ?
ADAM Eve est si belle ! La pomme est si douce avec elle !
JEHOVAH Il faudrapayer sa douceur. Homme ingrat, et vous sa complice, Vous, dont l'équivoque rougeur Et dont lepetit air boudeur Semblent m'accuser d'injustice, Sortez de ces heureuxjardins, Sortez sans détourner la tête, Sortez donc ; ce séjour honnête N'estpas faitpour des libertins. »
 A cette verte réprimande Il ajouta ce mot dernier : « Apropos,je vous recommande De croître et de multiplier. »  Sexe charmant, à votre empire Insenséqui s'opposera. Eve elle-même vous légua Le don deplaire et de séduire. Aux lèvres de sonjeune époux, Lorsqu'en riant sa bouche humide Offrit dans un baiser timide Le fruit qu'elle rendait si doux, Malgré la menace cruelle D'un maître qui savait punir,
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Il voulut se perdre avec elle, Avec elle il voulut mourir. Mauditpar sonjuge sévère, Sans secours errant sur la terre, Il disait avec un souris : « Eve, tu m'aimes,je t'adore, Et le baiser nous reste encore ; Crois-moi, voilà le paradis. »
Les Géants  O du ciel profonde sagesse ? A la honte de notre espèce, Lepremier né dugenre humain Fut un brigand, un assassin. Caïn teint du sangde son frère, Maudit de dieu, n'ypensantguère, Au loin habita d'autres champs. Il les peupla ; car les méchants, Raceprolifique et féconde, Saventpeupler ce triste monde Bien mieux que les honnêtes gens. Soit caprice de la nature, Soit faveur d'un climat heureux, Ses enfants d'énorme stature En firent deplus vigoureux. La terre, de fruits appauvrie, Légèrement les nourrissait. Force etparesse, comme on sait, Vont très souvent de compagnie : Mangeant beaucoup, travaillantpeu, Ces messieurs pourtant voulaient vivre, Et devinrent, dit legros livre, De fameux chasseurs devant dieu. Ils s'emparèrent des montagnes, Des cavernes et des forêts, Et leurspieds n'écrasaientjamais Legazon des vertes campagnes. D'Abel les enfants plus mignons Subsistaient d'une autre manière : Ils habitèrent des vallons Arrosés par une onde claire ; Leur adresse éleva des toits ;
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