Opus Focus

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Le chant, la musique et les images forment un puzzle ou un prisme de couleurs au travers duquel on peut regarder le monde avec ses manifestations profondes, étranges et symboliques. Ce qui nous laisse peut-être percevoir dans la poésie cette vision de Goethe ; quelques reflets « des forces sacrées et vivifiantes avec quoi nous créons des mondes ».

Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9789999987530
Nombre de pages : 96
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FOCUS BAY
Grands éventails de glisse sur le Pacifique, On dirait des lys gonflés d’eau par les océans, Une tribu de messes blanches, Mes hublots du cerveau pagaient dans l’horizon batave. Des fleurs du pôle ont des rires d’opale, des lèvres de vin, leurs pensées prient les bougies du singe. Elles font des atolls, des anneaux aux pieds, et leurs bouches en cul rond écument l’eau salée. Mon sang est bleu de la baie,my blood is blue from the bay, je bois ses litres d’éternité sur la terre ferme des noyés. Ma pensée est derrière moi, le temps est assis comme des bonzes étoilés. La mer est pleine, sa buvoire contre les coques oscille les arbres sur les îlots. Des chimères d’eau ont envahi le tangage, leurs antennes en phalènes agrippaient les mouches, leurs ailes délectant l’eau douce. J’arrime aux accents des récifs les corsets en cercle des vagues, la narcose des îles vertes, les mers chétives. Février 1993
9
L’AIGUILLEUR
Le bourdon des héliports frôle sa tôle au bord des arbres, Son accident d’oiseau sur l’âme, L’été cache sa douleur, Des fantômes et des morts habitent l’amant pur, Sa main d’ombre dresse un prodige d’amour 30 juillet 2000
16
LES CHAMPS TOXIQUES
Sur l’herbe quadrillée au vent, Un corps plie sous les carreaux des champs, Des épis folles fleurissent sa panse Le soleil glisse ses quartiers coulissants, Le ciel en visière sur les pentes Le corps enlacé des plaines grouillantes Fourmille ses membres acharnés au crassier, La terre glauque des embryons noirâtres Cercle à demi sa chair de glaise, Ses yeux opaques aux voiles folâtres Glissent ses carreaux dans les neiges Un bestiaire agité mordait la chair aux papilles Et les lobes percés en anneaux de platine Brillaient en boutons sa peau rupine Ses bras de grands mâts épileptiques Imbibaient son corps des champs toxiques, Le corps en navire de mer prenait l’absolution de la terre, Lavé aux racines des blés mûrs 25 avril 1992
30
POINT DU JOUR
Des vies infécondes Sur ma peau repliée Errent et cheminent Par les semaines Comme des saisons Aux vagues étonnées
36
À CORPS…
À corps perdus les corps Perdent à nouveau le sort Qui les enduit du matin
EN MARBRE…
En marbre de lit Se chante la nouvelle Aux sourires aussitôt
ESPRIT…
Esprit, ombre et lumière, N’est plus que d’un jour devenu Un point derrière disparu Où marchent en arrière Des néons de vitesse sur les mains
À COLS…
À cols de léopard, Les poissons en pourpre sont l’icône du voyage à l’œil peint, J’aime à penser des fonds de l’éternel Vivre ma fileuse en bois des coques, Suivre les robes des cartels Été 2002
47
Si les yeux se contemplent, voit-on au bord du miroir se pencher une seconde d’éternité ?
91
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