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Oréalité

De
46 pages
Ces « discours émotifs » parlent, à leur manière, de la difficulté et de la joie de vivre dans le Nouvel-Ontario. Tous les poèmes de cette collection ont été dits et chantés en public lors des « apparitions » de « La Cuisine de la poésie » à Sudbury, Sturgeon Falls, Hearst, Timmins et Ottawa. Si au départ, l’idée « La Cuisine de la poésie » était de sortir la poésie des livres, de rendre la parole accessible aux gens d’ici, Prise de parole considère nécessaire de « fixer » ces textes par écrits, et de les rendre disponibles au public.
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OR«É»ALITÉ
Robert Dickson
Prise de Parole
Si ces poèmes sont pour la plupart inédits, ils ne sont pas tout à fait inconnus pour autant, au moins auprès d’un certain public dans le nord de l’Ontario et surtout dans la région de Sudbury. Tous ces textes ont été présentés en public par La cuisine de la poésie. La cuisine a pris forme durant l’hiver 1974-75 de façon simple et spontannée. Des amis se réunissaient pour veiller, on faisait de la musique, on lisait des poèmes, on avait du plaisir. De là à la représentation publique, il n’y avait qu’un pas, et La cuisine s’est manifestée pour la première fois à La nuit sur l’étang en mars 1975. (La nuit sur l’étang, c’est un spectacle franco-ontarien annuel de musique, théâtre, poésie, arts visuels, photo, artisanat, mais plus que ça, c’est le regroupement de quelque 800 personnes, tous participant à la « folie collective d’un peuple en party », selon l’expression d’André Paiement). La cuisine a continué d’offrir son menu en public, montant des spectacles complets au Studio 75, à la Slague, et à deux reprises à l’Université Laurentienne. Elle a été présente au Northern Lights Festival Boréal en 1975 et 1976, et a participé aux spectacles d’ouverture de La Slague en septembre 1975, et au spectacle de la Saint-Jean-Baptiste 1976 également à La Slague, toujours à Sudbury. Ils ont été deux, comme ils ont parfois été une dizaine de poètes, musiciens et comédiens à produire des spectacles originaux, reconnaissant la nécessité de parler au monde, de laisser parler les poètes, et ce dans une collectivité où la parole est encore trop rare, encore menacée. Mais l’aspect le plus important, du moins pour Robert, est sa collaboration avec Pierre Germain, « le poêle ». Compositeur, joueur de flûte et de guitare, poète, chanteur (ainsi que comédien, animateur, bâtisseur de maison, et j’en passe), Pierre enrichit plusieurs de ces poèmes en spectacle avec des instrumentations musicales. Pierre et Robert traduisent les rythmes poétiques en mélodies et en couleurs, retrouvant cette unité naturelle aux troubadours du Moyen-Âge et de d’autres époques.