Pays d'Armor, Pays d'Argoat

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« Je veux ici raconter ma Bretagne. Elle a inspiré mes poèmes, mes chansons, des nouvelles et j’ai voulu transmettre les traditions de mon enfance dans des livres. Ma Bretagne aux cinq pays, c’est la Bretagne de mon cœur. Mon Armor va du mont Saint-Michel que je dispute toujours aux normands, jusqu’à la limite de la Vendée. Mon Argoat, c’est le cœur des légendes, le pays des landes et des forêts, la montagne qui culmine à Saint Michel de Braspart. Mon Argoat, ce sont les étendues de bocages et les marais salants. Ce sont les abers, qui mènent la mer jusqu’au cœur même de ce beau pays. »


Publié le : mercredi 19 juin 2013
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EAN13 : 9782332580252
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ISBN numérique : 978-2-332-58023-8

 

© Edilivre, 2013

Du même auteur :

– « Souvenir d’en France d’un petit breton », aux Editions du Petit Pavé

– « Mon gentil Cancer », aux Editions Edilivre

Ma Bretagne à moi

Ma Bretagne, on me l’a tellement dit à l’école, se compose de 5 départements. L’un d’entre eux, les Côtes du Nord, là où je suis né, a pris un autre nom : Côtes d’Armor. Je suis né de nulle part, je me sens orphelin, même si je préfère le nom actuel à celui d’autrefois.

A l’école, j’ai reçu tant de coups de règles sur les doigts que je savais par cœur le nom des départements et de leurs chefs-lieux : Vannes pour le Morbihan, Saint-Brieuc pour les Côtes du Nord, Rennes pour l’Ile et Vilaine, Brest pour le Finistère et Nantes pour la Loire Inférieure. Eh Oui ! c’était ainsi que se nommait cette contrée qui s’appelle maintenant la Loire Atlantique. La Loire inférieure du fait même de son changement de nom, a changé aussi de région. Elle a quitté la Bretagne pour rallier les Pays de la Loire.

Mais pour moi, il y aura toujours 5 départements bretons.

Je veux ici raconter ma Bretagne. Elle a inspiré mes poèmes, mes chansons, des nouvelles et j’ai voulu transmettre les traditions de mon enfance dans des livres. Ma Bretagne aux cinq pays, c’est la Bretagne de mon cœur. Mon Armor va du mont Saint-Michel que je dispute toujours aux normands, jusqu’à la limite de la Vendée. Mon Argoat, c’est le cœur des légendes, le pays des landes et des forêts, la montagne qui culmine à Saint Michel de Braspart. Mon Argoat, ce sont les étendues de bocages et les marais salants. Ce sont les abers, qui mènent la mer jusqu’au cœur même de ce beau pays.

Alors, je vous emmène avec moi au gré du vent qui souffle sur nos côtes, mais aussi à l’intérieur des terres. Ce vent, c’est le souffle de la vie intense qui règne ici.

Qui que vous soyez, laissez-vous entraîner par le doux et espiègle zéphyr ou par les rudes bourrasques, dansez avec les arbres et laissez-vous bercer par la mer qui lorsqu’elle devient furie touche encore davantage mon cœur, comme celui des femmes de marins qui guettent l’horizon en attendant le retour de l’homme qui en a fait sa seconde épouse.

Laissez-vous envahir par l’esprit qui règne partout. Ouvrez grands les yeux car ce pays est magique.

Bon voyage et bon vent.

Saint-Cast

Du haut de son rocher, Notre dame de la Garde
te contemple.

Ta couleur est mouvante et change avec le temps.

Tantôt, c’est vert turquoise,

Tantôt vert émeraude.

Pastels et camaïeux te modifient souvent.

Ton bleu est soudain clair comme de l’eau de roche.

Il s’azure et se fonce puis il devient marin.

Parfois dans tes colères, ta mine devient grise

Et blanche comme le lait, tu vas éclaboussant.

Ta surface devient plane quand il n’y a pas de vent.

Tout comme le miroir quand on se voit dedans.

Et soudain tu te rides comme la peau du marin,

Sous l’effet de la brise ou d’une simple risée.

Tes vagues comme une coiffure,

Ondulent sous la houle.

Elles ressemblent aux cheveux

D’une femme permanentée.

Puis lendemain de fête

Dans un crane embrumé,

Tu éclates, tu exploses,

Tu deviens déchaînée.

Tes enfants ont bon dos, tu les mets en danger.

Pourtant ce sont tes fils, mais tu deviens marâtre.

Et lors de tes colères, tu n’es pas à coup sûr,

Ce qu’on appelle une mère… La mer

Oh ! Fils du vent et de la mer

Oh ! Fils du vent et de la mer

A Nantes on vient d’inaugurer

Un pont qui va par le travers

De la Loire réunir les quais

Tes yeux plissés, ton regard clair,

Tu vises au large dans tes pensées,

Ta peau est comme boucanée.

Tout le monde t’adulait « Pépé ».

L’histoire d’amour avec la mer

Très tôt tu l’avais embrassée.

Quand tu commençais à marcher,

Avec « Annie » tu naviguais.

Tes « mésanges noires » t’ont entrainé,

Par les mers, sur le globe entier.

Les « Penduick » sont restés à quai

Sans leur officier marinier.

Les marins que tu as formés,

Tu les poussais jusqu’à l’audace,

Pour qu’ils cherchent à se sublimer,

A regarder la mer en face.

« La vie est faite d’espérance »

Aimais tu toujours à clamer

Et les marins dans le silence

Respectaient « le sphinx de Bénodet »

L’image du « sage de l’océan »,

Lorsque la mer l’a emporté,

Fût expédiée dans le néant.

Les bretons en furent attristés.

Un pêcheur du Pays de Galles,

T’as ramené dans ses filets.

Et il revint sans faire d’escales,

Te ramener au bout du quai.

Ce soir le vent souffle trop fort.

Sur la Loire est un nouveau pont.

Comme il ressemble à ces grands voiles

Que tu as souvent étarquées.

 

La pointe Saint-Gildas

C’est la mi-mars. La mer et le ciel se sont donné rendez-vous en cette belle journée sur la pointe Saint-Gildas. Les deux éléments ne semblent pas se dissocier l’un de l’autre tant le bleu qu’ils reflètent s’unit à l’horizon.

Sur les bancs de la promenade, aménagée depuis le naufrage de « l’Erika », le troisième et le quatrième âges réchauffent à la fois leurs os et leurs vieilles douleurs, après cet hiver long et vigoureux. Il fait bon de lézarder au soleil. S’il n’y avait pas les cris des enfants, on pourrait croire que cette journée exceptionnelle n’est réservée qu’aux seniors et à ceux qui sont bientôt en voie de l’être, tant ils sont nombreux.

Sur les rochers, une classe de découverte a investi les lieux. A l’aide de havenets, les enfants, dans la joie et la bonne humeur, cherchent désespérément la crevette dans les petites mares. Nous sommes aux grandes marées. La mer s’est retirée au loin, laissant ainsi un vaste champ de jeu pour les gamins criards. Les mouettes rieuses et les goélands argentés n’osent pas s’aventurer auprès de cette bande de marmots agités.

Les blockhaus tournés vers le large laissent entrevoir par leur gueule béante qu’ils sont désaffectés. Ces vigies trop vides, entourent le sémaphore et quelques balises maritimes qui gisent dans une lande reconstituée. Ici les herbes sauvages, et les fleurs se marient en une nouvelle harmonie depuis qu’elles sont déclarées en zone protégée.

Avant de nous engager sur la promenade, nous nous sommes attablés à une terrasse pour nous désaltérer.

Près de nous, un couple s’est installé.

L’homme semble discret et désabusé. La femme, quant à elle, est volubile et discourt sans interruption sur tous les sujets.

L’attente du service se fait sentir, on n’est pas encore au rythme de croisière des vacances d’été. Alors, la virago s’impatiente et ordonne à son mari d’aller secouer un peu le personnel de service.

Celui-ci, docile, exécute la tâche et je le pense en douceur, tant il est effacé, respectueux et digne.

...

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