Pleurs et rires

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Pour l'auteur, ce recueil de 65 poèmes classiques doit être vu comme la rampe de lancement d'une pléiade africaine qu'il ambitionne de créer, avec six autres poètes de l'espace francophone de son continent. Le manifeste de cette école portera le titre de :" Défense et vulgarisation du classicisme poétique en Afrique".
Publié le : samedi 1 mai 2010
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EAN13 : 9782296247130
Nombre de pages : 111
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Nlevst
(Poèmes

eu Piset
Classiques)

Du mêmeauteur

La colère des ancêtres, (Roman)
EditionsBiessodji –2001

Ledéclin deMassamba, (Roman)
EditionsBiessodji –2002

Les voixdanslanuit, (Recueil de poèmes)
EditionsBiessodji –2003

Lesang, le pouvoiretlapaix, (Roman)
EditionsBiessodji –2004

Afrique,triste mémoire d’uncontinent, (Essai)
EditionsBiessodji –2006

© L’Harmattan,2010
5-7,rue de l’Ecole polytechnique,75005Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN :978-2-296-10923-0
EAN :9782296109230

YAPI Doffou Clément

Nlevst eu Piset
(Poèmes Classiques)

L’Harmattan

RECONNAISSANCE

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PREFACE

Poètede la vie

LaissonsDoffounousparlerdesapoétique, desa
vision dumonde, desesdésirs, desesdéceptionségalement,
car c’est tout celala vie.
Maisen poésieceladonneununivers quiseveutparallèleau
mondesensible.Que nousoffre l’universpoétique dupoète?
«PleursetRires» estlesecondtitreque le poète nous
propose en poésie.Le premier«Les voixdanslanuit»
quasimentconsacréàla crisesociopolitique ivoiriennequi
courtdepuisle 19septembre2002,avec une écriture plurielle
mêle poèmes versifiésetpoèmesenverslibres.Ilcomptait,
parlapoésie, faire oublierlesméandresde lavie.

«Enfin, jebrandirai latenacesonorité de mesmots,
La belle etmoelleusesonorité de mesmots
Pourdésarmerlesesprits sanguinairesdece monde
Et, entonner,aveclevent, le plus bel hymne d’un monde
Où vous n’entendrezni les bruitsde leurs canons,
Ni les bombes, dansleurs terrifiantesexplosions.
Oui !Au royaume de lapoésie, jevousemmènerai
Vous reposerpaisiblement, etpuisje m’en irai
Surletrône,sansfaireallusionàlaservitude,
Carlagloire n’est pointcompagne de laservitude »
(Au royaume de lapoésie)

Mais revenons à cerecueil-ci.Les 65 poèmesle
composant sont tousécritsenvers régulierset traitentde
thèmesdivers.D’ailleursils sont sous-titrés« poèmes
classiques»,augurant ainsi d’une option poétique.Le poète

veutpromouvoirla versification,car selon lui,seule la
régularité des vershonore le genre et consacresamaîtrise.Il
vaplusloin en projetant untravail de fond en matière de
sensibilisationàlapoésieversifiéeauplan national etmieux
ilrêve derassembler sixautrespoètesafricainsde lamême
fibreque lui pour redonner vieàlapléiade, maisenAfrique
cette fois-ci.Cette pléiadeaurapourmanifeste «Défense et
vulgarisation du classicisme poétique enAfrique ».Tel estle
triple objectifques’assigneDoffouClémentautourde
«PleursetRires»: créer,sensibiliser,rassembler.
Commentne pas saluerlecourage d’un poètequise
veutclassique, danscet universoùchacunchercheà quitterle
ghetto dequelque manièrequecesoit.Nous sommesd’avis
pour soutenir qu’une des causesde ladésaffectioncriante du
publicpourlapoésie provient à coupsûrde l’ignorance du
langage poétiquetantle poème lui est commentésurle même
planque laprose,c'est-à-dire ne luirévélantpasoù secache
lecharme des vers,cette langue desdieux.
Maisl’histoireaévolué etl’artpoétiquecomme l’ont
pratiqué lesclassiqueset théoriséBoileaune peutenaucun
casêtretenupouréternel.Ilvafalloirconsidérerles règlesde
laversificationcommeune écriture de lapoésie.D’éminents
poètesenAfriquecommeailleursont royalementécarté les
contraintesliéesàla création poétique de leurchemin et
n’ontpasdémérité.TchicayaU Tam’sirépondait à une
questionrelativeàl’écriture poétique envers réguliers :
«Je mesuisévadé des règles sacro -saintes, jecrois qu’ily a
mètre dès qu’ily a rythme ».Question de direque lamesure
traversetoutpoèmequelqu’ilsoit.MaisDoffouestlibre de
nousinviteràunesorte deredéfinition de l’écriture poétique
etc’estàsonavantage.
« Polymnievitle deuil de lafin desesjoies,
Erato, en noir,àladouleuresten proie,
Tous sespairs,aupied duMontParnasse, s’embrouillent,
Etlesmots, les syllabes,confondus,sebrouillent.

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Quantaux versorphelins, oubliésparlamétrique,
Ilss’allongent et deviennent kilométriques.
Lesnon -rimes, mélancoliques,saccadées,
S’entrechoquentdansles strophes trèséplorées. »
(La mort du poète)

Sur cettequestion,ce poèmeàluiseul peutouvriret
clore le débat.Qui dit qu’unversirréguliern’estpasde la
poésie?Aufait, où réside lapoésie?Latechnique peut-elleà
elletouteseule fonder une poétique?En dehorsdu vers
classique pointde poésiesemble-t-il dire.
DoffouClémentopèreunchoixdifficile etcourageux.
L’écoleParnassienne initiée enFrance parLeconte deLisle
et sesamis s’étaitdonnée pourmission decréer une poésie
« impersonnelle, objective, plastique, d’une impeccable
perfection fornmelle »’apucontenir(satisfaire)Baudelaire
que le poètea choisi pourmaître.S’iladécidé de prendre le
e
relai decette école ence débutduXXIsiècle,qu’ilsache
quec’estauxcœurs rendus sensiblespar tantdevicissitudes
quetraverse notre mondequ’ils’adresse.Saura-t-ilconduire
leshommesauxcimesdes sensations ?Car,tel estlebutde
lapoésie.Emouvoir.Commentconcilier technicité et
inspirationvoilàlagageure.Maislaissonsletempsetle
public accueillir àleur tour cespoèmes qui ontleur charme et
jetons unregardsur quelques aspectsde lapoésie dans
«PleursetRires».
Auniveaude l’expression, le poète passeavec
sérénité d’un mètreà unautre, d’un extrêmeà unautre dans
cette écriturecontrôlée: Alexandrins, décasyllabes,
Octosyllabes,Tétrasyllabes, pentasyllabes,sesuccèdent.Les
poèmes àforme fixetel lesonnet, le plus complexe d’entre
eux, figurentenbonne place.

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Neuf poèmesillustrent cette écriture.Certains,
correspondantparfaitement aux règlesprévues comme on
peutle liresurlesdeux tercetsdece poème (Orémus).

..………………………………………………

« Vous ! Verbemielleux aux becs,àl’auteldeDieu!
Vospostillons ne sontque de lapoudreaux yeux
Des brebis, pourlesexciteràune orgie

Dequêtes,quand notre divin destinataire
Fulmine devoirl’œuvrerester stationnaire.
Misdans sespetits souliers, pour vous tous, il prie »

Lesdeuxpremiers vers sontdes rimesplatesetle
er
dernier versdu1tercet rimeavecle dernier versdu second.
er
D’autres, font rimerle dernier versdu1tercetavecle
premier versdu secondcomme dans(heureuse naissance)

……………………………………………

«Lajeune mère,tout sourire et soulagée
Déjà, pensaitau refrain de lamélopée
Dontellebercerale fruitdesafierté

Desesavoirnon en mal de maternité
Le poète ivre de joie, dans son florilège,
Elupère, t’honore, heureuseNadège. »
Autreaspect, l’hétéromètrie.Des
décasyllabes,alexandrinset treize pieds:

poèmes

«Atraversl’éclat limpide d’une lune (11)
Persifleuse, j’arpente lescouloirsde mavie (13)
Dontla bien éphémère éternitése plie (12)
Auxexigencesde la volonté divine (12) »
(in memoriam)

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0

mêlent

De même, variés sontlestypesdestrophes réunis
danscerecueil, les tercets(1), les quatrainsen grand nombre
(33)côtoientdeshuitains(5), des sizains(5), desdizains(1),
desdouzains(1)toutcommeun mélange desizainsetde
quatrainsoude huitainsetdequatrains.Ilyamêmeune
stance de22 vers,tout celaà butpédagogiquebiensûr.
Reste lanature dulangage poétique
Laplupartdespoèmesoffrent un langagecrudu vécu,
fidèleàl’espritde l’écoleréaliste etnaturaliste, le poètea
souventpeu recours auximages qui,selon lui, ouvrentla
porteàl’hermétisme.Même dans un poèmecomme «La
mortdujour»c’est une pensée froidequi en décritles
manifestations.

«Répétée d’une façon multiséculaire,
Touten dissipantla chaleurcaniculaire
Lamortbien lente maisévidente dujour,
S’active.Le soleilblessé dans sonamour,
Saigne.Alors, dans sa couleur sang, il s’installe
Surde gaiescimesd’arbresdisposéesen dalles. »

…………………………………………

«Quelque oiseaubien imprévoyant,commesurpris
Parletempsdevenantprogressivementgris
Recherchesonsombre dortoir, piaille ets’agite
Carlanuitfoncerésolument vers son gîte
Desgrillons aux voix bientrop piquantes,stridulent.
Quand deshiboux,rapacesnocturnes, hululent.
Ô!Ainsi, lamortdujourestirréversible
Le poèteàsonchevet, estinconsolable ».

Montrerl’objet, le nommer, en décrireavec attention
toutesles apparencesextérieures,bref, direcequ’onvoitou
imagine etnoncequ’on pense ouonsent, divergeavecle

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