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Plis de Pensée

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Poète, narrateur et essayiste, il dirige la revue littéraire Anteren, fondée en 1976 avec Silvano Martini. Ses livres les plus récents sont "Il moto apparente del sole (2006), et "Antiterra" (2006).

Plis de pensée (titre original : Poeman.10 Tra Pensiero, 2001) est son premier livre traduit en Français.


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FLAVIO ERMINI

Plis de pensée

Collection Poésie

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Table des matières

Préface

Plis de pensée

1- A Parole

1- En paroles

2- Nel Nome

2- Dans le nom

3- Dalla Veglia

3- De la veille

4- Al Detto

4- Au dit

5- In Verità

5- En vérité

6- In Terra

6- Sur la terre

7- Tra Luci

7- Entre lumières

8- Di Pietra

8- De pierre

9- Dal Silenzio

9- Du silence

10- D’Altro

10- D’autre

Index

 

© LUCIE pour Champ social éditions, 2007

Champ social éditions – 34 bis, rue Clérisseau – 30000 NÎMES

contact@champsocial.com

www.champsocial.com

Traduction de François BRUZZO

Préface de Franc DUCROS

Préface

Dans la poésie italienne d’aujourd’hui… – je n’emprunterai pas ce chemin vers la géographie littéraire. Je m’orienterai plutôt sur ce point de l’histoire, ce présent qui nous est échu, et où nous avons à œuvrer pour que, par les moyens que nous pouvons nous donner, nous en venions à faire apparaître dans la parole ce qui, ravi au mystère des choses, nous change et fait changer le monde où vivre. C’est pourquoi je ne poserai pas non plus, stratégiquement, les balises de références culturelles supposées pertinentes à la qualification de la poésie de Flavio Ermini. Je me bornerai à me mettre à l’écoute, difficile, d’une parole difficile de n’avoir d’autre choix que de se laisser couler dans l’obscur pour en venir à se formuler selon la seule nécessité capable de la faire exister :

chiamato all’ombra che si ritrae, il divenuto vivo disunisce ciò che nasce per silenzio. In tutte le figure generate nel dolore si attarda l’oscuro dentro la carne

(appelé vers l’ombre qui se retire, le devenu vivant désunit ce qui naît par silence. Dans toutes les figures générées dans la douleur l’obscur s’attarde dans la chair)

Car vivants, nous avons à ne pas cesser de le devenir. En écoutant, répondant par l’écoute à ce qui, depuis « l’ombre qui se retire » – depuis le dérobé sans les apparences – appelle. Car c’est bien depuis « l’obscur », où gît et vit ce que nous ne savons pas, que peut venir ce qui, alors, montera peut-être du silence à la condition de pouvoir le convertir en mots. Là, à la condition préalable d’avoir pu y accéder – et cela ne se peut qu’au prix d’un douloureux effort – la question est de « désunir » – entendons : de séparer de leur rien originel, de « l’obscur » où ils restent inconnus, les aspects apparaissant de ce qui, là, apparaît. Ce travail s’effectue par une double tension, douloureuse, à la fois vers la compréhension des possibles formes du mystère, et (ces « choses » se dérobant à nos moyens, sensibles et intellectifs) vers la difficile conversion en figure verbale de ce qui n’est pas de l’ordre du langage. Telles sont les figures que l’acte de les composer en transmutant en parole ce qui reste irréductible au langage humain, suscite chez l’« horrible travailleur » la « douleur » de s’être trop intensément imprégné de l’obscur.

*

Cette parole, issue du tumulte et du tourment, ne se donne pourtant, parole de méditation, que selon un calme devenu comme absolu. Les sursauts, les soubresauts, les affres du travail, si la langue les accueillait, menaceraient les figures se composant de manquer ce qu’elles ne parviennent que difficilement à transmuter. Aussi cette poésie n’advient-elle à la parole que distance prise à l’égard de cela qu’elle scrute. La parole de Flavio Ermini s’ordonne selon une pensée – dantesque, oserai-je dire – de la séparation essentielle de res et verba. De très loin, depuis un insondable fond d’abord atteint traversant toutes possibles apparences, remontant à travers elles, se pliant, les pliant aux plus subtiles et infimes nuances, le travail de la parole effectue sa propre séparation des choses en inventant une prosodie tendue vers l’écoute et la formulation de ce qui parvient à s’entendre à la limite de la possibilité d’écouter – tendue et, du coup, tendant la langue, l’étirant, mais dans le même temps la composant selon l’ordre d’une syntaxe qui, pour être singulière – s’inventant à chaque profération – n’en fait pas moins réentendre, à travers les siècles, les prestiges de la syntaxe, non de la période, latine : les mots se logeant dans la phrase d’un calme de fond d’abîme selon les plus subtiles fluctuations du sens qui s’invente, élaborent et construisent une architecture complexe, relevant non de l’ordre dit « naturel » – en fait conventionnel – de nos langues à articles et prépositions, mais de l’ordre d’une pensée qui, se composant, configure la phrase selon le rapport de la langue aux choses qu’elle met en relation en les désignant selon leur ordre propre. Convenientia, disait Dante :

poiché include la luce, della luce assume l’occhio talvolta la forma

(puisqu’il inclut la lumière, parfois l’œil assume la forme de la lumière)

ou

dove la morte si sovrappone ad altri modi della vita, mutato discende il biforme che di vessilli e rostro è fatto

(où la mort se superpose à d’autres modes de vie, modifié le biforme descend, qui est fait d’enseignes et...

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