PLUS BAS, L'INERTE

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Dans la première partie du recueil (l'Inerte), l'auteur a tenté de se livrer à cette extrême passivité, ce sommeil lent, qui usent toute chose et tout être. La seconde partie (Plus Bas), moins lyrique, essaie de contenir cette usure dans l'intimité (le désir, la peur, le souvenir) d'une ou deux personne(s) enfermée(s) dans la maison où passe en silence un être ancien. Le suivre demande de descendre sans cesse : pour voir celui qui dort, les yeux grands ouverts sur nous. A ce moment, nous sommes vraiment nus.
Publié le : samedi 1 juin 2002
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EAN13 : 9782296291324
Nombre de pages : 88
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Sébastien Hoët

Plus Bas, l'Inerte

L'Hannattan

Collection Poètes des Cinq Continents dirigée par Geneviève Clancy, Léopold Congo Mbemba et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an. Dernières parutions 321 - Victor KATREMO, L'empereur hibou l' ajfreucain suivi de Un bonhomme de neige sous un soleil de plomb, 2002. 322 - Vincent DAENEN, Le nouvel orbe, 2002. 323 - Kama Sywor KAMANDA, Chants de brumes, 2002. 324 - Kama Sywor KAMANDA, Le sang des solitudes, 2002. 325 - Kasereka Ka MWENDE, Pascalie, journal d'un Errant, 2002.

L'Inerte

"La passivité n'est pas si méprisable qu'on le croit. Rien n'affaiblit plus une force étrangère qu'une passivité absolue" Novalis

@

L'Hannattan,

2002

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris L'Ham1attan,

- France
Italia s.r.1.

Via Bava 37 10124 Torino L'Hannattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-2626-7

Moi qui dors

M'intime sous le parterre des roses - gorge bue dans la rougeur, son bavardage rouge, le liant rouge de ses mots jamais tus dans le vent qui bat

les fleurs

-

L'espace qui affleure sur cette terre où je dors, me suis endormi, pleuré je crois de ceux qui plantent les arbres et leurs ombres Oui, j'entends l'espace son habitation nue son haleine de coffre sa voix grêle à l'insu des branches explosantes des êtres mus de sèves - sèves bavardes jamais taries, comme ces oiseaux que déroulent les feuilles à leur pointe dans l'appel du chant Son haleine large, béante Le souffle qui point à l'extrême du souffle retenu - moi-même recueilli dans cet ultime murmure, terre brouillée dans l'eau qui roule son grain Son haleine de cave quand je monte dans les fumées de brume et s'enroule à la corde des formes dressées, des formes sûres, L'inertie de la durée qui s'égoutte Je l'entends qui peine sous la pluie, et je pousse en lui, le Vide, le Désespéré, Moi qui dors.

Il

Le fruit dure dans ma main A l'éveil des plantes, leur droiture sous l'incliné du ciel, L'enfant jaillira de terre comme un poing tendu: connaît-il l'ivresse de l'air, ou, bouche noire, ongle- pelle, l'éblouissant calvaire des terres pressées où, rare, le souffle s'embue au fond de la gorge? L'enfant du pauvre, enfant du nu, enfant impréparé, tenu dans la paume du Vierge - né dans l'éboulis, pierre dans l'éclatement des pierres, présent pleurant dans la fissure Qui donc habitera ton œil de terre, ta parole poussée dans l'obscur - où le ciel ferme sa nuit sur le veilleur qui rêve?

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