Poèmes et prose

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Michel Humbert, vieux tritureur de mots, employé de banque puis instituteur aujourd’hui emporté dans la tourmente d'une retraite active, écrit depuis qu'il est tout petit, tout simplement parce qu'il n'était pas très bon au football et qu'il avait besoin de rêver ou de comprendre un monde un peu trop dur pour lui. Il va beaucoup mieux à 65 ans mais il lui reste des valises de feuilles gribouillées qu'il va bien falloir commencer à ranger. Voici dans ces pages une première tentative.

Il écrit aussi des pièces, accompagne parfois de ses mots des artistes peintres ou anime de ses couplets les chansons de musiciens.


Pierrick Naud fait partie de ceux-là. Peintre plasticien, (diplômé des beaux-arts de Nantes en 1994), musicien et chanteur (les Namas Pamos, les Hommes Beiges), et formateur en Éducation Artistique entreprend ici un bout de promenade dans les textes de Michel, sans les illustrer, mais en les prolongeant dans l'étrangeté, la douce violence ou la quête poétique. Merci à lui.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9789999994532
Nombre de pages : non-communiqué
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Les yeux de ma mère Les yeux de ma mère quand elle est partie, le regard qui s’efface tout au bout du lit, il n’y plus qu’un large front pour nos derniers baisers et nos mots inutiles qui basculent dans le trou, les reflets de gris dans ses vieux cheveux et l’amour tenace au bout de ses rides, une tête qui se lève pour un dernier mot qui restera pourtant coincé au fond de sa peine. Et puis c’est tout. Que le dieu auquel tu as cru croit aussi en toi pour l’éternité de nos cœurs en croix, nous, nous avons l’éternité de nos cœurs mais plus de maman. Dieu ne remplacera pas maman. J’ai quelque chose de coincé au fond de ma peine et je laisse les autres fermer le cercueil, ceux qui lui ont d’abord fermé les yeux. Tu ne veux donc plus me voir dit maman ? Vaten, je vais t’oublier pour ne pas souffrir. Tu serais contente que je ne souffre pas
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même si je pleure aujourd’hui comme un enfant. Les yeux de ma mère au bout de mon lit quand je m’endors m’aiment encore alors que mes mots inutiles qui basculent toujours au fond du trou de la nuit.
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