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Poètes chinois d'aujourd'hui

De
44 pages
En 1919 apparaissent en Chine les premiers poèmes en langue parlée (baihua) : c'est à ce moment que se situe le début de l'epoque moderne en littérature. Les premiers représentants de ce genre nouveau, en lutte avec la poésie classique pour faire entendre leur voix, s'opposent à la rigueur traditionnelle et revendiquent une poésie plus libre, plus proche du peuple, affranchie des principes rigides qui avaient cours jusqu'alors. S'inspirant de la vie quotidienne, le poète rend accessible à tous un genre longtemps réservé à une élite.
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Traduits du chinois et présentés par

Isild DARRAS

POÈTES CHINOIS D'AUJOURD'HUI
Préface de Catherine Vigna!

L'Harmattan 5-7, nIe de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

Je remercie Catherine Vignal pour son aide amicale, généreuse et constante. Isild Darras

PREFACE

A part Gu Cheng, né en 1956, et dont le destin s'est achevé trop tôt (en 1993), la plupart des onze poètes présentés dans ce recueil sont contemporains. Leurs existences ont traversé les soubresauts de I'histoire de Chine du XXème siècle. Dégagée depuis longtemps des règles strictes de la poésie classique chinoise, cette poésie moderne, exprime en langage courant (baihua) et en vers libre, les idées, rêves et expériences personnelles de chacun de ces auteurs. Dans les années qui suivirent la fin de la dynastie Qing (1911), un jeune étudiant aux Etats-Unis, Hu Shi, inspiré par

des poètes de langue anglaise, avait participé en 1916, avec d'autres écrivains chinois de sa génération, tel Wen Yiduo, au mouvement de réforme de l'écriture (1917) qui paraissait nécessaire afin de révéler "l'harmonie naturelle de la langue". La poésie traditionnelle, dans sa sublime petfection, ne semblait-elle pas alors, en cette période de profonde mutation de la société chinoise, demeurer, avec la peinture, l'attribut le plus noble des lettrés? Or, si le choix présent nous donne à lire cette poésie pure, pleine de la fraîcheur de sentiments propre à ce grand pays, pour chacun de ces poètes, cela n'a pas été sans souffrances. Déjà, en octobre 1938, Mao Zedong avait dénoncé "l'occidentalisation de la littérature" et prôné le retour aux formes nationales (minzu xinshi). Etait imposé alors le réalisme révolutionnaire. Mais, où était donc passée la poésie en ces années de vie militante? Un bel idéalisme avait animé les plus généreux, leur faisant courir les plus grands risques et subir, au moins, de violentes critiques, ou l'exil, comme pour Ai Qing, en 1957. Une sorte de symbolisme avait été une voie, suivie par certains (Li Jinfa), trouvant là peut-être une sorte d'esquive à la

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