Presqu'îles

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L'auteur nous invite à une poétique de la perte. Perte d'êtres chers, de repères, de croyances, de souvenirs, l'écriture poétique des deuils travaille la vie jusque dans la voix du poète : le deuil de la voix devient le mouvement de l'écriture : depuis le cri, le hoquet, les larmes, le chant étouffé, l'appel. Entre écriture hantée par les disparus et les morts autour de nous, et "presqu'îles", s'inscrivent l'histoire et l'amour.
Publié le : mercredi 1 avril 2009
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EAN13 : 9782296225558
Nombre de pages : 120
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Presqu'îles

Poètes des Cinq Continents En hommage à Geneviève Clancy qui l'a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan
La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d'ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an.

Déjà parus

480 - Adeline PELLETIER, L'invention des voyages, 2009. 479 - Nina ZIV ANCEVIC, Sous le signe de Cyber-Cybèle, 2009. 478 - Jamila ABITAR, Le bleu infini, 2009. 477 - Roger PARSEMAIN, L 'œuvre des volcans, 2009.

476 - R. D. VILLABIANCA, Mémoire sauvée, 2009. 475 - Bottey Zadi ZAOUROU, A califourchon sur le dos d'un nuage,2009. 474 - Anne de COMMINES, L'amour est un animalluisible, 2009. 473 - Petraq RISTO, Amer est le ciel des tombes, 2008. 472 - Marie-Agnès CERISIER, A l'intérieur la rive, 2008. 471 - Marie-Danielle AKA, Poèmes érotiques de guerre, 2008.
470 - Hoai Huong NGUYEN, Déserts, 2008. 469 - William SOUNY, Les Somalies imaginaires, 2008. 468 - Franck OGAN-BADA, Tassigâ, 2008. 467 - Nicola MUSCHITIELLO, L'Escabeau, 2008. 466 - Geneviève CLANCY, Notre Dame des présences, 2008. 465 - Wafaa ABED AL RAZZAQ, Mémoires de l'enfant de la guerre, 2008. 464 - Son Ya SANDOZ, La mer exilée du Silence, 2008. 463 - Edouard MABANZA, Visage des palmiers, 2008. 462 - Patrick NA V AÏ, Shams le musicien, 2008. 461 - Lise GABOURY-DIALLO, L'endroit et l'envers, 2008.

Nicole Barrière

Presqu'îles
Poétique de la perte

L'Harmattan

(Ç) L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique;

75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com harmattan l@wanadoo.fr diffusion.harma ttan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-08443-8 EAN : 9782296084438

A mes enfants, L'inestimable transmission du souci de vivre.

L'humain
Demain, nous ne pourrons plus taire. Les larmes fondre sur le monde Les craquements, des pas, Les craquements, des mots Infimes ou infirmes Traversés des rêves et des longues mémoires Sur ta main posée, demain tu seras proche Et chacun dans son désir de terre De pays nu, avare de couleurs Qui nous a demandé de détruire? D'aller toujours aller plus loin? Jusqu'à briserle ciel ? Les mots en nous cavalent Les chevaux de paroles, des ombres parlent d'absence Le temps peint sur le mur les coulures de la vie Les soirs où les morts se cachent en nous Font taire toutes les forces, prennent place, plongent dans notre poussière

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Voie lactée sur des mauvais chemins de terre Horizon d'aveu qui brise les oiseaux Le bois claque de tous les orages intérieurs S'incruste d'invisible Des langueurs d'être aimé sous les cils du désir L'eau de tous les regards arrache à l'horizon des nuits sans ciel Baisse les yeux, emmène l'humain à son vacarme sans parole La reddition calcifiée du coeur Organe, d'où la vie se retire. J'ai senti mes os se glacer la fatigue les pénétrer l'ombre fuir de moi dans l'espace aveugle la vérité décomposée La vérité cesse d'exister seul le deuil, sans répétitions familières des mélopées lugubres des gisants entre texte perdu. et aphorisme froid fragments de blues Tu es venue les yeux fatigués décomposer la lucidité

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Tu es venue ton innocence dans les mains hacher le papier de ta vie Tu es venue jour de silence humble fixer un espoir Tu es venue un autre jour vieillir l'héronie des coeurs Tu es venue opprimée résister de tes mots prolétaires poésie simple Tu es venue de tes ténèbres intimes interroger l'époque te blesser au chaos Tu es venue, méditative, apaisante, bienfaisante, hurlante t'élever contre les complaintes universelles transformer les souffreteux en purs les nocturnes populaires les amitiés viriles et l'obsession de la mort Tu es venue décrire choquer, traverser les voix naturelles, pitoyables, honnêtes la vie, son mensonge, la honte et son aboutissement

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Tu es venue angoisse t'effriter au large des vers narrer leur inconstance l'écume hallucinatoire des bateaux perdus contre les blocs rocheux. Tu es venue marée te heurter aux paysages étrangers dans les flux inconnus aller nue obscure et obstinée envoûter la langue d'inquiétantes pensées Tu es venue rythme, froid, nerf, cadavre transi désordre intense oeil immense vertige éclaté, écartelé oeil fixe sur le monde Chimère entre éclair et épervier Lumière entre fange et neige brasier entre humide et pur écouter ton cri descendre jusqu'à la boue brûler jusqu'à l'oubli fendre l'absolu jusqu'à la mort.

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Entendre, Dans l'haletant intervalle des répétitions Ce cri asphyxié du silence Seule, l'apaisée

Ilfait nuit, tout le monde dort, enfin presque... tout au bout de la nuit quelqu'un hurle. Mais ce cri ne dérange personne car il est aussi fréquent que le carillon de I 'horloge égrenant les heures. Je profite de la nuit sombre pour écrire. Vu le peu de lumière éclairant mes pages chiffonnées, je vois malles lignes que je trace, mais il ne faudrait pas croire à l'éclat des mots au revers du poème.

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La nuit tombe Un nénuphar, Un morceau de nuage Rencontre simple Rares, nous sommes liés Par l'écart du destin ~emplis de lucidité extrême Etonnés d'un nouveau chapitre Où les mots restent debout Dans les yeux amoureux Debout dans les ténèbres Attendent que pointe le clair Passe l'enfance Inlassable fouille de vestiges Dans la profondeur de la terre noire Et sombre des mots Les cendres La poussière des visages Les os d'une source asséchée La trace et l'illusion du récit La mort, Le désarroi, Sans refuge. La marche parmi les regards Sous la poussière du temps La nostalgie, mouvement de haute altitude A méditer sur l'existence et le néant. Le chemin Habite la nudité de l'âme

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