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Prose d'un soir

De
121 pages
Après l'écriture sur des carnets du recueil "Aisey, l'année tristesse", j'ai voulu poursuivre l'expérience de la prose, en conservant cette façon de poser les mots sans détour, de manière très spontanée, et surtout très brute, parfois à des heures impossibles, parfois dans des endroits innimaginables, contre vents et marées... C'est une centaine de poèmes que je vous propose ici, écrits entre 1999 et 2000, et tout comme dans un album photo, chacun d'eux est un cliché de mon âme... La capture d'un instant précis de ma vie... En chacun de nous sommeille un poète...
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Prose d'un soir… Jérôme Gronnier
Prose d'un soir…

Poésie






Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com
ISBN : 978-2-304-00678-0 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304006780 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-00679-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304006797 (livre numérique)





PREFACE

On ne connaît rien de ses amis – en fait – on
croit les connaître – connaître leur vie – par
cœur – on croit savoir ce qu’ils vivent – mais on
n’est ni dans leur peau – ni dans leur tête – alors
on loupe tout –

J’ai rencontré Jérôme Gronnier à la fac –
j’étais seul – je ne savais plus parler aux autres –
juste à moi-même – j’écrivais des poèmes ban-
cals et des débuts de romans tristes et sombres
– je crois que c’est à la fac que j’ai vraiment ap-
pris la solitude – la froideur des rangs
d’étudiants pleins de haine – de mépris et
d’arrogance – il savait que j’écrivais – je lui ai dit
« écrit ! » comme ça !

A la première lecture du recueil – j’ai ressenti
un profond malaise – j’avais l’impression de lire
les mots d’un étranger – ce n’était pas les mots
de Jérôme Gronnier – mon ami – mon pote –
mon poto – tout est là – cette drôle
d’impression – je le voyais en face de moi – avec sa voix qui débitait les poèmes- l’un après
l’autre avec un léger silence entre chaque texte –
et chaque poème que je lisais / qu’il me donnait
semblait s’imbriquer l’un dans l’autre pour for-
mer un tout cohérent – sa voix – son visage –
ses yeux étaient tantôt noyés de larmes tantôt
moqueurs pleins de lumière et d’amour –

Son écriture se rapproche de la thérapie – je
le ressens comme ça – lorsqu’il écrit « rien à
faire pour que j’aille mieux » - à ce trop plein de
sensibilité il répand des mots au goût de tripes
déchiquetés à vif ! – ce qu’il répand sonne brut
– comme un uppercut dans la gueule – y’a rien
à foutre d’autre que de se laisser aller dans les
cordes – BING ! – c’est fort et ça fait mal et ça
te gêne mais en même temps il touche au plus
profond de ta propre sensibilité – les mots sont
incrustés sur la page et ils font mouche à cha-
que fois – ça sent le souffre.

« A celui qui croit que la détresse d’un être
angoissé n’est rien qu’un caprice nombriliste, à
celui-là je dis que l’enlisement de nos cœurs est
inéluctable »
Le poète compte les deuils et une quel-
conque réponse à des actes sanglants – mortels
– cette réponse fait partie de ses angoisses mais
les êtres qui gravitent autour de lui laissent en-
trevoir des fenêtres d’espérance – c’est le calme – l’ode à la muse – la plénitude de l’amitié – la
plénitude point barre ! Peu importe si elle ne
dure qu’un instant – elle est là – elle donne des
couleurs à l’univers sombre et tourmenté du
poète – grâce à ces même fenêtres – l’auteur
s’échappe de lui-même – laisse tomber ses an-
goisses – tant pis pour l’instant !! Il va vers les
autres – ceux qu’il aime – ceux qu’il veut proté-
ger

Ce recueil est un combat intense et perpétuel
avec les angoisses qui squattent la tête – Jérôme
Gronnier s’écorche sur la page – il fait naître
des mots de sang
Il s’écorche …… et c’est magnifique !

Laurent Canel. Prose d'un soir…


I

Derrière moi ma vie
Devant moi mes amis
Mais dans mon cœur c’est fini.
11 Prose d'un soir…


II

Quand je vois cet homme cacher son mal-
heur derrière ses lunettes
Alors je baisse les yeux et tourne la tête.
12