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Réflexions sur le Monde moderne et les Cacahuètes

De
173 pages
Les fous aussi ont le droit d'écrire Le traitement de l'actualité par l'humour Aura Ray mélange les mots, leurs sons et leurs sens depuis son adolescence et le résultat de ses pérégrinations aventureuses est ici proposé sous la forme d'une trentaine de textes aux thèmes aussi divers qu'universels: la mort, la politique, la malchance, l'amour, l'enfance, l'enseignement, la fête, la télé, le cinéma... Des réflexions variées sur tout ce que notre société compte d'avarié. On y croise des sommités telles que Sarko, Steevy, PPDA, Claire Chazal, Jacques Chirac, Bush, Loana. On frémit à l'évocation empreinte de déférence d'Audiard, du Nutella, de la Soupe aux Choux, de la Game Boy, du temps où TF1 n'était pas encore une chaîne de naturistes...
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Réflexions sur le
Monde moderne et les
Cacahuètes Aura Ray
Réflexions sur le Monde
moderne et les
Cacahuètes

Slam


Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008
www.manuscrit.com
ISBN : 978-2-304-02214-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304022148 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-02215-5 (livre numérique) 782304022155 (livre numérique)



Un grand merci à tous ceux qui sont
impliqués de près ou de loin dans cette
aventure, tous ceux qui ont donné leur avis, qui
ont pris le temps de lire un texte, quelques
textes, tous les textes (les pauvres !), aux
slameurs, poètes et amateurs d’humour croisés
sur la Toile, à mes amis et mes collègues qui
subissent oralement mes frasques depuis tant de
temps, à tous les adeptes des brûlures au second
degré voire pire.

Merci mille et une fois à mes parents pour
leur soutien inconditionnel (ils ont vécu avec
une radio allumée 24 h sur 24 pendant 20 ans)
et à Mag (idem, pendant 10 ans. Merci pour ton
aide, ta patience et tout le reste).
Bravo et merci également à ceux qui me
supportent par intermittence (mais qui le font
bien) :
Ma belle famille (Spéchol Finkse à Nicocouz,
Hasta Fuego), ma belle-famille, mes amis
hydro-carburants (Dollar Family notamment),
mes ouailles métallico-presto (BzK Forever),
mes potes avant-coureurs (APBOALOABB),
mes rois du smoking (sacré soutien!), mes
copains de jeunesse qui se sont fait la malle un peu partout (vous pouvez toujours courir, je
vous retrouverai toujours, hein les Korrigans,
les Pékinois, les Calvanisés, les Leprechauns! )
et tous les autres qui ne rentrent dans aucune
classification mais que j'aime quand même...
Petit clin d’œil à tous ceux qui nous prennent
la tête, sans vous ce bouquin ne parlerait que
d'amour et d'eau croupie. Keep up the good
work...

Je dédie ce recueil à mon parrain.







Pour une fois, je vais tâcher d’être bref.
« Pour une fois », car vous vous apercevrez très
vite que je suis un bavard impénitent. Je suis
heureux et fier de vous présenter le fruit
d’environ un an de pérégrinations cérébrales
torturées, d’escapades orthographiques tortueuses,
d’odyssées sémantiques abracadabrantesques,
bref (on y revient) : un an de plaisir intense à
m’amuser avec les idées et les mots, avec les
thèmes et les sens. Né un douloureux matin de
décembre 2006, cette aventure a d’abord fait
son bonhomme de chemin sur Internet, période
pendant laquelle j’ai pu échanger écrits et
commentaires avec bon nombre d’auteurs de
tous bords ou avec de « simples » amateurs de
bons mots, sans aucun objectif à long terme.
L’idée, relayée par certains amis virtuels, m’est
ensuite venue de compiler le tout sous la forme
d’un recueil. Nous y voici enfin ! Dans celui-ci,
vous pourrez ainsi trouver 27 textes poético-
humoristiques, dramatico-parodiques voire
tragi-cosmiques, abordant des domaines
forcément très variés puisque j’ai juste laissé
9
mon imagination diriger ma plume au gré de
mon inspiration et, éventuellement, de
l’actualité. Ce qui fait que vous entendrez parler
indifféremment et aléatoirement de la folie
routière, des élections présidentielles, de notre
jeunesse (celle des gens de ma génération), de
l’emménagement d’un couple, des lendemains
de cuite, des problèmes d’un enseignant
d’aujourd’hui, de la panne d’inspiration, des
cuites tout court, des belles promesses des
politiques, de la glorieuse maison TF1, de la télé
réalité, du difficile passage à l’âge adulte, des
stars actuelles et passées du cinéma et de
l’humour français, et, plus généralement, de
thèmes universels comme l’amour, la mort,
l’ambition, la nostalgie, la folie, la malchance ou
encore l’amitié…

Je me suis régulièrement mis en scène pour
traiter tous ces sujets, ce qui n’a pas été difficile
puisque, en tant qu’enfant unique, j’ai toujours
été habitué à me créer des personnalités, à me
mettre en avant et à me dessiner de multiples
univers. Cela a toujours été un avantage pour
moi, au moins en me donnant la possibilité de
me faire la conversation pour rompre la
solitude. Le problème, c’est que c’est devenu
tellement habituel chez moi que cela arrive aussi
souvent en présence d’autres personnes !
Revers de la médaille, j’ai régulièrement entendu
10
proférer à mon encontre des accusations de
narcissisme, de folie voire d’autisme. Eh bien, je
revendique ces appellations et concède souffrir
de leurs symptômes. Ces traits de caractère
m’ont aidé à me construire une personnalité
certaine et à me créer un personnage singulier.
C’est déjà ça de pris… Ceci dit, je ne suis ici
que le narrateur, le fil conducteur de ces récits,
ils vous sont destinés et ne m’appartiennent
plus, ne me concernent plus, leur portée étant, à
mon sens, suffisamment globale pour que
chacun s’y retrouve, s’y associe et, peut-être, s’y
identifie. Le but est que vous vous en
imprégniez, que vous vous amusiez tout en les
parcourant, en somme qu’ils vous divertissent.
Je vous les propose humblement (narcissisme et
humilité, tels sont mes mots d’ordre… Vous
n’avez pas fini d’être surpris) avec la seule
volonté que vous preniez autant de plaisir à les
lire que j’en ai pris à les construire, les
assembler, les échafauder, les finaliser et les
relire. Je me savais un de ses fervents
admirateurs mais je n’aurais jamais pensé que la
Langue française m’aurait à ce point passionné
un jour. Depuis toujours, je tripote les mots
comme de la pâte slim et les mélange comme
des Lego, mais le fait de coucher sur papier
cette expérimentation déjantée m’a transcendé.

11
27 textes, donc, comme une façon d’évacuer
le fait de prendre de l’âge, d’exorciser mes
27 ans. Vieillir fait toujours peur, mais comme
disait le Grand Jacques, l’essentiel c’est
l’intensité d’une vie, pas sa durée, donc je
m’efforce d’apprécier chaque moment à sa juste
valeur. La rédaction de cette petite ( ? ) préface
s’est justement avérée être un très bon moment
pour moi, touchant désormais à sa fin, alors il
ne me reste plus qu’à souhaiter que la lecture de
ces Réflexions sur le Monde moderne et les Cacahuètes
en soit également un pour vous. Pour
paraphraser un autre Jacques, grand lui aussi
(ah, la polysémie, quel bonheur) : mes chers
compatriotes, à bientôt ! J’adresse d’ailleurs le
même message à tous ceux qui ne sont pas mes
compatriotes… Même aux Hongrois !


Aura Ray, février 2008


Rendez-vous sur http ://grankadmaleur.
over-blog. com et www.myspace.com/auraray
pour lire de nouveaux textes, partager vos
impressions, écouter certains extraits…
12






Aura Ray, c’est oumanoumesque !

Si tu viens de te lever, que tu te diriges vers
ta cuisine comme aimanté
Sans vouloir te paraître mal élevé, prépare-toi
à affronter un ptit déj’ hanté
J’aimerais te voir me suivre mais pas besoin
de matraque
Je n’en ai pas l’intérêt pour poursuivre ma
traque

Du diable vauvert, je surgis tel un comanche
Saute sur la table et rugis, pour trouver des
gens ouverts, même le dimanche
Je redoute et évite le catalogue d’étroitesse
Et parle sans doute bien trop vite pour qu’on
me catalogue d’étroit suisse

Te voici à la veille d’une rencontre exquise
(ou pas !) avec mes multiples personnalités dans
ce livre que tu viens d’étrenner
Avis à toute personne alitée, du sommeil je
viens vous délivrer, terminée l’époque du schizo
freiné
13 Réflexions sur le Monde moderne et les Cacahuètes
N’aie pas peur si je tire de façon arbitraire et
si j’ai pris mes mots les plus assassins pour ce
rituel de passage
Celui qui veut t’extraire de ta torpeur,
t’extirper de l’habituel, est vraiment un esprit
sain dans un corps sage

Notre duo va vite se transformer en fresque
et je te donne un indice si tu erres dans le flou
Du haut de mon mètre presque quatre-vingt-
dix, je t’aide pour que tu y voies plus clair
qu’Alain Afflelou
Tout ne sera que divertissement et
arabesques
Dans un univers au ciment rocambolesque

Chez moi, c’est le Dieu Humour qu’on prie
Tu l’auras compris, je ne suis pas un nain
compris
Je suis un grand incompris !
Heureusement, le service après-vente est
compris, mais
Si tu te sens comprimé, n’hésite pas à
prendre un comprimé

Alors, si tu verdis, appelle ton ami Aspro le
petit robot, ça t’aidera à cogiter si tu le
souhaites
14 Aura Ray
Mais mon verdict est sans appel, tu ne t’en
sortiras pas car je suis un pro… Ce serait trop
beau ! Autant ingurgiter des cacahuètes…
Il se peut que l’homme qui te fait face ait les
yeux plus gros que le ventre, qu’il fasse preuve
d’insistance puérile, mais se taire n’est pas dans
ses plans avant longtemps
Désolé mon vieux, te voici dans mon antre,
toute résistance est stérile, on nomme ce lieu le
cimetière des efferalgans

Quoi qu’il en soit, n’aie aucune crainte,
inutile de sonner le tocsin, il faut cesser ces cris
Aucun couac n’est prévu, crois-moi, et tu
n’auras qu’une plainte qu’on entendra
longuement résonner : tu estimeras trop
succincts ces écrits
Si, d’aventure, la félicité laisse place à la
cécité, que tu te surprends à être submergé, à
constater que tu te noies, aucun souci, j’ai un
produit contre l’apnée
Nulle nécessité de te replonger dans tes vieux
Hergé, je suis persuadé que tu apprécieras, que
tu t’appelles Benoît ou Daphné
Tu sais, j’ai été parachuté écrivain dans
l’urgence, ce n’était pas hormonal
Cela s’est fait pas à pas, sans don divin, alors
un peu d’indulgence, je ne suis qu’un para
normal
15 Réflexions sur le Monde moderne et les Cacahuètes
En tous cas tout est authentique, il suffit de
voir mes brouillons dont se sont emparé
tellement de ratures, tout est sincère, véritable
Le franc-parler est chez moi un hôte antique,
ici pas de faux-semblant, c’est naturellement
que mon discours s’insère, je suis comme vous,
je suis un vrai semblable

Agrippé à ma plume tel Dark Vador, j’utilise
mes rimes comme des rayons laser
Grimper dans la barque, faire son cador et
tenter sa chance n’est pas un crime, aucun
risque de se retrouver au rayon loser
Réussir n’a qu’une importance relative,
l’essentiel est d’essayer
Alors n’écoute pas Tante Hortense et ses
conclusions trop hâtives, il faut juste se
lancer… Et ça y est

Je suis d’accord avec ceux qui affirment,
dépités, que le boulot n’est pas une fierté mais
bien un drame et une contrainte
En sortant de leur firme, nombreux sont
ceux à se précipiter sur le goulot… Moi, c’est
de la liberté que je réclame l’étreinte
C’est important de ne pas fermer son clapet,
alors si on me dit que le travail c’est la santé
Ne cherchant qu’à m’affirmer et à
m’échapper, je te répondrai que la seule chose
qui vaille c’est s’absenter
16 Aura Ray

J’ai entrepris une action contre l’immonde et
le terne, je me suis expatrié à l’ouest
Bon voyage au sein de ces réflexions sur le
monde moderne et les cacahuètes
Tout tourner en dérision
La voilà ma décision

Ton serviteur aurait pu laisser son
imagination capituler et juste appeler ça Ses
Recueils de Textes, en te laissant décider ce que
ceux-ci deviennent, en te laissant tout parcourir
Ou il aurait pu aller plus loin dans la
machination et l’intituler Cercueil de Textes car
c’est ici que toutes ses idées viennent mourir
De toute façon, mes écrits sont désormais tes
seuls repères, à partir de maintenant c’est le
grand vide, la mort de l’auteur
Alors méfie-toi et gare à toi si tu te perds, ils
peuvent t’emmener sur un terrain morbide ou
traiter de l’amour dans toute sa largeur

Ne t’offusque pas non plus du fragile
équilibre de mon discours, ne fais pas attention
à mon côté peu organisé
J’offre libre cours, servile, à mon inspiration
et ça a tendance à me galvaniser
D’avance, excuse-moi si ça te procure les
même sensations dans le crâne que si tu avais
bu du calva anisé…
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