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Rêves sans trêve

De
179 pages
La poésie dans tous ses états. Etat de joie : et si nous pouvions rire de nos malheurs? Etat de grâce : le bonheur est-il si complexe? Etat de rire : réfléchir n'est-il pas le commencement de l'humour? Oui, la vie est un poème sans fin et ce recueil tend à prouver que chacun d'entre nous poddède en lui les rimes de la vie, la poésie immortelle du mortel, l'envie irrespressible de se hisser au-dessus de ce qui cherche à l'aliéner. Le lecteur y trouvera ses repères et se reconnaitra bien souvent au détour d'une tranche de vie.
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Rêves sans trêve François Deau
Rêves sans trêve
Poésie du vivant
Poésie






Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-8390-8 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748183900 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8391-6 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748183917 (livre numérique) Rêves sans trêve





























A ma Belle, source d’espoir
11 Rêves sans trêve



DEBOUT !


Nous voilà tous assis, nous les pauvres clochards.
On nous avait promis un monde merveilleux
Et nous avons trimé en croyant ces bavards
Qui nous ont dépouillés chaque jour un peu mieux.

Nous voilà tous assis, fatigués de marcher
A la quête sans fin d’un travail quel qu’il soit,
Pourvu que nous soyons loin de tous ces déchets,
Ces cartons, ces horreurs qui sont tout sauf un toit.

Nous voilà tous assis, déçus du lendemain
Où nous devrons aussi présenter notre main
Pour montrer aux nantis ce qu’est la pauvreté
Tandis qu’en souriant ils boiront tout leur thé.

Nous voilà tous debout, le matin est venu
Et nous utilisons la vigueur de bras nus
Qui vont démanteler tout ce monde pourri
Où chacun d’entre nous nuit et jour dépérit
9 Rêves sans trêve



DERIVE


Il chemine à grand peine et ses yeux sont rougis
Par l’affreuse douleur qu’il ressent chaque jour
Et qui, à tout moment, au fond de lui rugit.
Cette douleur sans fin est le manque d’amour.

Par un triste matin il est parti d’un coup,
Mû par le sombre élan qui dirige les fous.
Sa femme et ses enfants ignoraient ses projets
Car il avait toujours éludé ce sujet.

Le voici maintenant dans la foule sans cœur
Qui ne le connaît point et sourit de ses peurs,
La peur de l’inconnu, la peur du lendemain,
Celle de, constamment, devoir tendre la main.

Il ne rentrera pas. Il le sait désormais
Malgré qu’il ait juré, un soir, de revenir.
Alors il cache tout, pour toujours, à jamais,
Au fond de son passé qui n’a pas d’avenir.
10 Rêves sans trêve



LE MAITRE DE L’EFFROI


Quand l’abandon me guette et que je suis perdu,
Quand personne ne peut calmer mon désarroi,
Quand enfin tout est noir, tout espoir suspendu,
Il est là, près de moi, le maître de l’effroi.

Ses mots sont murmurés mais j’entends cependant
Que ma vie est un drame aux actes sans rigueur,
Où règnent lâcheté et manque de mordant,
Absence de vouloir et besoin de langueur.

Que reste-t-il alors à ce pauvre pantin,
Ballotté par les ans, raillé par ses amis,
Si ce n’est de penser que viendra un matin
Où il accomplira ce qu’il s’était promis ?

J’irai par les chemins, les bois et les vallons,
Oisif et ridicule aux yeux d’êtres humains
Qui seront bien au chaud, assis dans leur salon,
Trop pris, il va de soi, pour me tendre la main.





11 Rêves sans trêve
Le maître de l’effroi, lassé des errements,
Viendra me proposer d’apporter son secours
Et de l’accompagner définitivement
En son terrible enfer pour intégrer sa cour.

Sans doute hésiterai-je à suivre son conseil
Car la vie sait parfois montrer quelques bontés.
Mais l’horrible bilan, à nul autre pareil,
M’attirera d’un coup vers Satan enchanté.
12 Rêves sans trêve



EGOISTES


Il est venu le temps où le pauvre naïf
N’a plus le goût du jeu ni de persévérer
Car il constate enfin qu’il n’est pas créatif
Et que ses faux amis ont bien su le leurrer.

Les sourires sont là mais le cœur racorni
Chez ceux dont le seul but est d’avoir toujours plus,
Sans se préoccuper du voisin démuni
Qui n’est, dans leur esprit, qu’un simple olibrius.

Aussi je ne veux plus réclamer haut et fort
Le respect qui m’est dû, à moi simple mortel,
Malgré bien des erreurs et sûrement des torts.
Je leur dis simplement : soyez plus fraternels !

Vous oubliez souvent ce que demain sera,
Pétris de certitudes et de bons sentiments
Qui n’évitent pourtant que vous soyez ingrats,
Vous, les vrais faux amis, avec vos compliments.

Je n’irai pas plus loin dans ce monde abruti
Par le souci de soi en totale impudeur,
Face à ceux qui ne sont que de pauvres nantis
Et n’ont au fond du cœur pas la moindre chaleur.
13 Rêves sans trêve



MALHEUR AU VAINCU !


Perdu dans une foule aux accents fort joyeux,
L’homme se tenait là et paraissait ailleurs
Tant ses yeux nous fixaient de leur air malheureux
Et nous semblaient pourtant refléter le bonheur.

Sa pauvre main cherchait une pièce à ranger
Qui pourrait apaiser son effarante faim
Et permettrait surtout à l’enfant de manger
Ne serait-ce qu’un bout, un petit bout de pain.

Il avait travaillé sans cesse et sans arrêt,
S’était donné pour but de devenir heureux
Pour que ses êtres chers connaissent les attraits
D’une paisible vie, assis près d’un bon feu.

Mais il n’avait pas vu que guettait le malheur
Tapi dans un recoin où ne règnent toujours
Que le vide sans fin et l’indécente peur.
C’est ainsi que l’horreur peu à peu se fit jour.
14 Rêves sans trêve
Il ne put affronter les multiples périls
Qui jalonnaient alors sa vie et son travail.
Il devint ombrageux puis se sentit très vil
Occupé à errer, sous les ponts, près des rails.

Son épouse avait fui, lui laissant lâchement
Cet enfant qui, depuis, ne savait plus chanter
Et pleurait si souvent en pensant tendrement
Au temps où il riait, où régnait la gaieté.

Par un matin affreux ils quittèrent d’un coup
La vie et ses tracas et ce monde maudit
Où chacun n’a de but que de posséder tout
Pour finir dans un trou où l’oubli vous roidit.
15 Rêves sans trêve



VADE RETRO SATANAS !


L’enfer, dans sa fureur, crachait tout son venin
Et jetait sur la terre un terrible poison
Qui avait pour effet d’enlever la raison
A ceux qui n’y voyaient la marque du Malin.

Naïf et innocent, je testai la liqueur
Car je croyais goûter un merveilleux nectar.
J’avais été trompé mais il était trop tard,
Déjà l’horrible mal envahissait mon cœur.

Des serpents monstrueux aux funestes desseins
Susurraient en sifflant d’indicibles couplets
Pleins de vice et d’horreur et d’êtres accouplés
Qui portaient de Satan la marque sur leurs seins.

Leur hypnose lubrique, avec force détails,
Me montrait des humains s’adonnant à l’amour,
Mus par l’acharnement que mettrait un vautour
A dépecer du bec le ventre du bétail.
16 Rêves sans trêve
J’étais tétanisé mais heureux à la fois.
Les hommes ne sont pas aussi forts qu’on le dit
Et j’en connais beaucoup que la Bête a conquis,
Qu’ils soient pauvres, nantis ou les fils de vrais rois

Le témoin que j’étais d’ébats ensorcelants
Avait l’esprit troublé tout autant que la chair.
Mon instinct aux aguets, aussi vif que l’éclair,
Ne put se contrôler et devint enivrant.

Mon corps s’offrit alors à ces monstres pervers
Qui, je dois l’avouer, me comblaient de bonheur,
De caresses expertes et de douce langueur
Tandis que j’oubliais leurs os grouillant de vers.

Ce sabbat infernal cessa brutalement
Quand le soleil divin m’inonda de clarté
Et me permit l’accès à la réalité.
Seigneur, protégez-moi de tels égarements !
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