Semences

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Gaie, l'hirondelle voltige / A travers ces prairies ensoleillées. / Hilare, elle campe sur les arides steppes / Du vaste désert peuplé de vautours engraissés. / Insensible ? Indifférente ou stupide ? / Qu'importe, l'hirondelle voltige / A travers les montagnes et les vallées / Remplies de larmes ensanglantées. / Silencieuse, l'hirondelle voltige / Au-dessus de la potence des condamnés / Mais sans jamais s'abreuver dans ces oasis / Souillées.
Publié le : vendredi 1 juin 2012
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EAN13 : 9782296496057
Nombre de pages : 96
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Alphonse Abena Ondoa        Semences
Poésie  
  
Préface de Louis Martin Onguene Essono                        
 
                              
 
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-99065-4 EAN : 9782296990654  
 
À mes parents,  Albert Ondoa Mekongo et Pancrace Mbazoa Essiga Qui, dès le bas âge, mont initié à la culture et la tradition orale beti et qui nont pas pu voir cette semence germer en moi   À mes frères,  Dr Ondoa Mekongo Martin et Ondoa Ondoa Alain Raymond pour leurs nombreux sacrifices et leur désir ardent de me voir réussir dans la vie  À M. Ombiono Paul,  Pour ses suggestions et ses encouragements.  À tous mes enfants,  Que ce modeste travail leur inspire lamour du prochain et le culte du travail bien fait.  ALPHABONDO (Alphonse ABENA ONDOA)
 
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PRÉFACE
Lopuscule que vous tenez entre les mains est un recueil dune trentaine de poèmes qui émanent tous de terroirs connus. Le titre, que lauteur a voulu lui-même donner à ce spicilège, se veut suffisamment éloquent. En acceptant de rédiger cette préface, jai plusieurs fois retourné ce petit livre pour le comprendre. Je lai retourné aussi, en le contournant très souvent pour percevoir, en quelque endroit, une faille susceptible de me permettre de men détourner. Mais les 35 poèmes de ce libelle sont rédigés dans une langue si simple dans un ton si didactique et dans un objectif si clair que lon sen détache très difficilement .Lauteur est enseignant, un professeur de lettres, cette race, longtemps abandonnée de la société, mais qui simpose de plus en plus par ce quelle a de plus cher, à savoir la transmission des connaissances. Voilà pourquoi la lecture du titre, premier paratexte, semble simposer et apporte au lecteur la quintessence du message contenu dans les pages qui meublent le livre. Il sagit, pour Alphonse Abena Ondoa, de donner à son lecteur quelques enseignements tirés des expériences quotidiennes de la vie de lhomme de la femme, de lenfant, du patriarche, du subordonné, de lépouse, de lamant, du croyant, etc. Comme Baudelaire, Abena Ondoa recourt au symbole ; comme Phèdre ou la fontaine, il tire, implicitement ou non, une leçon du conflit ou lamitié des animaux. À la Du Bellay ou à la Rabelais, son pittoresque côtoie le plus grand sérieux. Son constant recours à la tradition constitue une inépuisable source où cest la sagesse ancestrale toujours actuelle qui fonde lavenir de la jeunesse actuelle. Partie de la sylve camerounaise, de la steppe désertique du septentrion, de la côte maritime ou des montagnes
 
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occidentales, la leçon qui initie, ponctue et clôture chaque poème sassimile, chaque fois, à un jardin où se cultive la  culture : la culture de la générosité, où se développe la bonne semence ; la culture de lhumilité où grandit, dans lhumus, celui qui a été fait pour y vivre, lhomme, dont le statut, sil se le rappelle comme ly invitent les 35 poèmes, consiste à retourner à la poussière, à la terre ; gage de lamour, fruit de ce statut humain et humanitaire : lamour de lautre, de sa femme, de son homme, de son enfant, de son prochain pour rendre agréable et utile le séjour dans cet humus. La semence se cultive dans cette humaine pépinière, au sein de cette serre, de ce séminaire que se veut être ce livre, qui transgresse et surplombe le temps, le lieu et lorigine. Parce que lobjectif de la semence est de produire. De produire des fruits dune éducation généreuse qui se transmet, en se transmuant méliorativement de générations en générations, pour que la société connaisse le fondement réel de lexistence humaine : le bonheur. Ce tout dernier concept, objectif opérationnel de ce texte, nest utilisé à aucun moment de la chevauchée poétique ; il sous- tend néanmoins chaque vers et chaque phrase. Le bien  être, condition du bien  être, présuppose une éducation que transmet chaque société à sa progéniture. Abena Ondoa poursuit cet objectif avec une technicité prestigieuse quil tire de son style clair, libre, simple et transparent, ou sibyllin si on na pas connu les affres de la pépinière : larrosage froid du matin, le désherbage cruel et la douloureuse et éprouvante éradication de livraie, lombre rafraîchissante et tutélaire qui édulcore le trop agressif dard solaire, les conseils qui éloignent le surplus deau qui sauve de la noyade les pousses appelées à remplacer les hommes qui passent.
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Lenseignant pétri et chevronné des lettres bilingues convoque, pour ce faire, à la fois la sagesse des villages et leur mode informel et implicite de la transmission des connaissances et des valeurs. Il convoque, comme Shakespeare ou surtout, William Wordsworth, la culture anglaise et la nature, et lamour, et le romantisme, et la joie, et lallégresse. La création poétique, chez Abena Ondoa, nest plus un mystère. Certes, la Muse inspire et emporte le créateur dans les régions éthérées du bonheur inaccessible, mais, Abena Ondoa, comme maintenant la plupart des jeunes poètes camerounais, prend en charge de dire le monde à sa manière Il ny a plus rien dextraordinaire à la poésie. Qui devient plus accessible en demeurant esthétique. Ce genre, shumanise parce que sont simultanément pris en charge la vériconditonnalité des problèmes soulevés et le réalisme extralinguistique des situations exposées, sans flagornerie, sans excès, mais avec sincérité et avec la créativité dans le style et dans la manière de percevoir. Si de temps à autre, Kate, Katy ou Catherine, la dulcinée ou la Valentine est comparée à Céphée ou à Cérès, la foi vient solidifier cet être perçu aussi comme lAngélus du cur aimé pendant que sont amenés à la raison, à travers la pépinière, à travers le jardin de la semence, les enfants vindicatifs qui couvent la haine, les infidèles épouses qui retrouvent la foi auprès de leur mari, les impatients qui ratent le mystère des aïeux, et que sexaltent la recherche de la félicité vraie, la générosité patiemment construite, le partage et le respect de soi et de lautre, sous léclairage de la lumière transcendante. Cest donc pourquoi poésie nest plus mystère tout en demeurant création et action.
 
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