Slam ma muse : Anthologie de la poésie slamée à Québec - 1

De
Publié par

Dans cette anthologie, la poésie s'élève, monte le ton, prend souvent un porte-voix pour se dire, se faire entendre et saisir le corps et l'âme du lecteur. Le slam renouvelle le poème ou le chant poétique. Le slam caresse la langue, aiguise les mots, retourne voyelles et consonnes, rend le mot palpable. Cette anthologie présente les textes de douze poètes hantant les lieux du slam de la ville de Québec et parfois d'ailleurs. Ils prennent ici possession d'un espace papier où les mots n'ont pas de retenue - uniquement un esthétisme farouche et étonnant.


Douze slameurs venus de la poésie, du conte, de la chanson, des arts visuels... de l'amour livre des mots et du regard... Douze slameurs à savourer.
Publié le : mardi 16 septembre 2008
Lecture(s) : 2
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895292746
Nombre de pages : 152
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Extrait



Les anthologies consacrées à la poésie pullulent, du livre publié au format de poche au livre superbe, du texte régulier au texte contemporain, en passant par les chants des troubadours et par le minimalisme du haïku. Il y a celles qui thématisent la poésie et celles qui en font un ghetto pour la voix féminine, russe, japonaise, etc. Mais je ne connais que deux anthologies de slam francophone et plus spécifiquement donnant accès aux textes des slameurs et slameuses français : Anthologie du slam1 et Blah !2, — anthologies qui se retrouvent rarement en librairie, qu’il faut donc commander ; en existe-t-il d’autres ? Si oui, où se cachent-elles ? Est-ce encore une histoire de grand méchant loup ? Ou de paralittérature ? Heureusement, les sites consacrés au slam sont bien présents, ainsi que les pages Internet, souvent vivifiantes, de certains slameurs.


Il est trop facile d’opposer le récital de poésie traditionnel à la compétition orale du slam. Affirmer que l’auditoire s’ennuie dans l’un et que dans l’autre, le public frémit, s’étonne, réagit, fait de la participe-action, s’avère finalement une idée surfaite. Là n’est pas la question ! Ces propos épuisent le poétique à sa source. Et des sources, il y en a à profusion sans qu’on puisse juger que l’une est meilleure que l’autre. En somme, elles diversifient les voix et l’art s’en porte d’autant mieux. Le slam de poésie ouvre tout simplement une autre avenue, et cette anthologie propose un partage de textes, tout simplement aussi. Le lecteur y enrichira — je le souhaite — son univers poétique et ses horizons d’attente se prolongeront dans d’autres mots.

Dans ces soirées slam sont invités tous les amateurs et amatrices de poèmes, tous les amoureux et amoureuses de poésie, ou encore ceux et celles qui sont carrément fascinés par des langages poétiques à l’imaginaire et à la parole libres. Le public rencontre alors des possibilités nouvelles avec et grâce aux mots ; une épiphanie de la parole naît dans l’effervescence de l’oralité sur l’écriture et par la performance des poètes slameurs. Se signent des pactes différents lors d’une soirée de slam — invariablement. Après avoir assisté à quelques slams et entendu l’éclatement de cette parole, après avoir écouté, sur disque ou sur scène, des slameurs plus ou moins connus, il m’a semblé plus que jamais que la création de cette anthologie était nécessaire pour l’auditoire, pour le lecteur et pour la poésie.

L’anthologie qui suit donne la parole à douze slameurs. Ce nombre correspond à la limite imposée dans un slam de poésie. Comme nous ne pouvions présenter tous ceux et celles qui ont participé depuis le début à de telles manifestations à Québec, notre premier souci dans la sélection a été que l’anthologie soit représentative de la variété des voix qu’on y entend. Les artistes retenus sont tous présents sur la scène du slam et ont parfois emporté une joute ; certains par ailleurs se sont qualifiés en demi-finale ou en finale. Ils viennent de la poésie, du conte, de la chanson, des arts visuels… et avant tout, de l’amour libre des mots et du regard… Douze slameurs : Annie Beaulac, Frédérick Carrier, Christine Comeau, Valérie Côté, Pascal Larouche, Pierre Lavallée, Marc Lebel, LeRoy K. May, André Marceau, Hélène Matte, Renaud Pilote, Véronica Rioux. Douze slameurs à savourer.

Par son engagement et sa force, par sa rigueur et sa générosité, André Marceau ne pouvait être qu’un « « poteau » essentiel à cette anthologie — le mot « poteau » étant bien sûr un clin d’œil au Front de réappropriation locale des poteaux (FRLP), action poétique initiée par André Marceau. Il est le fondateur de SLAM cap et anime les soirées de slam depuis leurs tout premiers débuts à Québec. En outre, il est le créateur du TAP (Tremplin d’actualisation de poésie) et l’animateur des Vendredis de poésie depuis plus de dix ans. Il assure donc une activité poétique dans la ville de Québec vraiment remarquable. Des gens de tous âges et de toutes allégeances intellectuelles et culturelles se côtoient lors de ces soirées et l’écoute est toujours admirable. Si la rencontre entre les poètes et le public varie, étonne, rassure et déstabilise, il semble qu’elle reste, et restera, respectueuse et extraordinairement ouverte. Les soirées de slam en témoignent.

Cette anthologie naît d’un désir et d’un plaisir amoureux, celui du poétique sans cesse renouvelé. Inscrite dans l’éphémère, la prestation orale s’avère à la fois satisfaisante et attristante, à cause de son oubli inévitable, même si des échos plus ou moins enfouis demeurent. Dans cette anthologie, la poésie s’élève, monte le ton, a souvent recours à un porte-voix pour se dire, se faire entendre et saisir l’âme du lecteur par le corps de la parole unique. Le slam caresse la langue, aiguise les mots, retourne voyelles et consonnes, rend le mot palpable. L’unique désir de cette anthologie est donc d’ancrer quelques textes slamés dans un espace papier où les mots n’ont pas de retenue — uniquement un esthétisme farouche et étonnant.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.