Slam ma muse : Anthologie des slameuses du Québec - 2

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Les slameuses feront vibrer, en dévoilant parfois des émotions et des sujets d’une tendresse extrême et en imposant d’autres fois une parole engagée qui ne plie pas devant le pouvoir établi ou la politesse de mise. Des thématiques féminines tout en étant universelles mèneront à la réflexion, alors que les jeux de mots et de sons/sens renouvelleront l’ancrage dans le langage littéraire.


Une anthologie neuve et unique se déclame grâce à treize slameuses exceptionnelles.
Publié le : mardi 12 mars 2013
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EAN13 : 9782895292708
Nombre de pages : 152
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Extrait



Ce tome 2 de Slam ma muse, anthologie de slam, naît d’un désir commun, celui d’André Marceau et de moi-même, de poursuivre la diffusion de textes que l’on entend sur scène mais qui, le temps d’une compétition slam, s’évanouissent — tout en laissant, bien sûr, des bribes de langage, d’émotion, d’impression, d’humanité dans l’esprit des spectateurs et des spectatrices. Lors de la parution en 2008 de Slam ma muse, consacrée à la poésie slamée à Québec, peu d’anthologies de slam avaient été publiées dans la francophonie, ce qui n’est plus le cas en 2013. Toutefois, nous pensons qu’il est encore nécessaire — vu leur qualité et leur originalité — d’ancrer sur papier certains textes qui ne peuvent qu’être entendus. Du premier tome, nous préservons l’idée de nous limiter à un nombre de slameurs et slameuses équivalant à la limite permise dans une joute de slam ainsi que de focaliser sur un groupe identifiable. Nous avons envisagé de créer un recueil de voix féminines, ce qui manque indéniablement au corpus du slam. Cet ouvrage se consacre donc aux slameuses du Québec. De Gatineau à Rimouski, en passant par Montréal et Québec, en s’arrêtant dans Lanaudière et la Mauricie, treize slameuses livrent leur parole. Mais, attention, elles décapent le papier. Lettres et mots revolent, alors que s’impose — dans sa force et sa sensibilité — une oralité toute féminine.


Toutefois, le slam se convertit mal à plat dans une anthologie, n’existe pas enfermé dans un lecteur mp3 ou CD1, se moque d’un récital solo. Le slam appartient au monde du spectacle, il met en compétition des voix enracinées dans les corps des poètes et dans le matériau inépuisable du langage. Syntaxiquement cadencé, physiologiquement prononcé, sémantiquement moderne, analogiquement sonore, syllabiquement embrassé ou hurlé, il passe des lèvres aux oreilles comme la peinture passe du geste à la toile. Et il passe tellement bien qu’à chaque joute de slam, le public remplit la salle pour ressentir le vibrant de la scène comme le vibrant de l’âme, pour suivre l’inaltérable liberté d’une langue qui détrousse certaines conventions et censures. Le public ne manquera pas de respirer l’énergie vitale des poèmes donnés à l’un et à l’autre comme des ricochets du monde et de l’humanité… Les spectateurs, eux, portent un visage de tous les âges, autant féminin que masculin, ils diffèrent de classe sociale et d’origine, sûrement de culture ; ils reflètent la diversité des slameurs et slameuses.


Dans les écoles secondaires, le slam renouvelle l’enseignement de la poésie et crée des ravages. Dès la cinquième année du primaire se donnent des ateliers parascolaires sur l’écriture et les prestations slamées ; certains cégépiens et universitaires slament sur scène. Certains slameurs et slameuses offrent des ateliers d’écriture. On imagine même en haut de sa chaire notre cher curé remplir à nouveau son église grâce au slam-prière, accompagné bien sûr par une présentation PowerPoint (ce qui se fait déjà). Et vous, hommes et femmes d’État, qu’attendez-vous pour renouveler la fadeur de vos discours ?

Les slameurs et slameuses entrent sur le ring du spectacle comme des boxeurs. D’ailleurs, le mot « slam » ne signifie-t-il pas force ou violence, une arrachée vers la liberté ? Par exemple, to slam a door, « claquer » la porte ou « lancer violemment ». Un Grand slam représente tout un défi sportif : le Grand Chelem au tennis, en Formule 1, au baseball. Un match ou un lancer vers gagnant, mais risqué. Les slameurs et slameuses se lancent dans l’arène et disent haut et fort, parfois moins haut et moins fort, mais ils disent. Ai-je envie de les considérer comme de nouveaux troubadours ou des trouvères ou des trobairitz ? Où sont leurs mécènes ? Ai-je le désir de les identifier à nos conteurs ou nos conteuses, nos chefs maîtres de l’oral ?

Dans les soirées de slam, l’assistance accepte un dévergondage langagier sans aucune retenue. Dans cette anthologie, le lecteur et la lectrice accepteront de devenir les porte-voix des slameuses, ils pousseront la rime aussi bien qu’ils pousseront l’assonance et l’allitération. Les lecteurs s’ouvriront aux prouesses incroyablement sonores de la langue française, pulsionnant dans des émotions plurielles et grâce à des sujets variés. Ainsi, sons et sens se polymorphiseront ; rythmes et tons se polysémantiseront. Mais il faut lire à voix haute, lire dans une diction libre et sans timidité.

Dans cette anthologie, Annie Beaulac, Sophie Dassy, Julie Dirwimmer, Catherine Dorion, Nadine Lavoie, Daphné Lemelin, Frédérique Marleau, Sylvie Nicolas, Stéphanie Pelletier, Amélie Prévost, Véronica Rioux, Annie St-Jean et Jenny Villeneuve prendront les lecteurs et les lectrices par la main et par leurs tripes ; elles feront vibrer, en dévoilant parfois des émotions et des sujets d’une tendresse extrême et en imposant d’autres fois une parole engagée qui ne plie pas devant le pouvoir établi ou la politesse de mise. Des thématiques féminines tout en étant universelles mèneront à la réflexion, alors que les jeux de mots et de sons/sens renouvelleront l’ancrage dans le langage littéraire.

Les slameuses nous étonneront
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