Slameries et autres monologues pour matuvu

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Voici un recueil de textes courts, monologues, contes, poèmes, d'un chanteur de rue, chanteur de port, poète de comptoir, surnommé « La Vadrouille » en raison de ses nombreux voyages. Des écrits drôles, tendres, coquins mais jamais vulgaires.
« Je suis poète de comptoir, le comptoir c'est mon univers, car dans les bars, rares sont les mecs qu'aiment pas les vers. »


Publié le : lundi 24 août 2015
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EAN13 : 9782332934116
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-93409-3

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« Je suis poète de comptoir.

Le comptoir c’est, mon univers

Car dans les bars, rares sont les mecs

Qu’aiment pas les vers ! »

A toi, Lecteur…

Ces « slameries », ces monologues, ces poèmes,

Ces galéjades et coquineries, d’un chanteur de rue,

chanteur de port, poète de comptoir, dit La Vadrouille,

« à cause que j’ai beaucoup voyagé » !

A ma crémière

Toute étalée dessus la paille,

Je te désire petite canaille.

Ta peau marbrée, ta chair onctueuse,

S’offre à mes lèvres, délicieuses.

Tu respire fort, de tout ton être,

Tes origines, ton air champêtre.

Entre mes doigts, tu coules un peu,

Il me plait bien, ton petit jeu.

Combien sommes-nous à t’apprécier,

A te lécher, à te toucher,

A t’enfoncer en nos palais,

Petit objet qu’on aime bien fait ?

Tu es bien jeune, ce n’serait pas sage,

J’suis comme un bœuf et ça m’enrage.

Et puis tant pis pour ton jeune âge,

Mon Dieu qu’c’est bon, un p’tit fromage !

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A ma coiffeuse

Ma coiffeuse est trop belle

Quand elle frôle la bretelle de son marcel blanc

Sur les mèches rebelles de mon cou grisonnant

Ma coiffeuse, est trop belle

Quand elle coupe sensuelle de ses lames d’argent

Mes cheveux poivres et sel qui ont fui mes vingt ans.

Ma coiffeuse, est trop belle

Quand je vois la dentelle de son slip naissant

Dans la glace infidèle à mes regards d’enfants

Ma coiffeuse, est trop belle

Quand elle taille en rappel sur mon front bouillonnant

Les invisibles ailes de mon cœur vieillissant.

Ma coiffeuse, est trop belle

Quand elle passe cruelle un rasoir inquiétant

Sur des veines trop frêles, messagères mon sang.

Ma coiffeuse, est de celles

Qui charment les prunelles depuis la nuit des temps

Infinies demoiselles au talent récurrent

Sexetionneuses éternelles des cheveux grandissants

A mon boucher

Oh Dieu comme elle est triste, la vie du doux mouton

Lui qui offre au berger sa laine en toute saison

On dit l’âne stupide, le cheval courageux

On dit le chien fidèle, et le taureau grincheux

Mais pour l’humble mouton à l’humeur si paisible

Lui qui ne se nourrit que de feuilles inutiles

Cruelle destinée qu’on réserve à son âme.

Tranchée en un bruit sec, par une fine lame

Oh petit mouton chéri, doudou de mon enfance

Toi qu’on ne peut blâmer de nos perfides offenses

Qu’ils sont cruels et rudes ces mythes éternels

Ces histoires d’anciens, ces rites sur l’autel

Mais quand le gigot rose mijote en la marmite

Avec pour compagnons, les fayots dynamites

Honteux d’un tel bonheur pour mon tube digestif

Je bénis Abraham et son petit canif.

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Avignon

Pour l’avoir fait de nombreuses années en tant

que comédien, je connais très bien le festival d’Avignon.

Pendant le festival d’Avignon en juillet, tout le monde

de l’intermittence du spectacle s’active.

Avignon, c’est un peu le « Batimat » de

la culture. Les festivaliers, les artistes, les techniciens

partagent la même passion. Il y a une agitation créatrice

incroyable avec le collage des affiches, le tractage, les rires,

les coups de gueule, le succès et bien souvent, le désespoir.

Avignon en juillet, c’est la vie à l’état brut,

c’est le paradis des théâtreux.

Moi, le spectacle qui m’a laissé, le souvenir le plus marquant,

en toutes ces années, c’était un petit spectacle de rue

donné, assez tard, sur les remparts.

C’était joué sans artifices par une belle fille, seule,

une bombe magnifique. Marina, qu’elle s’appelait.

Son costume était simple mais bien pensé avec

une légère touche de vulgarité.

La mise en scène était très adaptée au lieu, accompagnée

d’une subtile chorégraphie bien dosée et très sensuelle.

Le texte était sobre, efficace, juste les mots qu’il faut,

très bien servi en plus par un léger accent, très envoûtant.

Et puis, la trouvaille, c’était le côté interactif, avec une

véritable participation du spectateur. Dommage que le lieu,

où la comédienne entraînait le public, ne pouvait contenir

qu’un seul spectateur à la fois, c’est ce qui explique peut-être

que l’on ne pouvait pas utiliser la carte du Off,

la carte du Off, c’est une carte de réduction.

C’est vraiment un spectacle que je vous conseille si l’occasion

se présente pour vous. Comment, c’était le titre ?

Je ne m’en souviens plus.

Ah, si, si ça y est, la comédienne me l’a dit au début.

Ça s’appelait, euh ? « Tu viens chéri ? »

Bon appétit

Il est une coutume quand on est invité,

De dire une prière tout juste avant de manger.

On remercie le père de nous donner le pain,

Et les pauvres païens se jettent sur le vin.

Mais ces paroles sont là pour empêcher nos âmes,

De se poser, un jour, sur une chose infâme,

Un poulet désossé, un agneau sacrifié,

Un cochon égorgé, une crème renversée.

Car, qui peut dire dans quel corps ou dans quelle chose

Notre belle âme, un jour, se repose.

Pour moi, si mon âme devait se mettre

Dans un objet de cette pièce,

Je voudrais que ce fût dans une chaise.

Mais attention, pas une chaise domestique,

Non, une chaise sauvage.

Les chaises sauvages se chevauchent sans selle !

A cru, comme le croient les curieuses conquêtes

Décrépites des cow-boys éclectiques de Québec,

Ou d’outre atlantique, ces coquettes et coquines cocottes

Des quartiers de Phuket, des quartiers de Bangkok.

Mais serai-je un jour une chaise sauvage ?

Une chaise sauvage, solide et sage,

Jamais sèche de mes sueurs suaves,

Jamais vide de mes vents violents, vils, avides et volontaires

A toujours vouloir vider l’air encore valide d’un livide voisin,

Vilain voleur de siège et malchanceux de s’asseoir à ma suite.

Mais, il est temps, même s’il est tard,

De prendre un siège et de s’asseoir.

Chère belle hôtesse, on se réjouit,

D’être chez toi, tous, aujourd’hui,

On se rassoit, on se rassit,

Bonne apprête-toi,

Bon appétit !

Deux belles maîtresses

Y a des histoires d’amour que l’on dit impossibles

Et seul le temps les couvre de leurs ruptures terribles

J’ai eu deux belles maîtresses, pendant plus de huit mois

Elles étaient sans paresse, et elles n’aimaient que moi

Toujours l’une derrière l’autre sans jamais se fâcher

Elles étaient deux apôtres à mes pieds, enlacées.

Je les ai connues à Auch, elles sortaient d’une boîte

L’une était à ma gauche et l’autre mal à droite.

Elles avaient grand plaisir à se faire marcher.

A se faire courir, à se faire sauter.

Aussi, je n’ai pu croire à leurs virginités

Lorsque le soir venu, je les ai pénétrées.

Ça c’est fait sans un cri, tout juste un peu serré

Et quand j’en suis sorti, j’ai pu prendre mon pied.

Elles ne m’ont pas quitté malgré toutes les souffrances

Que je leur ai donné souvent par ignorance.

Les coups sur les trottoirs, les attentes dans les gares

Et ces déchets de chiens, qu’elles prenaient pour un rien.

Et, si je suis ici, devant vous tout penaud

C’est que votre vernis a quitté votre peau.

Pardonnez-moi, mes belles, mais je dois vous laisser

Là dans cette ruelle, toutes nues sans lacets.

Vous avez trop vieilli, vous n’êtes plus très sûres

Vous que j’ai tant chéries, vous mes vieilles chaussures.

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Devinette

Tous les hommes ont un petit objet

Qu’ils utilisent tous les matins.

Qu’ils soient costauds ou gringalets,

Ils l’ont souvent entre les mains.

Ils le côtoient toute la vie,

Un peu humide un peu chagrin

Et qu’ils soient vieux ou tout-petits

Ils le chérissent de mille soins.

Y en a des durs, y en a des mous,

Y en a des p’tits pour les p’tits bouts.

Y en a des gros pour les gourmandes

Et y en a même en forme d’amandes.

Que de travail et de courage

Pour ce vaillant au doux pelage !

Toujours dressé pour la conquête

D’une couronne ou d’une arête.

Faut qu’il avance, faut qu’il recule,

Faut qu’il produise des tas de bulles.

Faut qu’il s’enfonce entre les lèvres,

Qu’elles soient en cœur,...

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