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Slogan

De
158 pages
Slogan est un livre 2.0, réunissant de courts textes poétiques de vingt auteurs recueillis sur Twitter et projetés sous forme d'animation vidéo sur les murs d'une ville, créé par Timothée et Clément Collignon dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture. Ce livre rassemble les textes utilisés, en se donnant pour objectif de trouver une nouvelle forme pour ce format. "La poésie ne descend pas dans la rue / c'est la rue qui monte à son poème" (Ph. Tancelin)
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témoignages
poétiques
SLOGAN
Clément COLLIGNON Slogan est un livre 2.0, réunissant de courts textes poétiques de
vingt auteurs recueillis sur le réseau social Twitter et projetés sous
forme d’animation vidéo sur les murs d’une ville, créé par Timothée et
Clément Collignon dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale
Européenne de la Culture.
Ce livre rassemble les textes utilisés pour ce projet, en se donnant
pour objectif de trouver, ici encore, une forme originale susceptible de
mettre au mieux en valeur le format court proposé. SLOGAN
La poésie ne descend pas dans la rue,
C’est la rue qui monte à son poème
Ph. Tancelin
Clément Collignon est né en 1982, il vit et travaille à Paris. Après une
carrière dans la nance de marché, il se consacre à l’écriture et publie
son premier recueil “Mémoire de l’Invisible” en 2012. Il a fondé en
2013 avec son frère Timothée Collignon le collectif L’inouï (www.linoui.
org) qui cherche à développer de nouvelles écritures mêlant poésie, arts
numériques et vidéos.
ISBN : 978-2-343-02974-0
15,50 euros
témoignages témoignages
poétiques poétiques
SLOGAN Clément COLLIGNONS
L
O
G
A
NTémoignages poétiques
Collection dirigée par
Philippe Tancelin et Emmanuelle Moysan

Parce que la langue poétique constitue une exploration, elle revêt
parfois son visage de "témoin" des chamboulements de notre
société, des mondes qui nous entourent, au gré des voyages, des
rencontres. Parce qu'elle explore l'intime, qu'elle épouse une
fonction dénonciatrice ici et ailleurs, elle bouleverse aussi notre
vision du politique. Accueillons ces textes qui nous aident à
cheminer et modifier notre regard...


Déjà parus

Régis ROUX, La terre lointaine, 2013.
Françoise et Sonia DELMAS, Le désordre des jours, 2013.
Denis LEMAÎTRE, La cité restitués, 2013. D’errance en Arrée, 2013.
Félix MONGET, Frères ! Extraits des carnets de voyage d’un
passant, 2013.
Marguerite BAUER-BENIDIR, L’attente, 2013.
Alexandre MASSIPE, Geneviève Clancy : son enseignement,
2013.
Jean-Luc POULIQUEN et Philippe TANCELIN, Paroles de
poètes, poètes sur parole, 2013.
Michel POMMIER LE PARC, La mare aux joncs, suivi de
Aurère, 2013.
François AUGÉ, Hors je, 2013.
Jean-Luc POULIQUEN, Sofia en été, 2012.
Tristan CABRAL, Dernier tango à Salta, 2012.
Karim KOUROUMA, Le masque et le cheval. Nostalgie
d’une terre lointaine, 2012.
Flavia COSMA, Le miel trouble du matin, 2012.
Yves Patrick AUGUSTIN, Mon île est une absente…, 2012.
Marguerite JARGEAIX, Rendez-vous après la pluie, 2011. Clément Collignon
SLOGAN
L’Harmattan





























© L’HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-02974-0
EAN : 9782343029740 AVANT PROPOS
Slogan es un livre 2.0, réunissant de courts textes poétiques de
vingt auteurs recueillis sur le réseau social Twitter et projetés sous
forme d’animation vidéo sur les murs d’une ville, créé par T-imo
thée et Clément Collignon dans le cadre de Marseille-Provence
2013, Capitale Européenne de la Culture.
Cette oeuvre propose d’interroger la place et le rôle
que joue la poésie dans la cité, en donnant à tous l’oppor -tu
nité de soumettre des textes, et en les resituant sous une forme
moderne sur la place publique, accompagnés de série de mouv - e
ments de danse.
Ce livre rassemble les textes utilisés pour ce projet, en se don -
nant pour objecif de trouver, ici encore, une forme originale
susceptible de mettre au mieux en valeur le format court proposé.
7HISTORIQUE DU PROJET
En février 2013, répondant à l’appel lancé par YesWeCamp!,
nous avons défni et proposé le projet slogan. Nous voulions
mettre des mots sur les murs de Marseille, que ce soit beau et
propre.
Au printemps, nous avons reçu une réponse favorable et avons
développé le projet. Il y eut d’abord un programme informa-
tique permettant de transformer les tweets en poèmes animés en
collaboration avec Louis Eveillard, chercheur à l’EnsadLab. Il
y avait aussi des séances de travail musical au sudio Te Green
Room avec Nicolas Wauquiez. Nous réalisons une courte vidéo
explicative du projet. Tout cela se mélangeait et s’arrangeait dans
des réunions à domicile.
Fin juin, nous descendons une première fois à la capitale eur - o
péenne de la culture pour un tournage au Klap avec Dorothée
Munyaneza, desiné à produire les images de danse qui allaient
accompagner les textes.
En juillet, nous fnalisons le développement puis commençons
à teser le dispositif en posant les premiers textes, puis en recueil-
lant ceux d’autres auteurs. Nous préparons aussi la mise en place
d’un site internet qui sera le recueil des captations vidéo que
nous réalisons à chaque projecion. Nous trouvons notre nom.
9HISTORIQUE DU PROJET
Le 7 août, nous sommes arrivés à Marseille. Nous nous sommes
insallés à YesWeCamp! Il nous resait à produire et mettre en
ligne des milliers d’images, et éditer des dizaines de textes. Nous
avons appris à jongler avec les contraintes du site, notamment le
vent, le soleil, et une connexion internet capricieuse. Puis notre
machine à projeter était prête, et nous sommes partis en ville :
à l’hotel Riou, près du cours Julien, au vallon des Aufes,
dans le parc d’acivité de Mourepiane...
Nous alternions les prises à l’Esaque et en centre-ville.
Le 31 août, nous avons resitué l’ensemble à l’occasion d’une
performance live d’une durée de trente minutes mêlant vidéo,
musique, lecure et danse, sur la scène de YesWeCamp! sur
laquelle nous avions consruit pour l’occasion les jours.
10UN MOIS DE RÉSIDENCE À MARSEILLE
Es-ce que la ville parle? P eut-on l’entendre ?
La ville nous dit bien quelque chose, mais peut-on objeciver ce
message, le sortir de nous, dégager un message ou un ressenti - com
mun à tous ceux qui passent en ville.
Et aussi quelle es cette ville ?
Nous sommes partis bille-en-tête avec l’idée de produire une
langue. Trouver toujours des réponses concrètes à la quesion pour -
quoi écrire. Les chercher dans une expérience urbaine, créative,
marginale et essentielle. Voilà le programme de notre résidence à
YesWeCamp! camping alternatif et expérimental, mêlant écologie
et architecures performatives consruit sur les quais de l’Esaque,
ouvert à tous de mai à septembre 2013.
Avant cela, au mois de juin dans la pénombre d’un sudio,
entre une femme et deux frères, le courant passe. Nous faisons de la
peinture sur corps. Pas de décalcomanie sur une toile, les corps sont
libres désormais; nous serrons au plus près du corps pour dégager le
corps et le mouvement. Le coeur bat fort pour alimenter les yeux
qui n’en croient pas leurs oreilles. Nous avons de la chance.
Quand on veut avancer, on peut inveciver tout le monde, et
s’arracher les cheveux. On peut aussi caler son pas sur la marche
du monde, s’enivrer de toutes les manières pour ralentir sa cadence
s’il le faut. Sur le camping, j’ai pris le temps de la rencontre, me
suis rendu utile, me suis brûlé les doigts là où je ne pouvais l’être,
quand la langue commune nous faisait défaut et que j’étais déjà
ivre.
11UN MOIS DE RÉSIDENCE À MARSEILLE
Retombé sur mes pattes, j’ai pris les choses en main et -le tau
reau par les cornes, traversé des zones. Je ne voyais plus la ville,
mais il y avait au loin et sur une carte virtuelle un magasin. Il me
fallait des outils. C’était clair désormais, il me fallait mes propres
outils.
Par ma patience et ma présence, je les avais mérités. Seul je
suis allé. Revenu avec un monsre tremblant dans le cofre, que
j’ai encore mis quelques jours à faire marcher., que l’on appelle
groupe élecrogène. Le bon sens et la méthode individuelle parfois
surpassent la sagesse collecive. Surtout, nous apprenons qu’il faut
agir. Sans quoi rien ne se passe.
Parce qu’il faut vivre, nous branchons d’abord la machine à
image sur le réseau élecrique. Les badauds badinent.Les clochards
s’agglutinent curieux de voir leur habitat naturel habité par un
fantôme de couleur qui dit des choses. C’es une femme, belle et
noire qui s’habillent de mots. Les rencontres n’ont pas lieu sur la
surface du monde. Elles se font à l’intérieur comme des messages
empruntent des autoroutes mysérieuses pour aller des bouches aux
oreilles, et bientôt sur les murs. Nous croisons l’hisoire, la police,
les hisoires et la frousse des marchands de paradis sous les marches
de la gare, qui attendent le charbon.
12UN MOIS DE RÉSIDENCE À MARSEILLE
Enfn, vers la fn du mois d’août, les amis arrivent. Il y a du
bruit, mais pas assez pour perturber le sommeil de mon jeune
fls qui dort là. Nous savons travailler, et mettre à proft les forces
disponibles. Bientôt la surface de projecion se déplie et fait la
taille d’un immeuble. Les lumières s’éteignent, des voix s’élèvent
de partout qui disent leur quatre vérité. Le chant microbien d’un
Albator de Tokyo les rejoint, puis celui du maître et des amis en
poésie.
Nous dansons ensemble, sur la scène de la plage et sous l’écran
d’un feu d’artifce. Le specacle s’appelle Hash#Tag et montre un
condensé de trente minutes du travail du mois passé.
Vague,
Je parle d’absence.
Je romps pour vous les portes du silence.
Voici les lumieres rassemblées.
Clément Collignon
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