Substranse

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Loin dans la forêt des conifèresUn homme crie son désespoirLes poils soudain se raidissentPuis glissent rapidement sur la poudreuseLe museau pointé dans les nappes de ventRenifle une odeur fade, humaineIl sent que son heure approcheSa langue se perle d'imagesEt troue la neige de sa chaleurLe gémissement de plus en plus cristallinSe noie dans l'immensité boiséeEnfin l'œil perçant dessine une silhouetteUne forme noire allongée sur un tapis blancIl s'approche à pas de loupEt découvre une rougeurAutour d'une pièce métalliqueUn trappeur sans doute prit à son jeuPlus rien ne bougeQue les branchages alentourEt dans un élan animalLa fourrure enveloppe le corpsLes crocs luisants assaillent la peau moiteTout est finiLa faim s'en est allée.
Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 27
EAN13 : 9782748116007
Nombre de pages : 348
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SubstranseIrvin Cotten
Substranse
PO SIE' manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1601-1(pourlefichiernumØrique)
ISBN: 2-7481-1600-3(pourlelivreimprimØ)Avertissementdel Øditeur
DØcouvertparnotrerØseaudeGrandsLecteurs(libraires,revues,critiques
littØrairesetdechercheurs),cemanuscritestimprimØtelunlivre.
D Øventuellesfautesdemeurentpossibles;manuscrit.com,respectueusede
lamiseenformeadoptØeparchacundesesauteurs,conserve,àcestadedu
traitement de l ouvrage, le texte en l Øtat.
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Sous les ambres de l aurore
Pousse une arrogance fertile
Pointant les pas d abondance
Sur les chemins en triangle
Au loin, les chants de la genŁse
Fleurissant comme des dentelles
Que de cristaux, que de couleurs
Que de carnavals en c ur
Tourne, tourne les sons printaniers
Tombe, tombe les velours d automne
Sous le soleil des satellites
La communication flamboie
DerriŁre les murs de quartier
Les verriŁres regorgent de ressources
La jungle s organise en rencontre
Et crØe des nuages d Øpanouissement
Tout vient par la main qui parle
Lessillons glissent comme des fontaines
Les eaux charrient leurs destins
Etvoguentversdes inconnuesdØjàfoulØes
Dans le cercle des enfantements
Les cheminØes fument leur alchimie
9Substranse
Et re oivent le tonnerre des oubliØs
DamnØs, trompØs, extasiØs, encensØs
Il n y a rien à faire que boire l Ølixir
10A REBOURS
Du rouge ocØan au pourtour azurØ
Les femmes du nouveau monde ont des visions en-
flammØes
Sourds de leur chair lasueurde l horizon
Comment ne pas entendre ?
Elles poussentdescrisetdes espØrances
Toutgrandiraversl infernalcyclebiologique
Touts organisera,toutpourrira,toutrecommencera
Comment ne pas comprendre ?
Lesquestionsnesontrien, ÔDieuxdivinisØs
AuxoreilleschastesetauxhumeursØoliennes
Puissiez-vous accueillir nos offrandes sous de
meilleurs hospices
Car dans la blancheur des yeuxsoumis
Sommeille une lueur d indØpendance
Une lueur fraternelle Ølectronique
Du rouge ocØan, ils en feront p tures
Le sel et le sable deviendront nuages
Lespoissonssefonderontenunlargefestin
Et oui ! En un festin de rois
Pour quelesDieux apprennentl humilitØ
Ainsilesfemmesregagnerontlaterrematricielle
Ramant jusqu neplus sentir la douleur
Remontant de leurs mains à contrecourant les mers
indignes
Rappelant que l existence n aurait jamais dß avoir
un verbe
11ET TOC !
Morte couille ! criait le gueux
Mes doigts m en tombent
Bient tjenepourraipluscompterjusqu dix
Ni caresser le visagedemadouce catin
Je n y vois dØj presque plus
Commentvais-jereconna tremaprogØniture?
Avec mon nez ? Avec mes restes ?
Dame lŁpre est cruelle
Pourquoi ne pas Øpargner l essentiel ?
Juste garder mes doigts et mes yeux
Poursavoirquelesautrespartiesdemoi-mŒmerient
et jouent
Mesoreillesentendentencoreleursbattements
LeurscœurssonnentcommelesclochesdeP ques
Tu nenousauraspasendormeusede sens
Ilyauratoujoursquelqu’unpourtetirerlalangue
13L’AVENTURE
RŒves-en, toi innocence
Perdue dans ton inconscience
Tu as tant d insouciance
Et surtout tant d impatience
Qu il faudrait t enfermer
Dans la bo te à damiers
RŒves-en encore, te dis-je
Apprends-nous le vertige
Envoßte-nous, exige
Pousse-nous et dirige
Nous sommes prŒts à t aimer
A suivre sans regarder
RŒves-en jusqu l ultime
Voyage jusqu aux ab mes
Touche jusqu notre infime
Et nous monterons aux cimes
Car dans les prisonniers
LascienceserafigØe
RŒves-en, toi ignorance
RΠde tes vestiges
RŒves-en jusqu l intime
Les murs de l arrogance
Vous supportent, vous infligent
Reprenez votre estime
15Substranse
Sentez monter l innØ
Laissez-vous c liner
Glissez sur ce foyer
Brßlez la vØritØ
De la virginitØ
Fais-enunrŒveimpur
Pour que durent les augures
Jusqu la prochaine pluie
Jusqu ta destinØe
Puis retourne endormi
Vers tes rŒves d aventures
16POUR LE PIRE
Aboutir sans gØmir
Pervertir sans frØmir
Le dØsir sans souffrir
Et saisir sans offrir
A venir est le pire
Sourire sans ravir
Mourir sans navire
S’ouvrir sans p lir
Et dire sans dØlire
Le souvenir est à ha r
Pourquoi fuir et se vŒtir
Laisse agir, laisse Øcrire
Ecoute cette lyre qui t attire
Comme un Ølixir à chØrir
Laisse l avenir s Øclaircir
Et tu pourras rajeunir
Pour le meilleur et pour le pire
17ENGAGEMENT
Le soleil se lŁve
Les tŒtes hØsitent encore
Entre artifice et bØton
Car tout excŁs à un prix
19AVENIR
Maisouicesfleurs,jelesaitellementdØsirØes
Jointes l une à l autre en un ciel
Oølescouleurs de la nuit resplendissent
Sous l Øtoilede la lumiŁre incandescente
Opale aux facettes innombrables
Mes amours à venir
21RONDE DE NUIT
A l ombre des verres pØtillants
Les paroles battent le plein
Les esprits se vident d’un trait
Et les regards s’abreuvent de joie
Sur la table bien mise
Le dØsordre s organise
Les chaises s entrechoquent
Et basculent sur deux pieds
Dans la ronde des cercles fermØs
Les couples se forment et se dØforment
Au grØ des enfants qui sommeillent
Au grØ des ascendants dØvoilØs
Quand la bouteille appelle sa concubine
Les femmes abreuvØes s encoquinent
Les voix s Øchauffent
Et les mâles s engaillardisent
Les fumØes se confinent
Et dans le brouillard on copine
Tout va hors du monde
Tout tourne hors du jour
L’intendance s amenuise
L’air et le sang s Øpuisent
23Substranse
Encore un dernier sursaut
Avant extinction des feux
24LE DISCOURS
Un homme monta sur les tribunes
Il leva une main au ciel
Et commen a son discours
Il parla
Il reparla
Il discuta
Il rigola
Il insulta
Il chanta
Il pleura
Il se trompa
Il rØpØta
Il cria
Il bafouilla
Il bØgaya
Il s Øtouffa
Il bascula
Il tomba
Il gØmit
Et mourut
Tout le monde applaudit
25INFINI
Sable sable sable
Sable l’infini
ReflØtant le brasier cØleste
PØpites d or innombrables
Tu Øtales ton souffle
Comme vagues arrondies
Loin loin loin
TrŁs loin oø il n y a rien
Et derriŁre
Beaucoup plus loin
Dans le fond des choses
Oø il n’y a rien
Qu un horizon plat
Scintillant comme des perles
Sable sable sable
Ton soleil me chauffe
Brßle les sens
Pousse les derniŁres barriŁres
A l infini des sables
Je ne vois que toi
Rien aux alentours
Et si loin loin
Le vide rØsonne
Ma tŒte m’abandonne
Tambourinant la douleur
Si proche si proche
27Substranse
A en perdre la vue
Sable sable sable
Ton Øclat boit mon sang
M assŁche à ta ressemblance
Aplanit les pensØes
A l infini des vents
Loin loin loin
Oø il n y a rien
Que toi et moi
DispersØs à jamais
Dans les dunes de l oubli
28LA PROMENADE
Un homme se promŁne dans un parc
Il semble ailleurs
Marchant droit devant
Imperturbable
Sur le chemin qui se prØsente
Il avance toujours
Les yeux fixØs vers l horizon
Une ligne imaginaire
Au-del des arbres et des murs
Au-del des passants
Ses pas se succŁdent
Un à un, marque aprŁs marque
RØguliŁrement, machinalement
Tel un automate
On le regarde, on s Øtonne
Il intrigue
Mais non ! il est bien vivant
Regardez ! il cligne la paupiŁre
Parlez-lui ! il s Øgare
Ramenez-le dans les contre-allØes !
Un enfant s approche timidement
Bonjour monsieur !
La voix a touchØ l esprit de l’homme
Cette phrase si banale
Enclenche sa mØcanique
La tŒte pivote
29Substranse
La m choire s anime
Bonjour !
Puis le corps reprend sa droiture
Dans le mØtronome des pas
Jamais il ne s arrŒtera ?
Les questions vont bon train
Est-ce un homme ? Un fou ?
Un robot ? Un sortilŁge ?
Un fant me sans âme ?
Personne ne le sait
Ni lui d’ailleurs
Que faire ?
Sa silhouette se dØrobe
Plus les regards s interrogent
Plus il leur Øchappe
Tout devient flou
L’air se mØlange à son image
Ses pas aux ombres mouvantes
Ils vont le perdre !
Chemin faisant
La mØcanique poursuit son but
Tout à disparut
Elle n a plus de consistance
Seuls les yeux persistent
De plus en plus Øtincelants
Tels des Øtoiles au seuil de l ultime
L’esprit ØclairØ
Quelques-uns l’ont suivi
Distinguant encore des indices
Sa course s est terminØe face à la mer
Une mer si calme
Qu elle formait une ligne
Une ligne infinie
Absorbant le cercle solaire
Ceux qui l ont suivi n ont rien perdu
30Irvin Cotten
Ils se sont assis et ont attendu
Un magnifique coucher de soleil
Dont on ne reverra plus jamais
Un soleil si flamboyant
Illuminantla lignepresqueincandescente
Le feu est descendu
Le jour s est assombri
La ligne a disparu
Et l homme aussi
Le voile de la nuit est tombØ
Enveloppant les contemplateurs
Depuis ils s en souviennent
Et mŒme s ils ne pensent à rien
Il leur reste malgrØ tout
Ce beau soleil
Et cette ligne si plane.
31INT RIEUR - MOI
JemefaisaismalauxyeuxàdØcouvrirdenouvelles
images. Mon corps se transcendait, devenait Moi,
se coupait de ce qui le rapprochait et vivait à l in-
tØrieur. Je me parlais à moi-mŒme, sans me prØoc-
cuper de l existence. Tout ce torrent, qui emportait
mes pensØes les plus inaccessibles, nivelait en une
parfaiteententel irrØeletlerØel. Moncorpsnaissait
d’un nouveau souffle. Le c ur devenait fluide, le
sangØvanescent,sedispersantdanslachairunivers.
Jeparcourais,àbordd unvaisseaumultiple,lespro-
fondeurslesplusinattendues,lesplussombres. Rien
n’Øtait secret, mais ces images confondues restaient
sans explications. L incertitude des mouvements,
des couleurs et des formes me permettait de voya-
ger plus loin que ces envolØes de rŒveries, plus loin
que ces arcs-en-ciel invisibles, plus loin que cette
gØomØtrie à superposition. Je ne savais pas oø, ni
quand je commen ais. Je ne voyais pas ma fin, car
toutØtaitunivers. Cevagabondageinvolontairedans
plusieurs endroits à la fois, sans conna tre ma vØri-
tableidentitØ,rØpondaitàunappel. Jebaignaisdans
la non-existence, car je vivais en Moi.
Tout cet intØrieur se mouvait en Moi, comme un
magma incandescent, liquide, vaporeux et solide.
Tout semblait uni pour n en former qu un. Nul ne
se dissociait. Les convulsions du corps extØrieur
33Substranse
ne m’appartenaient plus. Ce vaste infini me pØnØ-
trait si fortement que je me laissais aller. Nageant
entre deux eaux grises, parsemØes de voiles lØgers
etpresqueimperceptibles,jenesubissais,ninepro-
gressais, sentant d une fa on insensible les choses
quin enØtaientpas. Cetamalgamed ombresclaires,
ØtalØessurundØcorsombreformØparlamatiŁrecos-
mique, avait une conception si surnaturelle que je
ne situais pas maprØsence. Ce monde m enchantait
contre ma volontØ. Rien ne pouvait m en sØparer,
sauf ma vie extØrieure.
A vivre en moi-mŒme, je vivais dans ce monde im-
mense,commesilapeaus ØtaitretroussØe,pourque
le rØel devienne mon contenu, et l inimaginable la
basedemondØveloppement. Plusjem enfon aisen
luietplusjem Øvadaisdel absurde,plongeantdans
l incompatibleentre lesfrontiŁresmentales.
Redevenant un Œtre humain, je pensais pouvoir res-
sentir la douceur de l au-del , mais mes sentiments
demeuraient vierges, comme si mon Moi Øtait un
nouveausens,uneporteouverteversmadestinØe.
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