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Terres orphelines

De
90 pages
Abattu, brisé, le monde s’essouffle. Un monde usé, poli par le courant des jours. Un monde gris d’absence, d’attente et de pleurs avalés. Notre désir ne peut désormais que se taire et mourir. Il est trop tard pour regretter quand les vagues viennent mourir sur la grève de nos soupirs… Prose et poésie se conjuguent pour donner naissance au tableau saisissant d’un monde meurtri. Alliant spleen et élégance, Arnaud Maret pose sur l’existence un regard sensible et aiguisé, au plus près de l’être et de la terre.
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IDDN.FR.010.0114108.000.R.P.2009.030.40000
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2009
Mes premiers vers sont d n enfant,  u Les seconds dun adolescent, Les derniers à peine dun homme. Alfred de Musset
Doux avenir, cet il crevé cest moi, Ce ventre ouvert et ces nerfs en lambeaux Cest moi, sujet des vers et des corbeaux, Fils du néant comme on est fils de roi. Jaurai bientôt perdu mon apparence : Je suis en terre au lieu dêtre sur terre, Mon cur gâché vole avec la poussière, Je nai de sens que par complète absence. Paul Eluard
Prologue
LAntigone au rocher I Antigone, te souviens-tu Quand tu voyais, à ton rocher Agrippée, sous toi dévaler Les débris dun monde abattu ? Te souvient-il de ces jours pâles Et raccourcis, lorsque la nuit Paraissait devoir, dans un bruit Décroulement, jusques aux salles Immenses, libres de tout mal Sous le ciel tremblant, triompher De celle qui sentait couler Sa vie exsangue, sang dopale De la terre, vers une mer Affamée ? Es-tu parvenue À retenir, souffrance bue, Le cri de la détresse amère ? II Antigone, rappelle-toi Ces heures anciennes, la plaine Sétendant, vaste, souveraine À tes pieds ; le Rhône, sous toi, Courant libre, fauve blanc né Des glaces, force en mouvement, Créateur de vallées au temps Bienheureux mais presque effacé De tous les commencements. Vois
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Ce que ce pays devient ! Sens Ce brouillard brun qui lentement Létouffe ! Ce bruit sourd, il croît En montant du val, là, écoute, Ne lentends-tu pas ? Le vent vient, Te lamène, ce nest plus rien Quun souffle lourd, goutte après goutte. III Ce monde qui était le tien, Antigone, on te la pris, pur, Pour le souiller. Monte, plus sûr Devra être ton abri, rien Ne les arrêtera, ceux-là Qui te cherchent ! Seuls les déserts Blancs pourront te cacher, dans lair Saturé de lumière, là Où les yeux humains se referment, Blessés par le jour quils ne peuvent Contempler. En bas, quils sabreuvent Aux sources malades, que germent Leurs blés secs, que coulent leurs larmes Salées dans le sillon stérile ! Fuis leurs yeux vides, sous des cils Gris battants, leurs mortelles armes ! IV Le monde sessouffle, ma Dame Des hauts, tu le ressens, demeure Cependant encore un peu, pleure Pour ceux qui tadorent. La lame Franchissant le vide déchire Nos mains sanglantes ; la douleur Ne nous rapproche pas, à lheure De lévidence dun sourire Brûlant de ton absence Mais Sauve-toi, muette, lointaine, Car cest invisible et sereine
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