Vigne

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Comme une liane qui s'enroule dans les méandres de la mémoire, la vigne traverse le temps compté des hommes. Sa beauté immobile apporte au voyageur égaré la quiétude et l'apaisement de sa puissance en racines. Sur le vélin de ses feuilles, elle a écrit les mots de la vie. Elle a gravé les poèmes des saisons sur le parchemin de ses ceps. Avec les quatres saisons de la Vigne, François AUGE, né dans un pays de vignobles, parcourt le temps passé, présent et à venir.
Publié le : mercredi 1 octobre 2008
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EAN13 : 9782296201637
Nombre de pages : 112
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Vigne

François Augé

Vigne

L'Harmattan

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr hannattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05940-5 EAN : 9782296059405

Vigne la caresse du premier souffle l'équation du temps perdu la vie élémentaire l'ombre alliée à la lumière la coulée intemporelle d'une pensée le tableau disparu d'une vie sauvage les racines infinies de la nuit les fleurs blanches de l'aube les raisins opulents du zénith le vin carmin de la maturité la cave vespérale aux fragrances envoûtantes Vigne le livre ouvert de mes souvenirs le songe élégant d'une nuit d'été les larmes d'un enfant sous la puissance du ciel la contemplation de la beauté offerte la naissance d'une rive en poésie l'herbe vivace au milieu d'un jardin l'alchimie des métamorphoses le chant sorcier de la terre guerrière la puissance d'une liane ancestrale la douceur d'une rivière légendaire la matière inconsciente de ma chair

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Hiver

Sous le soleil d'hiver, la vigne nue irradiait de tous ses membres osseux comme une vieille femme au seuil de sa vie. Accrochée sur le coteau caillouteux sa force en racines s'offrait en simplicité aux yeux du marcheur ébloui. Vaste tableau vivant sous les rayons obliques la belle vigne de mon enfance retrouvait ses couleurs intenses pleines de présence dans le gris des saTIllents couchés au fond des sillons leur peau desséchée ayant éclaté au vent. Dans ce chemin de rive mille fois parcouru je reprenais mes couleurs et mes sens je respirais au plus profond de mes entrailles et de mon âme. Je retrouvais les cailloux de silex et l'argile grasse, collante sous mes semelles.

Il

La vigne est là, immobile ses milliers de ceps figés comme des soldats usés par les pluies et les vents les gelées, les soleils de plomb. Ses épaules semblent percluses de douleurs elle est nue, sans apprêt, sous le ciel hivernal. Elle n'a pas d'âge, elle vient des âges des temps anciens quand vivaient déjà des humains elle vivait comme une liane sauvage. Quand le jour commencera à baisser insensiblement, elle tendra ses longs bras secs pour s'abreuver à la nuit noire les cheveux de ses racines fouilleront la terre profonde, mystérieuse saturée de myriades d'étincelles. La vigne reste à jamais celle de mon enfance impassible sous la neige de coton univers d'avant les humains.

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Cette parcelle sous mes yeux m'envoie du fond de ses rêves anciens des formes, des couleurs qui raniment mes forces. Je marche en longeant les piquets de chainte enfoncés par un maillet de bois dur mon pied droit frappe des silex des mottes de terre séchée la semelle du chemin berce mes pensées et mesure le temps qui s'est enfui. Combien de fois je l'ai embrassée du regard cette vigne près de la maison cette terre de cailloux et de racines combien de fois mes pas ont arpenté le berceau instable de ses sillons pierreux mes mains frôlant les bois à nu. Majestueux dans leur silence hiératique les vénérables chênes, les châtaigniers protègent ses rives si fragiles.

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