Voix au-delà des frontières

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Ce texte nous rend compte de l'aventure espagnole du poète (péruvien), mais aussi de sa vision particulière de la vie et du monde, de sa manière de comprendre la condition humaine. Ce livre s'offre à nous comme un discours pluriel dans lequel se trouvent l'appréhension du temps, l'amour de la terre, le souvenir de l'enfance, l'empreinte de la famille, la présence du paysage, l'amour, la nostalgie.
Publié le : samedi 1 novembre 2003
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EAN13 : 9782296340374
Nombre de pages : 116
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VOIX AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

(Ç) L'Harmattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia s.r.1. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-5400-7

Porfirio MAMANI MACEDO

VOIX AU-DELÀ DES FRONTIÈRES
Poésie

Préface de Jorge CORNEJO POLAR

Traduit de l'espagnol (Pérou) par Elisabeth PASSEDA T

L'Harmattan

DU MÊME AUTEUR

Échos de la Mémoire, (Poésie) Éditions Haravi, Lima, Pérou, 1988 Dimanche, (récit) Éditions Barde la Lézarde, Paris 1995 Les Vigies, (nouvelles) Éditions de L'Harmattan, Paris, 1997 Au-delà du jour, (poèmes en prose) Éditions Editinter, Paris, 2000 Début de la Promenade, (poésie) Éditions Encres Vives, Colomiers, 2000 Le jardin et l'oubli, (roman) Editions L'Harmattan, 2002 Voix sur les rives d'unfleuve, (poésie) Editions Editinter, Paris, 2002. Flora Tristan :La paria et lafemme étrangère dans son œuvre. Editions L'Harmattan, 2003

A ma fille Alba

Ondina Manuela

Prefacio Este libra, coma ta do libro de poesia, admite (exige seria mejor decir) varias lecturas. En una de elIas, la mâs obvia, el texto cobra sentido coma recuento poético de una dolorosa aventura existencial. Las palabras vienen desde el centro de una memoria que conserva intactas las huelIas de una sensibilidad herida gravemente par el desencanto y la extraneza. Estamos en 1991, Espana se prepara para el quinto centenario deI descubrimiento de América. Pero los vastos proyectos, las grandes palabras, las pompas oficiales no logran 10 mâs simple, que un joven escritor que viene precisamente del nuevo mundo que encontro Colon, se sienta bien en tierra espanola. Al contrario y a pesar deI

idioma comun sabe, se 10hacen saber a cada instante, que es
irremediable, insufriblemente extranjero. En aquel ana en efecto, el poeta Porfirio Mamani Macedo (Arequipa, Peru, 1963) decidi6 dar el salta a Europa. Su meta como la de tantos era Paris pero las circunstancias 10 lIevan a una forzada primera estaci6n en Madrid. Comienzan entonces junto con el aprendizaje europeo los tiempos dificiles. Recuerda asi: "Ojos que buscan en mis ojos una duda. Manas que buscan en mis manos/ un pasaporte no un saluda". Pero a veces "No les basta el pasaporte que les muestro/ miran mi rostra y sus palabras caen coma lanzas encendidas". ~Por qué 10 miran asi?, ~Por qué 10 hieren con sus palabras? Hay un verso admirable que 10 explica. El poeta hablando de si mismo dice: "Rostra que me procura la historia". Yaqui estâ en verdad el origen de todo. Su apariencia fisica (y también sus apelIidos, uno quechua otro hispano) son consecuencia de la

Préface Ce livre, comme tout recueil de poèmes, admet (peutêtre devrait-on dire exige) plusieurs lectures. Dans l'une de

ces lectures - celle qui paraît la plus évidente -, le texte
nous rapporte le récit poétique d'une douloureuse aventure existentielle... Les mots surgissent du fond d'une mémoire qui conserve intactes les traces d'une sensibilité gravement blessée par la désillusion et l'indifférence. Nous sommes en 1991, l'Espagne se prépare à célébrer le cinquième centenaire de la découverte de l'Amérique. Mais les vastes projets, les grands mots, les pompes officielles échouent dans la chose la plus simple: faire qu'un jeune écrivain qui vient précisément du nouveau monde découvert par Christophe Colon se sente bien en terre espagnole. Au contraire, et malgré le fait d'une langue commune, il sait, on lui fait savoir à chaque instant, qu'il est irrémédiablement, insupportablement étranger. Cette année-là en effet, le poète Porfirio Mamani Macedo (Arequipa, Pérou, 1963) décide de faire le grand saut jusqu'en Europe. Son but, comme celui de beaucoup, est Paris, mais les circonstances le forcent à faire un premier séjour à Madrid. C'est alors que débutent, avec l'apprentissage du mode de vie européen, les temps difficiles. Il s'en souvient: « Des yeux qui cherchent dans mes yeux un doute. Des mains qui cherchent dans mes mains/ un passeport, pas une salutation». Et parfois même: «Le passeport que je leur montre ne leur suffit pas/ ils me dévisagent et leurs mots tombent comme des lances brûlantes». Pourquoi le regardent-ils de cette manière?,

conflictiva y rica historia peruana en la que la mezcla de razas, lenguas y culturas ha determinado la conformaci6n de la felizmente heterogénea y complicada sociedad deI Peru de hay. Y es precisamente par su faz oscura, par su habla que no es la castiza, que al poeta la miran con extrafieza y le manfiestan hostilidad. La conciencia de saberse mirado con desconfianza y sin amor alimenta sin duda una de las lineas fundamentales deI libro que desde este punta de vista podria describirse coma un ejercicio sobre la mirada ajena. La mirada de los otros dibuja una imagen de Porfirio y se la impone. Y aunque él sabe que esta imagen no es la suya auténtica termina par reconocerse en aquel ser que lleva en su frente el cartel de extranjero parque asi, coma a un extrafio, 10 han mirado tantos y tantos ojos.. El poeta camina par la ciudad ajena y halla "S610 ojos

y memorias/ para mirar de perfil mi piel y mis ojos negros" .
Las miradas que se posan sobre él se convierten casi en una obsesi6n. Citamos versos al azar: "La sombra y la agonia/ y también una ciudad y gente que me mira./ Mirada, perfil, rasgos que debe soportar mi frente... S610 calles cansadas de mirarme". Y en otro lugar "Raros mis ojos y el color de mis ojos/ para ti viejo enigma que me mira con recela" y en otros "Serân los ojos que me ven sin verme".. ."Y tocan a la puerta y miran a mis manos y a mi sangre"..."No hay lugar para ausentarse un instante deI ojo que nos ronda". Los ejemplos podrian seguir indefinidamente dando cuenta reiteradamente del malestar profunda que agobia a Porfirio al sentirse mirado de continua coma "el otro", el forâneo, el intruso. Los poemas de Voz mas alla de las fronteras brotan sin tregua del recuerdo (vivo a pesar del tiemo transcurrido) de aquellos duras primeras meses en Europa. "Mas nada ha de callar este rio de palabras" se nos advierte y asi IV

Pourquoi le blessent-ils de leurs mots? Un vers admirable nous éclaire; le poète en parlant de lui nous dit: «Visage que me façonne l'histoire ». En fait, tout vient de là. Son apparence physique, ainsi que les noms qu'il porte (l'un d'origine quechua, l'autre d' origine hispanique) sont la conséquence de la riche et conflictuelle histoire du Pérou, où le mélange des races, des langues et des cultures a déterminé la configuration de la société péruvienne d'aujourd'hui, heureusement hétérogène et compliquée. Et c'est précisément à cause de sa face au teint obscur, de son langage qui n'est pas de souche, que l'on regarde le poète avec étonnement et qu'on lui manifeste de l'hostilité. La conscience de se savoir regardé avec méfiance et sans amour a sans aucun doute alimenté certaines des lignes les plus fondamentales du livre, que, de ce point de vue, l'on pourrait décrire comme un exercice sur le regard de l'autre. Le regard des autres dessine une image de Porfirio et la lui impose. Et même s'il sait que cette image n'est pas son image authentique, il finit par se reconnaître dans cet être qui porte sur le front l'inscription « étranger », parce que c'est ainsi que l'on regardé tant d'yeux, comme un étranger... Le poète marche dans une rue inconnue et ne trouve « rien que des yeux et des mémoires/ pour observer de profil ma peau et mes yeux noirs». Les regards qui se posent sur lui deviennent pour lui presque une obsession. Citons des vers au hasard: «L'ombre et l'agonie/ et aussi une ville et des gens qui me regardent./ Regard, profil, traits que doit supporter mon front... Rien que des rues lasses de me voir ». Et ailleurs: «Etranges mes yeux et la couleur de mes yeux! pour toi vieille énigme qui me regardes avec méfiance », où encore: « Ce seront les yeux qui me voient sans me voir». .. « et ils frappent à la porte et regardent mes mains et mon sang» ... «Pas un endroit où se soustraire un instant de l' œil qui nous surveille». Les exemples n'en finissent pas qui v

ocurre. ..Ellibro de Porfirio es en verdad como una corriente verbal que fluye impetuosa e incontenible aunque con remansos de puro lirismo. No se trata sin embargo de un lacrimoso memorial de las previsibles dificultades: rio hay trabajo, no hay casa, no hay amigos, no hay dinero. Lo que le pasa al poeta joven es algo mucho mâs grave y 10 afecta en 10 profundo. Rechazado por extrano ("seré siempre un extranjero"), imposibilitado de incorporarse a la sociedad en la que vive, se siente por momentos en riesgo de perder su identidad: "apenas mi sombra débilmente me persigue". Y

mientras tanto se debate en una cerrada soledad - "yo escribo estas soledades" - que encuentros fortuitos y
fugaces disipan apenas. As!, pues, ellibro de Porfirio Mamani es por una parte, el resultado de una operaciôn de rescate deI pasado por la memoria poética. Convertido en palabras de poesia ese pasado no morirâ. Y el poeta 10 sabe "Sôlo quedas tu, palabra que no incendiarâ el olvido". Seguirâ el ayer latente en estos textos y revivirâ cada vez que un lector se acerque a ellos para iniciar el diâlogo de alma a alma en que consiste esencialmente el ser de la literatura. Deciamos al comienzo que este libro puede leerse de varias maneras. Una es la que acabamos de realizar. Pero también el texto se dejar leer como un discurso lirico con prescindencia (relativa) del sustrato fâctico que 10 origina. El punto de partida de una lectura as! podria ser el poema "m" en que se lee: "~Cômo callar teniendo la palabrai y la duda en la palabra?". Nos instalamos de pronto en el corazôn mismo deI poetizar: fe en la palabra y a la vez duda de la palabra. El poeta cuenta con un unico media de expresiôn, la palabra y se aferra a ella coma a su tesoro primordial. Pero también le sobrecoge el temor de que la palabra no alcance a expresar fielmente 10 que quiere decir 0 que no aparezca cuando se la invoca para conjurar el fantasma de la pâgina en blanco. Es la misma angustia que VI

rendent compte de façon réitérée du profond malaise que ressent l'auteur du fait de se sentir observé continuellement parce qu'il est « l'autre », l'étranger, l'intrus. Les poèmes de Voix au-delà des frontières surgissent sans répit du souvenir Ge vis malgré le temps qui passe) de ces premiers mois difficiles en Europe. «Mais rien ne peut tarir ce fleuve de paroles» nous prévient-il et c'est effectivement ce qui se passe... Le livre de Porfirio Mamani Macedo peut se comparer à un irrepressible torrent verbal au flux impétueux bien qu'on y trouve également des lacs aux eaux d'un pur lyrisme. Cependant, il ne s'agit pas non plus d'un mémoire larmoyant sur des difficultés auxquelles on peut s'attendre: pas de travail, pas de domicile, pas d'amis, pas d'argent. Ce qui arrive au jeune poète est quelque chose de beaucoup plus grave et qui l'affecte profondément. Rejeté parce qu'étranger (<<je serai toujours un étranger»), dans l'impossibilité de s'intégrer à la société dans laquelle il vit, il se sent par moments sur le point de perdre son identité: « c'est à peine si mon ombre laborieusement me poursuit». C'est alors qu'on le voit se débattre aux prises avec une solitude tenace - « j'écris ces solitudes» - que les rencontres fortuites et fugaces dissipent à peine. C'est ainsi que le livre de Porfirio Mamani Macedo est, en partie, le résultat d'une opération de récupération du passé via la mémoire poétique. Transcrit en paroles poétiques ce passé ne mourra pas. Et le poète le sait: « Il ne reste que toi, parole, souvenir que ne brûlera pas l'oubli». A travers ces textes le passé demeurera latent et revivra à chaque fois qu'un lecteur se penchera sur eux pour entreprendre un dialogue d'âme à âme, qui est essentiellement la raison d'être de la littérature. Nous avons dit au début que ce livre peut se lire de diverses manières. Nous venons d'en voir une. Mais le texte VII

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