Voix seule

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Comment l’appeler, ce livre : roman ?, poème ? Si je me décide pour roman, on me fera remarquer que je vais souvent à la ligne, comme dans les poèmes. Si je préfère parler de poème, on m’opposera la présence de personnages et des éléments d’une action à rebondissements, qu’on rencontre habituellement dans les romans.
Je laisserai en fin de compte au lecteur l’embarras du choix. Je lui dirai seulement que Voix seule résulte d’un pan de vie en compagnie de mots avec lesquels j’ai entretenu une relation qui m’a semblé juste. Ces mots, j’ai essayé de les mener dans l’inconnu, le plus loin possible. Je leur ai demandé de me surprendre.
Publié le : jeudi 19 mai 2011
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EAN13 : 9782021052022
Nombre de pages : 187
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Fi c t i o n & C i e
A l a i n Ve i n s t e i n
V O I X S E U L E
ouvrage traduit avec le concours du centre national du livre
Seuil e 25, bd Romain-Rolland, Paris XIV
Extrait de la publication
c o l l e c t i o n « Fiction & Cie » f o n d é e p a r D e n i s R o c h e d i r i g é e p a r B e r n a r d C o m m e n t
Citation en exergue p. 7 extraite de Keith Waldrop, Le Vrai Sujet. Interrogations et conjectures de Jacob de Lafon, © José Corti, 2010.
ISBN978-2-02-105203-9
© Éditions du Seuil, mai 2011
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www.seuil.com www.fictionetcie.com
Extrait de la publication
« Ce à quoi il ne semble pas pouvoir arriver est le vrai sujet. »
« En silence, pour lui-même, il se met à chanter. »
Keith Waldrop,Le Vrai Sujet
Extrait de la publication
Extrait de la publication
Pas de début. Après tout c’est un début.
Plus qu’à courir vers la fin, sans une histoire à raconter, un drame à jouer, une main à prendre.
Cette fois, je ne ferai plus qu’un avec ma voix, malgré les grésillements, les distorsions, les stridences aussi quelquefois.
Peu importe qu’il ne se passe rien : juste élancer la voix dans la clarté froide.
Cette fois, ce sera un état de vérité, même si ça ne se dit pas.
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Extrait de la publication
Pas de début et la fin renvoyée à la fin des temps.
Repartir de là, revenir à l’enfance.
Je danse sur le devant d’une scène où les mots et la peur qui me talonne ne circulent pas.
C’est rien et ce n’est pas rien.
Ce sont à peine quelques pas autour desquels tourne ma vie.
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Extrait de la publication
Rien de nouveau sous le soleil, sinon l’absence de soleil, le noir qui se lève jour après jour, l’obscurité dans laquelle je m’enfonce et qui a raison de moi. Je tremble pour mes mains qui se donnent tant de mal, toujours trop petites pour effleurer un clavier, toujours trop larges pour ce qu’en une journée elles peuvent amasser. Tant que la mort ne me désire pas ça peut longtemps durer ainsi, en riant j’avance pas à pas, mes jambes ne tremblent pas, ignorent le couperet du compte à rebours.
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Blanc
Pourquoi fait-il si noir ? L’un après l’autre les néons vacillent et s’éteignent. La lumière, pour ainsi dire, ferme les yeux. J’imagine la vérité derrière ses paupières. Je n’ai jamais pu que l’imaginer, subir ainsi son emprise, sa toute-puissance.
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Extrait de la publication
Le visage enfoui entre mes mains, je vis derrière des paupières.
Vivre, ici, c’est écouter. Je m’applique à écouter.
C’est à peine si je distingue les mots du son qu’ils font lorsque vraiment je les écoute.
13
Extrait de la publication
Tout se passe, en fait, loin d’ici, derrière le rideau de la terre natale, si je peux m’exprimer ainsi.
Terre, si possible, plus nue que nue,
je ne l’ignore pas,
pour n’en avoir jamais parlé avec mon père, quand il voulait bien me lancer des mots comme des grains aux oiseaux.
Toute ma vie, depuis ces jours – pour dire les choses comme elles sont – j’aurais donné ma vie pour une poignée de mots.
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