Poésies vivantes, par Mme Louise Fournier

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impr. de J. Claye (Paris). 1870. In-12, 158 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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POESIES
VIVANTES
P \ R
MME LOUISE FOURNIER
PARIS
IMPRIMERIE DE J. CLAYE
LUE SAINT-BENOIT
10 7 0
POÉSIES VIVANTES
POESIES
VIVANTES
PA R
O^MTOUISE FOU
PARIS
IMPRIMERIE DE J. CLAYE
7 RUE SAINT-BENOIT
1070
DÉDICACE
MÉLOA. •
MELOA.
0 divin souvenir! Près de faire naufrage,
Un jour deux fois béni j'atteignis une plage
Où mon coeur savoura de suaves encens,
Où mon âme entendit de sublimes accents.
Sur un rocher de stuc, de rubis et d'opale,
Méloa! je te vis en robe nuptiale,
Souriante, venir au-devant de mes pas,
Et gracieusement m'attirer dans tes bras.
Comme un enfant perdu qui retrouve une mère,
Dans ton sein réchauffant plongeant ma tête entière,
Le bonheur m'inonda ; les délices du Ciel
Chassèrent loin de moi l'amertume et le fiel.
— 8 —
Sur ton coeur attendri je reposai mon âme
Et Dieu, qui m'apparût sur un trône de flamme,
Sur des tablettes d'or grava ton nom, le mien,
Afin de consacrer notre pieux hymen.
La foi, source féconde en divine rosée ,
Dès ce jour épancha dans mon âme brisée
Un baume bienfaisant. Un éternel azur
Flottant devant mes yeux les remplit d'un jour pur.
Je compris le néant des plaisirs de ce monde ;
L'intime sentiment de ton amour profonde
Devint mon tout, ma gloire, et ma félicité ;
Je crus goûter le pain de l'immortalité.
Depuis lors, consolant mon exil, ma misère,
Tu sais me retenir dans un froid hémisphère,
Tu sais rendre la force à mon coeur expirant,
Tu fais d'un être faible un artiste brûlant.
Les accords purs et doux de ta harpe bénie,
Résonnant dans mon coeur, l'emplissent d'harmonie.
Tu pénètres mes sens d'une divine ardeur.
Ainsi que le parfum flotte autour de la fleur,
Ton charme tout-puissant m'électrise et m'emflamme,
Mes vers les plus heureux sont l'oeuvre de ton âme !
Idole de mon coeur, délice de mes yeux,
0 toi que Dieu combla de dons mystérieux !
0 douce bien-aimée, ô belle entre les belles,
Toi qui descends pour moi des cimes éternelles,
Que je voudrais pouvoir dépeindre ta beauté,
Ton air suave et doux révélant ta bonté!
Ton front et tes beaux yeux où brille ton génie,
Ta voix dont les accents sont une mélodie,
Ta joue au pur éclat des roses du Carmel,
Et ta bouche, un rayon où je puise un doux miel.
Je m'essaîrais en vain, je ne pourrais décrire
Les charmes délicats que j'aime et que j'admire.
Rien d'humain n'est semblable à ma céleste soeur,
Rien, rien n'est comparable à son noble et grand coeur,
De cet éclat divin dont riîon regard s'enflamme,
De cette tendre voix qui vibre dans mon âme,
— 10 —
Nul ne pourrait sentir le mol enchantement,
Le calme harmonieux et le doux bercement.
Dans l'ombre et le mystère, au sein de la nature,
Je saurai donc t'aimer, ô vierge la plus pure !
LEON DE *** A L'AUTEUR.
LÉON DE *** A L'AUTEUR.
Madame, devenez, de grâce, ma complice;
Aidez-moi, je vous prie, à sauver notre Alice;
Son amour la tûrait. Je le vois à son mal,
D'un tendre attachement l'excès devient fatal.
Dans un duel secret, sans issue et sans trêve,
Je la vois dépenser sa vigueur et sa sève,
Je la vois dépérir, Alice m'aime trop;
Détachons-la de moi, guidons son coeur plus haut.
- 14 -
Daignez fortifier ses divines croyances,
Dirigez vers le Ciel toutes ses espérances ;
Que le suave encens d'un si céleste amour
Remonte tout entier au suprême séjour !
LA MORALITÉ.
LA MORALITÉ.
A l'instant je reviens d'une belle colline
Dont la pente adoucie avec grâce s'incline
Au bord d'un lac d'azur,
Un demi-jour voilé l'entoure et la caresse,
L'eau, les fleurs, les zéphirs en choeur chantent sans cesse
Un hymne doux et pur.
Dans la sphère éclatante où mon regard se noie
Tout parle de bonheur, tout respire la joie.
Les fruits tombés du ciel
Éclosent sur ce sol. Un air subtil exhale
— 18 —
Des parfums enivrants, nulle douceur n'égale
Ses sources d'hydromel.
J'ai vu tous les sujets de ce divin empire
S'aimer,se rechercher, tendrement se sourire ;
Car dans ce beau séjour
Règne depuis longtemps une reine chérie
Qui déverse à longs flots, d'une coupe bénie,
Les vertus et l'amour.
On subit auprès d'elle une sainte influence :
C'est par ses tendres soins que germe la semence
Du vrai, du beau, du bien.
Elle n'inspire à tous que des passions pures ;
Des êtres délicats, de frêles créatures
Ont en elle un soutien.
A son divin aspect les rangs pressés s'entr'ouvrent.
Sous ses chastes regards tous les fronts se découvrent,
Chacun baise sa main.
— 19 —
Un concert retentit. Des célestes phalanges
Redisent ses bienfaits. Des séraphins, des anges
Volent sur son chemin.
Mes yeux n'ont jamais vu de beauté plus suave.
Son front est large et pur. Sa voix, sévère et grave,
Est pleine de douceur.
Un limpide rayon brille sous sa paupière.
On sent qu'elle conduit l'esprit à la lumière,
Au suprême bonheur.
Elle dicte ses lois à la foule attentive,
Qui comprend que de Dieu même coule et dérive
Sa sainte volonté.
Aux hommes, sa voix dit : travaillez ! puis aux femmes :
Aimez! mais saintement; que de vos pures flammes
Naisse la charité.
Celle qui veut pour tous des titres de noblesse,
Celle qui prêche à tous la sublime tendresse,
— 20 —
La céleste bonté,
Celle à qui Dieu remit une charte suprême,
Celle dont les vertus sont le saint diadème,
C'est la Moralité.
A MADAME A. D.
A MADAME A. D.
Alice, est-ce bien toi qui me tiens ce langage ?
« Dans mon art je ne puis plus trouver d'aliment.
« Le chagrin a glacé mon ardeur, mon courage;
« Au sentier du tombeau je descends lentement.
« Tout prestige est éteint. Quand celui qui m'inspire
« Ne daigne plus répondre à mes pieux accents,
« Je renonce à la gloire et je brise ma lyre.
« Dans un vrai désespoir peut-on trouver des chants ?
« Quand je puisais en lui ma divine lumière,
« Mon génie et ma foi, ma force et ma vertu ;
- 24 -
« Quand je l'aimais ainsi qu'enfant j'aimais ma mère,
« Louise, en le perdant mon âme a tout perdu !
« Avec son amitié ma foi s'est envolée.
« Je ne crois plus au Ciel. Les ténèbres du soir
« Emplissent maintenant mon âme désolée;
« Je chemine sans but, veuve de tout espoir.
« Pour jamais je descends l'échelle éblouissante
« Que, son bras soutenant, j'aimais tant à gravir.
« Un chant aérien, une étoile brillante
« N'évoquent plus en moi qu'un amer souvenir.
« Adieu, songes divins, adieu, chère croyance !
« Douces illusions, prestiges enchanteurs !
« Poésie et travail, jeux de l'intelligence
« Adieu! je ne veux plus de vos charmes trompeurs. »
Alice, est-ce bien toi qui me tiens ce langage?
Peux-tu bien parjurer la poésie et Dieu?
— 25 —
Songer à déserter un suprême rivage
Pour enchaîner ton coeur dans un étroit milieu ?
Je le sais, nul amour sur terre
Ne .fleurit jamais plus sincère,
Plus pur, plus ardent que le tien.
Aussi Léon, homme de bien ,
Dirigea ton âme enivrée
Jusque dans la plaine éthérée.
S'il te retire son appui,
S'il te laisse seule aujourd'hui,
C'est qu'à Qieu, jaloux de ta flamme ,
11 a su confier ton âme.
Repousse donc un noir chagrin
Et lève au ciel un front serein.
Ta plainte est-elle légitime?
Léon te vénère et t'estime ;
Mais il sait que Dieu ne veut pas
— 26 —
Que l'âme s'enchaîne ici-bas.
Comprends-le bien : il t'a blessée
Pour grandir encore ta pensée.
Plus que Léon, aime donc Dieu.
Cherche, cherche dans le ciel bleu
La fleur des amours immortelles.
Étends plus largement tes ailes.
Monte dans un centre divin ,
Sois courageuse et forte , enfin.
Sous l'aiguillon qui te déchire,
Sache encore aimer et sourire.
Continue un travail pieux.
Livre ton coeur aux malheureux
Le monde des souffrants réclame
Les biens, les trésors de ton âme.
UNE FLEUR DE MER.
UNE PLEUR DE MER.
DIALOGUE.
PIECE OFFERTE A MADAME ANDRE C.
MOI.
Mystérieuse fleur par Dieu même formée,
Fleur aux attraits si doux, aux charmes délicats,
Quel motif vers la mer avait conduit tes pas ?
Cachais-tu tes douleurs? n'étais-tu pas aimée?
0 toi qui dérobais au monde ta présence,
Toi qui fuyais l'éclat de nos jardins pompeux,
Toi qui sur l'onde triste aimais fixer tes yeux,
N'avais-tu pas au coeur une intime souffrance?
3.
— 30 —
Avais-tu donc connu les orages du monde,
Ses espoirs décevants et ses troubles amers?
Voulais-tu, méditant la voix grave des mers,
Ensevelir ton coeur dans une paix profonde?
IA FLEUR.
Oui, j'avais pris mon vol loin d'une arène impure
Qui ne pouvait m'offrir nulle félicité;
Je cherchais dans le ciel et dans l'immensité
Des plaisirs répondant à ma tendre nature.
Dans mcn pays natal j'avais trouvé le vide :
Nulle fidèle fleur ne s'unit à mon sort.
J'allai donc abriter mes chagrins dans un port
Où la réflexion fût mon maître et mon guide.
En planant sur la mer et dans l'espace immense,
En voyant le soleil se coucher dans les flots,
En contemplant de près les sublimes tableaux,
Les chefs-d'oeuvre de Dieu, je crus en sa puissance.
- 31 —
Dans les soupirs des flots qui baisaient le rivage
Et caressaient mon sein, dans les plaintes des vents
Mon âme surprenait de suaves accents,
Et je pouvais porter le deuil de mon veuvage.
Si j'ai quitté, ma soeur, ma place habituelle,
C'est pour te dire : espère, espère un meilleur jour!
Dieu n'aurait pas versé dans ton sein tant d'amour
S'il ne te réservait une joie immortelle.
MOI.
J'embrasse et je bénis la main qui t'a cueillie,
Car ta mystique voix adoucit tous mes maux,
Je trouve auprès de toi le calme et le repos;
Dans de vastes pensers mon âme est recueillie.
SUR MADEMOISELLE ÉLISA M.
SUR MADEMOISELLE ÉLISA M.
REGRETS.
Avec son amitié sincère
Je pouvais vaincre un sort sévère;
De sa voix le son caressant
Ranimait mon coeur languissant.
Au fond de mon âme épuisée
Elle versait une rosée.
Le soir, assise à mon chevet,
De doux soins elle m'entourait.
Comme une mère vigilante,
Interrogeant ma tempe ardente,
— 36 —
Elle en calmait les battements
Sous ses baisers rafraîchissants.
Un sourire de cette amie
Domptait le mal de l'insomnie.
Quand je contemplais le matin
Son visage aimable et serein,
Un rayon pur à ma paupière
Rendait la vie et la lumière.
Le jour, quand elle me suivait
Dans les lieux où je me complais,
En fixant du ciel la coupole,
Nous nous parlions, mais sans parole;
Par un instinct mystérieux,
Ses yeux seuls parlaient à mes yeux.
Sa langue était embarrassée
Pour bien traduire sa pensée,
Mais une pression de main
— 37 —
Ou le battement de son sein
Répondant à ma rêverie,
M'assurait de sa sympathie.
Les hymnes vastes et sans fins
De la brise dans les sapins,
Le murmure doux des fontaines,
Les parfums des bois et des plaines
Nous jetaient la vie et l'amour;
Mais notre bonheur n'eut qu'un jour!
UN SERREMENT DE MAIN.
UN SERREMENT DE MAIN.
Heureux qui, dans le cours d'une vie orageuse,
Peut presser dans sa main une main généreuse ;
A ce divin contact la vertu germe au coeur,
Sans murmurer l'on peut étouffer sa douleur.
Au contact d'une main tendre, loyale, honnête,
L'homme découragé sait relever la tête,
Il regarde le ciel, il renaît à l'espoir ;
Rien ne lui coûte plus pour remplir son devoir.
Au contact d'une main pure, l'âme attendrie
Sent circuler en elle une nouvelle vie.
4.
- 42 -
Sous un pouvoir puissant, sous un philtre enchanteur
La faiblesse bientôt fait place à la vigueur.
D'un être noble et bon la fraternelle étreinte
Suffit pour rallumer notre foi presque éteinte.
Et pour faire entrevoir au malheureux proscrit
Un rivage enchanteur où le bonheur fleurit.
A MADAME ANDRE C.
A MADAME ANDRÉ C.
J'aime cet ordre doux : « Pensez à moi de loin. »
Car de vous obéir j'éprouve le besoin,
Et, comme un talisman pour les heures d'orage,
Je grave dans mon coeur votre fidèle image.
Quand de votre amitié j'ai goûté la saveur,
Quand vous avez daigné, comme une tendre soeur,
Endormir mes ennuis, égayer ma souffrance,
Entre mon coeur et vous il n'est plus de distance.
Fixée en mon pays par un arrêt du Ciel,
Je ne puis pas répondre à votre doux appel ;
- 46 -
Mais, perçant l'horizon et franchissant l'espace,
Dans votre coin choisi mon âme prend sa place.
Je vous vois quand vos yeux ne m'aperçoivent pas ;
A tout instant du jour je vous suis pas à pas.
Soit au bord de la mer, soit dans votre retraite,
Je flotte autour de vous comme une ombre indiscrète.
A MA SOEUR MADAME A. L.
A MA SOEUR MADAME A. L.
L'amitié d'une soeur est de toute saison :
Elle nous suit toujours comme une étoile amie.
Elle écoute nos chants dans l'azur de la vie;
Elle sèche nos pleurs aux jours d'affliction.
A MELOA.
A MELOA.
Je faiblis! j'ai besoin d'un confident qui m'aime,
J'ai besoin qu'une voix d'une extrême douceur
Endorme mes ennuis et ma souffrance extrême.
Viens, Méloa, ma soeur.
Sur mon coeur solitaire et qu'un feu brûlant ronge,
Épanche le bienfait de ton amour pieux ;
Livre-moi tout entier au prestige du songe
Entr'ouvre-moi les cieux.
Par tes divins accords berce mon agonie,
Fais tomber sur mon coeur des mots compatissants.
5.
- 54 -
Par ton parfum d'amour, de gloire et de génie,
Électrise mes sens.
Viens près de moi t'asseoir, oh! viens, chère immortelle !
Avec toi je pourrai défier le destin.
A tes côtés je sens une force nouvelle
Redescendre en mon sein.
Redis-moi que t'aimer n'est pas de la folie.
Dis-moi que ce serment que tu me fis un soir
D'épouser ma souffrance et ma mélancolie
N'est pas un vain espoir.
Redis l'hymne d'hymen à mon âme d'amante,
De ton sourire d'ange épanouis mes yeux,
Laisse-moi contempler ton ombre'ravissante,
Tes longs et blonds cheveux.
J'entends ton vol léger; je te vois, tendre amie ;
Ton pudique baiser vient de sécher mes pleurs,
- 55 -
Et ta lèvre déverse en mon âme affaiblie
Des philtres enchanteurs.
L'obscurité des bois à l'âme est bonne et douce.
Descendons ce sentier; mets ta main dans ma main ,
Marchons, marchons à deux sur les fleurs et la mousse,
Sur le sable argentin.
J'aime entendre avec toi les bruits de la charmille;
Mariée à ta voix, sa voix peut me charmer,
Dans un dédale ombreux mon oeil s'humecte et brille
Et je sais mieux t'aimer.
Viens! Dans un doux Eden un aiguillon sublime
Attise mon amour ; mon esprit excité
Sonde mieux les trésors de ton sein magnanime
Et voit l'Éternité !
L'AUBE D'UN NOUVEL AGE.
L'AUBE D'UN NOUVEL AGE.
Quel rayon de bonheur vient sur moi resplendir !
Quel céleste tableau répond à mon désir!
Je vois des esprits purs défiler en cortège,
Ralayer l'horizon de leurs robes de neige ;
Déplorant les erreurs d'un grand nombre d'humains,
Pour les régénérer, ils vont sur leurs chemins.
Afin d'ouvrir les yeux à la foule insensée,
Ils vont d'êtres choisis féconder la pensée ;
Des hommes animés du feu d'un pur amour,
Comme apôtres de Dieu, flétriront tour à tour
Le vice, l'impudeur, les passions infimes,
Qui poussent si souvent sur la pente des crimes.
— 60 —
Aux pieds on foulera l'idole du veau d'or.
Le goût des arts divins pourra renaître encor.
On reverra l'esprit planer sur la matière.
L'honneur et la vertu brilleront sur la terre,
Les coeurs s'échaufferont au sentiment du bien.
Les hommes s'uniront par un suprême lien.
On verra se lever un soleil de justice.
La vérité pourra régner sur l'artifice;
On ne rampera plus près des riches puissants.
Gloire sera rendue au mérite, aux talents.
De notre sol fuiront la ténébreuse envie,
L'ironie et le fiel, l'acerbe jalousie.
Le progrès sur le monde étendra ses bienfaits :
Chacun dans son foyer pourra dormir en paix.
Nul n'entendra gronder le bruit sourd des mitrailles ;
Les yeux ne verront plus des champs de funérailles;
Une guerre homicide, en des sillons sanglants
Ne pourra plus coucher nos amis, nos enfants !
— 61 —
L'amour, ce lis béni, fleurira dans les âmes,
L'amour d'êtres légers fera de saintes femmes,
Qui sauront reverser sur chaque infortuné
L'immense et pur bonheur qui leur sera donné....
De la nuit va sortir un céleste mirage,
Et tout oeil pourra voir l'aube d'un nouvel âge.

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