Préceptes fondés sur la chimie organique pour diminuer l'embonpoint, suivis de conseils pour faire cesser la maigreur, par F. Dancel,...

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l'auteur (Paris). 1850. In-18, 215 p..
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Publié le : mardi 1 janvier 1850
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PRECEPTES
Fondés sur la Chimie organique,
FQITCDWIIVERVEXBOIFOIIP
SANS ALTÉRER LA SANTÉ.
(
/
IMPRIMERIE DE Mm« DE LACOMBB,
rue d'Enghien, U.
PRÉCEPTES
FONDÉS SUR LA CHIMIE ORGANIQUE
POUR DIMINUER L'EMBOMIT
SANS ALTÉRER LA SANTÉ,
îjJitr £. Baxicd,
Of.ffy Docteur en médecine,
""--^Méd in des Frisons de Paris,
Anciencftj urgien à l'armée d'Afrique.
<y 2- EDITION i
U8MENTÉE DE FAITS DE GÉÊR1SON.
PARIS. -
CHEZ L'AUTEUR, 29, rue Saint-Georges;
ET CHEZ LEBLANC, COMMISSIONNAIRE EN LIBRAIRIE,
17, rue des Beaux-Art».
1850.
PRÉFACE
DE LÀ 2mo ÉDITION.
Quelques mois, seulement ont suffi
pour que la première édition de cet
ouvrage se soit vendue. Peudaut ce
laps de temps, j'ai été à même de
me convaincre encore que ce que
j'avais avancé n'était point erroné :
que Yon pouvait diminuer l'embonpoint
— 6 —
sans altérer la santé. C'est pour moi,
aujourd'hui, une chose si facile, si
évidente, qu'il me semble que ce n'est
point faire de la médecine que de di-
minuer l'embonpoint ; parce que trop
souvent dans l'art de guérir , on est
trompé dans son attente, dans ses es-
pérances, en administrant des remè-
des qui ont paru infaillibles une fois,
deux fois, et qui, dans l'occasion la
plus importante, la plus solennelle,
manquent complètement leur effet,
pour donner des regrets et des peines,
et qui font douter si vraiment il existe
une science médicale. Peut-être qu'en
s'appuyant plus qu'on ne l'a fait jus-
qu'ici sur la chimie organique, on
parviendra à des résultats plus satis-
faisants. Voilà pourquoi, je le ré-
pète, la destruction de l'obésité et la
diminution d'un trop grand embon-
point, étant toujours certaines sans
altérer la santé , me semblent des
faits presque en dehors de la méde-
cine proprement dite.
Parmi le grand nombre d'observa-
tions de destruction de l'embonpoint
que je pourrais citer, j'aurai soin
plus loin de rapporter celles qui con-
cernent des personnes dont l'état et
la position faisaient pour elles une
impérieuse nécessité de conserver
leur santé, et même de ne pas éprou-
ver le plus petit dérangement en sui-
vant mon traitement ; par ces cas de
guérison, on aura donc la preuve évi-
dente (que chacun pourra vérifier au
besoin) qu'il est possible de dimi-
— 8 —
nuer l'embonpoint sans altérer la
santé.
Au milieu des travaux divers, dont
je me suis occupé dans ma carrière
médicale, je me suis félicité de ne
pas tomber dans un travers malheu-
reusement trop commun parmi les
médecins : c'est de rapporter presque
tous les maux, presque tous les dé-
rangements de la santé, à une seule
cause de maladie. La crainte d'être
soupçonné d'un tel travers m'a em-
pêché, lors de la première édition de
ce livre, de m'étendre un peu sur les
désordres que peut occasionner l'hu-
meur graisseuse : mais aujourd'hui,
que les preuves se sont encore accu-
mulées entre mes mains, je ne pour-
rai résister à la nécessité, que je re-
garde comme un devoir, de signaler
à mes lecteurs un grand nombre d'ac-
cidents morbides, que je regarde
comme étant produits par une sura-
bondance de graisse dans le corps.
PRÉFACE
DE LA 1" EDITION.
Peut-on diminuer l'embonpoint?
Je répondrai aux personnes qui en
doutent : Mon livre n'est pas long,
lisez-le. Je dirai au médecin incré-
dule : Si vous n'admettez point que
je puisse agir chimiquement sur la
graisse de notre corps, de manière à
la modifier et à l'éliminer en partie
de notre économie, vous reniez un
des grands moyens de la médecine ;
il me semble plus facile d'attaquer
- 12 —
chimiquement la substance grasse de
notre corps que de combattre par le
même moyen un petit bouton, une
grosseur de mauvaise nature qui se
trouve isolée sur un point quelcon-
que, à la jambe, par exemple. Si l'on
admet que des substances médicales
peuvent aller ainsi dans un lieu isolé
décomposer un bouton, une tumeur,
comment ne pas croire que des subs-
tances médicamenteuses aillent faci-
lement trouver la graisse qui se ren-
contre dans toutes les parties de
notre corps et agissent sur elle de
toute leur puissance?
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE PRATIQUE DE PARIS,
Séant à l'IIôtel-de-Ville, le 6 juin 18 § 0.
PRÉSIDENCE DE M. FODQCIGB,
Professeur à la Faculté.
DISCOURS
Prononcé dans cette Séance
Par le Docteur DAIVCEL,
Membre de la Société, Médecin des Prisons de Paris.
MESSIEURS,
La marche de la science médicale
est telle que les réflexions que je vais
vous exposer auraient été jugées, il y
a vingt-cinq ans, indignes d'un doc-
teur en médecine ; il y a cent cinr-
quanle ans, elles m'auraient attiré
1.
- 14 —
les applaudissements des médecins
d'alors. Aujourd'hui j'entrevois, je
suis sûr même que le corps médical
trouvera ces mêmes réflexions fon-
dées sur le raisonnement et l'obser-
vation, deux qualités indispensables
à tout ce qui traite de l'art de guérir.,
Lorsque régnait le système de mé-
decine fondé par Borelli et appelé!
iatro-mathématique, on aurait cer-:
tainement admis qu'une surabondance j
de graisse peut se développer dans ;
le corps humain, y gêner les princi-
paux organes dans l'exercice de leurs ;
fonctions et occasionner ainsi beau- j»
coup d'accidents et un grand nombre jj
de maladies. Mais il n'en aurait plus 1
été ainsi, lorsque l'illustre auteur des I
phlegmasies chroniques est venu, de I
— 15 —
notre temps, proclamer avec sa voix
flùdeY.'et sévère, avec l'accent d'un
homme convaincu, que toute maladie
était le résultat d'une irritation loca-
lisée d'où s'irradiait le trouble dans,
le reste du corps, comme cela a lieu
par la présence d'un corps aigu entré
dans les chairs ; c'était avancer tout
le contraire de la plupart des anciens
médecins qui ont écrit que la maladie
ainsi localisée était le produit d'un
trouble général.
Ainsi l'estomac était-il affecté,
Broussais appelait cette maladie une
gastrite qui pouvait porter le trouble
dans le reste du corps, tandis que
beaucoup des anciens médecins au-
raient dit que si l'estomac était spé-
cialement malade, c'est que la na-
*- 16 —
ture prenait cette voie pour éliminer
du corps le principe morbide. C'était
une crise favorable pour la santé. Il
n'entre pas dans mon sujet dé vous
dire toutes les erreurs de ces anciens
médecins; qu'il me soit seulement
permis de vous faire, en passant,
une simple question : Il vous est ar-
rivé à tous, vous praticiens avant
tout, d'être appelés auprès de per-
sonnes récemment prises de mal et de
dire : c'est une maladie qui n'est pas
encore bien caractérisée; tantôt ou
demain, je serai à même de la juger ;
mais jusqu'à ce tantôt, jusqu'au len-
demain , que se passe-t-il chez ce
malade? car il est reconnu qu'il y a
maladie. Et quand un point du corps,
un organe sera chez cette personne
— 17 —
spécialement affecté, que le mal se
sera jeté là, comme l'on dit, aura-
t-on bien tort de penser que c'est une
espèce de crise ? Les choses se passe-
raient comme cela a lieu plus évi-
demment dans certaines fièvres qui
prennent fin par un abcès critique.
Je ne dois pas non plus vous parler
longuement du fondateur de la méde-
cine physiologique ; ses travaux sont
immenses, ils sont le produit du gé-
nie ; aussi ont-ils pesé longtemps de
tout le poids d'un grand maître sur
le monde médical. Après avoir été
pendant plusieurs années son élève,
je ne cesserai jamais d'avoir de l'ad-
miration pour sa vie, toute de travail
scientifique. Cependant, je ne puis
m'empêcher de vous faire remarquer
— 18 —
combien il a contribué à rapetisser
l'esprit de la science médicale. Avec
son système de l'irritation et en loca-
lisant toujours les maladies, sans te-
nir compte de l'ensemble de la cons-
titution, combien le travail dumédecin
était réduit, combien peu de savoir il
lui fallait pour être digne du titre de
docteur ! Et une fois sur le chemin
de la localisation, de cette étude ré-
trêcie, on ne s'est plus arrêté. S'oc-
cuper de la connaissance de tous les
organes à l'état de santé et de mala-
die, c'était encore trop; on a diminué
l'étendue du terrain à parcourir ; il
est de mode aujourd'hui qu'un mé-
decin ne sache que traiter les affec-
tions d'un seul organe et rarement
de deux ; on appelle cela de la spécia-
— 19 —
litè médicale. Mais nos principaux
organes ne sont-ils pas le plus souvent
sous la dépendance les uns des autres
et toujours sous celle du consensus gé-
néral ?
Qu'arrive-t-il de cette spécialité
médicale? C'est que chaque médecin
qui traite ainsi, croit, et cela très
consciencieusement, que le malade
qui se présente à lui est atteint de la
maladie dont il s'occupe habituelle-
ment. C'est tout simple, tout naturel.
L'esprit de l'homme est ainsi fait,
qu'il devient étroit et perd ses moyens
de comparaison, de jugement, lors-
qu'il se porte et se concentre sur un
même point, sur un objet unique. Il
cesse d'être apte à raisonner sur une
science ou un art dont il ne voit pas
— 20 —
l'ensemble qu'il néglige, pour être
tout entier à une de ses parties ; il fi-
nit même par faire de son sujet d'é-
tudes le point principal, l'important,
d'où le reste découle, selon lui : bien-
tôt enfin il prend la partie pour le
tout. Quelqu'un se prèsente-t-il à ce
médecin avec des palpitations de
coeur? Il lui ordonne de la digitale.
Quelqu'un a-t-il de l'oppression avec
des gonflements aux jambes? Des
diurétiques lui sont prescrits. Un
autre vient-il se plaindre de maux de
tête, d'étourdissements avec menace
d'apoplexie ? On le saigne. Contre une
dartre, on ordonne une pommade et
des bains. A quoi tout cela peut-il ser-
vir? A rien de bien.
Parmi les infinités de causes gêné-
— 21 • —
raies qui donnent lieu à ces accidents
et à beaucoup d'autres, j'en rappel-
lerai une à mes savants collègues :
c'est l'embonpoint outré, autrement
dit l'obésité. Dans nos ouvrages ré-
cents de médecine, il n'est nullement
question de cette disposition morbide,
sous le rapport des maux qu'elle pro-
duit et sous celui de son traitement.
Bien mieux, pour quelques médecins,
il serait impossible que quelqu'un
très gras pût avoir quelque organe
en souffrance, et, s'ils le reconnais-
saient, ils traiteraient cet organe sans
jamais se demander si la graisse, en
trop grande abondance dans le corps,
ne pourrait pas gêner le jeu , les
fonctions de cet organe, être la
cause, chez lui, d'une irritation, si l'on
veut absolument qu'il y ait irritation.
Pour tout médecin qui tient compte
de l'ensemble de la constitution dans
le traitement des maladies, il est évi-
dent que l'obésité donne lieu à l'op-
pression, aux palpitations de coeur,
à dé violents maux de tête, à l'apo-
plexie, à l'engorgement du foie et des
membres inférieurs, à la stagnation
des humeurs, aux engorgements de la
.matrice, à sa pesanteur, à son abais-
sement, à son déplacement, aux mala-
dies delà peau, et que, dans cescas*là,
ce n'est point sur les organes qui sont
le siège du mal qu'il doit porter sa
médication , mais contre l'obésité.
Pour combattre cet état anormal,
le médecin doit en prendre les moyens
dans l'hygiène, la physiologie, la chi-
— 23 —
mie et la thérapeutique. Les auteurs
qui ont parlé de ces moyens se sont
peu étendus à ce sujet; chez tous on
trouve de bons conseils , mais chez
tous également il y a une grande er-
reur relativement au régime. Tous
veulent que l'on soumette au régime
végétal la personne qui doit maigrir.
En agissant ainsi, c'est ne tenir nulle-
ment compte de ce que nous appren-
nent , à ce sujet, la physiologie, la
chimie et l'observation. En effet,
n'observe-t-on pas que ce sont les
animaux qui se nourrissent de fari-
neux et de végétaux qui ont le plus
de graisse, et que les carnivores ne
sont jamais gras. Le lion, la panthère,
l'êpervier, le faucon sont dépourvus
de graisse. Ces animaux, qui trouvent
— 24 - |
leur nourriture sous un petit volume,
ne peuvent avoir et n'ont pas un
énorme paquetde tube digestif commej
les herbivores. On sait que l'estomac^
et les intestins se modèlent toujours;
sur la masse alimentaire , et que les!
vaisseaux absorbants qu'ils contien-L
nent sont en proportion de l'ampleuif
et de la longueur du tube digestif,:
Voilà quelques indications physiolo-J
giques, que je pourrais appuyer de|
beaucoup d'autres, pour être conf
duit à nourrir, sous un petit volume|
des personnes dont on veut diminue!
l'embonpoint. |
En examinant les principaux élé-|
ments de la graisse, qui sont du car-
bone et de l'hydrogène, on reconnaîf
que les aliments les plus riches eif
— 2S —
ces deux substances sont les farines,
les fécules, les légumes , le riz: ils
sont donc les plus propres à produire
cette graisse. La chair proprement
dite, la partie musculeuse connue
sous le nom de biftecks, de filets,
etc., sont principalement riches en
azote, et beaucoup moins suscepti-
bles de donner naissance à la graisse.
—Contrairement à tous les jugements
émis jusqu'ici par les médecins, le
régime animal est donc celui-quï con-
vient à l'obèse pour se délivrer de
son embonpoint outré. Quant aux
boissons, il est reconnu que la bière,
le cidre et l'eau disposent à l'embon-
point; on n'a pas dit que l'alcool,
supporté facilement par les organes
digestifs, engraissait beaucoup: c'est
, ^ 26 -
un fait certain. Je pourrais, ainsi que
je l'ai fait dans un livre que j'ai ré-
cemment publié (1), donner d'autres
raisons fondées sur la physiologie et
la chimie, pour établir ainsi le régime :
favorable à l'obèse qui veut maigrir.
Je craindrais de tenir trop longtemps
l'attention de la Société en entrant
dans plus de détails sur ce point.
Je puis me flatter d'avoir, le pre-
mier, tracé le régime utile et indis-
pensable, pour détruire l'obésité; il
(1) Préceptes fondés sur la Chimie orga-
nique , pour diminuer l'embonpoint sans
altérer la santé, par le docteur Dancel,
médecin des prisons de Paris, membre
titulaire de la Société de Médecine prati-
que de Paris, correspondant de la Société
des Sciences médicales de Bruxelles, 1 v.
in48.
! • - 27 -
|n'en est pas de même de la thérapeu-
tique de cette affection. Les auteurs
^contemporains n'en parlent point,
|que je sache du moins, mais en re-
|cherchant dans les livres un peu an-
ciens, on trouve que les alcalins sont
thons pour détruire l'embonpoint ou-
Itré ou l'obésité, appelée par Sauvage
I
|Polysarcie; mais c'est d'une manière
^empirique, sans expliquer le mode
Id'action de ces alcalis. Je crois pou-
voir dire que, dans ce cas, les alcalis
fintroduits dans l'économie se combi-
fnent avec' la graisse en proportion
ïplus ou moins grande, y forment un
jsavon très soluble sous l'influence de
|là chaleur et de l'humidité, et qui est
çéliminé du corps par les sécrétions.
; Les maladies de la peau, telles que
- 28 -^
les dartres, s'observent principale-
ment chez les personnes qui ont beau-
coup d'embonpoint, et chez elles
les alcalis réussissent souvent à gué-,
rir ces maux, mais ce n'est que lors-
que ces personnes maigrissent. N'est-
ce point parce que l'alcali en enlevanl
la graisse, facilite la circulation
du sang veineux et l'épuration des
humeurs ?
Les alcalis peuvent être pris sous
beaucoup de formes et à très haute
doses sans altérer la santé ; ce son
eux seuls qui doivent être indiqué
pour venir au secours du régime près
crit à ceux que l'on veut faire mai
grir. J'ai vu avec douleur que d
poisons, tels que l'iodure de potas
sium, avaient été ordonnés dans 1
• — 29 —
même but. C'était, à mes yeux, une
■ grande faute, beaucoup plus grande
que celle d'ordonner de manger le
moins possible, qui en est encore
une. Car il faut nourrir le corps, et
on le peutendiminuant l'embonpoint:
le tout est de savoir choisir les ali-
Jments qui sont favorables au but que
Jl'on se propose.
Dans une prochaine séance , je
/soumettrai à la savante Société plu-
sieurs observations de guérisons de
-^palpitations, d'oppressions, d'anasar-
-que, de maladies dartreuses, de ta-
ches à la peau, d'engorgement de
l'utérus, etc., chez des personnes
obèses, guérisons qui sont arrivées
aussitôt après la disparition de l'o-
bésité.
INTRODUCTION.
I.
Le médecin n'a pas pour devoir
seulement de faire cesser les dou-
leurs, de guérir les maladies; il doit
encore indiquer les règles propres à
les prévenir. Sachant que la santé
n'est due qu'à un jeu régulier de tous
les organes qui concourent à l'en-
tretien de la vie, il ne peut voir avec
indifférence l'un de ces organespren-
— 32 —
dre un trop grand développement,
une trop grande force ; par.ce qu'il en
résulte toujours des malaises, des ac-
cidents, et fort souvent des maladies.
A combien de dangers ne sont pas ex-
posées les personnes chez lesquelles
le système sanguin est très déve-
loppé?
Parmi les substances qui concou-
rent à la formation de nos organes,
on compte la graisse qui doit s'j
trouver en quantité convenable, pou
que les fonctions de la vie s'exècuten
avec ordre et mesure. Les personne
privées de graisse, maigres, résisten ■
avec peine, avec douleurs, aux in
tempèries des saisons ; leurs nerfs
trop près de la surface du corps, son ;
d'une impressionnabilité qui, dan
I — 33 —
S-
| beaucoup de cas, doit être appelée
I morbide, parce qu'il en résulte sou-
; vent des maladies.
Lès personnes ainsi organisées ont
| l'inconvénient d'exécuter leurs mour
f vements avec trop de rapidité,, ce qui
f peut leur ôter de la grâce et de la,
l dignité. Leur figure, privée du cousr
ssinde graisse qui doit s'y-, trouver
[pour en modérer les mouvements,
[laisse voir les plus petites impressions,
rdont l'âme est, agitée.... La peau;
fn'étant pas régulièrement soutenue
ïpar; les os de la face, y présente des,
^ides bien avant le temps ordinaire.
Encorrigeant.ee genre d'organisa-;
tion, en y faisant apparaître plus
d'embonpoint, on perfectionne la na-.
ture,, c'est, bien quelque chose.
- 34 -
Si, pour les hommes, les grâces
du corps ne comptent que pour peu
dans le bonheur de la vie, il n'en est
pas de même pour les femmes qui ne
doivent jamais oublier que, privées
de ces grâces physiques, tous les tré-
sors de l'esprit ne font autre chose
que de les rendre supportables dans
les relations du monde. Quels soins
les femmes assez heureuses pour pos-
séder la beauté du corps, doivent
donc mettre à la conserver! Un
excès d'embonpoint, l'obésité même,
viennent souvent jeter le désordre
dans les plus belles organisations. 11
n'est que trop commun de voir des
personnes, dont l'élégance des formes
rehaussait si noblement la beauté de
la figure, perdre peu à peu, au milieu
— 35 —
de la graisse, tous ces rapports har-
monieux, et devenir, par ce surcroît
d'abondance, sans grâces et sans
distinction.
Pour les dames du monde, c'est un
grand malheur ; pour toutes en géné-
ral, c'est toujours une source de vé-
ritables infirmités, telles que celles
de marcher difficilement, d'être pri-
ses d'oppression plus ou moins forte,
en faisant un exercice un peu soute-
nu. Il faut ajouter encore qu'un trop
grand embonpoint a brisé l'avenir de
beaucoup d'hommes comme de beau-
coup de femmes, en les mettant dans
l'impossibilité de continuer une pro-
fession qui les faisait vivre honora-
blement. L'excès de la graisse em-
pêche un officier d'infanterie de suivre
— 36 —
son régiment, un officier de cavalerie
d'être longtemps à cheval. Ils sont
forcés ainsi, l'une et l'autre, de de-
mander prématurément une retraite
par trop modique. L'artiste, dont le
chant ou la beauté des formes pro-
curaient une mine d'or au théâtre,
tombe dans la pauvreté parce qu'an
surcroît d'embonpoint est venu em-
barrasser ses poumons ou lui faire
perdre sa taille.
L'excès d'embonpoint a quelque-
fois une action plus funeste encore
chez les personnes qui en sont affec-
tées. L'humeur graisseuse ( car la
graisse n'est qu'une humeur liquide
sur le vivant, c'est seulement à la
mort qu'elle se solidifie), l'humeur
graisseuse, dis-je, peut, par sa sura-
— 31 —
bondance, comprimer les vaisseaux
artériels et veineux de la tête ou du
coU, entraver alors, dans ces parties;
la circulation du sang et occasionner
de violents maux de tête* des conges-
tions cérébrales, des apoplexies. La
graisse peut comprimer le cerveau
lui-même, et engourdir les facultés en
gênant les fonctions de cet organe.
L'obésité donne lieu souvent à l'idio-
tisme. Au fur et à mesure que la grais-
se se développe chez une personne ,
elle sent que ses facultés s'engourdis-
sent, et ayant encore le sentiment de
ce qui se passe cbez elle, elle cher-
che à vaincre cet engourdissement
moral en se donnant du mouvement.
Elle craint de rester en place, et les
occupations intellectuelles lui de-
— 38 —
viennent difficiles, elle s'y livre avec
peine, et une espèce de somnolence
arrive bientôt pour l'arrêter. Mais si
l'embonpoint continue d'augmenter,
alors on perd tant de ses moyens de
jugement, que l'on finit par ne plus
savoir ce que l'on était et ce que l'on
est maintenant. Vaincu par l'humeur
graisseuse, l'on finit par devenir une
masse énorme, dépourvue d'intelli-
gence et souvent compagne de l'idio-
tisme .
Il y a un fait bien constant et
connu de tout le monde, c'est que
toutes les personnes grasses, sans
en excepter une seule, ont plus ou
moins d'oppression, et cette oppres-
sion est toujours en rapport avec la-
quantité de la graissé, c'est-à-dire,
.39 —
que plus une personne est grasse,
moins elle peut marcher, monter un
escalier, sans être prise d'une forte
oppression. D'où peut provenir cet
état, si ce n'est d'une surabondance
de graisse qui gène le jeu des pou-
mons, espèces de soufflets qui se dila-
tent et se resserrent dans la poitrine,
où une place leur est réservée pour
fonctionner; mais si la graisse occu-
pe une partie de l'espace qui leur est
destiné, ils ne peuvent plus agir faci-
lement, ils ne peuvent plus admettre
la quantité d'air nécessaire à la respi-
ration, lorsque les mouvements sont
plus précipités ou lorsque l'on monte,
•un escalier.
■\ Le coeur, organe creux qui a besoin
de sa liberté dans les mouvements,
— 40 —
doit être le siège de grands désordres
lorsque la graisse vient à le compri-
mer, à empêcher le sang de le tra-
verser librement, lorsque les mouve-
ments sont gênés par le manque
d'espace.
Depuis longtemps, on a reconnu
que la présence de trop de graisse
dans le foie, occasionne une maladie
qu'on appelle obstruction. Cette obs-
truction est un véritable embarras
' mécanique qui donne lieu à beaucoup
d'accidents, parce que le foie est le
siège de plusieurs fonctions indispen-
sables pour l'entretien de la santé et
la conservation de la vie. Si la graisse
se forme en trop grande abondance
dans le foie, elle change sa nature,
elle eomprime le canal qui conduit
- 41 —
le fiel du foie dans les intestins; alors
cette bile s'extravase dans tout le
corps, et y porte le trouble et la ma-
ladie. Tous les vaisseaux artériels et
veineux du ventre et des membres
inférieurs (les cuisses et les jambes),
passent dans le foie. Si le foie estobs-
trué par la présence de trop de grais-
se, les vaisseaux sont comprimés dans
cette partie, et les liquides qui les
parcourent, lorsqu'ils arrivent là, sont
empêchés, arrêtés en partie. De là,
une des principales causes des ny-
dropisies du ventre et des membres;
de là, la source de cet engorgement
si fréquent des jambes et des ulcères
inguérissables , que l'on remarque
sur ces parties chez les personnes
grasses.
— 42 —
Il est incontestable que presque
toutes les femmes grasses se plaignent
de la matrice. Les unes sont affectées
d'un engorgement de cet organe, ou
d'un abaissement, ou d'un déplace-
ment, quelquefois d'une descente, ou
bien de granulations au col, ou bien
encore de pertes rouges ou blanches.
Depuis quelque temps on a reconnu
la cause de tous ces désordres, et on
a voulu y porter remède. On a dit
que le paquet d'intestins et de graisse,
dont ils sont entourés, pèse sur la
matrice et la dérange ainsi. Alors on
a employé, pour combattre cette
cause du mal, des ceintures, dites ab-
dominales-hypogastriques, qui ont
pour but de soutenir le ventre et de
l'empêcher de peser sur l'utérus.
— 43 —
Mais cette masse de graisse et d'in-
testins relevés par cette ceinture, où
peut-elle aller? Ce remède ne peut
être qu'un palliatif, lorsqu'il fait un
peu de bien.—La cause du désordre
est toujours là. Il faut enlever la masse
graisseuse et l'empêcher de revenir,
pour couper court à tous les acci-
dents.
La peau du ventre est très exten-
sible. Dans la grossesse chez les fem-
mes, dans l'hydropisie ascite, dans
l'obésité■, elle est susceptible de se dis-
tendre d'une manière à quadrupler
son étendue; mais par elle-même,
«lie n'a pas une grande force de ré-
sistance, et elle ne pourrait, à elle
seule, contenir en.place les organes
abdominaux; aussi la nature a-t-elle
placé entre elle et ces organes une
toile fibreuse ou charnue, double à
plusieurs endroits, et dont le tissu,
moins extensible, mais plus fort que
celui de la peau, a pour but de main-
tenir en place ces mêmes organes.
Mais il arrive que cette toile , après
après avoir cédé à une certaine dis-
tension occasionnée par la masse in-
testinale, laisse passer entre ses fibres
qui se resserrent par groupes, une
certaine portion, soit des intestins,
soit de la graisse elle-même. Alors
cette portion de graisse ou d'intestins
vient à faire saillie sous la peau , et
constitue ce que l'on appelle des her-
nies. Voilà comment la grossesse et
l'hydropisie, en dilatant considéra-
blement les parois abdominales, dis-
— 45 —
posent aux hernies. Voilà comment
on trouve si souvent des hernies chez
les personnes qui ont un grand em-
bonpoint, surtout des hernies ombi-
licales. Sur dix personnes qui ont
plus d'un mètre de circonférence à la
ceinture, on peut dire, sans crainte
de se tromper, que plus de la moitié
sont atteintes de hernies ombilicales.
Les deux muscles droits qui partent
du sternum et vont au pubis en lon-
geant la ligne blanche, sont les deux
trames principales résistantes de cette
partie. Lorsqu'ils se trouvent écartés
par le développement du ventre, l'om-
bilic, qui est sur la ligne blanche, se
trouve dépourvu d'appui, et bientôt
un paquet de graisse ou d'intestins y
paraît là, sous la peau qu'il pousse
_ 46 —
en avant. J'ai vu des paquets de graisse
ainsi sortir par l'ombilic (toujours
sous la peau qu'ils distendaient); j'ai
vu, dis-je, de ces paquets avec diffé-
rents volumes: les uns étaient du vo-
lume d'une noix, les autres de celui
d'un oeuf de poule, d'autres de celui
de la tête d'un homme. On en a vu
qui pesaient jusqu'à quinze ou vingt
livres. •
Je suis porté à croire que les per-
sonnes d'un très grand embonpoint,
et qui ne sont pas affectées de hernies
ombilicales, doivent d'être privées de
cette infirmité à l'usage qu'elles font
ordinairement de ceintures abdomi-
nales, du genre de celles que j'ai con-
seillées contre l'obésité, et que j'ap-
pelle anti-obésiques.
— 47 —
Nous avons dit que tous les con-
duits ou .canaux artériels, sanguins,
ou qui servent à l'épuration des hur-
meurs des membres inférieurs, passent
dans le foie ; alors aussitôt que cet
organe est épaissi par un surcroît de
graisse, ces canaux se trouvent obs-
trués et les humeurs ne peuvent plus
y circuler; elles stagnent dans les
parties inférieures du corps dont elles
occasionnent le gonflement qui, fort
souvent, finit par être accompagné de
plaies, d'ulcères provenantde cette sta-
gnation des humeurs qui demandent
à sortir, et y parviennent en se faisant
jour, en ulcérant la peau des jambes.
Ces accidents morbides que l'on ob-
serve chez les hommes comme chez
les femmes, plus fréquemment chez
ces dernières, ont cela de remarqua-
ble que pendant un certain laps de
temps, le gonflement des jambes, qui
commence toujours près du pied ,
disparaît dans les premiers temps du-
rant la nuit, de sorte qu'en se levant
te matin il n'y a plus de gonflement;
ce n'est que dans la journée qu'il se
développe pour paraître le soir dans
toute son ampleur. Lorsque les cho-
ses se passent ainsi, c'est que les vais-
seaux par où les humeurs et le sang
circulent au milieu du foie ne sont
pas complètement obstrués. Dans la
position horizontale, ces liquides
n'ont pas besoin d'aller contre les
lois de la pesanteur pour revenir des
jambes au foie, ainsi que cela a eu
lieu dans la station debout..
— 49 —
C'est le plus souvent sur des per-
sonnes grasses que l'on trouve des
maladies de la peau. Le défaut de
circulation du sang veineux et des
humeurs doit être, certes, souvent la*
cause du mal. La couperose, les ta-
ches sur la figure, les eczémas, etc.,
peuvent certainement avoir leurs
sources dans la stagnation du sang
veineux et des humeurs. La persévé-
rance des maladies de la peau, l'im-
possibilité de les guérir par des moyens
locaux, et leur disparition après l'em-
ploi des dépuratifs et mieux des alca-
lis, me donnent la conviction que je
ne professe pas une erreur.
La vogue méritée dont jouissent
depuis déjà longtemps les substances
alcalines données à l'intérieur con-,
3.
- 50 —
tre les maladies de la peau, n'est
jusqu'ici fondée que sur les guéri-
sons qu'on obtient par ce moyen :
son mode d'action n'a pas encore été
expliqué, niphysiôlogiquement, ni
physiquement. Pourquoi ne pas dire
que le sous-carbonate dejoucle, dans
ces cas, est un dépuratif, puisqu'il
clarifie les humeurs, et qu'il agit
ainsi en se combinant avec la graisse
(qui n'est qu'une humeur fluide pen-
dant la vie), avec laquelle il forme
un savon qui se dissout promptement
par la chaleur et l'humidité, et qui,
à l'état de dissolution , est éliminée
du corps par les différentes voies d'ex-
crétion fournies par la nature ?
J'avais donc raison de dire que les
maladies de la peau pouvaient pro-
— 51 —
venir d'un amas dégraisse dans les
organes, puisque c'est ainsi que l'on
peut expliquer théoriquement les ef-
fets réellement curalifs des alcalis
dans ces maladies. En effet, en exa-
minant bien ce qui se passe chez les
personnes en traitement pour une
dartre ou une autre affection de la
peau, l'on ne parvient à la guérison
que lorsque le malade ou la malade
ont un peu perdu de leur embon-
point. Je vais mieux, disent-ils, mais
je m'aperçois que je maigris. N'est-
ce point là l'effet du médicament al-
calin anti-obésique ? Il est de la na-
ture de celui que nous ordonnons
contre l'obésité. Notre médicament
est donc bon contre les maladies de
la peau, contre les taches à la figure,
— 52- —
la couperose, les dartres, etc., par-
ce que tout eela tient, nous le répé-
tons, à un embarras dans la circula-
tion des humeurs et du sang vei-
neux.
Des médecins appuyés de quelques
auteurs mettent en doute que l'excès
d'embonpoint puisse être une cause
de stérilité. L'avis contraire est par-
tagé avec raison par le plus grand
nombre. Un professeur d'accouche-
ments de la Faculté de Paris, en
expliquant dans ses eours comment
l'embonpoint pouvait nuire à la con-
ception, ne manquait jamais de rap-
peler la pratique des paysans de son
village qui s'empressaient de porter
au marché celles de leurs poules qui
prenaient trop de graisse, pare©
— 53 -
qu'elles cessaient alors de pondre
beaucoup d'oeufs.
Un des grands services que rend
le traitement anti - obêsique , c'est
qu'en détruisant la trop grande quan-
tité de graisse qui se trouve dans le
corps des femmes, il les rend plus
aptes à la conception ; il fait cesser là
stérilité chez elles, et lorsqu'elles de-
viennent mères, elles mettent leurs en-
fants au monde avec moins de peine
et de danger.
J'ai été consulté par des femmes
" qui avaient un grand embonpoint.
En outre des incommodités qu'elles
en éprouvaient, elles étaient encore
sujettes à des malaises, à des souf-
frances fréquentes ayant leur siège
tantôt à la tête, tantôt dans les reins,

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