Précis de la vie de St-Bénigne martyr, apôtre de la Bourgogne, patron de la ville, de la cathédrale et de tout le diocèse de Dijon ; par B.-A. M...

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Gagey (Dijon). 1866. Bénigne, Saint. In-16. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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PRECIS DE LA VIE
DE
SAINT BÉNIGNE
Martyr, Apôtre de la Bourgogne
PATRON DE LA VILLE, DE LA CATHÉDRALE
ET DE TOUT LE DIOCÈSE DE DIJON.
PAR B.-A. M.
« Prenez connaissance de la vie de votre saint
« patron. Lisez on faites-vous lire sa vie dans un
« livre précieusement gardé. Informez-vous de
« lui, et ne négligez rien de ce qui le concerne.
« Commeot, en effet, pourriez-vous aimer, esti-
« mer et honorer celui que vous ne connaissez
« point, lorsque vous ignorez où, comment et
c quand il a vécu? *
(Le pieux ALEX, DE HOHENLOHE.)
DIJON
F. GAGEY, LIBRAIRE
place Saint-Jean.
MmeVE RNIER, LIBRAIRE
rue des Forges.
ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DU DIOCÈSE.
1866
PRÉCIS DE LA VIE
DE
SAINT BÉNIGNE
DIJON, IMPRIMERIE J. -E. RABLTÔT, PLACE SAINT-JEAN.
PROPRIÉTÉ.
PRÉCIS DE LA VIE
DE
SAINT BÉNIGNE
Martyr, Apôtre de la Bourgogne
PATRON DE LA VILLE, DE LA CATHÉDRALE
ET DE TOUT LE DIOCÈSE DE DIJON.
PAR B.-A. M.
» Prenez connaissance de la vie de votre saint
a patron. Lisez ou faites-vous lire sa vie dans un
« livre précieusement gardé. Informez-vous de
« lni, et ne négligez rien de ce qui le concerne.
« Comment, en effet, pourriez-vous aimer, esti-
t mer et honorer celui que. vous ne connaissez
« point, lorsque vous ignorez où, comment et
a quand il a vécu 1 à
(Le pieux ALEX, DE HOHENLOHE.)
DIJON
F. GAGEY, LIBRAIRE
place Saint-Jean.
Mme VERNIER, LIBRAIRE
rue des Forges.
ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES DU DIOCÈSE.
i866
RBSPONDENS JESUS DIXIT
Confiteor tibi, Pater, Domine cceli ellerrlP,
quia abscondisli lIæc a sapientibus et prudentibus,
et revelasti ea parvulis.
(S. Matth., XI, 25.)
A SAINT GRÉGOIRE DE LANGRES
SAINT PONTIFE,
Cette petite Vie de saint Bénigne, humble fruit de ma
piété filiale, je viens vous l'offrir. La reconnaissance et mon
cœur m'en font un devoir.
Daignez donc 1 accueillir, et placez-la sous vos auspices.
Dijon, ce jour des SS. Ferréol el Ferjeul, martyrs, 16 juin 1865.
BÉNIGNE-AUGUSTIN.
PRÉCIS DE LA VIE
DE
SAINT BÉNIGNE
1
Saint Bénigne naquit à Smyrne, au commencement du
second siècle, d'une famille chrétienne originaire d'E-
phèse. A sa naissance, la main du Très-Haut fut avec
lui, et tout petit enfant qu'il était, il brûlait déjà d'un ar-
dent amour pour Jésus-Christ.
De bonne heure ses parents le confièrent à saint Poly-
carpe, disciple de saint Jean et évêque de Smyrne, qui le
forma à toutes les vertus et enflamma son jeune cœur du
zèle apostolique. Dans la suite, l'ayant élevé au sacerdoce,
il le destina, avec les saints Andoche, prêtre, Thyrse,
diacre, Andéol, Irénée et quelques autres, à annoncer
l'Évangile aux peuples des Gaules.
L'apôtre bien-aimé, en quittant la terre, lui avait re-
commandé le salut de ses peuples. Aussi l'avait-il fort à
cœur; et, quoique d'un âge très avancé, il eût lui-même
accgmgagné ses missionnaires et étendu chez les Gaulois
~p&~~u divin Maître, mais il était trop nécessaire à
^ÔU^c^Bie pour pouvoir la quitter,
8 -
Pour gouverner en son nom les âmes que ses généreux
fils allaient conquérir à Jésus-Christ, il fit choix d'un
prêtre vénérable par son âge, plus encore par ses vertus,
et lui imposa les mains. C'était le bienheureux Pothin, ,
son tendre ami, etTjui, comme lui, dans sa jeunesse, avait
eu le bonheur de recevoir les instructions de saint Jean.
L'an 152, l'Ange de Smyrne allant visiter le. souverain
pontife saint Anicet, emmena à Rome ces nouveaux apô-
tres et les présenta au Saint-Père, qui les combla de bé-
nédictions et approuva leur mission.
Ainsi bénis du Vicaire de Jésus-Christ, et ayant reçu
de saint Polycarpe le baiser de paix, ils quittèrent Rome,
dirent un éternel adieu à leur patrie, traversèrent les
mers, et, conduits par la main du Seigneur, arrivèrent à
Marseille. Sainte Marie-Madeleine et saint Lazare
avaient répandu sur cette cité les rayons de la foi. Ce der-
nier l'y avait scellée de son sang.
De là ils dirigèrent leurs pas sur Lyon. Mais saint An-
déol s'arrêta dans les régions méridionales que baigne le
Rhône-: Carpentras et le Vivarais entendirent successi-
vement sa voix. Il y fit une ample moisson pour le ciel,
et y reçut la couronne du martyre.
Lyon, déjà évangélisée, comptait de nombreux chré-
tiens. Au-milieu d'eux se fixa le vénérable évêque Po-
thin. Saint Irénée y resta aussi en retenant auprès de lui
les deux jeunes frères saints Ferréol et Ferjeux, ses dis-
ciples, qui, plus tard, devinrent apôtres de la Séquanie
(comté de Rourgogne), et souffrirent le martyre à Besan-
çon, en 211.
Saint Irénée, ayant été établi prêtre de l'Église -de
Lyon par saint Pothin, en exerça les fonctions jusqu'à la
mort de ce pontife-martyr. Il lui succéda et versa son
sang pour la foi, sous l'empereur Septime-Sévère, après
vingt-quatre ans GTUÛ glorieux épiscopat.
- 9 -
Quant à saint Bénigne, notre auguste Père, accompa-
gné de saint Andoche et de saint Thyrse, il s'avança dans
cette partie de la Gaule connue depuis sous le nom de
duché de Bourgogne, et vint à Autun. Un sénateur de
cette ville, nommé Fauste, adorateur de Jésus en secret,
les. attendait et leur donna l'hospitalité. Il en fut bien ré-
compensé: toute sa maison embrassa la Foi. L'illustre
SymphorieiL était son fils. Ce jeune saint n'avait alors
que trois ans. Saint Bénigne lç baptisa et saint Andoche
le releva des fonts.
Nonobstant les obstacles que teur suscitait l'ennemi des
âmes, ik prêchèrent le Sauveur aux Eduens avec un
empressement infatigable. Le Seigneur se plut à bénir
leur zèle, et en quelques années, il se forma à Autun une
fervente Église. Saint Bénigne en confia le soin à ses
frères, et aJïla. MâCGIl- avec deux disciples, qu'il y laissa
pour répandre la parole de Dieu; puis il partit pour
Langres, o habitait Léonille, sœur de Fauste, chez la-
quelle id alla demeurer.
Cette dame l'accueillit comme l'envoyé du ciel, et se
Iâta de lui présentée ses petits-fils, dont elle demandait
ardemment la conversion. Speusippe, Eleusippe et Mé-
teusippe étaient fibres jumeaux el avaient une vingtaine
d'années. Bien jeunes, ils avaient eu à pleurer la mort
prématurée de leur mère. Leur père les avait fait instruire
dans toutes les sciences connues des païens, et avait su
les rendre opiniâtres dans leurs extravagantes croyances,
que lui-même avait professées j-usqu'au dernier soupir.
Léonille, leur vénérable aïeule, avait essayé en vain de
leur parler de la religion chrétienne, qu'elle pratiquait
comme son frère. La gloire de cette conquête était réser-
vée au saint apôtre. Il vit ces jeunes hommes, et les ga-
gna. Ils furent pour Jésus-Christ les prémices de l'É-
glise de Langres, et pour Bénigne de zélés auxiliaires,
- 10 -
qui n'épargnèrent rien pour le seconder dans sa missiin.
Aussi il se forma à Langres, en assez peu de temps, um
noyau de généreux néophytes.
Originaire de la ville d'Éphèse, il avait pour la très
sainte Vierge, qui y passa ses dernières années, et pour
saint Jean, qui en fut évêque, une grande dévotion et un
tendre amour. Il voulut les établir protecteurs et gar-
diens de sa nouvelle chrétienté, et l'Église de Langres,
comme celle d'Autun, fut placée sous le vocable de Marie
et de saint Jean.
Après avoir ainsi ruiné le paganisme dans cette ville
et y avoir arboré la Croix, saint Bénigne, poussé par l'Es-
prit de Dieu, ne tarda pas à venir à Dijon.
Quoique Dijon fût alors peu considérable, une cer-
taine renommée s'y rattachait, à cause d'un temple fa-
meux qui s"y trouvait. Satan y régnait en maître; mais
l'heure était venue où il lui fallait céder l'autel à Jésus-
Christ. Et malgré ses infernales manœuvres, l'Évangile
fut reçu par un grand nombre de païens de Dijon et des
environs. Touchés de la doctrine que leur prêchait Bé-
nigne, frappés de la pureté de sa vie et de la grandeur de
ses miracles, ils ouvrirent les yeux à la lumière de la
vérité, renoncèrent à leur culte sacrilège, et réclamèrent
le baptême avec ardeur.
La première personne qui eut à Dijon le bonheur de
recevoir l'ineffable grâce du baptême, fut la vierge Pas-
chasie. Pleine de reconnaissance envers le saint apôtre,
qu'elle regarda toujours depuis comme son père, cette
sainte fille se dévoua à son service et ne le quitta plus.
Après avoir eu part à ses travaux apostoliques, elle cueil-
lit comme lui la palme du martyre, ayant été brûlée vive
pour le nom de Jésus. Que la mémoire de cette vierge
généreuse vive à jamais parmi nous 1.
Pour réunir ses chrétiens dijonnâis, le saint bénit deux

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