Précis historique et jugement d'un illustre guerrier ; par M. Papy Descabanes,...

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chez l'auteur (Paris). 1829. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8°.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1829
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Précis historique
ET JUGEMENT
D'UN ILLUSTRE GUERRIER.
PRECIS HISTORIQUE
ET
JUGEMENT D'UN ILLUSTRE GUERRIER ;
PAR M. PAPY DESCABANES ,
Ancien Magistrat.
A PARIS,
CHEZ L'AUTEUR,
RUE SAINTE-MARGUERITE, N° 37, FAUB. St.-G.
JUILLET 1829.
PRÉCIS HISTORIQUE
ET
JUGEMENT D'UN ILLUSTRE GUERRIER.
NEY ( Michel ) , duc d'Elchingen , prince de la
Moskowa , pair et maréchal de France , naquit à
Sarrelouis , le 10 janvier 1769. Son père, quoique
simple artisan, le fit élever avec soin , et le destinait
au notariat. Mais une vie moins tranquille convenait
à l'activité de corps et d'esprit dont était doué le
jeune Ney ; aussi , le 13 janvier 1787 , il s'engagea
dans le régiment du Colonel-général hussards , où
son intrépidité et son intelligence ne tardèrent pas à
le faire nommer officier , après qu'il eût rapidement
passé par tous les grades subalternes. Successivement
aide-de-camp des généraux Lamarche et Collaud , il
fit sous leurs ordres les deux premières campagnes
de la révolution. Rentré dans son régiment avec le
grade de capitaine, il reçut du général Kléber le
commandement d'un corps de 500 hommes, à la tête
duquel il remplit avec succès plusieurs missions de
partisan , qui lui valurent de la part des soldats son
premier surnom d'infatigable. Au passage de la Seig,
aux combats d'Alten-Kirchen , de Diesdorff et de
Mont-Thabor , à la prise de Wurtzbourg , et plus
tard , au passage de la Reydnitz , l'adjudant-général
Ney déploya cette bravoure brillante , ce sang-froid
audacieux dont sa vie fournit tant de preuves. Vain-
queur devant Frosheim , il reçoit , sur le champ de
bataille qu'il vient d'illustrer , le grade de général de
brigade. Aussi brave que généreux après la victoire
combien de fois dans cette campagne ne sauva-t-il
pas, au péril de sa vie, des émigrés français pris les
armes à la main ?.... Les décrets de la Convention les
condamnait à la mort Mais le sang français fut
toujours sacré à ses yeux A la tête d'un corps de
hussards , il fut fait prisonnier en l'an V , à l'affaire
de Neuwied , où, renversé dans un fossé, sous son
cheval, il se défendit long-temps avec le tronçon de
son sabre, contre un gros de cavalerie qui l'entou-
rait. Il fut échangé le lendemain , et vint reprendre
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son commandement sous les ordres du général Hoche,
jusqu'à l'armistice de Léoben.
La guerre se ralluma , et l'on vit bientôt Ney si-
gnaler sa présence à l'armée de Bernadotte par un de
ces faits d'armes miraculeux , qui ont besoin d'être
attestés à l'histoire par des contemporains. Déguisé
en paysan , il s'introduit dans la place de Manheim,
engage en allemand une conversation avec les soldats,
examine les postes, parcourt des yeux les fortifications,
et retourne organiser l'attaque audacieuse qu'il vient
de concevoir. Pendant une nuit obscure, il débarque
à la tête de 150 hommes aux portes de Manheim; et,
seul , il escalade le rempart , poignarde la sentinelle
et la culbute dans le fossé ; puis , suivi en silence de
l'élite des siens, il fond comme l'éclair sur le corps
de garde, le surprend, s'empare des postes, et bien-
tôt l'infanterie française à qui il ouvre les portes, se
précipite dans la ville, et l'occupe à la faveur des
ténèbres, avant que l'ennemi pût voir à quel petit
nombre il avait à faire. Nommé général de division
en l'an 7, aux combats de Frauenfeld, etc. etc., il fut
toujours lui-même ; on le vit soutenir seul le choc
de la cavalerie autrichienne, sur le pont de Win-
terthür. Il a le pied droit traversé par une bayonnette,
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et reçoit plusieurs blessures. A peine guéri, Ney passe
à l'armée du Rhin, pour y commander l'avant-garde.
Bientôt il est investi du commandement en chef; et,
par une attaque sur toute la ligne, il opère une di-
version utile, tandis que Masséna défait complète-
ment l'armée Austro-Russe, à la bataille de Zurich.
Bonaparte, revenu d'Egypte, après avoir renversé
le directoire, avait offert en vain la paix aux puis-
sances coalisées. Ney se trouvant alors à l'armée du
Rhin, sous les ordres de Moreau, on passe le Rhin ,
le 4 prairial an 8. Les combats de Barkheim, de
Stettin, de Kirchberg et d'Ingolstadt, une affaire
opiniâtre sur les bords de l'Ille, plusieurs engage-
mens au pont de Braudenbourg ajoutent à la gloire,
du général Ney. Dans la courte campagne de l'an 9,
il prend part à toutes les opérations de l'armée du
Rhin, il contribue puissamment au gain de la mémo-
rable bataille de Hohenlinden qui termina la campagne
d'une manière si brillante. Au mois de vendémiaire
an II, le Premier Consul nomma le général Ney
ministre plenipotentiaire auprès de la république hel-
vétique. Dans l'espace de quelques mois, la tranquil-
lité est rétablie sur tous les points de la Suisse, et les
députés des Cantons viennent signer à Paris le traité
de médiation, le 19 février 1803. Rappelé au mois
d'octobre, il va prendre, au camp de Boulogne, le
commandement du 6.eme corps. Bonaparte est nommé
Empereur, et bientôt les services importans du géné-
ral Ney sont recompensés par le titre de maréchal
de France. La guerre est de nouveau déclarée à
l'Autriche. Le maréchal Ney, à la tête du 6me corps,
passe le Rhin, se rend maître de tous les débouchés
du Danube, du pont de Rüntzbourg; le lendemain,
il occupe l'inattaquable position d'Elchingen. Cette
victoire, l'un des faits d'armes les plus étonnans que
le talent et l'audace aient jamais exécutés, eut pour
résultat immédiat la prise d'Ulm. C'est en souvenir de
ce combat, que fut conféré, plus tard, au maréchal
Ney, le titre de duc d'Elchingen. Bientôt, détaché sur
la droite de la grande armée, avec un corps de trente
mille hommes, il chasse du Tyrol l'archiduc Jean,
enlève le fort de Scharnitz, occupe Inspruck et Halle,
tandis que l'empereur Napoléon triomphait à Auster-
litz et imposait à l'Autriche la paix de Presbourg.
Une nouvelle coalition se forme contre la France!
Napoléon réunit les corps disséminés en Allemagne,
détruit les prussiens à Joua, à Auerstadt, et force la
Russie à la paix. Le duc d'Elchingen, à la tête
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du 6.me corps, prend Erfurt , Magdebourg où il
trouve 23 mille hommes et huit cents canons, dégage
Bernadotte attaqué le 23 janvier à Mohrungen par
toute l'armée russe, coupe la retraite à l'armée enne-
mie sur Koenisberg, à la suite de la bataille d'Eylau,
et s'élève au-dessus de lui-même à la fameuse retraite
de Guttestadt. A Friedland , il décide la victoire, et
c'est à la fin de cette journée qu'il reçut des soldats,
par acclamation , le titre de Brave des braves. En
1808, Ney passe en Espagne qui va devenir un nouveau
théâtre pour sa gloire ; il soumet la Galice, les As-
turies , déjoue les manoeuvres de Sir A. Wellesley ,
depuis lord Wellington, sur Madrid, et défait dans
un combat sanglant, à Banos, le général R, Wilson
qui voulait lui couper le passage. Le siége et la prise
de Ciudad-Rodrigo , celle d'Almeïda, signalent ses
premiers pas en Portugal.
Pendant la retraite, toujours à l'arrière-garde, et
ne cédant que pied à pied le terrain à lord Welling-
ton , il sut, par l'habileté de ses dispositions , proté-
ger les mouvemens de notre armée, et empêcher l'en-
nemi de prendre aucun avantage jusqu'au moment où
à la suite d'une mésintelligence survenue entre son
état-major et celui du maréchal Masséna qui comman-

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