Précis historique sur la naissance du duc de Bordeaux

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Impr. de J.-L. Bellemain (Paris). 1830. France (1830, Révolution de Juillet). In-8 °. Pièce.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1830
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PRECIS HISTRIQUE
SUR
LA NAISSANCE
DU DUC DE BORDEAUX.
PRIX : 50 CENT.
IMPRIMERIE DE J-L. BELLEMAIN,
RUE SAINT-DENIS , N° 268.
1850.
SUR LA NAISSANCE
DU DUC DE BORDEAUX.
Si l'on ouvre les pages de l'histoire, on verra que ce
n'esr pas la première fois que des bâtards ont été substi-
tués à des enfans légitimes et ont hérite de noms, de
titres et de fortunes auxquels leur naissance ne les avait
pas appelés. Ce sont de ces escamotages que les grands
se permettent ; ce sont de ces coups de politique que
leur haine et leur vengeance leur suggèrent. Mais la vé-
rité vient toujours avec le temps et finit par éclairer les
peuples et leur donner de nouveaux témoignages de la
perfidie et de là bassesse de ceux qui les gouvernent.
Nous avons recueilli avec une scrupuleuse attention les
notes les plus véridiques sur la naissance du Duc de
Bordeaux. Depuis le jour que cet enfant a été mis sur la
scène du monde, nous avons partagé les doutes de presque
tous les Français ; mais, ainsi que nos chers concitoyens,
nous n'avions que des doutes, et maintenant que nous
possédons des réalités, nous nous empressons de les
faire connaître.
Lorsque Louis XVIII décida la mort du duc de Berri,
il avait dans son adroite politique des vues qu'il est aisé
d'apprécier ; il voyait dans ce prince une ardeur belli-
queuse qui l'effrayait, et il avait décidé de s'en défaire,
sans pourtant donner à la branche d'Orléans l'espoir de
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régner un jour. On sait l'antipathie qui a toujours existé
entre ces deux maisons ; nous n'en chercherons pas les
motifs , ce serait nous éloigner de notre but.
Le matin même de la mort du duc de Berri, madame la
duchesse fut atteinte de coliques, et sur les midi elleen
fut soulagée par la présence de ses menstrues qui vinrent
en abondance. Le soir, son noble époux lui proposa de
la conduire à l'Opéra; ce qu'elle accepta. Mais les indis-
positions auxquelles sont si sujettes les femmes dans ce mo-
ment se manifestèrent de nouveau chez la princesse ;elle
en fit confidence à son mari, qui l'engagea à rentrer au
château avant la fin du spectacle ; elle y consentit. Il la
reconduisit donc jusqu'à sa voiture , et c'est dans ce mo-
ment qu'il reçut le coup qui lui donna la mort.
A trois heures du matin le prince expira. On sait qu'il
était entouré d'un grand nombre de spectateurs , et tous
pourront attester avoir entendu la princesse proférer, dans
son plus affreux désespoir, ces paroles bien dignes de re-
marque : « Eh ! je ne pourrai lui donner un héritier ! »
Louis XVIII, trop fin pour ne pas sentir toute la consé-
quence de ce discours, prit la princesse à l'écart, et tout
en essayant de calmer sa douleur, l'engagea à ne pas répé-
ter ce qu'elle venait de dire. Une heure après elle était
à St.-Cloud. Ce fut donc dix jours ensuite que la du-
chesse d'Angoulême vint la voir et lui témoigna la volonté
du Roi relativement à sa position et à celle de la maison
d'Orléans. Le matin , la duchesse avait décidé de congé-
dier ses gens ; mais elle en révoqua l'ordre, et c'est alors
seulement que le bruit courut qu'elle était enceinte, Le
rôle qu'on venait de lui imposer, quoiqu'assez difficile à
remplir, satisfaisait trop son amour-propre et sa vengeance

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