Procès de Louvel. Acte d'accusation contre Louis-Pierre Louvel. Numéro 3

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impr. d'A. Boucher ((Paris)). 1820. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8°.
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Publié le : samedi 1 janvier 1820
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Source : BnF/Gallica
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COUR DES PAIRS.
PROCES
DE LOUVEL.
( N°. III. )
PREMIÈRE SÉANCE. — 5 juin 1820.
À dix heures, MM. les Pairs ont pris séance.
Les tribunes sont occupées par le corps diploma-.
tique , par MM. les députés. Les couloirs à droite et
à gauche sont remplis par le public. Les témoins
sont assis au bas du bureau de M. le Chancelier.
M. le Procureur-Général est à la droite de M. Je
Chancelier.
M. le Chancelier.— L'audience est ouverte rame-
nez l'accusé.
Tous les regards se tournent vers la porte à la
gauche de la salle par laquelle doit entrer Louvel.
Un profond silence règne dans l'assemblée.
M. le Chancelier.—Je n'ai pas besoin de rappeler
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au public qui assiste si rarement à nos séances,
qu'il ne doit faire entendre aucun de ces murmures
qui marquent l'approbation ou l'improbation, et
qu'il doit conserver un silence religieux et ce respect
qu'on doit toujours au malheur.
Louvel paraît : ceux qui sont assis au couloir
gauche se pressent pour faire un passage libre à
l'assassin; ils craignent de toucher ses vêtements.
L'homme qui a couvert la France, de deuil s'asseoit
froidement et regarde ses juges d'un air sombre ,
mais calme. Son visage, que la méditation du crime
a pâli, ses yeux caves et intincelants qu'il promène
sur l'assemblée portent l'empreinte de la férocité,
niais de la férocité froide. Il est assis à gauche du
président, entre MM. Archambault et Bonnet. Trois
brigadiers de gendarmerie veillent sur lui.
M. le Chancelier.— Comment vous appelez-vous ?
Louvel. — Louis-Pierre Louvel.
M. le Chancelier. — Où êtes-vous né.
Louvel.—Né à Versailles.—Votre état.—Sellier.
— Votre âge. — 37 ans. — Asseyez-vous.
M. le Chancelier. —Vous vous êtes rendu coupa-
pable d'un crime qui a couvert la France de deuil,
et qu'on ne croirait pas possible si la nature ne créait
pas de monstres. Mais ne craignez pas Louvel que
l'horreur qu'inspire un tel crime s'étende jusqu'à
l'homme qui n'est encore qu'accusé ; vous pouvez
donc tranquillement et avec la certitude d'être at-
tentivement écouté , présenter vos moyens de défense
contre les charges qui vont être portées contre vous.
M. le Procureur-Général. — L'attentat déféré à
la haute justice de la Cour se complique de si peu de
faits, et les circonstances qui en démontrent l'évi-
dence sont en si petit nombre, que ce serait abuser
des moments de la Cour , fatiguer sou attention , et

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