Projet de statuts de la Contre-Internationale, ligue des conservateurs, élaboré par la commission d'initiative dans sa séance du mardi 20 février 1872...

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Impr. de Turfin et Juvet (Paris). 1872. France (1870-1940, 3e République). In-4 °. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1872
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PROJET DE STATUTS
DE LA
CONTRE - INTERNATIONALE
LIGUE DES CONSERVATEURS
ÉLABORÉ PAR LA COMMISSION D'INITIATIVE
Dans sa Séance du Mardi 20 Février 1872.
MEMBRES DE LA COMMISSION D'INITIATIVE PRÉSENTS A LA SÉANCE
MM. le Marquis P. de STRADA, Président ;
G. LA PORTE, Vice-Président ;
Léon DOUARD de FLEURENCE ;
le Comte de LOYNES d'AUTROCHE, Chef d'escadron en retraite;
De MONTLUC, avocat;
E. POUILLET, avocat;
Paul RAMOND, Ex-Auditeur au Conseil d'État,
le Comte de STRADA.
MM. A. et A. AZUR, Promoteurs de la CONTRE-INTERNATIONALE.
DE
STATUTS DE LA CONTRE-INTERNATIONALE
Considérant :
Que l'Association dite Internationale des Travailleurs constitue un danger per-
manent pour la Société ;
Que le but avoué qu'elle se donne : « l'amélioration des classes laborieuses, »
n'est qu'un masque sous lequel elle cache ses aspirations exclusivement politiques,
ses prétentions à dominer la Société et à établir au profit de la classe ouvrière des
privilèges qui ne tendraient à rien moins qu'à l'effondrement de l'édifice social, en
reconnaissant à cette classe, à l'exclusion des autres, tous les droits possibles, sans
tenir aucun compte de ses devoirs ;
Que ce qu'il plaît à l'Internationale d'appeler « l'assujettissement du travailleur
au capital » n'est, en somme, qu'un fait normal qui s'est produit dans toutes les
sociétés anciennes et modernes, fait contre lequel peuvent réagir les efforts et l'in-
telligence de l'Individu, mais non point les sophismes d'une secte;
Que l'émancipation économique des travailleurs, tout en étant un grand et large
but à atteindre, doit être subordonnée aux principes vitaux de la Société, et ne peut
s'accomplir qu'à l'aide de procédés moraux, sans ébranlement, sans secousse ;
Que la solidarité qui existe aujourd'hui, du fait de l'Internationale, entre les
ouvriers de diverses professions et de divers pays, solidarité turbulente, révolu-
tionnaire, athée, doit trouver son contrepoids dans une solidarité inverse, constituée
entre tous les gens qui possèdent ou qui produisent, et qui n'aspirent qu'à un ordre
régulier et sérieux, leur donnant toute sécurité pour la dépense de leurs revenus ou
l'écoulement de leurs produits ;
Qu'en effet, l'émancipation des travailleurs cherchant à s'effectuer violemment,
serait non plus l'exercice d'une liberté légitime, mais un véritable acte de violence
auquel la Société tout entière doit virilement et efficacement s'opposer;
Que le mouvement qui s'accomplit parmi les ouvriers ou soi-disant tels, en
Europe, en faisant naître des espérances aussi décevantes que coupables, donne,
ainsi que le disent les statuts eux-mêmes de l'Internationale « un solennel avertisse-
ment « à tout esprit honnête et réfléchi, et « conseille de combiner tous les efforts
« encore isolés ; »
Que., d'ailleurs, les menaces de l'Internationale contre la Société, non seulement
se sont traduites en sanglants effets, mais encore que cette Association affiche
ouvertement, à l'heure qu'il est, l'intention de recommencer la lutte ;
Que cette intention ressort de toutes les publications récentes de l'Internationale,
et notamment des résolutions votées par la conférence de ses délégués réunis à
— 4 —
Londres du 17 au 23 septembre dernier, résolutions d'où résulte l'intention mani-
feste d'assurer l'adhésion, non plus seulement des ouvriers, « mais encore des
producteurs agricoles au mouvement du prolétariat industriel, par la fondation de
sections agricoles, » — ce qui menace directement nos campagnes ;
Que la nouvelle déclaration de guerre de l'Internationale à la Société est tout
particulièrement prouvée par la disposition suivante :
La Conférence approuve l'adjonction des réfugiés de la Commune de Paris que
« le conseil général a admis dans son sein; »
Qu'ainsi que le fait observer le rapport récemment lu à l'Assemblée nationale, on
reste uni dans la défaite, de même qu'on s'était uni pour le combat;
Qu'à la vérité, une loi se prépare à l'Assemblée nationale contre l'Association
internationale des Travailleurs, mais que cette loi, on peut l'affirmer à l'avance, sera
certainement inefficace et n'atteindra que les comparses de l'Association, mais
jamais les chefs ;
Qu'il existe dans différents pays, notamment en Allemagne, des lois contre
l'Internationale, ce qui n'empêche pas les Internationaux allemands d'être au nombre
d'un million d'individus;
Que la loi, jugeant du fait et non de l'intention, est capable de réprimer mais
impuissante à prévenir;
Et conséquemment que c'est la Société elle-même qui doit prendre les mesures
nécessaires à sa défense ;
Par ces raisons :
Le Conseil général de la CONTRE-INTERNATIONALE, ligne des Conservateurs,
tenu à Paris le 22 février 1872, déclare que cette Association, ainsi que toutes les
sociétés ou individus y adhérant, reconnaîtront comme devant être la base de leur
conduite envers tous les hommes, la liberté individuelle, la propriété, la famille,
sans distinction de parti, de croyance ou de nationalité.
Ils s'engageront à combattre par tous les moyens honnêtes et légaux la propa-
gation des fausses doctrines de l'Internationale, et à trouver des adhérents à la
CONTRE-INTERNATIONALE, qui n'a d'autre but que le salut de la Société et l'amé-
lioration des classes ouvrières, en reprenant ouvertement le but avoué de l'Interna,
tionale et en s'en faisant une arme contre elle.
C'est dans cet esprit que le Conseil général a adopté définitivement les statuts
suivants de la Contre-Internationale.
ARTICLE PREMIER.
Une Association est établie pour procurer un point central de communications
entre les conservateurs, propriétaires, producteurs, travailleurs des différents pays,
aspirant au même but, savoir :
Le maintien de l'ordre, le respect de la liberté individuelle, de la Propriété,
de la Famille.
Hommes et femmes sont également admis à faire partie de l'Association.
ART. 2.
Le titre de cette Société est la CONTRE-INTERNATIONALE, ligue des Conser-
vateurs.
ART. 3.
BUT DE LA SOCIÉTÉ
La CONTRE-INTERNATIONALE a pour but de défendre la Société contre les
principes pernicieux de l'INTERNATIONALE, à l'aide des moyens employés par
l'Internationale elle-même, — notamment en éclairant les ouvriers,-- en amélio-
rant leur sort, — et en les soutenant dans les cas de grève, de gène, de maladie et
de chômage.
La Société prête en outre son concours aux patrons, notamment contre les
grèves déterminées par les manoeuvres de l'Internationale.
ART. 4.
DU CONSEIL GÉNÉRAL
L'Association est dirigée par un Conseil général, comptant 30 membres au mini-
mum et 50 au plus.
1. — Les fonctions de membre du Conseil général sont gratuites.
2. — Il est adjoint au Conseil un Directeur et un Secrétaire-général, qui prépa-
rera les travaux du Conseil.
3. — Le Conseil général se réunira au moins une fois par mois.
D'ici à l'organisation définitive, il se réunira toutes les semaines extraordinaire-
nient.
Il pourra toujours être convoqué extraordinairement par le Président.
4. — A moins d'événements extraordinaires, et nécessitant une réunion immé-
diate, les convocations seront faites huit jours à l'avance, et devront contenir toutes
les questions et propositions qui seront soumises au Conseil général.
5. — A l'ouverture de chaque séance, le Président et chacun des membres
présents apposeront leurs signatures sur un registre destiné à cet effet.
6. — Les délibérations seront prises à la majorité des voix des membres pré-
sents.
7. — La présence de quinze membres est nécessaire pour la validité des déli-
bérations.
8. — Les votes sont exprimés par assis et levé, à moins que le scrutin secret
ne soit demandé par cinq au moins des membres présents.
9. — Les décisions seront également consignées sur un registre tenu à cet effet
et signé du Président, du Secrétaire-général et des membres présents à la séance
où le procès-verbal sera adopté.
10. — Le Conseil général réunit tous les pouvoirs les plus étendus et illimités
en un mot il prononce souverainement.
11.— Les membres du Conseil général pourront être indéfiniment rééligibles.
La durée de leurs fonctions est de trois années. Le Conseil se renouvelle par tiers,
d'année en année, et par voie de tirage au sort.

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