Propriétés médicinales des diverses espèces de saules, par Télèphe P. Desmartis,...

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Lafargue (Bordeaux). 1852. In-8° , 14 p..
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Publié le : jeudi 1 janvier 1852
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DES DIVERSES ESPÈCES
DE SAULES,
DOCTEUR-MÉDECIN ,
CORRESPONDANT DE LA SOCIETE MEDICALE D'EMULATION DE MONTPELLIER .
TITULAIRE DE LA SOCIETE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUESDE LA MÊME VILLE.
M.EMBRE DE LA SOCIETE MÉDICALE D'ÉMULATION DE LA GIRONDE ,
MEDECIN DU 4.e BUREAU DE RIENFAISANCE DE BORDEAUX.
% Boxîieaut,
TYPOGRAPHIE DE TH. LAFARGUE, LIBRAIRE,
KUE PUITS DE BAGNE-CAP, 8.
1852.
PROPRIETES MÉDICINALES
_; DES DIVERSES ESPÈCES
VE SAULES;
Par M. Télèphe P. DESMAKTIS,
_l,' • ^ Docteur-Médecin.
Le SAULE , cet arbre si répandu et si commun sur le bord
des rivières, des ruisseaux et dans tous les terrains humides,
possède des propriétés fort utiles. C'est un des meilleurs
toniques ; il est astringent, emménagogue ; c'est un des plus
puissants anti-périodiques, il passe aussi pour vermifuge.
Nous ajouterons qu'il est diurétique et qu'il occasionne
souvent une diurèse des plus abondantes.
Comme tonique, le saule peut parfaitement remplacer le
quinquina, et doit même en certaines circonstances lui être
préféré, parce qu'il ne procure point de ces phlegmasies
internes que cause l'écorce du Pérou toutes les fois qu'il y
a une prédisposition ou un commencement d'inflammation.
Chez les sujets lymphatiques ou scrofuleux, la décoction
de salix employée concurremment en bains et à l'intérieur,
produit un bien-être qu'on n'osait plus espérer. Le saule
renferme de l'iode, et c'est à cet élément peut-être plus
qu'à la salicine, à la corticine et à ses autres principes, qu'il
doit ses propriétés anti-scrofuleuses.
(2)
M. Cazin (1) le dit, avec raison, très-utile dans l'atonie
du tube digestif, dans les hémorragies passives, dans les
flux muqueux atoniques et surtout dans la leucorrhée ;
toutes nos observations tendent à corroborer ce qu'a avancé
M. le docteur Cazin. Nous nous sommes servi avec le plus
grand avantage de la décoction de saule dans la ménorrhagie
passive. Administrée en bains et à l'intérieur, elle a fait
disparaître des leucorrhées abondantes , rebelles à d'autres
médicaments, et elle a rétabli une tonicité convenable. Dans
des cas de dysménorrhée et surtout chez les jeunes filles
peu ou point menstruées , la tisane et les bains produisent
des effets héroïques. La propriété astringente du salioe occa-
sionne nécessairement de la constipation qu'il faut modifier
par des laxatifs. Des blennorhées excessivement anciennes
et qui étaient regardées comme incurables ont été taries par
les mêmes moyens que la dysménorrhée ; seulement, nous
avons ajouté l'emploi de la décoction en injection.
Haller avait conseillé la même décoction en bain , pour
remédier à la débilité des membres inférieurs des enfants.
C'est un moyen que nous employons souvent, surtout
depuis que nous sommes médecin au Bureau de Bienfai-
sance. Les enfants lymphatiques et sans maladie à caractère
inflammatoire s'en trouvent bien ; mais il est loin d'en être
ainsi de ceux qui sont d'un tempérament sanguin ou qui ont
des affections dans lesquelles le principe d'inflammation pré-
domine ; alors l'emploi du saule produit, au contraire, des
tournoiements de tête, des sortes de migraine , des conges-
tion scéphaliques ; il en est de même chez les adultes.
Disons encore, que dans certaines convalescences nous
prescrivons, comme tisane, la décoction de saule préféra-
(1) Traité pratique et raisonné des plantes indigènes. 1850.
i 3 }
blement à celle de quinquina, parce qu'elle n'agit nullement
d'une manière irritante. Cette tisane , quoique amère, peut
être rendue agréable et modifiée suivant les circonstances,
au moyen de sirop convenable que l'on varie pour éviter le
dégoût et la répugnance que finirait par éprouver le malade.
Au mois d'Avril 1851 , nous fûmes appelé auprès de la
femme Sahy , âgée de 39 ans, d'un tempérament lympha-
tique , d'une constitution débile. Elle habite avec sa famille,
aussi honnête que malheureuse, une chambre très-peu
saine, dans une impasse du quartier St -André. Elle était sur
le point de sevrer son dernier enfant et se trouvait atteinte
d'une pleurésie accompagnée de symptômes fort graves.
L'état de faiblesse et l'anémie de cette femme, fut selon
moi, une contre indication des antiphlogistiques. De doux
purgatifs produisirent l'effet sédatif que je désirais obtenir,
et un vésicatoire sur le point douloureux, fit disparaître le
mal en peu de jours. A peine le point pleurétique fut-il passé,
que le lait qui s'était tari revint avec abondance et fatigua
beaucoup la malade. Je prescrivis pour tisane une forte
décoction de Salix alba, édulcorée avec du sirop de raffi-
nerie ; dès la nuit suivante, les urines devinrent copieuses
et la propriété tonique du médicament se manifesta par les
forces qui revinrent le flux cataménial reparut et fut depuis
plus abondant que par le passé. Seulement, il fallut, par
des moyens appropriés, faire cesser la constipation qui
résulta de l'ingestion du salix.
Luders a regardé le saule comme éminemment anthel-
minthique, surtout lorsqu'il est employé en injection anale.
Harthman (1) et M. Cazin (2), se sont assurés que le saule
(1) Dissert, de virtut. salicis folio laureoe anthelminl.—
Francf., 1781.
(2; Trait, des plant, ind.— Paris, 1850.
(4)
à feuilles de laurier était préférable comme vermifuge. A
l'extérieur, l'écorce de saule blanc est employée soit en
décoction, soit en poudre contre les ulcères atoniques ou
fongueux, contre la gangrène et la pourriture d'hôpital.
A cet égard, elle se rapproche du quinquina et agit de la
même manière. J'ai fréquemment mis en usage, dit M.
Cazin, cette écorce en décoction comme antiseptique ; j'ai
pu arrêter promptement la gangrène dans un cas d'érysipèle
phlegmoneux occupant toute la jambe gauche , chez un
vieillard cacochyme . âgé de 69 ans, cultivateur au village
de Besinghen , par cette seule décoction très-concentrée,
en fomentation , sur toute l'étendue du membre, et en
injection dans les sinuosités causées par la fonte suppura-
toire du tissu cellulaire et le décollement de la peau qui
ont toujours lieu dans cette affection (1).
Nous pouvons dire, nous aussi, avoir soigné au mois de
Septembre dernier, le nommé L...., menuisier, demeurant
rue du Peugue, que nous vîmes en consultation avec M. le
docteur Augey. Cet homme, d'une obésité extrême, s'étant
heurté le mollet contre un morceau de bois, n'éprouva sur
le moment qu'une douleur fort tolérable ; mais deux ou trois
jours après , sa jambe devint énorme, très-douloureuse et
fut envahie par un érysipèle qui gagna le pied et la cuisse.
Toute la jambe eut bientôt l'apparence d'un vaste phlegmon
phlycténoïde. Les antiphlogistiques et les drastiques, quoi-
que employés largement, ne parurent pas diminuer le mal.
La tuméfaction, la douleur persistaient toujours ainsi que
l'aspect gangreneux. Le gros orteil devint noir, parcheminé,
infiltré de pus et ayant tout l'aspect de la gangrène sénile.
Nous employâmes une pommade composée d'axonge 16
grammes, onguent double d'hydrargyre 16 'gram., extrait
(I) Loc. cit.

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