//img.uscri.be/pth/a032cd785590cea862387254cc54158c6425963b
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Protagoras - Euthydème - Gorgias - Ménexène - Ménon - Cratyle

De
514 pages
« Je t’affirme, dis-je, que je n’ai d’autre but en te faisant toutes ces questions que d’examiner les problèmes relatifs à la vertu et ce qu’est la vertu en elle-même. Car je suis persuadé que ce point éclairci jetterait une vive lumière sur l’objet de la longue discussion que nous venons d’avoir ensemble, moi prétendant que la vertu ne saurait être enseignée, toi, qu’elle peut l’être. […] Si, en effet, la vertu était autre chose que la science, comme Protagoras a tâché de le prouver, il est clair qu’elle ne saurait être enseignée. Si au contraire elle se ramène exactement à la science, comme tu as à cœur de le prouver, Socrate, il serait bien extraordinaire qu’elle ne pût être enseignée. » Protagoras
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Platon
Protagoras Euthydème Gorgias Ménexène Ménon Cratyle
GF Flammarion
www.centrenationaldulivre.fr
© 1967, GARNIER FRÈRES, Paris. © 2016, Flammarion, Paris, pour cette édition. ISBN Epub : 9782081388925
ISBN PDF Web : 9782081388932
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081386716
Ouvrage numérisé et converti par Meta-systems (5910 0 Roubaix)
Présentation de l'éditeur « Je t’affirme, dis-je, que je n’ai d’autre but en te faisant toutes ces questions que d’examiner les problèmes relatifs à la vertu et ce qu’est la vertu en elle-même. Car je suis persuadé que ce point éclairci jetterait une v ive lumière sur l’objet de la longue discussion que nous venons d’avoir ensemble, moi pr étendant que la vertu ne saurait être enseignée, toi, qu’elle peut l’être. […] Si, e n effet, la vertu était autre chose que la science, comme Protagoras a tâché de le prouver, il est clair qu’elle ne saurait être enseignée. Si au contraire elle se ramène exactemen t à la science, comme tu as à cœur de le prouver, Socrate, il serait bien extraordinaire qu’elle ne pût être enseignée. » Protagoras
Œuvres de Platon dans la même collection
Alcibiade(nouvelle traduction de Chantal Marbœuf et Jean-François Pradeau). Apologie de Socrate. Criton(nouvelle traduction de Luc Brisson). Le Banquet(nouvelle traduction de Luc Brisson). Le Banquet. Phèdre. Charmide. Lysis(nouvelles traductions de L.-A. Dorion). Cratyle(nouvelle traduction de Catherine Dalimier). Euthydème(nouvelle traduction de Monique Canto). Gorgias(nouvelle traduction de Monique Canto). Hippias majeur. Hippias mineur (nouvelles traductions de Jean-François Pradeau et Francesco Fronterotta). Ion(nouvelle traduction de Monique Canto). Lachès. Euthyphron(nouvelles traductions de Louis-André Dorion). Lettres(nouvelle traduction de Luc Brisson). Les Loisis Pradeau).(nouvelle traduction de Luc Brisson et Jean-Franço Ménon(nouvelle traduction de Monique Canto). Les Mythes de Platon(textes choisis et présentés par J.-F. Pradeau). Parménide(nouvelle traduction de Luc Brisson). Phédon(nouvelle traduction de Monique Dixsaut). Phèdre(nouvelle traduction de Luc Brisson). Philèbe(nouvelle traduction de Jean-François Pradeau). Platon par lui-même(textes choisis et traduits par Louis Guillermit). Politiqueis Pradeau).(nouvelle traduction de Luc Brisson et Jean-Franço Protagoras(nouvelle traduction de Frédérique Ildefonse). La République(nouvelle traduction de Georges Leroux). Second Alcibiade. Hippias mineur. Premier Alcibiade . Euthyphron. Lachès. Charmide. Lysis. Hippias majeur. Ion. Sophiste(nouvelle traduction de Nestor L. Cordero). Sophiste. Politique. Philèbe. Timée. Critias. Théétète(nouvelle traduction de Michel Narcy). Théétète. Parménide. Timée. Critias(nouvelles traductions de Luc Brisson).
Protagoras Euthydème Gorgias Ménexène Ménon Cratyle
NOTICE SUR LAVIEET LES ŒUVRES DEPLATON
La vie
Platon naquit àAthènes en l'an ~ 428- ~ 427dans ledèmede Collytos. D'après Diogène Laërce, son pèreAristondescendaitde Codros. Sa mèrePérictionè, sœurde Charmide et cousine germaine de Critias, le tyran,descendaitde Dropidès, que Diogène Laërcedonne comme un frèrede Solon. Platon avaitdeux frères aînés,Adimante et Glaucon, et une sœur,Potonè, qui fut la mèrede Speusippe. Son pèreAristondut mourirde bonne heure ; car sa re seremaria avec sononcle Pyrilampe,dont elle eut un fils,Antiphon. QuandPlaton mourut, il nerestait plusde la famille qu'un enfant,Adimante, qui était sansdoute le petit-filsde son frère.Platon l'institua son héritier, et nous leretrouvons membrede l'Académie sous Xénocrate ; la familledePlaton s'éteignit probablement avec lui ; caron n'en entendplus parler. La coutume voulait qu'un enfant portât le nomde son grand-père, etPlaton auraitdû s'appeler comme luiAristoclès.Pourquoi luidonna-t-on le nomdePlaton,d'ailleurs commun à cette époque ? Diogène Laërcerapporte qu'il lui futdonné par son maîtrede gymnastique à causede sa taille ; maisd'autres l'expliquent pard'autresraisons. La famille possédait undomaine prèsde Képhisia, surle Céphise,où l'enfant apprit sansdoute à aimerle calmedes champs, mais ildut passer la plus grande partiede son enfance à la ville pourles besoinsde son éducation.Elle fut très soignée, comme il convenait à un enfantde haute naissance. Il appritd'abordà honorerlesdieux et àobserver lesritesde lareligion, commeon le faisaitdans toute bonne maisond'Athènes, mais sans mysticisme, ni superstitiond'aucune sorte. Il gardera toute sa vie cerespectde lareligion et l'imposeradans sesLois.Outre la gymnastique et la musique, qui faisaient le fondde l'éducation athénienne,on prétendqu'il étudia aussi ledessin et la peinture. Il fut initié à la philosophie parun discipled'Héraclite, Cratyle,dont il adonné le nom à unde ses traités. Il avaitde grandes dispositions pourp la oésie. Témoindes succèsd'Euripide etd'Agathon, il composa lui aussides tragédies,des poèmes lyriques etdesdithyrambes. Vers l'âgede vingt ans, ilrencontra Socrate. Il brûla,dit-on, ses tragédies et s'attachadès lors à la philosophie. Socrate s'étaitdévoué à enseignerve la rtu à ses concitoyens : c'est par laréformedes individus qu'il voulait procurerle bonheurà la cité. Ce fut aussi le but que s'assignaPlaton, car, à l'exemplede son cousin Critias etde sononcle Charmide, il songeait à se lancerdans la carrre politique ; mais les excèsdes Trente lui firent horreur. QuandThrasybule eutrétabli la constitution démocratique, il se sentitde nouveau, quoique plus mollement, presséde se mêlerdes affairesde l'État. La condamnationde Socrate (~ 399) l'endégoûta. Il attendit en vain une améliorationdes mœurs politiques ; enfin, voyant que le mal était incurable, ilrenonça à prendre part aux affaires ; mais le perfectionnementde la cité n'endemeura pas moins sa grande préoccupation, et il travailla plus que jamais à préparer par sesouvrages un étatde chosesoù les philosophes,devenus les précepteurs et les gouverneursde l'humanité, mettraient fin aux mauxdont elle est accablée. Il était malade lorsque Socrate but la ciguë, et il ne put assisterà sesderniers moments.Après la mortde son maître, il seretira àMégare, prèsd'Euclide etde Terpsion, comme luidisciplesde Socrate. Ildut ensuitereveniràAthènes et servir, comme ses frères,dans la cavalerie. Il prit,dit-on, part aux campagnesde ~ 395 etde ~ 394,dans la guerreditede Corinthe. Il n'a jamais parde ses services militaires, mais il a toujours préconisé les exercices militaires pourdévelopperla vigueur. Ledésirde s'instruire le poussa à voyager. Vers ~ 390, il serendit en Égypte, emmenant une cargaisond'huile pour payer son voyage. Il y vitdes arts etdes coutumes qui n'avaient pas vardepuisdes milliersd'années. C'est peut-être au spectaclede cette civilisation fidèle aux antiques traditions qu'il en vint à penserles h que ommes peuvent être heureux endemeurant attachés à une forme immuablede vie, que la musique et la poésie n'ont pas besoinde créations nouvelles, qu'il suffitde trouverla meilleure constitution et qu'on peut forcerles peuples à s'y tenir. D'Égypte, il serendit à Cyrène,où il se mit à l'écoledu mathématicien Théodore,dont ildevait faire undes interlocuteursduThéétète. De Cyrène, il passa en Italie,où il se liad'amitié avec les PythagoriciensPhilolaos,Archytas et Timée. Il n'est pas sûr que ce soit à eux qu'il ait pris sa croyance à la migrationdes âmes ; mais il leurdoit l'idéede l'éternitéde l'âme, quidevaitdevenirla
pierre angulairede sa philosophie, carelle lui fournit la solutiondu problèmede la connaissance. Il approfondit aussi parmi eux ses connaissances en arithmétique, en astronomie et en musique. D'Italie, il serendit en Sicile. Il vit Catane et l'Etna. À Syracuse, il assista aux farces populaires et acheta le livrede Sophron, auteurde farces en prose. Il futreçu à la courde Denys comme un étrangerdedistinction et il gagna à la philosophie Dion, beau-frèredu tyran.Mais il ne s'accorda pas longtemps avec Denys, qui lerenvoya survaisseau en pa un rtance pourEgine, alors ennemie d'Athènes. Si, commeon lerapporte, il le livra au LacédémonienPollis, c'était le livrer à l'ennemi. Heureusement il y avait alors àEgine un Cyrénéen,Annikéris, quireconnutPlaton et leracheta pour vingt mines.Platonrevint àAthènes, vraisemblablement en ~ 388. Il avait quarante ans. La guerredurait encore ; mais elle allait se terminerl'année suivante parla paixd'Antalkidas. À ce moment,Euripide était mort et n'avait pas eude successeurdignede lui.Aristophane venaitde faire jouer sondernierdrame,remanié, lePloutos, et le théâtre comique nedevaitretrouver son éclat qu'avecMénandre.Mais si les grands poètes faisaientdéfaut, la prose jetait alors un vif éclat avec Lysias, qui écrivaitdes plaidoyers et en avait même composé un pourSocrate, et Isocrate, qui avait fondé une écolederhétorique. Deuxdisciplesde Socrate,Eschine etAntisthène, qui tousdeux avaientdéfendu le maître, tenaient école et publiaientdes écrits goûtésdu public.Platon, lui aussi, se mit à enseigner; mais au lieude le faire en causant, comme son maître, en tous lieux et avec tout le monde, il fonda une sorted'école à l'imagedes sociétés pythagoriciennes. Il acheta un petit terrain dans le voisinagedu gymnased'Académos, prèsde Colone, le village natalde Sophocle. De là le nom d'Académie qui futdonné à l'écoledePlaton. Sesdisciples formaient uneréuniond'amis,dont le président était choisi parles jeunes etdont les membres payaient sansdoute une cotisation. Nous ne savonsriendes vingt annéesde la viedePlaton qui s'écoulèrent entre sonretour à Athènes et sonrappel en Sicile.On nerencontre mêmedans ses œuvres aucune allusion aux événements contemporains, à lareconstitutionde l'empire maritimed'Athènes, aux succèsde Thèbes avecEpaminondas, à ladécadencede Sparte. Denys l'Ancien étant mort en ~ 368, Dion, qui comptait gouverner l'espritde son successeur, Denys le Jeune, appelaPlaton à son aide. Ilrêvaitde transformerla tyrannie enroyauté constitutionnelle,où la loi et la liberrégneraient ensemble. Son appel surpritPlaton en plein travail ; mais ledésirde jouer unrôle politique etd'appliquer son système l'entraîna. Il se mit enroute en ~ 366, laissant àEudoxe ladirectionde son école. Il gagna en passant l'amitiéd'Archytas, mathématicien philosophe qui gouvernait Tarente.Mais quandil arriva à Syracuse, la situation avait changé. Il fut brillammentreçu parDenys, mais mal vudes partisansde la tyrannie et en particulierdePhilistos, qui étaitrentré à Syracuse après la mortde Denys l'Ancien.En outre, Denys, s'étant aperçu que Dion voulait le tenirtutelle, le bannit en de Syracuse. Tandis que Dion s'en allait vivre àAthènes, DenysretenaitPlaton, sous prétextederecevoirses leçons, pendant tout l'hiver.Enfin quandme la rredevint navigable, au printempsde l'année ~ 365, il l'autorisa à partirsous promessedereveniravec Dion. Ils se séparèrent amicalement,d'autant mieux quePlaton avait ménagé à Denys l'allianced'Archytasde Tarente. Deretour àAthènes,Platon y trouva Dion qui menait une vie fastueuse. Ilreprit son enseignement. Cependant Denys avait pris goût à la philosophie. Il avait appelé à sa courdeux disciplesde Socrate,Eschine etAristippede Cyrène, et ildésiraitrevoirPlaton.Au printempsde ~ 361, un vaisseaude guerre vint auPirée. Il était commandé parenv un odu tyran, porteurde lettresd'Archytas etde Denys,oùArchytas lui garantissait sa sûreté personnelle, et Denys lui faisait entrevoir lerappelde Dion poursuivante. l'année Platon serendit à leurs instantes prres et partit avec son neveu Speusippe. De nouveauxdéboires l'attendaient : il ne put convaincre Denysde la nécessitéde changerde vie. Denys mit l'embargosurles biensde Dion.Platon voulut partir; le tyran leretint, et il fallut l'interventiond'Archytas pourqu'il pût quitterSyracuse, au printempsde ~ 360. Il serencontra avec Dion àOlympie.On sait comment celui-ci, apprenant que Denys lui avait pris sa femme pour ladonnerun aut à re, marcha contre lui en ~ 357, s'emparade Syracuse et fut tué en ~ 353.Platon lui survécut cinq ans. Il mourut en ~ 347-~ 346, au milieud'unrepasde noces,dit-on. Son neveu Speusippe lui succéda.Parmi lesdisciplesdePlaton, les plus illustres quittèrent l'école. Aristote et Xénocrate serendirent chezHermiasd'Atarnée,Héracliderestad'abord àAthènes, puis alla fonderune écoledans sa patrie,Héraclée.Après la mortde Speusippe, Xénocrate prit ladirection de l'Académie, quidevait subsisterjusqu'en 529de notre ère, annéeoù Justinien la fit fermer.
Les œuvres
La collectiondes œuvresdePlaton comprendtrente-cinqdialogues, plus unrecueilde lettres,des définitions et six petitsdialogues apocryphes :Axiochos,de la Justice,de la Vertu, Démodocos, Sisyphe,Eryxias.Au lieuderangerles trente-cinqdialogues admis pourauthentiquesdans l'ordreoù ils furent publiés, lesAnciens les avaient classés artificiellement.Platon lui-même avait groupé exceptionnellement leThéétète, leSophiste et lePolitique, avec l'intentiond'y adjoindre le Philosophe, qui estresté à l'étatde projet, et aussi laRépublique, leTimée, leCritiaset undialogue qu'il n'écrivit pas. C'est apparemment sur ces groupesde troisoude quatre qu'on se fonda pour le classementdes œuvresdePlaton.Audirede Diogène Laërce,Aristophanede Byzance avait établi les cinq trilogies suivantes : 1.République, Timée, Critias ; 2.Sophiste,Politique, Cratyle ; 3.Lois, Minos,Epinomis ;4.Théétète,Euthyphron,Apologie ;5.Criton,Pdon, Lettres. Il avaitdivisé le reste parlivres et l'avait cité sansordre. Derkylidas, au tempsde César, et Thrasylle, contemporainde Tibère, adoptèrent au contraire le classement partétralogies, quirappelait à la fois lesdeux groupes de quatre qu'avait conçusPlaton et les tétralogies tragiques (trois tragédies, plus undrame satirique). L'ordrede Thrasylle est celui que nous présentent nos manuscrits, et qu'ontreproduit les éditeurs jusqu'à nos jours. La 1ertétralogie comprend:Euthyphron,Apologie, Criton,Pdon ; la 2e :Cratyle, Théétète, Sophiste,Politique ; la 3e :Parménide,Philèbe, Banquet,Pdre ; la 5e :PremieretsecondAlcibiade,Hipparque, Rivaux ; la 4e :Théagès, Charmide, Lachès, Lysis ; la 6e :Euthydème,Protagoras, Gorgias,Ménon ; la 7e :Hippias mineuretHippias majeur, Ion,Ménexène ; la 8e :Clitophon, République, Timée, Critias ; la 9e :Minos, Lois,Epinomis, Lettres. Ondivisait aussi lesdialoguesd'une autre manière. « Ledialogue adeux formes, nousdit Diogène Laërce ; il estdiégétique(sous formed'exposition)ouzététique(sous formederecherche). La première sedivise endeux genres :théoriqueoupratique. Le théorique se subdivise à son touren deux espèces :métaphysiqueourationnelle ;le pratique aussi se subdivise endeux espèces :morale e tpolitique. Ledialoguezététique peut avoir, lui aussi,deux formesdifférentes : il peut être gymnique (d'exercice) etagonistique (de combat). Le genre gymnique se subdivise enmaïeutique (qui accouche les esprits) et enpeirastique (qui éprouve, qui sonde). L'agonistiquesub se divise également endeux espèces : l'endictique (démonstrative) et l'anatreptique (réfutative). Nos manuscrits et nos éditionsont conservé ces indications. Ils portent aussi, avec le nom propre qui désigne ledialogue, un sous-titre qui en indique le contenu. » À l'ordre tout arbitrairedes tétralogieson a essayéde nos joursde substituer unordre chronologique qui nous permettraitde suivre l'évolutionde la penséedePlaton. La tâche est extrêmementdélicate etdifficile.Platon semble ne s'intéresserqu'à la spéculation philosophique. Il a vécudans une période extrêmement troublée.On ne s'endouterait guère à le lire, tant les allusions aux événements contemporains sontraresdans sesouvrages et nous aident peu à lesdater. Les témoignagesdes contemporains nous font égalementdéfaut et ceux qui placent leLysisou lePdre du vivantde Socrate sont plus que suspects.Mais ladifficulté n'a pas arrêté les chercheurs. Le premier, Schleiermacher, a essayéd'ordonner lesdialogues, en commençant pardesdialogues élémentaires, en continuant pardesdialogues préparatoires et en terminant pardesdialogues constructifs.Après lui,K. Fr.Hermann, se plaçant à un autre pointde vue, a fondé son classement surles influences successives qu'aurait subies la penséedePlaton.Mais ces méthodes subjectives ne pouvaientdonnerderésultats certains. Dittenbergeret Lutoslawskiont cruobtenirdesrésultats plus rs en confrontant le style, en particulierl'usagedes particules,dans lesdiversdialogues, avec celui desLois, ledernierouvrage absolument authentiquedePlaton. Teichmüllers'est efforderetrouver des allusions aux querelles littéraires et philosophiquesdu ~ IVe siècle. Il a essayéderattacheraussi lesdialogues aux écritsd'Antisthène,de Xénophon et surtoutd'Isocrate, qui sont les mieuxdatés. D'autres se sont attachés à suivre telleou telledoctrine particulière à travers lesdialogues et à les classerd'après ledegréde clarté etd'achèvementoù elle apparaissait. Cette méthode adonnédes résultats fructueux. C'est en suivant ledéveloppementdes idées métaphysiquesdePlaton que Campbell adémontré que leParménide, leThéétète, leSophiste, lePolitique, lePhilèbeet leTimée
forment un groupe à part, nettement séparéduPdon,duBanquet,duPdre, etde laRépublique. Appliquant le même principe aux autresdialogues que les six mis à part parCampbell,Mme Tarrant, dans son éditionde l'Hippias majeur (1928), les arangésdans l'ordre suivant :Lachès, Lysis, Charmide, Criton,Euthyphron,Protagoras,Euthydème, Gorgias,Ménon,Pdre, Banquet, Cratyle, République,Pdon. Wilamowitz,dans sonouvrage surPlaton, lesrangedans un autre ordre. Il place audébutIon,Hippias majeur etProtagoras, qui furent peut-être, selon lui, écritsdu vivant mêmedePlaton, puisApologie, Criton, Lachès, Lysis, Charmide,Euthyphron, Ierlivrede la République, Gorgias,Ménexène,Ménon, Cratyle,Euthydème,Pdon, Banquet, République, Pdre. Lesdirecteursde la Collection BUDÉont adopté l'ordre suivant : Hippias mineur; Charmide ;Pdre ; SecondAlcibiade ; Lachès ; Ion ; Apologie ;Protagoras ;Ménexène ; Euthyphron ; Gorgias ;Euthydème ; Criton ;Ménon ; Cratyle ; GrandHippias ;Pdon ; République. Lysis ; Banquet ; Pourdesraisons qui serontdonnées à proposde chaquedialogue, j'ai crudevoirlesrangerdans l'ordre suivant : SecondAlcibiade ;Protagoras ;Parménide ; Hippias mineur;Euthydème ; Sophiste ; PremierAlcibiade ; Gorgias ;Politique ; Apologie ;Ménexène ;Philèbe ; Criton ;Ménon ; Timée ; Euthyphron ; Cratyle ; Critias ; Lachès ;Pdre ; Lois ; Charmide ; Banquet ;Epinomis ; Lysis ; République ; Lettres ; Hippias majeur;Pdon ; Dialogues suspects ; Ion ; Théétète ; Dialogues apocryphes. Les modernes se sontdemandé si lesouvrages attribués àPlaton sont tous authentiques. Déjà quelquesAnciens tenaient pour suspects lesecondAlcibiade, l'Hippias mineur, lesRivaux, l'Epinomis, sans parlerdes sixdialogues apocryphes.Au XIXe siècle une vaguede scepticisme mise en branle parsavant alleman le dAst s'est étendue à plusde la moitiédesdialogues, et l'on a été jusqu'àrejeterl'Euthydème, leMénon, leCratyle, lePhilèbeet tout le groupe forduSophiste,du Politique etduParménide. Toutes ces athétèses sont partiesd'un principe arbitraire, c'est-à-direde l'idée que l'on se formaitdePlatond'après certainsdialogues jugés authentiques.Onrepoussait tout ce qui ne cadrait pas avec cette idée. Comme cette idée variait suivant l'esprit qui l'avait formée et suivant le pointde vueoù chacun se plaçait, les athétèses variaient aussi. Cette méthode toute subjective a fait son temps : l'on estrevenu àdes idées plus saines.On admet fort bien quePlaton ait pu varier, que son génie ne soit pas éclos toutd'un coup, et qu'il ait pu avoircomme les autres ses défaillances et sondéclin.On n'ose plus, commeon l'a fait parp exemple our l'Hippias mineur, passerpar-dessus le témoignage irrécusabled'Aristote.On admet généralement comme authentiques presque tous lesdialogues, sauf leThéagès, leMinoset leClitophon.Onregardait toutes lesLettres comme apocryphes :on fait exception aujourd'hui pourla 7e et la 8e. Quant auxDéfinitions,on y voit une compilationd'école, sans intérêtd'ailleurs.
La philosophiedePlaton – théoriedes idées
Dans ses premiersouvrages, c'est-à-diredans lesdialoguesdénommés socratiques,Platon, fidèle disciplede Socrate, s'attache comme lui àdéfinirexactement les idées morales. Ilrecherche ce qu'est le courage, la sagesse, l'amitié, la pitié, la vertu. Socrate professait qu'il suffitde connaître le bien pourp le ratiquer, que par conséquent la vertu est science et le vice ignorance.Platonrestera fidèle toute sa vie à cettedoctrine. Comme Socrate, il honorera lesdieux et tiendra que la vertu consiste à