Pyrallis

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Burke (et pas Beurk), jeune novice, traverse le royaume de France au XIVème siècle, mais il est bien difficile d'observer la règle monastique en pleine puberté... Surtout quand le maître Pyrallis se révèle être un piètre théologien et un fieffé brigand. Chronique médiévale ? Conte philosophique ? Pastiche quelque peu paillard ? Qu'importe puisque tout ce que vous lirez est faux... quoique...
Publié le : mardi 23 février 2016
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EAN13 : 9791026204176
Nombre de pages : non-communiqué
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Anthony FAURE

Pyrallis

 


 

© Anthony FAURE, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0417-6

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Pyrallis

 

Ou le récit des tribulations du novice Burke Willing dans le royaume de France et la compilation des enseignements honnis du Maître Pyrallis découverts et publiés par le Baron Hubert-le-Joli de Nérac, puis frappés d’interdiction et perdus avant d’être retrouvés et révélés par Anthony Faure.

 

 

De la mystification
ou
le Baron Hubert le Joli de Nérac
l’humaniste inconnu

 

Tout ce que vous allez lire ici est faux. Le texte présenté dans cet ouvrage est visiblement une supercherie et je suis celui qui a le privilège de le révéler au public.

 

Avant cela, j’ai bien-sûr quelque peu actualisé le style pour en faciliter la compréhension, sans jamais en dénaturer le message. Mais avant de vous laisser avec le texte du mystérieux Baron, permettez-moi de prendre un peu de votre temps afin d’expliquer les circonstances de sa découverte.

 

Il y a quelques mois maintenant, j’ai reçu une lettre d’un notaire de Nîmes qui m’informait de la tristesse que j’éprouvais après la perte de mon irremplaçable grande tante Sophie. Précisons que je n’avais jamais eu l’occasion de la connaître. Comme beaucoup de gens aujourd’hui bien des branches tortueuses de mon arbre généalogique restent un mystère insondable. Intrigué par cette grande tante et par cette extraordinaire générosité, je décidai de prendre une journée pour faire l’aller retour jusqu’à Nîmes. A la lecture du testament, il s’avéra que j’héritai d’une malle. Je ramenais cet énorme coffre, très pesant, par avion.

 

Arrivé à la maison je fis sauter le cadenas qui protégeait l’ouverture de mon héritage. Celui-ci se composait de vieux papiers et de magazines aux couleurs délavées. Une vie entière de souvenirs en factures, photos jaunies et actes administratifs s’offrait à moi. J’en étais dépité. N’étant pas porté sur la généalogie je ne savais que faire de tout ce fatras poussiéreux. Un peu déçu par le piètre retour sur mon investissement (une journée de congés, un billet aller-retour pour Nîmes, le déjeuner sur place, la surtaxe, le parking à l’aéroport) je m’apprêtais à envoyer mon fabuleux héritage dans le bac à recyclage. D’ici mardi matin, il n’y aurait plus de trace de cette embarrassante mésaventure. Alors que j’allai refermer à jamais le couvercle de la malle, mon regard fut attiré par une couleur de papier plus inhabituelle et largement plus ancienne que le reste de la collection de la grande tante Sophie. Je plongeai la main au fond de la malle et en ressortis un élégant petit livre relié de cuir. Sur la première page, le frontispice gravé avec finesse annonçait que cet ouvrage avait été imprimé à La Haye au 18ème siècle. Je tenais dans ma main un ouvrage vieux de plus de 200 ans !

 

Le livre contenait une introduction qui ne manqua pas de m’étonner. L’auteur, un certain Baron Hubert-le-Joli de Nérac, y racontait avoir trouvé un manuscrit de l’époque médiévale décrivant les tribulations d’un moine pour le moins original. Bien que le Baron affirme n’avoir modifié que certaines tournures de phrases pour que le lecteur du 18ème siècle puisse comprendre le récit, il semble que l’intégralité du texte soit en fait de son invention.

Ainsi à l’instar de Montesquieu avec « Les lettres Persanes » ou de Voltaire avec « Zadig » et « Candide », il est évident que le Baron s’est fendu d’un conte philosophique.

 

Pourquoi ce conte n’est pas passé à la postérité ? A la lecture on peut se rendre compte que les messages que le Baron souhaite véhiculer, si certains sont louables d’autres restent complètement abscons. Etait-il trop en avance sur son temps ? ou complètement à côté de la plaque ? Au 18ème siècle la mode était à l’exotisme, placer son récit au moyen-âge, qui était considéré comme le fond des âges barbares, a certainement rebuté une large partie du public.

 

Pourquoi le Baron Hubert-le-Joli de Nérac n’est-il pas passé à la postérité ? Le Baron a voulu suivre une mode initiée par de plus talentueux prédécesseurs. C’était aussi prendre le risque de disparaître dans leur ombre. N’oublions pas qu’il avait également pris le risque de publier un conte philosophique, une supercherie littéraire transparente à l’époque où les autorités royales et religieuses faisaient la chasse à ce genre de pamphlet. Celui qui s’adonnait à cet exercice s’exposait à de terribles représailles. Le Baron fut moins malin que les autres car il n’a pas hésité à signer la préface de son nom. Il pensait naïvement qu’on ne lui attribuerait pas ce récit médiéval, qu’il prétendait avoir trouvé. Mais le texte avec son style, ses tournures de phrases et ses références parfois anachroniques n’a pas trompé les censeurs. L’absence totale d’archives sur l’auteur laisse penser à une fin aussi tragique que discrète.

 

Il existe cependant une dernière raison qui expliquerait l’oubli de ce texte : la simple et vile publicité. Quand on considère que le fief du Baron était Nérac, ville proche d’Agen, on ne peut croire que les allusions répétées et insistantes sur les pruneaux et leurs multiples bienfaits soient totalement innocentes. On peut facilement imaginer que le Baron ait voulu vanter par ce biais la principale production de son domaine et augmenter ses profits, prenant ainsi les lecteurs pour des imbéciles. Nous serions donc en présence du premier publi-reportage de l’Histoire.

 

Philosophe ou non, tout le monde doit bien gagner sa vie, ainsi pardonnons ce petit écart et rendons hommage au Baron Hubert le Joli de Nérac, cet humaniste inconnu et n’oubliez pas que tout ce que vous lirez ici est faux… Quoi que…

 

Anthony Faure

 

 

« Mon inscroyable trouvaye »

Par le Baron Hubert Aloïs Pierre Marie le Joly de Nérac

 

Il y a une poignée de mois, il advint que je dus me rendre à Lusignan afin de m’occuper de quelque affaire familiale. J’avais trouvé asile en la demeure d’un ami que mon père avait connu jadis au Grand Hôtel des Invalides. Je n’ignorais pas que Lusignan était le fief de la Fée Mélusine, qui de nombreux siècles durant avait alimenté les conversations et le folklore de cette province. Ses épousailles avec le seigneur Raymondin, les actions d’éclats de ses multiples enfants monstrueusement difformes, jusqu’à sa disgrâce et l’ultime malédiction qu’elle lança depuis les créneaux du Château de Lusignan m’étaient connues. Je n’apporte pas foi à ces légendes d’un autre temps. Aujourd’hui les découvertes de nos explorateurs et de nos savants ont repoussé ces croyances absurdes. La famille des Lusignan s’enorgueillit de pouvoir compter la fée parmi ses ancêtres. Celle-ci apparaît sur leurs armoiries. Je trouve l’objet de cette fierté fort déplorable.

 

Après un éprouvant voyage, j’arrivai chez mes hôtes. Je fus accueilli avec cette plaisante simplicité qui sied à la noblesse provinciale. L’étiquette instituée à la cour de Versailles et les bonnes mœurs qu’elle dit imprimer sur les courtisans ne sont qu’un leurre.

 

Une fois le souper terminé, je regagnai mes appartements. Fatigué que j’étais, je m’assoupis bien vite. Durant la nuit, une voix vint déranger mon sommeil. Je m’éveillai et vis une femme, son corps se terminait en queue de poisson et elle flottait devant moi grâce à l’action d’ailes d’arthropode. Comment cela se pouvait-il ? Moi l’ami des philosophes, moi qui célèbre la raison dans les salons Parisiens, moi qui compte parmi mes relations les savants les plus honnêtes, je voyais la Fée Mélusine, personnage mythique qui n’était que fable et mensonge pour effrayer le pauvre peuple.

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