Quand tout aura changé

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Par l'auteure du Correspondant inattendu

1955. Scott arrive de New York à Montgomery, Alabama, pour une mission de six mois. Un jour, dans le bus, le chauffeur ordonne à une jeune femme noire de se lever pour lui laisser la place, à lui, homme blanc. Quand elle refuse, elle se fait expulser du véhicule. Scott est choqué, mais aussi admiratif et intrigué devant le courage de la passagère.

Même si Connie a osé se rebeller contre l’ordre établi, elle a trop conscience de la mentalité ambiante. Elle sait qu’il est plus simple de se tenir éloignée des Blancs. Pourtant, l’insistance de Scott finit par avoir raison de sa méfiance. Laissera-t-elle leur improbable amitié devenir davantage, dans ce monde où Blancs et Noirs ne doivent pas se mêler ?

13 000 mots (nouvelle)


Publié le : jeudi 28 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782924395547
Nombre de pages : non-communiqué
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Résumé

1955. Scott arrive de New York à Montgomery, Alabama, pour une mission de six mois. Un jour, dans le bus, le chauffeur ordonne à une jeune femme noire de se lever pour lui laisser la place, à lui, homme blanc. Quand elle refuse, elle se fait expulser du véhicule. Scott est choqué, mais aussi admiratif et intrigué devant le courage de la passagère.

Même si Connie a osé se rebeller contre l’ordre établi, elle a trop conscience de la mentalité ambiante. Elle sait qu’il est plus simple de se tenir éloignée des Blancs. Pourtant, l’insistance de Scott finit par avoir raison de sa méfiance. Laissera-t-elle leur improbable amitié devenir davantage, dans ce monde où Blancs et Noirs ne doivent pas se mêler ?

De la même auteure
aux Éditions Laska

Le Correspondant inattendu

Tentative d’Incubation d’Antéchrist



QUAND TOUT AURA CHANGÉ

Viviane Faure

Éditions Laska
Montréal, Québec
Courriel : info@romancefr.com

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Tous droits réservés
© Éditions Laska, 2014
Extrait de Tentative d’Incubation d’Antéchrist © Éditions Laska, 2014.

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Design de la couverture : Jeanne Corvellec

ISBN : 978-2-924395-54-7

Droits d’auteur

Quand tout aura changé

Merci !

Tentative d’Incubation d’Antéchrist (extrait)

L’auteure

Quand tout aura changé

Ça faisait un peu plus d’un quart d’heure que Scott attendait quand le bus arriva. Il n’était pas sûr que ce système lui conviendrait bien longtemps. Dès qu’il connaîtrait un peu mieux Montgomery, il ferait en sorte de trouver une voiture à acheter. Ou peut-être simplement à louer. Après tout, il n’était là que pour six mois.

Il fit glisser dix cents dans la boîte prévue à cet effet et avança dans l’allée. Il était dix-sept heures et le bus était bondé : il ne restait pas une seule place assise. Scott s’accrocha fermement à une barre pour se préparer à la secousse qui aurait lieu quand le véhicule redémarrerait. La secousse ne vint pas. Surpris, il se retourna pour voir ce qui retenait le chauffeur. Celui-ci fixait une jeune femme noire, qui pouvait être âgée de dix-neuf ou vingt ans et qui était assise à la place la plus proche de Scott. Elle ignorait le regard du chauffeur et regardait par la fenêtre, alors que, peu à peu, tous les yeux dans le bus convergeaient vers elle. Le regard de Scott passait de la jeune femme au chauffeur et aux autres passagers sans comprendre ce qui se passait. Finalement, le chauffeur rompit le silence :

« Hey, Sootie, fais comme si on n’était pas là, surtout ! »

Elle répondit par un silence obstiné, sans détacher son regard de la vitre. Cependant, Scott était assez près pour voir des gouttes de sueur se former sur sa tempe, à la naissance de ses cheveux. Elle avait très bien conscience qu’on s’adressait à elle, mais elle faisait comme si de rien n’était. Il régnait un silence de mort dans le véhicule. À nouveau, Scott en fit le tour des yeux, et réalisa pour la première fois qu’à part le chauffeur et lui, il n’y avait que deux autres Blancs, assis tout à l’avant du véhicule. La jeune femme noire occupait la place suivante. L’un des Blancs se racla la gorge et murmura :

« Quand tu veux, Blackie… »

Depuis sa place, le chauffeur grogna :

« Oh, tu vois pas qu’on te parle, là ? »

Même réaction, ou plutôt, même absence de réaction. Le chauffeur se leva et avança vers Scott et la femme. Il s’arrêta juste devant elle et fit claquer ses doigts à quelques centimètres de son visage.

« Eh ben, Jane[1], t’es devenue sourde ? »

Elle tourna enfin son visage vers lui et le fixa sans rien dire.

« Fais pas comme si t’avais pas compris. Allez, qu’est-ce que t’attends ? Lève-toi ! »

Le mutisme de la jeune femme mettait visiblement le chauffeur à bout de nerfs.

« Le monsieur attend, là. Tu vas le laisser s’asseoir ou bien il faut que j’appelle les flics ? »

Scott commençait à comprendre de quoi il retournait, mais avait du mal à concevoir que c’était lui qui était cause de tout ce remue-ménage. Il essaya d’intervenir :

« Allons, allons, p… pas la p… peine de s’énerver… »

À chaque fois qu’il était dans une situation stressante, son bégaiement revenait au grand galop, lui faisant perdre toute autorité. Le chauffeur se tourna vers lui :

« C’est la loi, monsieur. Elle doit céder sa place, c’est tout. »

Il reporta à nouveau son attention sur la jeune femme :

« Tu nous entends, Sootie ? Tu vas dégager toute seule ou bien tu attends que je t’y force ? Je vais te dire. Ce bus ira nulle part tant que tu seras assise là. 

— Mais enfin, reprit Scott, j… je vous assure que t… tout ça est bien inutile. Je p… peux très bien re… rester debout.

— Certainement pas. La loi, c’est la loi. Où est-ce qu’on va sinon ? Chacun à sa place, c’est tout. »

Scott ne savait plus où se mettre. Il détestait être au centre de l’attention, tout comme il détestait les confrontations, surtout en public. Même quand vous étiez convaincu d’avoir raison, c’était très dur d’argumenter, quand votre langue vous faisait buter sur un mot sur deux.

« Mm… mais si je n’ai p… pas envie de m’asseoir ? »

Il avait voulu faire une phrase complète, démontrer à quel point il était absurde de faire bouger la jeune femme alors qu’il ne comptait pas utiliser le siège, mais elle s’était transformée en question à mi-chemin.

« Ne vous en faites pas, monsieur. C’est mon affaire, maintenant. Et elle, elle doit dégager. Je veux pas de petite négresse insolente dans mon bus. C’est tout. »

La jeune femme en avait probablement assez entendu, car elle se leva soudainement et se dirigea vers l’avant du bus, où la porte était restée ouverte.

« Eh, pas par là, s’écria le chauffeur. Tu sais très bien que tu dois sortir par l’arrière. »

Elle l’ignora royalement et descendit du bus. Il y eut un instant de flottement et le chauffeur maugréa :

« Ah ! bon sang, quelle racaille… »

Scott ne l’écoutait plus ; il venait de se rendre compte que l’inconnue avait oublié son panier à provisions derrière elle. Le chauffeur était déjà retourné à son volant et venait de mettre le bus en route, jugeant sans doute qu’il avait perdu assez de temps comme ça. Scott hésita à peine.

« Attendez, attendez. Je dois descendre ici ! »

Il remarqua avec satisfaction qu’il n’avait pas bégayé cette fois-ci. Le chauffeur lui jeta un regard mauvais, mais se retint de faire une remarque. La porte arrière s’ouvrit et Scott descendit précipitamment. La jeune femme était déjà à une bonne cinquantaine de mètres de lui. Il essaya de la héler, sans succès. Elle l’ignora avec la même détermination qu’elle avait mise à ignorer le chauffeur. Le panier à provisions était lourd et encombrant. Scott se demandait comment elle avait pu faire pour ne pas s’apercevoir qu’il lui manquait. Elle était certainement trop bouleversée pour prêter attention aux détails. Il appela à nouveau :

« Madame, madame… »

Elle continua à marcher droit devant elle.

« V… vous, vous avez oub… oublié votre p… panier ! »

Elle ne sembla pas l’avoir entendu. Scott commença à presser le pas, et quand il la vit tourner au coin d’une rue, il se mit à courir pour ne pas la perdre. Il était complètement essoufflé quand il la rattrapa enfin, ce qui, bien sûr, ne faisait rien pour arranger son bégaiement. Elle marchait toujours comme s’il n’avait pas été là, à côté d’elle. Il avait rarement vu quelqu’un possédant une telle capacité à faire abstraction de son entourage. Il tendit le panier à provisions juste devant elle.

« C’est b… bien à vous, n’est-ce pas ? »

Elle lui accorda enfin un regard, hocha la tête et lui prit le panier des mains.

« V… Vous l’avez oub… oublié d… dans le b… bus. »

Il commençait à se demander si le chauffeur n’avait pas mis le doigt sur le problème en lui demandant si elle était sourde, car son silence devenait de plus en plus étrange. Mais c’est justement le moment où elle se décida enfin à ouvrir la bouche.

« Merci, lâcha-t-elle du bout des dents.

— De rien. C’est t… tout nat… naturel. »

Elle l’étudia longuement, d’un regard calme et profond. Rien ne semblait pouvoir la désarçonner. Pourtant, il avait vu ses mains crispées, dans le bus, et la sueur qui perlait à son front. Soudain, il n’eut plus...

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