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Quarantaine

De
260 pages
Alors que partout ailleurs chasses à l'homme et coups d'État continuent d'avoir lieu, à Paris, rue Larrey, un homme d'action se trouve empêché d'agir. Auprès de lui, un garçonnet séparé des siens grandit, s'instruit, plonge en mer, lorgne les filles, gagne des courses de motos. Sur le trottoir une grosse dame en pantoufles promène sa chienne. Un marchand de journaux cherche une place pour sa voiture et deux mécanos se préparent pour un tour du monde en 2CV. La rue Larrey. Comme un point sur le globe et qui contiendrait le globe. Avec ses villes, ses forêts, ses océans. Avec aussi les remuements et les émois de ceux qui au jour le jour en façonnent la surface. Un voyage dans ce roman de l'immobilité forcée.
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Quarantaine
DUMÊMEAUTEUR
LABARBACANE,roman, Gallimard,1968.
(encollaborationavecMichelBézard),
JOJo,roman,Hachette/P.O.L,1982.
LEGENREDESDAMES,roman,P.O.L,1984.
LAVILLEDEPARIS,P.O.L,1987.
GérardGavarry
Quarantaine
Roman
P.O.L 8,villad'Alesia,Paris14e
©P.O.Léditeur,1990 ISBN2-86744-186-2
CHAPITREI
APort-Matosonétaitlundiàcausedudécalage horaire,Ferrierrentraitjustedevoyage.IldînachezPilar etalorsqu'elleetluiseconnaissaientdepuisdesannées sansquejamaisriensoitarrivéilspassèrenttroisnuitsde suiteensemble.PuislejeudiFerriers'envoladenouveau, pourPariscettefois. Ilalabougeotte,disaitPilar. Freddofaisaitlemêmediagnostic. BenHurfautqu'ilremue MaisFreddoc'étaitplustardetpourl'instantper-sonnen'appelaitFerriercommeça,BenHur,sonprénom àl'envers.
Ouipourl'instantilsetenaitencoresurlavieille terrassequidominait Port-Matos,finissantleverre quelui avaitserviPilar,jetantsacigarettepar-dessuslabalustrade aprèsunedernièrebouffée.Ilétaitseul.Ilfaisaitnuit.Une voituremontaitverslaPrésidenceetFerrierlasuivaitdes
yeux,plusintéresséparletrajetdespharesdansl'obscurité queparledécorfixedesquelquesfenêtresencoreéclairées envilleouceluidesbalisesaériennesalignéessurletoitde l'OcéanPalace. DesoncôtéPilaravaitquittélesalonpourallerse coucher.ElleprononçaitlenomdeFerrierdanssonlit «Ferrier»forçantsipeulavoixqu'àpeinecela restaitunappel.NéanmoinsFerrierapparutdansl'enca-drementdelaporteetavançadanslachambre. Tunedorspas?demanda-t-il. Commeils'asseyait,sonpoidsfitpencherlesommier etdel'aircirculasousledrap.Pilarsourit.Portantune mainàsonventreellelaissaglisserl'autreverslamainde Ferrier. Demaintuserasloinsoupira-t-elle. Elleavaitlapeaudouce,etsousleseintroiscreux minusculesqu'ellemontraitdudoigt. Tuvois?Çaremonteàmonenfance,unrestede varicelle. EtFerrier,saurait-ildirel'originedetoutesces ?. cicatricesquiluitatouaientlecorpsElleposalajoue contrecellequ'ellevenaitdedécouvrirsurlarondeurde l'épauleetrépétatuserasloin. Ellenevoulaitpasqu'ils'en aille. Situannulais? Ferriernepouvaitpas.Dossouluiavaitdemandé commeunservicepersonneld'accompagnersonfilsqui devaitpasserlesvacancesenFranceaveclesSylvester Toussaint,lepetits'appelaitToussaint,«Jeudicesera l'anniversairedeToussaint»avaitmêmepréciséle Conseiller.MaisFerrierne resterait pasabsentlongtemps. Tuasdelachance,ditPilar.Unjourj'espère,j'irai àParismoiaussi.