Quatrième Banquet royaliste, à l'occasion du 1er anniversaire du baptême de S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux. Le 29 mai 1822... Par la société des XXIX

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Impr. de Moreau ((Paris,)). 1822. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : mardi 1 janvier 1822
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QUATRIÈME BANQUET
ROYALISTE,
A L'OCCASION DU PREMIER ANNIVERSAIRE DU
BAPTÊME DE S. A. R. MONSEIGNEUR LE DUC
DE BORDEAUX.
LE 29 MAI 1823.
HOMMAGE
OFFERT A S. A. R. MONSIEUR, COMTE D'ARTOIS ,
SON AUGUSTE AÏEUL ,
PAR LA SOCIÉTÉ DES XXIX.
De l'imprimerie de MOREAU, rue Coquillière, n°. 27.
PRIX : 1 fr. au profit des pauvres.
QUATRIÈME BANQUET
ROYALISTE.
Si, dans le cours moderne de ses destinées ,
la France compte tant d'époques d'infortunes et
de larmes , il est encore aussi pour elle, des
jours de fête et de bonheur. Au sein des plus
grands désastres , le Ciel, dont la bonté ne som-
meille jamais à travers même les rigueurs de sa
justice , fait briller tout-à-coup sur nous, l'astre
consolateur de ses bienfaits. Sous son influence
réparatrice , on voit la terre qui porte les Bour-
bons et les Lys, dépouiller soudain son aspect
triste et sauvage, et se revêtir des couleurs rian-
tes de la félicité publique. Alors , par un miracle
dix fois renouvelé et presque toujours inaperçu ,
LA FRANCE RENAÎT D'ELLE-MÊME ET SE RAJEUNIT
PAR SA PROPRE VIGUEUR. Alors , attachante
comme l'amour, auguste comme la justice, ma-
jestueuse comme la gloire, douce comme la
bonté, belle comme la vertu , vénérable , enfin ,
comme la sagesse , apparaît, dégagée des nua-
ges qui l'avaient obscurcie, LA ROYAUTÉ DES
BOURBONS, recueillant, de génération en géné-
ration, les bénédictions des peuples, sous les
traits vénérés de Henri IV, de Louis XIII, de
LOUIS-LE-GRAND , de LOUIS-LE-BIEN-AIMÉ , de
Louis XVI, et de Louis XVIII. Pas un seul
de ces règnes qui, dans les crises dont il a été
traversé, n'atteste à notre égard les soins d'une
Providence toute particulière; qui ne soit, pour
ainsi dire, marqué au coin du miracle , depuis
le berceau du Béarnais , jusqu'à celui qui réunit
maintenant tous les coeurs français autour de cet
autre Henri, destiné à reproduire , pour notre
bonheur , la gloire et les vertus de ses ancêtres.
Miraculeux même avant que de naître , mira-
culeux en naissant, et dans le développement
si heureux de sa première croissance , un pareil
enfant, placé jadis sous l'influence des illusions
mythologiques, aurait semblé tenir de la nature des
immortels. Il eût apparu , aux imaginations atten-
dries, comme descendant du séjour des Dieux
pour le bonheur des hommes. Oui, dans Rome
antique et dans Athènes , notre Henri aurait eu ,
n'en doutez pas, ses temples, ses prêtres, ses
autels. Sous le règne plus pur des vérités reli-
gieuses , qui pourrait lui refuser le tribut par-
ticulier de tendresse qu'appellent à son égard les
prédilections du Ciel ? Qui voudrait ne pas signa-
ler , par d'éclatantes démonstrations de joie, le
( 3 )
retour périodique des jours fastes qui marquent
déjà les époques les plus solennelles dé sa mira-
culeuse existence ?
Le mois de MAI , ce mois de renaissance et
de plaisir, qui vient chaque année saluer la na-
ture avec le sourire du printems , ramène d'é-
sormais les souvenirs pieux' de son baptême, et
le moment ineffable où la religion le reçut des
mains de la Patrie , pour le. consacrer au DIEU,
par qui règnent les rois. Quel doux mélange de
sentimens français et d'impressions religieuses
coule dans tous les coeurs avec l'onde sainte qui
le purifie ! C'est par l'entraînement d'aussi no-
bles , d'aussi touchantes affections, que se trou-
vent aujourd'hui rassemblés, pour la quatrième
fois , autour de son image, les membres DE LA
SOCIÉTÉ DES XXIX, à la date inaugurale de la
consécration du culte de zèle et d'amour qu'ils
ont voué au nouveau fils de France.
L'enceinte qui les reçoit, marie aux riches or-
nemens d'une élégante architecture, les emblê-
mes parlans du jeune patron de la fête : les roses
et les lys. Les convives sont à leurs placés, et
les plaisirs du banquet commencent à la faveur du
silence obligé que commande toujours un excel-
lent appétit, et dont tout vrai gastronome sait si
bien savourer le prix. Mais un sentiment plus im-
périeux vient bientôt suspendre , pour quelques
(4)
instans, des jouissances dont il ne peut qu'en-
noblir le charme. La santé du Roi , sans laquelle
en France tout l'état est malade , est portée so-
lennellement avec les batteries d'ordre, par un
de ces hommes vénérables (1) dont la conduite,
à travers tous les orages de la révolution , s'est
constamment trouvée en harmonie avec leurs
devoirs.
Ce premier toast va s'unir, a travers la mar-
che déjà beaucoup moins silencieuse du repas,
aux voeux qu'exprime un autre membre (2) pour
le bonheur de la famille entière des Bourbons,
famille à jamais auguste, moins encore, peut-
être , par l'illustration des siècles, que par les
vertus dont elle sut toujours faire briller l'éclat,
au sein de la bonne et de la mauvaise fortune.
Interprète des sentimens qu'elle excite dans tous
les coeurs , un joyeux convive (3) se plaît à les
(1) M. l'abbé Pitra, ancien défenseur de Lyon, prési-
dent d'une des sections royalistes de cette ville, pendant
le siège, et actuellement trésorier de l'église paroissiale de
St.-Eustache , à Paris.
(2) M. Tissot, médecin.
(3) M. Bugnot, ancien grenadier Français avant la ré-
volution , Lyonnais du siège, chef, à Paris , d'une manu-
facture d'ornemens de meubles estampés, approuvés par le
revêtir, dans les couplets suivans, des traits heu-
reux d'une inspiration bachique.
Air nouveau.
On dit que Jupiter, là haut,
Pour fêter compagnie,
A toujours tout plein son caveau
De nectar , d'Ambroisie;
A tout cela , moi, sans, façon ,
Mes amis, je préfère
Le vieux Bordeaux, le Jurançon...
Qu'on le verse à plein verre !
Pour aller de ce joyeux train,
Joignons-y le Madère;
Aux Vétérans , versons du Rhin ,
Aux conscrits, du Tonnerre ;
Au vin de Nuits, pour nos amours,
Donnons la préférence,
Et pour le Roi, gardons toujours
Notre vin de Constance,
C'est surtout à ceux qui ne mirent jamais de
l'eau dans ce vin là, c'est aux francs buveurs
en royalisme, qu'est naturellement décolu le
droit de proclamer les libations saintes autour
du berceau de notre Dieu-donné, et nul ne pou-
jury d'éxpositions, et dont les produits, d'un prix bien
moins élevé que ceux des fabriqués anglaises , les égalent au
moins , s'ils ne les surpassent par la perfection du travail»,
( 6 )
vait devenir ici, à plus juste titre, d'organe des
sentimes des XXIX, que le fonctionnaire re-
commandable(1), à qui leurs suffrages avaient déjà
déféré la présidence du banquet ; buvons, dit-il,
Messieurs, buvons « à l'auguste enfant de la Pro-
»vidence, monseigneur le duc de Bordeaux;
» héritier des droits et de la gloire, de l'illustre
» famille des Bourbons, il le sera aussi des ver-
» tus sublimes qui les distinguent et de l'amour
» inaltérable que leur portent tous les vrais Fran-
» çais.
» C'est à nous, Messieurs, qu'il appartient
» d'en donner l'exemple. Répétons donc tous
» à l'envi au duc de Bordeaux! aux Bour-
» bons! à la vie et à la mort ».
Ce cri français pouvait-il ne pas enflammer les
imaginations poétiques? Véritable amorce de
(1) M. de Larue, ancien député au conseil des cinq-
cents, chevalier des ordres de St.-Louis et de la Legion-
d'Honneur; garde-génnéral des archives du royaume; his-
torien du 18 fructidor, dont il a partagé les horribles sui-
tes dans le désert de Synamari avec M. Barthélemy , aujour-
d'hui vice-president de la chambre des Pairs, et les géné-
raux Willot et Pichegru. Buonaparte s'était fait, à l'égard
de ces derniers, le continuateur de la tyrannie directoriale ,
et M. de Larue n'a vu cesser sa proscription qu'au retour
du Roi.
( 7 )
royalisme , un ancien artilleur (1) s'en empare ,
et, des hauteurs du Parnasse , d'où ses feux sa-
luent le berceau royal , il foudroyé, dans les
couplets suivans , les mirmidons libéraux que ce
berceau désole.
AIR : Eh ! le coeur à la danse.
Chantons, de nos heureux destins ,
L'aurore et l'espérance ;
A la barbe des jacobins ,
Buvons au Fils de France !
Si Messieurs les libéraux
Font fi du vin de Bordeaux ,
Tant pis pour ces faux frères ;
Dans nos caveaux il vieillira ,
Et pour choquer nos verres,
P'tit bonhomm' grandira.
Qu'est de.ye.riu , républicain , .
Ton courage stoïque ?
Henri, son hochet à la main,
Te donne la colique.
Tu dis, tout bas: « Dépêchons .
» Excitons , incendions. ...
Studieuse jeunesse!
» Hélas! on la pervertira !
» Et si l'on ne se presse;
» P'tit bonhomm,' grandira ! »
(1) M. Vial, canonnier dans l'armée royale de Lyon,
blessé à la défense, de la ville , en 1793; poète ingénieux,
également recommandable par ses talêns et son royalisme.
(8)
Avant d'oser, vil orateur
Faire parler la France ,
Avec la franchise et l'honneur,
Fais un peu connaissance,
Tu voudrais , bénignement ,
Un bon petit mouvement . . .
Cela pourra bien être ,
Et pour hâter ce moment là .
Te pardonner, peut-être !
P'tit honhomm' grandira !
Buvons et tâchons d'oublier
Cet indigne adversaire, :
Se débattant dans son bourbier
Révolutionnaire, ».
Laissons ces Messieurs crier,
S'agiter , calomnier,
Un peu de patience ,
Plus d'un jacobin filera,
Tandis que pour la France
P'tit bonhomm'grandira !
Vous, nobles et braves guerriers,
Qui brûlez de combattre
Dans ce berceau, sous vos lauriers
Sommeille un Henri quatre !
C'est l'espoir de vos enfans ,
Près de lui serrez vos rangs . . .
Un jour, à la victoire ,
Vos neveux, il les conduira ;
Car, ce fils de la gloire,
Pour elle grandira !
( 9 )
Buvons à l'ange de bonté,
D'amour et d'espérance,
Dont le flanc heureux a porté
Les destins de la France.
Henri les accomplira,
Sur les coeurs il régnera ;
Pour nous rendre son père,
Qu'en tous points il imitera;
Pour consoler sa mère,
P'tit bonhomm' grandira !
Quoi ! des escadrons ennemis,
Répandant les alarmes ,
Osent fouler le sol des Li!
Français ceourez aux armes !...
Voyez ce panache blanc
Qui guide le preimier rang
Etrangère bannière,
Le jeune Lis à resplendi!
Rentre dans la poussière...
P'tit bonhimm a grandi!
Souvent interrompus par lodies explosions ré-
naissantes d'enthousiasme et de plaisir, ces cou-
plets, dont le dernier laisse entrevoir aux ima-
ginations françaises un brillant avenir de gloire
et de triomphe , reportent naturellement les
regards sur notre admirable arrriéé qui, après
avoir si long-tems fait trembler l'Euippe par ses
exploits , la rassure aujourd'hui par sa fidélité,
et déploie, dans un rare mélange de patience,

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