Quel est l'assassin du duc de Berri, par A.-A. Salvaige de Lacipière

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les marchands de nouveautés (Paris). 1820. In-8° , 23 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1820
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QUEL EST L'ASSASSIN
DU DUC DE BERRI.
IMPRIMERIE DE MADAME JEUNEHOMME-CRÉMIÈRE,
rue Hautefeuille , n° 20.
QUEL EST L'ASSASSIN
DU DUC DE BERRI
PAR A. A. SALVAIGE DE LACIPIÉRE.
Tros, rutulusve fuat, nullo discrimine habeto.
VIRG. Enéid.
TARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTES
1820.
QUEL EST L'ASSASSIN
DU DUC DE BERRI?
UNE nouvelle époque vient d'être ajoutée
à la chronologie de notre histoire; un nou-
veau Ravaillac vient de trancher les jours
d'un de nos jeunes princes , celui sur lequel
reposaient toutes nos espérances. Et, ce
monstre était un Français!.... que dis-je, un
français? on a cessé de l'être, dès qu'on est
devenu assassin.
L'infame Louvel a voulu accoler son nom
à ceux des Damien, des J. Clément, des Ra-
vaillac et autres frères et amis de cette trempe,
en se souillant du sang de son prince. Il l'a
voulu, sans doute ; mais cette volonté n'a pu
que lui être suggérée, si ce n'est verbale-
ment , du moins par les écrits incendiaires,
lancés des carrefour Bussv et rues Thi-
(6)
bautodé et Tiquetonne. Ce farouche jacobin
apprenait par coeur les phrases dégoutantes
du bon M. E,....; les leçons révolutionnaires
du docteur B.C ; les monstrueux sophismes
de l'égoïste J.., et les sanglantes diatribes
du fourbe et de l'ingrat P
Qu'a répondu en effet ce nouveau régicide,
aux premières questions qui lui ont été faites
sur le motif de son crime? Je n'aime point
les Bourbons. Vil esclave de la volonté d'un
parti qui t'égara! quel motif, te demande-
rai-je à mon tour, peux-tu avoir pour ne pas
aimer les Bourbons? Est-ce parce qu'ils te
logeaient chez eux ? Est - ce parce qu'ils te
donnaient du pain, des vêtemens, de l'ar-
gent? que te fallait-il de plus pour croire à leur
bonté, lorsque tant d'honnêtes pères de famille
mourant de faim ne cessent de la proclamer ?
lls réchauffaient donc dans leur sein un serpent
toujours prêt à les étouffer ? Misérable ; dont
le nom ne sera plus prononcé: qu'avec un
sentiment d'horreur, tu n'as donc jamais cru
en Dieu?
Les phrases entières du. Constitutionnel, de
la Minerve, et de la Renommée, citées par un
ouvrier sellier, prouvent évidemment tout le
(7)
danger qui doit résulter d'une licence illi-
mitée. Fallait-il cette terrible catastrophe
pour faire sentir tous les inconvéniens qui
naîtraient de cette malheureuse loi que d'im-
prudens ministres ont trop légèrement solli-
citée des chambres lors de la dernière ses-
sion? Ils l'ont obtenue! qu'en est-il résulté?
Les uns n'ont cessé de faire une guerre déjà
déclarée aux autels, aux châteaux, et enfin
aux trônes. Les autres ont éveillé d'anciens
et inutiles souvenirs, échauffé de nouvelles
haines, et ranimé de vaines et futiles espé-
rances. La rage et le remords d'un côté, de
l'autre le fanatisme, l'ambition et l'orgueil
frère de la sottise, semblent s'être donné le
mot pour combattre la vertu pacifique.
L'homme vertueux et tranquille qui ne
cherche que le repos, qui ne respire que la
paix et ne veut que la modération, est au-
jourd'hui montré à l'index. Depuis que la Mi-
nerve et le Constitutionel prêchent hautement
leurs doctrines dangereuses, les jeunes têtes
ne voient de la gloire et del'honneur que dans
les combats; tandis que le Conservateur et le
Drapeau blanc voulant faire revivre le 17e
siècle, rappellent inconsidérement à nos gen-
(8)
tilshommes, ce que furent leurs ancêtres.
Les uns et les autres pêchent également, les
premiers avec audace, et par calcul; les autres
avec entêtement et par ignorance en poli-
tique. Je me prosterne devant les talens lit-
téraires de M. de Chateaubriant, j'admire
la noblesse du caractère qu'il a naguère dé-
ployé ; mais désirant voir sa plume servir les
Bourbons, plutôt que leur nuire, je crois
devoir lui conseiller de se défier de la fécon-
dité de son imagination ardente.
Nous sommes dans, un siècle où il ne faut
pas rejeter les conseils salutaires. Si on eût
profité d'une occasion favorable qui se pré-
sentait il y a environ trente mois, le nombre
des défenseurs utiles du Trône se serait accru,
et les talens de M. de Chateaubriant eussent
pu contribuer à arrêter le poignard qui vient
d'atteindre la cinquième victime que la per-
versité révolutionnaire arrache des bras de
cette auguste et trop infortunée famille.
A Dieu ne plaise que j'honore de mes con-
seils, les écrivains ennemis du repos public j
ces écrivains de carrefour, sont trop mépri-
sables pour qu'on s'abaisse à leur tendre une
main secourable. Ce ne sont plus des enfans
(9)
égares qu'on puisse ramener dans la bonne
voie ; ce sont de vilssicaires sans cesse occupés
à encenser leur idole...
Une chose bien remarquable, c'est que les
quatre journaux qui eurent l'audace de pa-
raître le 21 janvier dernier, sont les seuls qui
le 14 février, aient gardé le silence sur le fatal
événement de la veille. Combien ce silence
marqué aurait pu prêter à penser! Que de
conjectures aurait pu faire naître la médaille
dont ils étaient décorés ce même jour ! Si on
n'eût entendu, une heure après l'exécrable
assassinat, un des principaux rédacteurs de
ces feuilles prétendues libérales, dire hau-
tement, dans un café, voilà une bonne nou-
velle pour les journaux royalistes ! Se prépa-
raient-ils d'avance à annoncer quelque plus
grand événement? ou bien s'occupaient-ils à
sécher les larmes que leur faisait couler celui-
là ? Ici doivent s'arrêter les conjectures.
Cependant, il est bon de faire observer que
le sensible Constitutionnel, qui ne néglige rien
pour faire remarquer son caractère français,
après avoir fait, avec des couleurs platrées,
le portrait du héros de ce mélodrame ré-
volutionnaire, glisse tout doucement cette
phrase qu'il a eu soin de souligner : Voici

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