Question romaine. Lettre de Mgr l'évêque de Nîmes [C.-H.-A. Plantier] aux représentants catholiques du département du Gard à l'Assemblée nationale. [4 juillet 1871.]

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impr. de Soustelle (Nîmes). 1871. In-8° , 8 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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QUESTION ROMAINE
LETTRE
DE MONSEIGNEUR L'EVEQUE DE NIMES
AUX REPRÉSENTANTS CATHOLIQUES
DU DÉPARTEMENT DU GARD
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Nîmes, le 4 juillet 1871.
MESSIEURS,
Plusieurs de mes vénérables Collègues, réunis par provinces, ont
conjuré l'Assemblée Nationale de reprendre la question romaine, et
de lui préparer, si elle le peut, une solution légitime, catholique et
française. Trop obscur dans mon isolement pour faire monter ma
voix si haut, j'aime mieux m'adresser aux seuls représentants de
mon diocèse, parce-qu'ils sont aussi mes fils spirituels. Avec eux je
suis plus à l'aise, parce que je me sens plus d'autorité. Et lorsque je
viens appeierainsi, Messieurs, votre sollicitude sur l'auguste prison-
nier du Vatican, je n'ai pour dessein ni de vous donner un conseil, ni
de vous confier un voeu, ni môme de vous imprimer un élan. Je me
borne à vous exprimer une espérance dont je suis fier. Si d'autres
députés que vous prennent en faveur du Saint-Père une initiative
généreuse, je suis sûr que vous appuierez énergiquement leurs
efforts ; si tous se taisent, je suis sûr, à moins que des nécessites
impossibles ne commandent le silence, que votre parole se donnera
l'honneur de retentir la première. Telle est ma conviction profonde,
et vous ne la démentirez pas.
J'en ai pour garant notre passé commun, Vous le savez : il y a
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douze ans, votre évêque eut l'étrange fortune de deviner, dès les
premiers symptômes qui les trahirent, les odieux projets de la poli-
tique impériale contre le Pouvoir temporel du Saint-Siége ; il les
dénonça par avance aux alarmes de son troupeau, surpris de ces
sombres présages. Les attentats commis par le Piémont contre les
Etats-Pontificaux, avec la complicité manifeste du gouvernement
français, ne tardèrent pas à vérifier mes prédictions, traitées de
calomnies par les courtisans du Pouvoir. A mesure que ces forfaits
trop exactement prévus s'accomplirent, je fis entendre des protesta-
tions de plus en plus vigoureuses, auxquelles on répondit par des
disgrâces de plus en plus inexorables. L'histoire de l'injuste guerre
qui fut alors déchaînée contre moi, vit encore ici dans toutes les
mémoires qui n'ont pas eu quelque intérêt d'honneur à l'oublier.
On croyait par ces mesquines vexations,, sinon me désarmer, au
moins me frapper d'impopularité dans mon diocèse. On ne connais-
sait pas la noble indépendance de notre peuple catholique ; au lieu
dépasser du côté de César, il resta généreusement fidèle à son
évêque. Il applaudit et s'associa à mes luttes pour la cause pontifi-
cale, non-seulement de coeur, mais encore par des manifestations
publiques dont la renommée a retenti fort au loin dans le monde.
Et vous-mêmes, chers députés, vous étiez alors dans ses rangs ou
plutôt à sa tête; et dans l'occasion , votre voix courageuse, unie à
celle d'un ami que, vous et moi, nous regrettons encore (1), a su
donner leur vrai sens à ces grandes démonstrations, beaucoup
moins décernées à mes humbles combats, qu'aux droits sacrés du
Saint-Siège dont notre amour commun défendait le drapeau.
Après avoir,ainsi, durant cette longue iniquité, protesté glorieu-
sement, et contre les déloyautés du gouvernement impérial, et
contre les brigandages successifs du Piémont, resteriez-vous muets
aujourd'hui devant la consommation suprême de tant de forfaits,
c'est-à-dire l'occupation de Rome par Victor-Emmanuel et la capti-
vité de Pie IX au Vatican ? Quoi ! lorsque les conspirateurs couron-
nés étaient en marche vers la cité de Pierre , vous vous êtes indignés
des spoliations et des massacres dont ils ont marqué leur chemin. Et
maintenant qu'ils sont au terme, vous leur permettriez de se conso-
(]( M. AUGUSTE DÉMIANS, Maire de Nimos , mort victime de son dévoue-
ment à la cause publique.

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