Rapport de la commission des finances à l'assemblée générale des fondateurs de la Société de secours aux blessés / par E. de Billy,... ; Société française de secours aux blessés des armées de terre et de mer

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Impr. nationale (Paris). 1873. 1 vol. (102 p.) ; in-4.
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RAPPORT
DE LA COMMISSION DES FINANCES
À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DES FONDATEURS DE LA SOCIÉTÉ DE SECOURS AUX BLESSÉS
DU 16 JUIN 1873.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DE SECOURS
AUX BLESSÉS DES ARMÉES DE TERRE ET DE MER.
RAPPORT
DE LA COMMISSION DES FINANCES
À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DES FONDATEURS DE LA SOCIÉTÉ DE SECOURS AUX BLESSÉS
PAR E. DE BILLY,
, IÏÉNÉRAL EN RETRAITE, ANCIEN VICK-PRÉSIDENT
DU CONSEIL GÉNÉRAL DES MINES.
PARIS.
IMPRIMERIE NATIONALE.
M DCCC LXXIÎI.
1
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DE SECOURS
AUX BLESSÉS DES ARMÉES DE TERRE ET DE MER.
- o C.--
APPORT
Q.
DE LA i rfmiSSION DES FINANCES
À L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DES FONDATEURS DE LA SOCIÉTÉ DES SECOURS AUX BLESSÉS
INTRODUCTION.
La Société française de secours aux blessés des armées de terre et de
mer s'était constituée au mois de mars 1865(l); elle s'était manifestée par
des assemblées générales annuelles, par la publication des bulletins, par
son exposition de 1867, par une participation aux conférences de Vienne
et de Berlin; mais, en réalité, quand la déclaration de guerre du
19 juillet 1870 vint surprendre notre pays, la Société existait à peine,
car nous n'avions ni argent, ni magasins, ni matériel, ni moyens de
transport, ni personnel., pas même une organisation.
Les membres du Conseil, presque tous absents de Paris, furent aussitôt
convoqués; ils arrivèrent à leur poste et se déclarèrent en permanence au
Palais de l'Industrie dont les locaux avaient été mis à notre disposition.
Leur premier acte fut un appel à la charité publique en même temps
(1) Elle a été reconnue comme établissement d'utilité publique par décret impérial en date du
23 juin 1866.
2
qu'ils prenaient, avec toute la rapidité qu'imposaient les circonstances,
les mesures commandées par les statuts de la Société et par les devoirs
prescrits en temps de guerre à l'oeuvre de la convention de Genève.
Les efforts du Conseil amenèrent bientôt une organisation, assez dif-
fuse au commencement, mais dont cependant les résultats furent visibles
à tout le monde par la constitution de nos ambulances de campagne, de
nos ambulances sédentaires et par des envois d'argent ou de matériel à
nos Comités sectionnaires ainsi qu'aux ambulances privées, tant à Paris
que dans les départements.
Toutefois, en de telles conjonctures, et sous le coup d'une incessante
précipitation, on ne pouvait éviter de nombreuses erreurs; nous n'avons
pas l'intention de les dissimuler, et nous comptons sur l'indulgence de nos
généreux donateurs, quand nous ferons loyalement l'aveu de ces imper-
fections; il est même utile qu on les connaisse afin d'en prévenir le retour.
L'appel du Conseil fut entendu sur toute la surface de la France et dans
l'Europe entière; il s'étendit même au delà des mers, et dans peu de jours
nous vîmes afiluer. en abondance, des dons en numéraire, en matériel,
en moyens de transport, en vins et spiritueux, en denrées alimentaires.
Les vastes halles du Palais de l'Industrie furent bientôt encombrées de
caisses, de ballots, de vins en fûts et en paniers, de colis de tout genre
dont le déballage, quelque actif qu'il fût, n'était jamais en proportion
des arrivées; quant aux envois d'argent reçus à notre caisse, ils étaient,
tous les soirs, versés chez notre trésorier général, la maison de Rothschild
frères, à qui nous témoignons publiquement notre reconnaissance pour
l'extrême obligeance et le désintéressement avec lesquels ils ont rempli
ces fonctions depuis l'origine de notre œuvre.
Nous venons aujourd'hui, Messieurs, vous rendre compte de l'emploi
de ces richesses, de ce dépôt sacré puisqu'il est la propriété des blessés
et malades de nos armées en campagne.
Nous avons arrêté nos comptes au 3i décembre 1872.
Avant d'entrer en matière, nous vous devons des explications sur les
motifs qui ont retardé notre travail jusqu'aujourd'hui.
Ces causes sont les unes extérieures, les autres intérieures.
- 3
1
En ce qui concerne les premières, la Société avait fait des avances plus ou
moins considérables à des ambulances particulières, à des comités auxi-
liaires , à ses délégations régionales ; nous avons dû attendre que l'on nous en
fît connaître l'emploi parce que nous avions à vous en justifier nous-mêmes.
Or la plupart des comptables de nos services subventionnés, qui avaient
pu donner tout leur temps à notre œuvre pendant la guerre, n'étaient plus
libres quand ils eurent repris leurs occupations habituelles; il en résulta
que beaucoup d'entre eux, nonobstant nos réclamations, mirent une grande
lenteur dans la production de leurs comptes. Notre action sur eux se bor-
nait à des exhortations, et surtout envers des hommes qui s'étaient géné-
reusement dévoués à l'œuvre des blessés, ces exhortations devaient être
constamment empreintes de la plus grande bienveillance, c'étaient des
sollicitations, et jamais des ordres.
Quoi qu'il en soit, les derniers comptes de cette nature n'ont été apurés
qu'au mois d'avril dernier.
Une autre difficulté résultait de la différence de forme dans ces diverses
comptabilités que nous dûmes faire cadrer avec la nôtre.
Les difficultés intérieures naissaient de la tenue de nos propres
comptes, à différentes époques de la gestion financière, et, pour les bien
exposer, nous devrons entrer ici dans quelques détails.
Les bases de notre comptabilité avaient été jetées par une commission
composée de nos quatre collègues, MM. Tagnard, Flaxland, Klein et Ber-
thier. Nous ne saurions dire assez combien la Société leur est redevable.
Bien que les deux premiers y consacrassent tout leur temps au début des
hostilités, ils furent débordés, et, comprenant l'étendue de leur responsa-
bilité, ils demandèrent la création d'un Comité de finances plus nom-
breux (1).
Ce Comité fut institué en vertu d'un acte du Conseil intitulé : Règle-
ment de la Société pendant la guerre, présenté par M. le vicomte de
(1) Les membres du Conseil qui ont successi-
vement fait partie du Comité des finances sont :
MM. Berthier, Klein, Kœnigswarter, comte de
Saint-Aignan, comte de Montesquiou, Tagnard,
Flaxland, Le Camus, vicomte de Melun, Albert,
Vernes d'Arlandes, Bourdilliat, de Billy. — Les
huit derniers y sont encore maintenant. — Jus-
qu'à la fin du siège, M. Gamod a rempli les
fonctions de secrétaire de cette commission.
- h —
Melun, et adopté par le Conseil au mois d'août 1870. Ses attributions
étaient formulées dans l'article 18, ainsi conçu :
« Le Comité de finances reçoit les dons en argent versés au Palais de
« l'Industrie, fait faire les recouvrements, paye toutes les dépenses faites
« par le Conseil sur un bon signé par le Président ou par un membre dé-
rclégué et sur la présentation des pièces justificatives, savoir : pour le
il payement des employés, sur la liste nominative dressée chaque mois
« par le secrétaire général; pour le matériel, sur les factures et états
cc fournis par les sections qui ont fait la dépense, et présentés trois jours
ccau moins avant le payement. Il a la surveillance et le contrôle de toutes
ii les opérations relatives à la comptabilité, il présente chaque semaine
Il au Comité un état de la situation financière de la semaine.??
Ce Comité, modifié à diverses reprises, mais dont plusieurs membres
ont fonctionné depuis l'origine jusqu'aujourd'hui, a conservé dans les pro-
cès-verbaux de ses séances la trace des efforts qu'il n'a cessé de faire pour
la régularité des comptes et la bonne gestion des deniers de la Société.
Le service des magasins généraux entrait dans ses attributions (1), et
il arrêtait à la fin de chaque semaine un état des denrées et marchan-
dises qui s'y trouvaient contenues^.
Toutefois, sur la proposition du comité médical, cette situation fut
modifiée; le Conseil sépara le service des magasins de celui des
finances, et il créa un comité spécial à qui revint la gestion et toute la
responsabilité du service des magasins.
Les attributions des deux comités furent nettement définies dans un
règlement adopté par le Conseil dans sa séance du 19 novembre 1870.
Nous y lisons à l'article 2 :
rr La Commission de finances est chargée de préparer le budget annuel
cc et mensuel. des recettes et des dépenses de la Société, de contrô-
ler les opérations de la caisse, d'en vérifier les écritures, d'en présenter
« la situation à la fin de chaque mois et plus souvent, s'il est besoin,
(1) Rapport sur l'organisation de la compta-
bilité, matières, etc., 31 octobre 1870.
(S) IL eut à s'occuper de l'approvisionnement
des magasins quand il apprit que les ambulances
avaient omis de le faire dans les premiers jours
du siège, quand déjà beaucoup d'articles de con-
sommation n'étaient plus dans le commerce (voir
les procès-verbaux).
— 5 -
Ir d'apurer et d'approuver les comptes, de constater la régularité des
«pièces comptables, de faire préparer les mandats de payement de toutes les
« dépenses. A cet effet, tous les marchés passés, les états du personnel, les
rr pièces de dépenses, sont placés sous ses yeux et visés par elle; enfin, elle
«donne son avis sur tous les projets concernant les finances de la Société.
Cf Article 3. Toute pièce comptable, tout mandat de payement doit
«être revêtu du visa du président de la Commission des finances ou
cc d'un membre délégué de cette commission, avant d'être présenté à
cr l'approbation du président du Conseil, n
La formule du mandat de payement fut rédigée et imprimée en confor-
mité de cette décision, et ce néanmoins beaucoup de payements ont été
faits à la caisse sans passer au contrôle de la Commission des finances. Il en
résulta plus tard des difficultés que nous nous bornons à mentionner, sur
lesquelles nous aurons à revenir, mais auxquelles il a été pourvu ultérieu-
rement, tout au moins, pour ce qui concerne la comptabilité de la Société.
Mais on alla plus loin, et, dans sa séance du h novembre 1871 (1), sur
la proposition du Comité médical, le Conseil, alors fort peu nombreux,
décida que, pour le payement d'un mandat, on pourrait se passer de
la signature d'un membre du Comité des finances.
L'inobservation de l'article 3 ci-dessus avait conduit à une impor-
tance exagérée dans les avances à justifier (2) et produit une difficulté
réelle dans la liquidation de nos comptes, difficulté que tout le monde
comprendra, mais qu'il serait trop long d'exposer ici.
Le règlement actuel, adopté au mois d'octobre 18 7 2, a rétabli les choses
dans leur situation normale et conforme aux principes d'une bonne gestion
financière, à laquelle nous espérons bien qu'il ne sera plus jamais dérogé.
Aussi, la Commission de finances a-t-elle pu, dès le milieu du mois
de janvier dernier, soumettre au Conseil un rapport sur la liquidation
de l'année 1872.
Notre travail eût été singulièrement facilité, si. chacun des chefs de
service ayant une comptabilité propre avait produit un rapport moral
(1) Arrêté, «r Le chef de la comptabilité devra viser
tous les mandats délivrés par les chefs deservice. *
(î) Au 21 août 1871, les avances à justifier
atteignaient 2,9a6,a56f 65e..
— 6 —
et financier de sa gestion. Mais, dans nos services intérieurs, ce prin-
cipe n'a reçu d'application que pour l'ambulance du Corps législatif,
pour les évacuations à l'intérieur, pour le mouvement des ambulances
de Versailles; les ambulances du Grand-Hôtel et de la Grande-Gerbe
se sont bornées à remettre des comptes détaillés.
Quant aux autres services, nous avons dû en constituer les comptes
nous-mêmes au moyen des éléments qui existaient dans les bureaux du
contrôle financier.
Nous avons été plus heureux pour nos services extérieurs, car la
plupart des ambulances de campagne et toutes nos délégations régio-
nales ont remis, à des époques plus ou moins éloignées de la cessation
de leur service, des comptes précis, détaillés et réguliers.
Il en a été de même de plusieurs des Comités sectionnaires à qui
nous avions directement remis des subventions; Strasbourg, entre
autres, s'est fait remarquer sous ce rapport par sa scrupuleuse ponctualité.
Nous croyons en avoir dit assez sur ce sujet pour obtenir l'indulgence
de l'Assemblée générale et lui faire comprendre qu'il n'a pas dépendu
de la Commission des finances de produire plus tôt le travail qu'elle a
l'honneur de soumettre à son appréciation.
Peut-être nous demandera-t-on pourquoi nous n'avons pas arrêté
notre premier rapport à la fin de l'année 1871, qui comprenait, avec
1870, toute la période de guerre; pourquoi nous n'avons pas satisfait
plus tôt aux prescriptions statutaires.
Nous répondrons que le grand nombre des réclamations en vue de
payements arriérés, qui se sont produites en 1872, et les retards apportés
dans la production des comptes des services extérieurs auraient rendu
tellement incomplet un rapport où ces faits de comptabilité n "auraient
pas été mentionnés, que nous avons cru préférable d'attendre. Et la
suite du présent rapport, nous osons l'espérer, amènera dans l'Assem-
blée générale une conviction d'accord avec la nôtre.
Entrons en matière :
Nous diviserons naturellement ce rapport en deux grandes sections,
les recettes et les dépenses.
— 7 —
CHA PITRE PREMIER.
RECETTES.
Déjà nous avons appelé votre attention sur l'extrême faiblesse de
nos ressources au jour de la déclaration de guerre.
Et, en effet, au commencement de juillet, nous possédions en tout :
10 Une inscription de i65 francs de rente 3 p. 100 sur le Grand-
Livre, valant 35927fhoc
90 Une somme liquide de. 1,398 10
En tout 5,325 Í 5oc
déposés chez nos trésoriers généraux, MM. de Rothshild frères.
« Avant la guerres, disait dans son rapport le chef de notre service
départemental (1), «tous les efforts du Comité central pour arriver à des
«résultats positifs avaient été stériles; on ne voulait pas croire à la
t': possibilité de guerres sérieuses en Europe, et notre œuvre, honorée
cr des sympathies de tous ceux à qui nous en avions. parlé, ne
<r rencontrait nulle part d'adhésions assez convaincues pour nous per-
« mettre d'organiser des adhésions actives, r,
Mais, sous l'influence du bruit des armes, l'impulsion fut rapide, et, dès
le 3 septembre suivant, nous possédions déjà en numé-
raI re 4,i 80,22 6 f 9 5°
Au premier janvier 1871, l'ensemble des souscrip-
t i ons connues à Par i s s'était élevé à. 5,45&,3o5 2t)
bons connues a arlS S etalt e eve a. ,£.1. £.1., 0 29
Et, au 31 décembre 1872 à. 9,663,894 4i
comprenant les sommes versées directeme,nt à notre caisse centrale, les
versements effectués chez MM. de Rothschild et chez les comptables
publics relevant du ministère des finances. Ces derniers versements ont
tly Bulletin n° 6. Rapport de M. Le Camus. — (2) Rapport de M. Tagnard.
— 8 —
été transmis, soit directement à nos délégations régionales, soit indirec-
tement à notre caisse par le Trésor central à qui les trésoriers-payeurs
généraux les avaient envoyées.
La valeur des dons en nature dépassait 1 million et demi.
A ces souscriptions se sont ajoutés ultérieurement :
Les versements statutaires de nos comités régionaux;
Le produit des journées de traitement payées dans les départements
par l'intendance militaire à raison de 1 franc à 1 fr. 5o cent. par journée;
Les produits des ventes de chevaux, voitures, matériel de literie,
campement et ustensiles; des ventes de vins et spiritueux, de linge et
vêtements, ventes opérées surtout après la guerre;
Il faut ajouter aussi les intérêts de fonds placés, les uns en compte-
courant chez nos banquiers, les autres en bons du Trésor et en rentes
sur l'Etat;
Et, finalement, le produit net d'une loterie dite nationale.
Les sommes offertes à notre œuvre sont d'origine bien variée; nous
tenons les unes des habitants du sol français, d'autres viennent de nos
colonies d'Europe ou d'au delà des mers, d'autres, enfin, sont de prove-
nance étrangère.
Rien n'est plus touchant que la lecture des noms des donateurs quand
on connaît la position de beaucoup d'entre eux. Toutes les classes de la
société ont concouru à la formation de notre trésor, toutes les conditions,
tous les âges; les uns prélevant des sommes considérables sur leur su-
perflu, les autres prenant sur le nécessaire; même le pauvre a su donner
son obole à une œuvre qui réveillait en lui un sentiment d'amour pour
l'armée et pour la patrie.
Parmi les souscriptions intérieures, les unes sont collectives, les autres
individuelles.
Parmi les premières, nous distinguons :
L'Institut de France. 11,640f OOC
La Banque de France 100,000 00
Les maisons de banque de Paris 125,000 00
Le syndicat des agents de change de Paris. 60,000 00
- 9
Souscription individuelle de MM. les agents de change
titulaires et honora ires. 33,ooo oo
Les compagnies d'assurances de Paris 3-2,000 oo
La compagnie parisienne du Gaz. â5,oôo oo
Plusieurs maisons industrielles françaises. 89,00a 00
La chambre syndicale du commerce des vins en gros. 30,065 00
Le cercle de l'Union de la librairie. 12,759 85
Plusieurs cercles de Paris. 17,000 00
Le Jockey-Club. 30,000 00
MM. les avocats du barreau de Paris (souscription de
la salle des Pas-Perdus) 18,066 00
L'association des ambulances de la Presse. 5 0,0 00 00
Les élèves du collège de Juilly (abandon de leurs prix). 3,000 oo
Ceux du collège Ghaptal (idem) - 6,000 00
Viennent ensuite les dons offerts par les personnels d'ouvriers de nom-
breux ateliers, par les employés et gens de service d'établissements
publics, d'hôtels garnis, etc., comme par exemple :
Les employés des maisons Chartier jeune et Cie, rue Saint-Martin,
Vinçard et Cie, rue des Trois-Bornes, Savard, bijouterie, etc.;
Les agents de la première division des chemins de fer de l'Ouest;
Les fonctionnaires et employés de la régie des palais des Tuileries et
du Louvre;
Le stationnement des halles centrales;
L'administration, les employés et gens de service du
Grand-Hôtel 2,277f 50c
Les employés de la manufacture des tabacs du Gros-
Caillou. 3,1314 80
Parmi les souscriptions individuelles, nous distinguons celles :
De l'Impératrice 5o,ooof 00e
Du comte de Chambord. 10,000 00
Des princes de la famille d'Orléans. 100,000 00
De l'évêque de Bayeux 20,000 00
De l'évêque d'Orléans » 5,000 00
- 10 —
Du Consistoire réformé de Paris 10,000 00
De M. Ch. Heine h0,000 00
Les souscriptions particulières de la famille de Roths-
child, indépendamment de la souscription de la maison
de banque. 26,000 00
Et puis des dons de 10,000 francs en si grand nombre, que nous
dépasserions le cadre nécessairement restreint de ce rapport, si nous vou-
lions les énumérer (1).
Mais nous devons citer au premier rang sir Richard Wallace, qui nous
a versé 300,000 francs sous la condition que la société organiserait une
ambulance de campagne à. laquelle on donnerait le nom de son père
adoptif, le défunt marquis de Hertford.
Le comité évangélique avait donné 2 5,32 5 francs en vue de l'organi-
sation d'une ambulance protestante.
Les comités sectionnaires fondés dans une cinquantaine de départe-
ments nous ont envoyé, au début de la guerre 2 2^,o34f 95e
Parmi les nations européennes, nous comptons comme souscripteurs :
En première ligne, l'Angleterre qui figure dans nos
recettes pour. 139,16 7f 50c
Sans compter le don fait par la société de la Croix-
Rouge anglaise à notre délégation de Bruxelles (2) 100,000 00
Ni son offrande à notre ambulance de campagne
n° 11 bis (souscription augmentée de dons particuliers). 47,000 00
En seconde ligne nous trouvons :
Le Danemark 161,417 31
(1) Tous les dons ont été publiés dans les jour-
naux; ceux qui nous sont parvenus jusqu'à la fin
du mois de septembre 1870 sont insérés indivi-
duellement au bulletin n° k de la Société. Cepen-
dant nous avons probablement omis, et à regret,
quelques souscriptions considérables inscrites sur
des bordereaux qui n'ont pas été conservés. Tou-
tefois, il en avait été toujours accusé réception
aux donateurs après vérification des écritures.
(2) Nous parlerons ultérieurement d'une somme
de 500,000 francs qui devait être convertie en
vêtements chauds, denrées alimentaires, etc.
Nous ne comptons pas ici 12,415 fi1. 55 cent.
envoyés d'Angleterre au comité de Strasbourg.
Et nous ne saurions mentionne r les dons
considérables en argent et en nature envoyés
d'Angleterre à des ambulances privées, ni ceux
destinés aux victimes de la guerre ; la Société des
Amis (Quakers) seule, compte parmi ces dona-
teurs pour 4,130,071 francs,
- 11 —
2.
La Russie, les résidants français, le comité central
russe de secours, t (1) "8 72
russe e secours, e c. lt ,91! 72
La Hollande « 4o,8o6 78
La Suisse unie à l'Alsace déjà séparée du sol français
ont donné à l'ambulance de campagne n° 11 bis 4 1,000 00
La Suisse, à la délégation de l'Est (3). 7,000 00
La Norwége *.. 1 4,2O 4 45
La Suède io,35o 89
L'Autri. c h Souscriptions particulières 11,068 r 5o) 3 68f 5 c
i3,o68f 5ocr
96,939 oo
La Turquie 26,989 00
La Grèce. 8,01 7 20
L'Italie 19,996 85
La Belgique 7,000 00
L'Espagne 10,6.97 3o
Le Portugal 8,2 85 00
Etc.
Plusieurs de ces nations, telles que l'Autriche, la Suisse et l'Italie, nous
ont envoyé, en outre, des dons considérables en nature; mais on sera
certainement frappé de la générosité avec laquelle nous avons été assistés
par les nations du nord de l'Europe.
Les résidants français de ces contrées entrent pour plus ou moins dans
ces versements; nous aurions voulu en donner le chiffre exact, mais il eût
été bien long et bien difficile d'en faire le dépouillement.
Nous en dirons autant des dons qui nous sont arrivés d'outre-mer et
parmi lesquels nous citerons :
Les Etats-Unis d'Amérique. 162,080f 45e
Id. don avec affectation spé-
ciale, envoyé à l'Ambulance n° 11 bis. 5o,ooo 00
Nouvelle-Orléans (États-Unis). 35o,628 64
(1) Cette somme ne comprend pas les envois
de fonds à la délégation de Bruxelles et à des
comités sectionnaires. - (2) Non compris 7,900 fr.
envoyés de La Haye au comité de Strasbourg.
—{î) Non compris les dépensés effectuées pour
l'ambulance suisse de campagne, etc.
— 12 —
La République Argentine. -. 2 3 0,6 4 8 2/1
Le Chili. 1 0 0,849 3 5
LeP é ro u. 60,2/18 20
Le Brésil 2 8,363 29
Ozaka (2,510f) et Yokohama (Japon) 32,6o5 15
L'Egypte. , ., 33, 1 0 a 90
L'Asie Mineure 26,^39 00
Les Antilles 35,2^2 80
Le Mexique 2/1,396 1 à
Venezuela. 2,485 20
San Salvador 1,1 9 5 00
Le Maroc. - 1,350 00
Dahomey (côte de Guinée) 596 65
Zanzibar. z 2,966 00
Ile de la Réunion A,857 65
Ile Maurice. 5o,ooo 00
Les Indes Orientales. 17,289 77
Batavia. 11,871 07
L'Australie. 8,233 5o
C'est avec l'accent de la plus vive reconnaissance que nous proclamons
ici les noms ou les nationalités de ces généreux bienfaiteurs.
Dans le cours de sa gestion, la Société a reçu quelques dépôts que
nous avons restitués; elle a fait quelques prêts qui lui ont été remboursés;
ces sommes constituent un compte d'ordre que nous ne devons pas omettre.
Nous dirons, à ce sujet, que, pendant l'insurrection de la Commune, la
Société a eu le bonheur de venir en aide à plusieurs établissements hos-
pitaliers militaires, tels que :
L'Ambulance militaire de Glichy 10,000 00e
L'Hôpital du Gros-Caillou. 10,000 00
Les Invalides, en deux fois 20,000 00
L'Hôpital Saint-Martin. 4, 1 37 1/1
Etc. etc.
Elle en a été régulièrement remboursée.
— 13 —
En résumé, nous avons obtenu :
En souscriptions partielles ou collectives, fran-
çaises et étrangères, tant à Paris que par nos dé- t
1 ,. ,. 1 t d (1)6 5 5t c,
légations régiona l es la somme e 9,6.9 1,575e 77
En versements statutaires des Comités après la
guerre 42,318 64
Journées de traitement dans nos ambulances
payées par l'intendance militaire 116,782 11
Produit de la vente de matériel, linge,
vin, etc 4o7,o3if64c)
Vente de vin à l'administration lt22,669 3lt
d.uGrand-Hôtel. 15,637 7°
Intérêts de fonds en com pte courant ou placés.. 154,884 71
Produit net de la Loterie nationale jusqu'au
31 décembre 1872. ! 66,339 39
Comptes d'ordre. 96,605 64
Total. 1 0, 5 21,12 5f 6or
C'est de l'emploi de cette somme que nous sommes appelés à vous.
rendre compte.
Bien que considérable, elle est loin de représenter le résultat total
du mouvement de patriotique charité qui se fit au début de la guerre et
pendant les revers de la France; il faudrait y ajouter les sommes consi-
dérables recueillies par nos comités sectionnaires, notamment par ceux
des grands centres de population, comme Lyon, Strasbourg, Bordeaux,
Marseille, etc. La recherche des fonds réunis dans les départements
par les comités locaux pourra devenir l'objet d'un travail complémentaire.
Mais nous mentionnerons dès à présent, comme appartenant à l'actif
de la Société, une pièce de terre qu'un habitant du département de l'Isère
lui a léguée récemment et qui paraît avoir une valeur d'environ
(1) Cette somme comprend 36,891 fr., notre part afférente en numéraire dans le don anglais; le
reste a été converti en marchandises.
— 14 -
i,5oo francs; toutefois elle ne figurera pas dans les comptes, le dé-
cret qui nous autorise à l'accepter n'étant pas encore rendu.
Enfin nous ne devons pas omettre que la vente des lots abandonnés
de la Loterie vient de produire plus de h o, o o o francs, et que nous pou-
vons compter sur des rentrées d'environ 50,000 francs pour billets placés
hors de France. La loterie nous aura donc rendu environ 11 7,000 francs
net, après déduction de tous les frais et des sommes laissées aux comités
départementaux.
— 15 -
CHAPITRE II.
DÉPENSES.
Le travail de liquidation auquel nous avons dû nous livrer pour pré-
senter à l'Assemblée générale un compte rendu sincère de l'emploi d'une
somme aussi considérable, était évidemment d'une nature très-compli-
quée. Nous ne pouvions le mener à bonne fin sans méthode, et cette mé-
thode nous conduisait à une classification des services.
Nous les avons divisés en trois classes : -
La première contient les Services intérieurs et administratifs, tels que le
secrétariat général, la caisse, le contrôle financier, etc., et tout ce que
l'on entend par frais généraux.
Dans la seconde classe nous rangeons les services extérieurs qui en-
gagent la responsabilité de la Société, puisqu'ils fonctionnent avec ses
deniers, sous la direction de ses délégués ou agents de divers ordres.
Ces services forment deux sections; dans la première se trouvent les
Services principaux, dont les uns, les services actifs, appliquent directe-
ment le principe de la Société, à savoir: les ambulances sédentaires,
les ambulances de campagne, les ambulances volantes, les évacuations
des blessés et malades à l'intérieur, les évacuations dé l'extérieur sur
France ou rapatriements;
Dont les autres, les Services d'assistance, aident au fonctionnement
des services actifs, savoir: le comité des dames, les délégations régio-
nales, le comité d'action de Versailles, les missions pour le ravitaille-
ment.des ambulances hors Paris, le service départemental.
Nous trouvons ensuite, toujours dans la deuxième classe, les Services
secondaires, savoir: les dons et secours personnels ou collectifs, le ser-
vice des membres artificiels, le bureau des renseignements avec la sta-
tistique médicale, le bureau des insignes.
- 16 —
Le seconde section de cette classe comprend les Services accessoires,
savoir : les magasins, la lingerie, les caves, les boissons chaudes, les
écuries, le baraquement de Billancourt, la commission des études pour
la transformation du matériel, les expositions de Lyon, de Paris, de
Vienne et le Musée international.
Dans la troisième classe des services, nous avons réuni ceux qui ne sau-
raient engager la responsabilité de la Société, puisqu'ils fonctionnent en
dehors d'elle et qu'elle se borne à les subventionner, restant d'ailleurs
complètement étrangère à leur direction. Ce sont : les Comités et sous-
Comités sectionnaires, les ambulances sédentaires privées dans et hors
Paris, les ambulances de campagne étrangères et celles des Comités
sectionnaires, les ambulances volantes de la garde nationale mobile de
Paris et du génie auxiliaire, l'œuvre des cimetières d'Allemagne.
Nous consacrerons un petit chapitre aux créances, c'est-à-dire aux prêts
qui n'étaient pas remboursés au 1 "janvier 1873, et aux comptes d'ordre.
Quant à la Loterie, nous n'en parlerons pas ici; nous en avons men-
tionné le résultat net parmi les recettes de notre caisse.
Depuis que nous poursuivons la liquidation de notre période de guerre,
chacun des services que nous venons d'énumérer a été l'objet d'un
rapport au Conseil traitant de la liquidation correspondante; c'est dans
ces documents que nous avons puisé les éléments du présent rapport.
CLASSE PREMIÈRE.
SERVICE ADMINISTRATIF.
Secrétariat général, secrétariat de la présidence, caisse, bureau du
contrôle financier, matériel et personnel des bureaux, frais généraux.
Sous cette dernière dénomination nous comprenons les frais de nos cinq
installations successives au siège principal de la Société; l'entretien, le
chauffage et l'éclairage de nos bureaux et appartements; l'achat, l'en-
tretien et le transport du mobilier; les baux, loyers, impositions, frais
d'architecte; les frais et fournitures de bureaux; les frais de poste, de
— 17 —
3
caisse, les pertes au change; les imprimes qui ne concernent pas un
service spécial; certaines publications, telles que le bulletin de la so-
ciété, les rapports généraux, les circulaires, les frais de publicité et
d'affichage, les frais du médecin; ceux de la sûreté de nos dépôts et ma-
gasins, certains voyages de nos agents et transports de matériel; cer-
taines réceptions ou cérémonies publiques ayant un intérêt général, en
un mot, toutes les dépenses qui ne rentrent pas dans les attributions
d'un service spécial.
Nous y comprenons naturellement aussi lès frais du personnel admi-
nistratif.
Après avoir eu soin d'élaguer des frais généraux tout ce qui ne rentre
pas exactement dans la définition que nous venons de donner, nous
trouvons que l'ensemble des services administratifs du 15 juillet 1870
au 3i décembre 1872, a coûté 452,777* 79
dont i 45,516 01
pour la solde du personnel.
Une partie de cette dépense est représentée par notre mobilier, dont
nous estimons la valeur actuelle à 1627 00
CLASSE II.
SERVICES ENGAGEANT LA RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ.
PREMIÈRE SECTION.
SERVICES PRINCIPAUX.
A. SERVICES ACTIFS
DONNANT DIRECTEMENT LES SOINS AUX MALADES ET BLESSÉS.
Ce sont les lazarets sédentaires et les ambulances mobiles.
- 18 —
AMBULANCES SÉDENTAIRES.
PALAIS DE L'INDUSTRIE.
Dans la prévision des nom b reux b l essés que devait amener le siège
de Paris, le Comité médical établit, dans les premiers jours du mois de
septembre 1870, dans les salles du Palais de l'Industrie, un hôpital de
5oo lits, dont le fonctionnement commença avec l'investissement de notre
ville.
Au point de vue financier, tout s'y passait en régie et rien n'était à
l'entreprise.
Le personnel des médecins, infirmiers, comptables, gens de service de
tout genre, mais non compris les dames infirmières, était de 195 per-
sonnes dont 132 régulièrement nourries à l'ambulance, et 11 8, en
outre, rétribuées.
Pendant les deux mois de durée de ce lazaret, on y a dépensé :
Pour installation et premier établissement. 78,700* 86E
Pour l'exploitation 81,767 63
r , 4 6 8 -It g
TOTAL de la dépense en numéraire. 1 60, lt 6 8 lt 9
dont 18,1^0 francs pour la solde du personnel.
Cette somme ne comprend pas les fournitures faites par :
Nos caves, estimées 1 5,188f 75e
Nos magasins (produits de dons) 8,000 00
La lingerie (produits de dons), net. 11,660 00
TOTAL. 3/i,848 75
On y a soigné 636 blessés et malades, qui ont fourni 8,5^4 journées
de traitement (98 décès).
Quand les premiers froids de l'automne se firent sentir, les vastes
salles du Palais de l'Industrie n'eurent plus le degré de chaleur exigé
— 19 —
3.
pour les malades; et, quand on y eut placé des calorifères et des plafonds
en toile pour élever et maintenir la température, on rencontra des dif-
ficultés d'aérage. En effet, aucune ouverture ne donnant sur l'air libre,
on ne put opérer l'aérage que par l'intérieur du Palais, et alors on rece-
vait un -air vicié tout à la fois par nos écuries et par une poussière dont
il était impossible d'empêcher l'accès.
Le ministère de la guerre avait accumulé, dans la grande nef du Pa-
lais de l'Industrie, des voitures d'artillerie, des pièces de canon, des pro-
jectiles, dont le mouvement soulevait la poussière et faisait jour et nuit
un bruit qui troublait le repos de nos blessés.
Mais la présence de ce matériel de guerre et de la force armée qui le
gardait présentait encore un autre inconvénient; ils mettaient notre am-
bulance en contravention avec la Convention de Genève, dont l'article ier
contient le passage suivant: rrLa neutralité cesserait, si ces ambulances
e OU ces hôpitaux étaient gardés par une force militaire."
Nous fûmes donc obligés de nous déplacer, et malheureusement le
Palais des Tuileries, qui avait été mis à notre disposition par une or-
donnance du préfet de police du 5 septembre précédent, était alors
occupé par d'autres services. Plus tard nous eûmes à le regretter d'autant
plus vivement, que notre ambulance principale contenant des insurgés au
mois de mai 1 871, elle aurait certainement sauvé le Palais des Tuileries.
1%
GRAND-HOTEL.
Les appartements du Grand-Hôtel, boulevard des Capucines, se trou-
vant inoccupés pendant le siège, nous traitâmes avec l'administration de
cet établissement pour les trois étages supérieurs, ou l'on put établir
500 lits comme au Palais de l'Industrie.
Ici l'exploitation de l'hôpital fut donnée à l'entreprise. La direction de
l'hôtel s'engagea à fournir le mobilier et le matériel d'habitation; la
société apportait le linge de lit, de table et de service. Elle payait, par
jour et par lit, 2 francs, comprenant l'éclairage et le chauffage à 15 de-
grés centigrades, avec un minimum de 2 5o lits censés occupés, corres-
pondant à un loyer de 5oo francs par jour.
- 20 —
Des pièces occupées au premier étage par le Comité médical et par le
Comité des dames furent l'objet de conventions spéciales.
La nourriture journalière du malade était fixée, au commencement, à
2 fr. 50 cent. ; plus tard, à 3 fr. 5o cent. non compris le vin; les extra
étaient payés en sus.
Le traité stipulait au même prix la nourriture des infirmiers, comp-
tables et gens de service; celle des médecins à 4 fr. 70 cent.
Les bains coûtaient 5 0 cent.
Il était stipulé, en outre, qu'à la cessation du siège de Paris, la société
rendrait disponibles tous les emplacements occupés par elle au second
étage de l'hôtel, et, successivement, les deux autres étages.
Tous les dix jours, l'administration de l'hôtel fournissait ses comptes,
qui subissaient l'examen de la Commission des finances avant d'être payés.
La Société avait cédé à l'entrepreneur, au prix du jour, une grande
partie des denrées qu'elle avait en magasin, des animaux sur pied, du
combustible; elle fournissait, à prix convenu, des vins et spiritueux de
ses caves. Ces ventes se sont élevées il. 6,768f 65e
Les comptes détaillés de toute cette gestion, qui a duré 130 jours, ont
été l'objet de trois rapports que nous avons soumis à la sanction du Conseil.
Nous les résumerons en disant qu'il a été dépensé pour l'ambulance du
Grand-Hôtel :
En frais d'installation, nettoyage de la literie, réparations ou rempla-
- - -
cement du mobilier. 3i,52 3f 20e
Pour 1'exploitation. 355,839 34
EN tout 387,3654
dont l10, 3 9 9 fr. 98 cent. pour la solde du personnel médical, des infir-
miers et gens de service, s'élevant en tout à 187 individus, tous nourris
à l'hôtel, et parmi lesquels i56 rétribués2.
La dépense, pour la nourriture, équivalait à peu près au traitement.
(l) Traité du 3o octobre 1870, passé entre MM. Aug. Cochin, HussoneL Ménier, et M. Van Hym-
beek. - (2) Voir le budget du mois de janvier 1871.
- 21 —
Cette dépense ne comprend pas le linge fourni par le magasin des
dons, évalué, en chiffres ronds. 6o,ooof ooc
Le nombre des blessés et malades reçus du ier novembre 1870 au
15 mars 1871, jour de la clôture de l'ambulance, s'élève à 1,13A, four-
nissant 27,338 jours de traitement (2 19 décès).
BARAQUEMENTS DU COURS-LA-REINE.
Le traitement des blessés sous les tentes ou dans les constructions en
bois, fortement aérées, était depuis quelque temps en discussion; il a
encore ses partisans et ses détracteurs.
Encouragé par le succès de l'ambulance américaine, alors établie dans
l'avenue de l'Impératrice, le Conseil, sur la proposition du Comité mé-
dical, résolut de tenter une expérience, pour laquelle il obtint, de l'au-
torité municipale, l'usage temporaire d'un vaste emplacement au Cours-
la-Reine, entre le quai de la Seine et le Palais de l'Industrie.
Une telle construction était d'autant plus opportune, que nous avions
à prévoir le cas où, la cessation du siège de Paris restituant le Grand-
Hôtel à sa véritable destination, nous serions obligés de chercher un abri
pour les blessés qui y seraient encore en traitement.
Nous étions alors au mois de janvier 1870, et le bombardement de
Paris rendant inhabitables les baraquements militaires attenant au jardin
du Luxembourg, le ministre de la guerre voulut bien nous céder quatre
de ces baraques à 20 lits chacune, dont le transport et la reconstruction
sur l'emplacement de notre ambulance projetée se firent aux frais de
l'Administration. Nous y ajoutâmes deux baraques doubles, en sorte que
l'ambulance baraquée contenait 160 lits.
Elle offrit un asile aux derniers blessés du Grand-Hôtel et à tous ceux que
nous dûmes recueillir pendant la funeste insurrection de la commune.
L'importance de ce lazaret fut augmentée au mois de mai par réta-
blissement, dans le jardin Musard, de 17 tentes renfermant 34o lits, ce
qui porta à 5oo le nombre total des lits disponibles dans l'ambulance du
Cours-la-Reine.
- 22 —
Le chiffre du personnel médical, hospitalier, administratif et de ser-
vice était de 67.
Pendant la durée du fonctionnement, du 5 mars au 3 juin, il y a été
traité 1,07/1 blessés ou malades, produisant 18,986 journées de traite-
ment (ao5 décès).
Il a été dépensé en :
Premier établissement et installation. 91,5263f 07e
Exploitation 181,897 68
Total 22 3, 140 [ 76e
Dont 35,558 fr. 92 cent. pour le personnel; non compris les fourni-
tures faites par notre lingerie pour environ 30,000 francs, et par nos
caves, 3/1,007 fr. 5o cent.
Outre les trois lazarets principaux successivement dirigés par le chef
de nos services médicaux, la Société de secours aux blessés avait, dans
l'intérieur de Paris, deux ambulances sédentaires moins importantes,
l'une au palais du Corps législatif, et l'autre dans une partie restreinte
du palais des Tuileries.
AMBULANCE DU PALAIS DU CORPS LÉGISLATIF.
Pendant le siège de Paris, du milieu de septembre 1870 au 3i jan-
vier suivant, la direction de cette ambulance fut confiée aux habiles chi-
rurgiens que S. M. l'empereur d'Autriche avait bien voulu nous envoyer
dès les premiers jours de la guerre.
Plus tard, et jusqu'au jour du licenciement (2/1 juin) elle passa aux
mains de chirurgiens français.
On y comptait io5 lits et un personnel de 3i personnes.
L'administration du Corps législatif nous a généreusement facilité les
choses, non-seulement en nous cédant un beau local à la fois spacieux et
bien aéré, mais encore en nous fournissant, à titre gratuit, le chauffage
et l'éclairage, en laissant à notre disposition une partie de son personnel
de l'économat et du service du palais.
— 23 -
Durant le siège, cette ambulance avait une sorte de succursale où elle
envoyait ses convalescents : c'était une ambulance établie dans l'hôtel de
l'ambassade d'Autriche-Hongrie exclusivement aux frais de son souverain.
La durée totale du fonctionnement de l'ambulance du Corps législatif
a été de 281 jours, pendant lesquels il a été donné des soins à 32 3 blessés
réunissant un total de 8,36s journées de traitement.
Et la dépense se résume ainsi :
1° Installation, premier établissement. 1 1 9171 89e
20 Exploitation 68,6-79 78
8o,397f 67e
AMBULANCE DU PALAIS DES TUILERIES.
L'impératrice Eugénie avait installé dans la partie septentrionale du
palais, dans la salle de spectacle et les locaux voisins, une ambulance de
3o lits desservie par 19 personnes, chirurgiens, aides, économe, infir-
miers et trois sœurs.
Après les événements du 4 septembre, cette ambulance passa aux
mains de la Société de secours aux blessés, qui la trouva fort abondam-
ment pourvue en matériel de literie, de campement, de lingerie; en
approvisionnements de pharmacie et de denrées alimentaires.
Les trois sœurs quittèrent alors l'ambulance, qui d'ailleurs continua
de fonctionner comme précédemment, si ce n'est que 10 lits destinés
aux fiévreux furent établis à l'étage au-dessus des 3o premiers.
Elle a fonctionné aux frais de la Société, du 4 septembre au 1 5 no-
vembre suivant, donnant 1,67/1 journées de traitement; on y a dépensé :
En frais d'installation. 1,89if 26e
En frais d'exploitation 11,298 58
En tout 13,18 9f 8 4e
Dont 5,0 3 1 fr. 86 cent. pour le personnel.
Cette somme ne comprend pas les fournitures de nos caves, dont la
valeur estimative s'élève à 2,730 francs.
- U —
AMBULANCES DE PASSAGE.
Vers le milieu du mois d'août 1870, on vit arriver aux gares des
chemins de fer de l'Est et du Nord des soldats dont les uns malades,
dont les autres blessés, d'autres enfin simplement trop fatigués pour con-
tinuer leur service, exigeaient tous des soins immédiats.
C'est dans le but de leur donner ces soins que la Société de secours
aux blessés installa tout près des arrivages deux ambulances de passage.
AMBULANCE DE LA GARE DE L'EST.
Il existe rue du Faubourg-Saint-Martin, au droit de la gare des che-
mins de fer de l'Est, une école de frères dont les locaux de facile appro-
priation convenaient d'autant mieux à l'ambulance projetée, que le jardin
de l'établissement donne sur la cour de la gare.
Le directeur de cette école nous permit d'y faire une installation, et,
avec l'autorisation du su périeur de l'Ordre, le frère Philippe, il invita ses
subordonnés à faire le service hospitalier de notre ambulance sous la
direction dè nos médecins.
* Nous pûmes y mettre 60 lits.
Environ 3,ooo malades et blessés y ont reçu des soins moyennant
une dépense qui se résume en :
Frais d'installation. i, 9 5 8 fo 6 c
Frais d'exploitation 1,554 25
TotaL. 3,512f 3ic
, D I 9
dont 500 francs pour le personnel médical.
AMBULANCE DE LA GARE DU NORD.
Le voisinage de cette gare n'offrant aucun local propre à l'établisse-
ment projeté, nous fûmes obligés de nous adresser à la compagnie du
Nord , qui voulut bien mettre à notre disposition la salle des bagages du
côté de l'arrivée.
— 25 —
à
Nous pûmes y faire une installation complète avec deux petites salles
d'officiers, deux grandes salles de soldats, cuisine, pharmacie, dépôt pour
le matériel et les approvisionnements; il y avait 80 lits.
Les frères des deux écoles du faubourg s'offrirent pour le service hos-
pitalier et s'acquittèrent de leurs fonctions avec autant de zèle que leurs
collègues, à la gare de l'Est.
Dès que le siège de Paris rendit les ambulances de passage inutiles,
la compagnie du Nord prit notre lazaret à sa charge; elle nous remboursa
les frais d'installation et en continua l'exploitation comme ambulance
sédentaire sous la direction de ses propres médecins.
C'est ainsi que nos dépenses pour les soins donnés à environ
2,000 hommes se sont réduites a
Des frais d'exploitation pour. 2,169' 83e
dont 800 francs pour le personnel médical et le service de la gare.
Nos deux ambulances avaient recu de nos caves :
Celle de l'Est, pour une valeur de a,o5of oo1'
Celle du Nord. 2,076 00
6,12Ôf 00e
non compris dans les chiffres ci-dessus.
AMBULANCES SÉDENTAIRES HORS PARIS.
Pendant l'insurrection de la Commune, la Société avait organisé des
ambulances à Saint-Cloud et à Nanterre, sans compter celles que le co-
mité local de Versailles avait établies depuis Colombes jusqu'à Sceaux.
AMBULANCE DE LA GRANDE-GERBE.
La première et la plus importante fut un second essai des ambulances
, *
baraquées. Elevée dans le parc de Saint-Cloud au lieu dit la Grande-
Gerbe, elle se composait de 8 baraques contenant 24 lits chacune et de
2/1 constructions accessoires pour salles d'opération, pour l'économat,
les magasins, les cuisines, les réfectoires, les logements du Directeur,
des médecins, des sœurs, des infirmiers et des gens de service; pour la
— 26 —
chapelle, la lampisterie, les ateliers d'un voilier, les remises, les écuries
et une salle des morts.
Cette ambulance, construite dans des conditions fort dispendieuses, a
fonctionné du 28 mai au 15 octobre 1871 ; comme elle n'a été ouverte
que le jour où les combats avaient cessé, elle dut faire venir ses blessés
de Paris, et principalement des ambulances du Comité local de Versailles.
Elle a été construite et dirigée par le médecin qui, pendant le siège
de Paris, avait dirigé l'ambulance du Corps Législatif et qui avait fait
venir pour la Grande-Gerbe quatre chirurgiens autrichiens dont notre
Société doit signaler l'habileté et le dévouement.
Cette ambulance occupait 12 h personnes; on y comptait, outre le
personnel médical (dix chirurgiens et aides), l'économat et la compta-
bilité (h personnes), 20 sœurs et 16 infirmiers; de plus, des gens de
service, de cave et d'écurie, des lampistes et d'autres artisans, comme
menuisiers, plombiers, voiliers, des plantons et des estafettes.
Les dépenses afférentes à cet important lazaret se résument ainsi qu'il
suit :
Construction, installation, premier établissement.. t 71, 3 9 6f 36e
Exploitation 178,737 00
Divers étrangers au service 20,^9 70
lvers etraogers au service. 2D,LJ 9 7a
TOTAL 375,5o3f 1 ic
dont 51,990 fr. 70 cent. pour la solde du personnel, et non compris
les fournitures en nature :
D 1., f
De notre lingerie, estimées io,ooof 00e
Et de nos caves, estimées. 10,000 00
Cette ambulance a reçu 2 25 blessés, qui ont donné 10,10 6 journées
de traitement (3i décès).
Aussitôt après le licenciement de cette ambulance, la Société en a
offert les constructions et le matériel au ministère de la guerre, qui
continue à l'employer pour les malades des camps établis dans les en-
virons de Versailles.
- 27 -
4.
AMBULANCES DE NANTERRE.
Notre Comité d'action de * Versailles avait établi quatre ambulances à
Nanterre, dans trois maisons particulières et dans une école de sœurs.
Elles ont reçu 5i 8 malades et blessés, qui ont fourni 5,609 journées de
traitement (2 5 décès).
Le personnel se composait de 6 médecins, 17 infirmiers, 5 gens de
service.
On y a r
On y a dépense : 5e
En frais d'installation 3,o6if 45e
En frais d'exploitation. 38,989 96
TOTAL 4i,35if 39e
dont 9,661 fr. 60 cent. pour le personnel.
D'après ce que nous venons de voir, l'ensemble des ambulances séden-
taires gérées par notre Société a coûté 1,2 8 7,09 5* 9
Cette dépense sera diminuée de 2 3o,ooo francs quand le ministère de
la guerre aura réglé l'indemnité de 2 francs par journée de traitement
promise, au commencement du siège, pour tous les militaires qui seraient
soignés dans nos ambulances à l'intérieur de Paris(').
Nous passons aux ambulances mobiles :
AMBULANCES MOBILES.
Nous comprenons sous cette dénomination :
Les Ambulances de campagne,
Les Ambulances volantes,
Les évacuations des blessés dans les trains sanitaires,
il) Dépêche du 7 octobre 1 870.
— 28 —
Et tout ce qui concerne le trans p ort des bless és et des ma l a d es de nos
armées en campagne.
1° AMBULANCES DE CAMPAGNE.
Une ambulance de campagne est un tout complet; elle a son per-
sonnel, sa hiérarchie, sa comptabilité, son matériel propre, ses moyens
de transport; elle constitue, dans notre service sanitaire, une unité comme
est la batterie dans le service de l'artillerie.
C'est de ce principe que nous sommes partis pour la liquidation; cha-
cune des ambulances de campagne a été liquidée séparément.
Le personnel d'une ambulance se compose d'un chirurgien en chef,
de chirurgiens, d'aides et sous-aides, d'infirmiers avec majors et ca po-
raux infirmiers, de gens d'écurie et de voitures. -
Elle est pourvue de voitures servant au transport d'une partie de son
personnel, à celui des blessés, au transport de son matériel et de ses
approvisionnements; elle a des chevaux de trait et des chevaux de selle.
Tout cet ensemble fonctionne sous la direction du chirurgien en chef.
Pour plus d'efficacité, toute ambulance doit être divisible en sections
ayant chacune son personnel et son matériel attitrés.
A.
LES DOUZE AMBULANCES DE PARIS.
Bien que prise au dépourvu, notre Société, grâce à la promptitude
avec laquelle sont arrivés les fonds de souscription, a inauguré sa
période active par l'organisation de douze ambulances de campagne
françaises et de quatre étrangères qui, du ú août au 8 septembre, sont
sorties du Palais de l'Industrie, se dirigeant sur le théâtre de la guerre
aux applaudissements de la population de Paris.
Nous ne devons pas omettre que, sous l'influence de 1 émotion causée
par la vue de ces ambulances, les jeunes quêteurs qui les accompa-
gnaient ont recueilli dans les rues, au moment du passage, des offrandes,
— 29 —
petites pour la plupart, mais en si grand nombre, qu'elles ont grossi
notre trésor de plus de 100,000 francs.
Il fallut, avec une extrême précipitation, se pourvoir en moyens de
transport, s'approvisionner en matériel de literie, de campement, en
ustensiles, instruments chirurgicaux, préparations pharmaceutiques, et
s'adresser à tous les hommes de bonne volonté pour la constitution d'un
personnel qui, pour les douze ambulances de Paris, atteignit un chiffre
considérable; les chirurgiens seuls furent au nombre de 269 et les
infirmiers de 546; il y avait, en outre, 41 comptables, 43 gens d'écurie
et 33 aumôniers catholiques et protestants. Les moyens de transport
furent de 35 voitures et 108 chevaux.
Cette puissante improvisation fut principalement l'œuvre de l'inspec-
teur général de nos services médicaux, M. le docteur Chenu.
Nous n'avons pas à raconter ici la vie de nos ambulances qui, pour
beaucoup d'entre elles, fut glorieuse, fidèle au sentiment des devoirs
du médecin dans son acception la plus élevée, pleine d'abnégation et
souvent de périls. Nous resterons dans notre rôle financier en nous bor-
nant à dire que nous avons procédé à la liquidation de chacune d'elles,
pour la majeure partie avec assez de facilité, grâce à leurs bons comp-
tables, pour les autres avec plus de lenteur et de difficulté, mais non
sans résultat suffisamment exact.
Il était arrivé, comme par exemple au Mans, que l'incendie ou le
pillage par l'ennemi avaient détruit la comptabilité de l'ambulance, et
alors il fallut refaire les pièces comptables en s'aidant des souvenirs des
parties intéressées.
Mais, même dans les circonstances les plus régulières, l'apurement
des comptes offrait des difficultés de plus d'un genre pour ne pas amener
des doubles emplois dans nos écritures, parce que les ambulances avaient
puisé leurs ressources à la caisse centrale, aux délégations régionales,
aux comités sectionnaires; parfois elles s'étaient secourues entre elles; il
y en eut aussi qui augmentèrent leurs ressources au moyen de souscrip-
tions françaises et étrangères, et même par la vente de matériel devenu
sans utilité.
- 30 -
La liquidation des douze ambulances de Paris nous a donné le résultat
suivant :
Dépenses de premier établissement. 446,589'a6e
D d' 1.. 8 3
Dépenses d'exploitation 1,01 8,1 7 3 oh
Total 1,464,755* 3oc
dans lesquels le personnel entre comme suit :
Entrées en campagne des médecins. 178,600f
Solde, gratifications, indemnités de licenciement. £ 00,136 a5
Total 5 7 8,7 3 6f a 5
Au départ des ambulances, le matériel du transport, la literie, le
, 1 d , 3. 58 f c
matériel de campement, etc., avaient coûté 35i,58af 90e
Nous ne donnons pas ici le mouvement des blessés de ces ambu-
lances, puisqu'il, nous manque pour plusieurs d'entre elles, qu'il est
incomplet pour d'autres, et que, dans ce travail, nous n'avons voulu
donner que des chiffres incontestables.
B.
AMBULANCES DE LA DÉLÉGATION DE BRUXELLES.
Vers la fin de septembre 1870, les ambulances de campagne nos G,
9, 10, 11, qui avaient utilement stationné aux environs de Sedan et
dans le voisinage des champs de bataille le long de la Meuse, se ren-
dirent à Bruxelles, où elles furent licenciées par le colonel Huber-Sa-
ladin, chef de notre délégation de Belgique, entre les mains de qui le
Conseil avait remis ses pouvoirs pour toute la durée du siège de Paris.
Avec. le personnel disponible de ces ambulances et leur matériel, il
en organisa huit autres, qui prirent le nom d'ambulances de Bruxelles
nos i à 8. Une ambulance étrangère dont il sera parlé plus loin, l'an-
glo-américaine, concourut aussi à cette organisation et servit à former
le n° 9.
— 31 —
Chacune de ces ambulances fut composée de la manière suivante :
un chirurgien en chef, 10 chirurgiens, un aumônier, rétribués à
i 5o francs par mois chacun, 5 infirmiers à 60 francs, un fourgon à
deux chevaux, une petite voiture à un cheval et un, cheval de selle. Jus-
qu'alors, les chirurgiens en chef avaient reçu par mois 500 francs, les
chirurgiens 400 francs, les aides 2 60 francs, les sous-aides 1 50 francs;
dans la nouvelle organisation, on n'avait pas touché à la solde des infir-
miers; seulement il n'y avait plus de gradés.
Les ambulances nos 5 et 7 avaient aussi traversé Bruxelles, mais sans
être licenciées; toutefois elles avaient consenti à la diminution de solde;
mais, aussitôt après sa rentrée dans Paris, la cinquième demanda el
obtint le rappel de la solde aux anciennes conditions.
Chacune des ambulances de campagne de Bruxelles a été l'objet
d'une liquidation spéciale; seulement, les nos 3, 6 et 8 ayant été diri-
gées 'par les chirurgiens en chef des ambulances nos 11, 9 et 10 de
Paris, respectivement, elles ont été liquidées avec ces dernières.
En fin de compte, nous trouvons, pour les ambulances nos 1, 4, 5 et
7 de Bruxelles, une dépense totale de 1 i3,559f 95e
où la solde du personnel entre pour 67,956* 00e
C.
AMBULANCE DE TOURS.
Organisée par la délégation du Centre-Nord, elle a dé-
pensé 1 i,739f 65e
dont 3, 13 9, fr. 9, 5 cent. pour le personnel.
D.
AMBULANCES ÉTRANGÈRES.
Du 91 août au 4 septembre, la Société a vu arriver des compagnies
de médecins anglo-américains, suisses, hollandais, italiens, envoyées
par leurs sociétés ou leurs gouvernements respectifs, qui devaient fone-
- 32 —
tionner pour nous, mais non pas a nos frais; nous n avons eu qu'à leur
donner quelques subventions et à leur fournir le matériel d'entrée en
campagne.
Elles sont à considérer comme des services subventionnés, fonction-
nant sous leur propre responsabilité et n'engageant pas la nôtre.
Ces ambulances, qui ont mérité notre gratitude par la manière
exemplaire dont elles ont servi la croix rouge, ont été l'objet d'une
dépense de 11 5,713f/12e
dans laquelle le matériel d'entrée en campagne tient la plus grande place.
E.
AMBULANCE DU COMITÉ ÉVANGÉLIQUE.
Nous avons déjà dit que ce comité avait fait à notre caisse un ver-
sement de 25,325 francs, en vue de l'organisation d'une ambulance
protestante. La Société s'est bornée à lui donner une subvention
de 1 5,ooof oo
Après avoir stationné dans le voisinage de Sedan, le temps voulu pour
la guérison ou l'évacuation de ses blessés, elle s'est dirigée sur l'armée
de la Loire où elle a fonctionné sous le n° 11 bis de Paris. Elle y a vécu
avec les ressources de son Comité et avec des fonds recueillis en Angle-
terre, en Suisse et en Alsace.
En additionnant les sommes ci-dessus indiquées, nous trouvons que
toutes les ambulances de campagne ont coûté. î,720,761^2°
dont 655,313 fr. 90 cent. pour le personnel.
2° AMBULANCES VOLANTES.
Sous ce nom nous désignons une escouade de médecins, d'infirmiers,
de brancardiers, qui, accompagnée d'un ou plusieurs délégués du
conseil, doit se rendre sur le lieu désigné par le chef du service, soit
— 33 —
5
pour recueillir et soigner les blessés pendant le combat, soit pour opérer
les évacuations des blessés et des mal ades de l'armée.
Au départ, ce personnel reçoit un certain nombre de voitures de nos
remises, attelées dans nos écuries, et des approvisionnements propor-
tionnés à l'importance ainsi qu'à la durée probable de l'expédition.
Ces ambulances diffèrent des ambulances de campagne en ce qu'elles
n'ont ni moyens de transport, ni matériel attitrés, et qu'elles fonctionnent
d'une manière intermittente.
La composition normale de nos ambulances volantes était fixée de la
manière suivante :
1 ou 2 délégués, 1 chirurgien, 2 aides ou sous-aides, 15 à 18 infir-
miers et brancardiers constituant avec les cochers un ensemble de 3o per-
sonnes; 6 voitures à 2 chevaux, dont 5 pour le transport des blessés et
1 pour les approvisionnements.
La solde des chirurgiens et des aides, qui était, dans l'origine, respec-
tivement, de 200 et 150 francs, a été portée, au mois de décembre 1870, à
250 et 200 francs.
Messieurs les délégués fonctionnaient gratuitement.
Le nombre des ambulances volantes, qui était de 9 au commencement,
s'est élevé à 12 et même plus.
Quand on prévoyait une sortie, les ambulances volantes recevaient
l'ordre de se tenir prêtes, et, dès que le mouvement des troupes com-
mençait, le Ministère de la Guerre faisait connaître les lieux où les
secours médicaux seraient nécessaires.
Le groupe le plus nombreux des ambulances était dirigé sur le lieu
de l'action principale, les autres sur les points où, l'on prévoyait des en-
gagements partiels.
• L'Etat-Major des ambulances, qui avait ses voitures, ses approvision-
nements spéciaux, marchait avec le groupe principal; on y comptait un
chirurgien en chef et trois aides, deux infirmiers et une vingtaine de
brancardiers; deux agents préposés aux vivres et au matériel; plusieurs
cavaliers volontaires faisant le service d'estafette.
Dès qu'on était arrivé à destination, on installait à proximité de l'Etat-
— 3 k —
Major un lazaret central dans un local aussi vaste et bien aéré que pos-
sible, et les ambulances volantes partaient pour les lieux qui leur étaient
assignés, au fur et à mesure des exigences du combat, constituant, à
proximité des lignes, les ambulances de champ de bataille où nos bran-
cardiers apportaient les blessés qu'ils allaient quelquefois relever jusque
sous le feu de l'ennemi.
Après un premier pansement, les blessés étaient transportés par nos
voitures à l'ambulance centrale où ils recevaient les soins exigés et d'où
ils étaient évacués, suivant les possibilités, sur nos ambulances séden-
taires à l'intérieur de Paris.
Dans les grandes sorties, notre matériel de transport ne suffisant pas,
nous y ajoutions des voitures, les unes en location, les autres gratuite-
ment cédées à notre service pendant l'expédition.
C'est ainsi qu'au jour de la bataille de Champigny, l'Etat-Major étant
à Joinville-le-Pont, le groupe principal de nos ambulances volantes fonc-
tionnant auprès de Ghampigny, Petit-Bry, Nogent-sur-Marne, etc., réu-
nissait 4o de nos voitures, et les groupes secondaires dirigés sur Asnièrcs,
Courbevoie, Saint-Denis, Montrouge, Vitry, en avaient 69, pendant que
143 autres voitures faisaient, entre Paris et les ambulances, un service
de ravitaillement et de transport des blessés.
L'ensemble du service mit en mouvement, dans les trois jours, en-
viron 500 chevaux.
On comprendra, d'après cela, quelle a été l'importance du service du
mouvement des ambulances, qui a été constamment bien fait.
Dans le service des combats, notre personnel a souvent déployé une
grande énergie et beaucoup de sang-froid.
Le service des évacuations, très-facile au début, est devenu, plus tard,
le plus dangereux de tous, quand nos ambulances volantes allaient
prendre des blessés au plateau d'A vron, à Saint-Denis, dans les forts de
Vanves, d'Issy, etc., alors exposés au plus effroyable bombardement.
Aussi avons-nous eu des blessés parmi nos agents; il en est même qui
ont payé de leur vie leur inflexible fidélité au devoir.
En ce qui concerne les approvisionnements, la commission de finances,
— 35 —
5.
quand elle était chargée des magasins, avait prescrit les règles sui-
vantes :
Le garde-magasin général faisait au départ un inventaire des objets
livrés aux ambulances volantes; il inventoriait au retour ce qui restait;
la différence donnait la consommation.
Quant aux dépenses en argent, Messieurs les délégués recevaient, au
départ, de petites sommes d'argent pour les besoins de leur ambulance;
ils rendaient compte au retour, et restituaient le solde au chef du
service.
Comme tout le mouvement de nos services puisait dans les remises de
la Société aussi bien que les ambulances volantes, nous avons inscrit
tout le matériel roulant au compte de ces dernières.
Ce compte a été crédité des livraisons faites aux ambulances de cam-
pagne. Celles qui n'ont rien ramené sont restées débitées des livraisons
qui leur avaient été faites, mais, pour les autres, il a été tenu compte des
rentrées de la manière suivante :
Nous admettions une diminution de valeur de 40 p. o o qui restait
acquise au débit du compte de l'ambulance de campagne, et nous avons
crédité ce compte des 60 p. o o restant, par le débit du compte des am-
bulances volantes.
C'est ainsi que nous avons obtenu les chiffres de notre résumé final :
Les ambulances volantes ont coûté :
1° Frais de premier établissement, matériel rou-
lantetc. 166,998* 92e
2° Frais d'exploitation 173,079 51
TOTAL 33o,o78f 43e
dont 1 33,384 fr. 68 cent. pour le personnel.
Depuis la fin de la guerre, le conseil a établi un service spécial des
remises et du matériel au compte duquel figurera dorénavant tout le
matériel roulant de notre Société.
Aujourd'hui toutes nos voitures se trouvent abritées dans une construction
— 36 -
élevée à Billancourt. Un inventaire dressé dans le courant du mois de mai
dernier donne à notre matériel roulant une valeur de. 61,10 Of ooc
au petit matériel (timons, brancards, palonniers). 172 00
TOT AL. 61,2 72fooc
somme dont nous avons à tenir compte et qui vient en déduction de
celle de 156,998 fr. 92 cent. inscrite comme frais de premir établis-
sement(I)
Ces chilfres ne comprennent pas les fournitures faites :
P 1.., l f
Par notre lingerie, éva l uées environ 2o,ooof ooc
Et par nos caves 1 8,^65 00
3° ÉVACUATION DES BLESSÉS À L'INTÉRIEUR DE LA FRANCE.
Aussitôt après la cessation des hostilités, notre Société conçut le projet
d'évacuer les hôpitaux de Paris où l'accumulation des blessés mettait
obstacle à leur guérison. En même temps qu'un service d'évacuation s'or-
ganisait avec les éléments des ambulances volantes et des éléments exté-
rieurs, elle entamait avec l'autorité allemande des négociations qui
aboutirent à une convention ratifiée, le îk février 1871, par les mi-
nistres compétents.
L'Intendance militaire dut intervenir, et elle remit à notre Société le
soin des évacuations, promettant une indemnité de 2 francs par journée
de blessé transporté dans les localités qu'elle aurait désignées.
La compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée voulut
bien, avec un louable empressement, s'associer à cette œuvre, installer
des cuisines et magasins d'approvisionnements dans six couples de ses
wagons à marchandises (D D) et nous procurer tout le matériel néces-
saire au service.
(1) Matériel roulant existant dans
nos remises 61,27 3 00e
Solde des frais de premier établis-
sement 95,726 92
Frais d'exploilation. , 173,079 51
TOTAL 33o,078r43c
Les ventes de voitures et fourgons opérées
depuis la guerre ont produit 13,934 francs
47 centimes; c'étaient, la plupart, des voitures
données.
— 37 —
Commencées le 15 février 1871, interrompues par l'insurrection de
la Commune, les évacuations furent terminées le 28 juin suivant.
8,271 blessés et malades, représentant, en nombre rond, 9,600 jour-
nées de transport avaient été remis à destination par les soins de notre
Société.
Nous avions dépensé pour cette utile opération :
En frais d'installation. 2 8,83if 96e
En frais d'exploitation 33,71/1 19
TOTAL 62,546f 15e
comprenant des soldes de personnel pour 14,986 fr. 67 cent., mais
non com pris des fournitures faites par nos caves, estimées.. 6,51 4f
Les frais de transport sur chemins de fer avaient été payés par l'In-
tendance militaire, qui en exécution de nos conventions avec elle, a
verse à notre caisse une somme de 19,28 8f 20e
h" ÉVACUATION DES BLESSÉS DE L'ÉTRANGER SUR FRANCE.
RAPATRIEMENTS.
L'attention de la Société ne s'est pas bornée aux blessés et malades
de nos armées qui se trouvaient en France; elle voulut aussi contribuer
au retour de ceux de nos compatriotes que leurs blessures ou leur état
de maladie retenaient loin de la patrie. A cet effet, en même temps
qu'elle préparait un personnel de rapatriement, elle faisait prendre des
renseignements en Suisse et en Allemagne sur le nombre et le lieu de
résidence de nos soldats invalides, et elle s'adressait aux autorités mili-
taires de France et d'Allemagne afin d'obtenir des facilités pour les ren-
trées en France.
L'Allemagne possédait alors de nombreux trains sanitaires dont
l'usage nous fut concédé.
Avec les fonds de la Société, l'on fit aussi transformer à Munich sept
wagons système américain pour y installer des lits; des wagons à mar-
- 38 —
chandises furent disposés de manière à recevoir une cuisine et des appro-
visionnements (l).
Le Conseil envoya en Allemagne un certain nombre de délégués qui,
sous la direction des deux chefs de service, ramenèrent tous ceux de nos sol-
dats qu'ils purent atteindre, et dont l'état de santé permettait le transport.
On avait installé, sur trois points voisins de nos frontières, des sta-
tions où les malades pouvaient recevoir, en entrant en France, les soins
qui leur étaient nécessaires : ce fut à Vesoul, à Lunéville et à Lille.
L'exploration de la Suisse se fit du ier au 20 mars 1871; elle
coûta 9, 6 7 0 f
Les dépenses faites aux trois stations de la frontière se sont élevées
a 6,yo9f 3oc
Et tout le reste de la dépense appartient au rapatriement d'Alle-
magne, qui dura du 1 3 juillet au 2 5 septembre.
Nos comptes ont conservé la trace de 22 trains sanitaires~; ils
accusent une dépense totale de. 136,141 f 45c
où le personnel français entre pour. 39,983f 70E
le personne l étran g er pour 23,976
le personnel étranger pour. 23'976
TOTAL 63,9 5 9f 76E
Le dernier train est rentré par Lille.
5° MOUVEMENT DES AMBULANCES DE VERSAILLES.
Pendant l'insurrection du mois de mars 1871, le Conseil de la
Société décida qu'il s'installerait à Versailles par délégation, afin de
pouvoir continuer son service, soit en subventionnant les ambulances
existant aux environs de Versailles, soit par l'établissement de nouvelles
ambulances, si besoin en était.
Dans le but de pourvoir aux approvisionnements et au transport des
(1) Cette opération a coûté 671/90. — (S) D'après nos délégués, le nombre des rapatriés serait
de 9,i65.

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