Rapport et projet de décret, sur l'organisation définitive de l'établissemens fondé à Paris pour les aveugles travailleurs, présentés à la Convention nationale, au nom des trois Comités, des finances, d'instruction publique & des secours publics : le 25 prairial, an III ([Reprod.]) / par M. Merlino,... ; impr. par ordre de la Convention nationale

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[de l'Impr. nationale] (Paris). 1795. Aveugles -- Travail -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1795
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'A
RAPPORT
ET
PROJET D E DÉCRET
Sur rorganifation définitive de T établi ffcmem
fondé à Parts pour les aveugles travailleurs
Préfentk a la Convention nationale au nom des trois
comités des Finances d'Inilruâion publique Se des
Secours publics
Le if Pritrhl, an trolsuîmç
Par MERLINO, député de l'Ain.
Ft ajournés jufqu'aprés fa diftribution j
Précédés de la pétition de i'Iaflitut national des aveugles
PAR 0RPR8 Dï lU CONVINTION NàTIO^jUI.
PÉTITION.
De Clnjlitut national des aveugles travailleurs, à la
Convention nationale.
JlXiprésintans DU peupu •
S'il tft une clac de -citoyens fut laquelle pifent
dayanwgç la difet:e & le renchlrtfTeinent txc,c(îif des
denrées ce font ceux qui, tout à la fois privés dei'
rcllources de la fortune & d'un des organes les plus,
riéceflaires pour .réparer cette privation ne peuvent
"trouver un lccouts fiilKfarcl dans le pro. uit d'un travail
nop borné pat les ci rcon fiances quelqu'aflidu qu'il
Vous voycz à. votre barre une députation de l'inftitut
national des aveuçlts travailleurs. C'eft for-tout a,u nom
des plus à phiiKlrt d'entre eux c'e-ft au nom des
(Élèves des apprentis des étudians que nous venons
émouvoir votre fcnfibiiité follicitct votre juftice.
Par un décret de PAfièmWée conftituAnte, l'éducation
de trente de ces infortunés en confiée à nos foin<. 1 a
nation ne lcur paie annuellement qu'une fomme de
trois cuit cinquante livres pat tète pour nourriture
catittien bk.n;h;iT:ge & bois. fur laquelle' il faut
encore prendre la. table, '& les gages des .domtfti-
ques ainfi que le prix & l'entretien des uftendles de
C'eft un de ces infortunés c'eft un aveugle qui titre
d'économe Kçoit & diltribue les deniers nationa;.x
aiufi que ccux q'ni proviennent du travail des aveugles
ïiillruit* } c'eft lui qui & difp;nfe les provifiotis
de boychc. Tout vous attefte donc Repréfçmans du
'peirpîc que ce n'eft que par une efhèce de mir.iclé que
fé loutienr l'inllicut national* des aveugles travailleurs.
Vous fâchant occupés des grands intérêts de la patrie,
les aveuf;lès ont pré»rcré prolonger leurs fouft'ances uf-
Ce jonc plutôt que d'interrompre vos imporwn»/
travaux. Mais aujourd'hui' le mal eft à *fort comhle. in
vain ces viciimes infortunées du fort ont cherché d?ns
.les, renonces d'un. travail exceflif le moyen de s'arracher
aux horreurs de la difette exténués par fufage d'une
y
A à
lîOumtore auni rhiuvaife. qu'mfuffifantc en vain le befoin
Se le courage commandent h travail, Uùxs bras refufent
l'exécution deux d'entre eux viennent de payer le tribuc
la nature. Deux autres font à h veille peut être de
taourir aux hôpitaux le refte languit a l'inftitut &
n'attend que la maladie.
Repréfentans du peuple, li juftice l'humanité toutes
les venus font à l'orHrc du joar j nom venons avec con-
fiance faire entendrk i vos cceurs paternels les dernier»,
accens de la douleur de l'extrême befoin.
Les inftimtours nationaux des aveugles travailleur!.
Signé, Gcrjln ic Ha'iy.
RAPPORT
PROJET' DE DÉCRET
Sur Vorganlfacïon définitive de tétabliffetncnt fonde" A
Paris pour les aveugles travailleurs.
CITOYENS REPRÉSENTANT,
Vous avez donné à vorre comité des recours publics
l'honorable fonaion de prévenir par tous ks moyens
4.
gci font en lui les befo'ns de vos frères, malheureux j
vous l'avez clsarré du. foin d'cc'airer votre follicitude
paternelle fur le bien que vous devez faire, &c fur la
manière la plus avantageufe de répandre vos bienfaits.
G'eft pour a tteindre le but facré dé Con inftitution êc
remplir ce devoir précieux pour lui que je viens en
fon nom vous entretenir d'une claflfe d'hommes dont la
trifte policion a toujours éveillé votre fenfibilité, & ému
de compaftioii vos c«»ur$ bienfaifans & généreux.
Vous avez 'déja fur la propoGtion de votre comité
des fecvuK* publics donné une exigence fixe & affûtés
a rénblillcment des lourds & muets} vous couronnerez
votre ouvrage en accordant ta même faveur & la même
protection à celui des aveugles trav.iil1eurs.
L'éloge du phibntiope éclairé qui le crémier conçut
l'idée fublime & philofophique de rendre aux fourds-
muets Us moyens que l|, nature leur avoir refufés de-
communiquer avec lwrs fembl;i'oles a. déja retenti dans
cette enceinte & je n'ajouterai ricn :1. ce qu'ont dit du
célèbre Se de fon élève Sicird ceux de nos
collègues qui ont été ch.itgés de vous entretenir de
leurs efforts & de lcurs fuects.
C'cft en vous donnant une idée fuccinfle mais exacte
d'un autre étatolilïcincnt formé à l'infiar de celui dvs
Jfourds-mcets pour la confohtion £< le foula«emsnt
des aveugles que je parviendrai facilement vous
inréreflèr en fa taveur & à vous déterminer à couvrir
de votre bienveillance cet inftitut au(li utile à l'humanité
que glorieux pour l'efpvit pliilofuplaique qui l'a conçu
I,e citoycn Haô'y eti le créateur- de cette idée fi »
belle & fi avantageufe, de rendre la lumière des
les pîongt; dans dcs ténèbres éteroeHes j ç'cfKpar luj/
f
.A-K.
«ue C«s êtres infommés ont connu une partie drs jouit»
lances attachées à l'ufagc de la vue r cevoir & trank
mettre des idées par le mo/en de l'écriture eft le pre-
mier $e peut-être le plus graiid dcs bienfaits qu'ils lui
doivent.
Les productions des plus grands génies ces ouvrages
qni ont agrandi fuccclïivemcnt la fplière de nos con-
ceptions & de nos cônnoilfanceAj ces écrits qui ont
icl'Aié & perfectionné les hommes, & dont la cônnoif*
fance fembloit'interdite aux aveugles, ne leur font plus
(Étrangers ils peuvent maintenant, comme les antres
hommes pronur de toutes les découvertes des fiècks
partes, s'environner des phifus de l'étude, nourrit lei*
amé èc enrichir leur efpnt des productions de la philo-
fopliie & des Héron de la feiène*.
Vous fave2, citoyen, que cet étaWilTement a du
comrne prefqae- toutes les découvertes uc:'cs fa «ait
fance sa hafard..
Des avtuglcs réunis dônnoient aux oififs l'entrée
d'une promenade publique eh échange
deniers qu'ils en recevoient le ridicule pour
les uai douloureux pour les aunes, d'un concert ^if-
cordait qu'ils ex^cutoient en faifan: Ambiant de'fuivre
la mûftque. qu'Us avoient devant eux.
Cette idée burlcfque & groflîcte fit germer dans X<£+
prit du citoyen HaUy une des conceptions les pl>u utiles
au genre humain il forma le projet de fa re faire réel-
lement aux aveugles ce que ccùx-ci imitoient avc/fi peu
Le tacV, rkaucoup plus délicat, b*a«cotip plus fufeep-
tible de perfection du les aveugles qrié'chtz ics voyans,
fut le moyen dont il rétolut de te Arvir polir fuppléct,

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