Rapport par M. P.-A. Corneille, sur les mémoires envoyés au concours pour le prix proposé par la Société libre d'émulation de Rouen, dans sa séance publique du 9 juin 1824

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impr. de F. Baudry (Rouen). 1824. 8 p. ; in-8.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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RAPPORT
EXit M. P.^A. CORNEILLE ,
Sur les, ;Méïnoires envoyés au concours pour le prix
proposé par la Société libre d'Emulation de Rouen ,
.^dâfis sa séance publique du g Juin 1824.
MESSIEURS ,
Vous avez remis pour la seconde fois au concours la
question suivante :
« Quelle est l'influence réciproque des mcears sur le
théâtre , et du théâtre sur les moeurs ? »
Un seul mémoire vous a élé envoyé l'année dernière ;
il porte pour épigraphe : Utinam ! LSL commission chargée
d'en rendre compte vous en a fait un grand éloge. Elle
vous a dit qu'il se faisait remarquer par la régularité de
son plan, par un style toujours correct, toujours harmo-
nieux et académique; néanmoins, la société n'a pas cru
devoir lui décerner le prix l'année dernière, parce que l'au-
teur, en traitant son sujet d'une manière purement histo-
rique et littéraire, avait négligé la partie philosophique,
qui est cependant la plus essentielle. Son ouvrage , après
avoir reçu quelques modifications dans son ensemble, pou-
vait figurer avec succès dans ce nouveau concours ; mais
M. Monfalcon , médecin à Lyon , qui en est l'auteur, a
levé l'anonyme , et vous a demandé, il y a environ trois
mois , l'honneur d'être admis au nombre de vos membres
correspondants. La société , après lui avoir accordé cette
récompense due à ses talents et à ses travaux , se plaît a
déclarer que son mémoire méritait une mention des plus
A
( 2 )
honorables. En proclamant ainsi le nom de M. Monfalcon
clans cette séance solennelle , vous aimez à satisfaire le
devoir impérieux de la justice , et c'est un besoin pour
vous de la rendre publique.
Cette année, la société a été plus heureuse : elle a reçu
deux mémoires , que nous désignerons par les nos. 2 et 3.
La commission que vous avez nommée pour les examiner,
vous présente , par mon organe , un extrait du rapport
qu'elle vous en a fait dans une de vos précédentes séances.
Mais avant d'entrer dans des critiques générales sur ces
deux mémoires, ne serait-il pas à propos, pour se placer
dans le cas le plus favorable aux concurrents , de parler
des difficultés qu'ils avaient à vaincre en traitant le sujet
proposé par la société , et de leur savoir gré de toutes celles
qu'ils ont pu surmonter!'
En effet, MESSIEURS, la question que vous avez mise
au concours est à la fois historique , littéraire et philoso-
phique. Dans un sujet qui embrasse à peu près tous les
siècles, combien d'historiens , de critiques et de philoso-
phes , ont dû parler du théâtre , et traiter d'une manière
plus ou moins indirecte de sort influence sur les moeurs.
Ainsi, une difficulté pour les concurrents était de paraître
neufs dans une matière qui a déjà donné lieu à tant d'am-
plifications et de lieux communs.
D'ailleurs, on peut poser en principe , comme le dit
Laharpe, que lé spectacle dramatique doit, par sa nature
même , dépendre beaucoup du gouvernement, du caractère et
des moeurs des différents peuples : il doit donc varier à un
certain point, suivant les divers pays et suivant les diverses
époques.
Tracer le tableau du caractère des moeurs des différents
peuples ; retrouver dans leurs théâtres, par des rappro-
chements heureux, ce même caractère et ces mêmes moeurs;

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